CARTOGRAPHIE DE LA DÉMENCE | Poème contemporain sur l’Alzheimer et la désintégration de l’identité

Un poème contemporain sur la démence et la maladie d’Alzheimer, explorant la désintégration de l’identité, la perte de mémoire et les éclats de lucidité dans les marges de la conscience.

Image en noir et blanc. Une sculpture surréaliste sur le thème de l'Alzheimer avec des horloges a l'envers
Image numérique – CARTOGRAPHIE DE LA DÉMENCE

Cet article fait partie de la série
L’expérience humaine – Une série de poèmes sur la condition humaine
→ Voir la série complète

À travers une écriture fragmentaire et sensorielle, ce poème explore la lente dérive cognitive et émotionnelle liée à la maladie d’Alzheimer. Une immersion poétique dans les territoires incertains de la mémoire, entre perception altérée, disparition de soi et éclats de lucidité.

Ce poème s’inscrit dans une réflexion plus large sur la mémoire, la désintégration de l’identité et la fragilité humaine, au cœur de ma démarche d’art numérique humaniste.

Mémoire, identité et désintégration

Dans ce poème, j’explore la perte progressive de la mémoire et l’effritement de l’identité. Entre fragments, répétitions et perceptions altérées, l’écriture tente de saisir ce qui disparaît.

Poésie sur le thème de la
démence et de la
maladie d’Alzheimer

entre silences et absences _
diagnostic en paroles d’ébène
maladie de l’oubliance
en espace liminal

créer des souvenirs pour les effacer;
Émergence du vide et du silence
en danse elliptique – rupture –
mouvements et balancements
dans les cendres de mémoire

instants éphémères
dissolution progressive
abstraction
l’effondrement …
                  l’implosion

l’odeur passée de l’humus en forêt
aucun sens ne se souvient
de la peau douce
des mots et des pensées disloqués
dans un cadre de porte
au seuil d’un cadre de porte …

réminiscence de l’oubli
en état suspendu
perception altérée du temps
et des images effacées

tête morcelée en collages cubistes
« vivre avec »
des réalités en fragments d’identités
souvent déconstruites
éclats d’impressions et de sensations

un orignal marche au travers des
arbres sur le mur blanc
de la chambre de l’hôpital –
vagabondage labyrinthique
… errance en territoire mental

on garde les portes barrées
dans l’aile de la démence –
l’inacceptable
sous
contention
dans un lit de camp
   une odeur de camphre

         traces imprimées
          en lignes brisées
temporalité fractale
découpée

le piano du salon des malades
avale mes mains coupées
je joue des arpèges descendants
dans les mécanismes
des horloges déréglées

j’oublie musique
et chants – métronome
de démesure
et de rythme irrégulier
obsession et boucle mentale
sans fin répéter       répéter

je dessine au fusain
sur la    pénombre
de mon identité fragmentée
j’écris à l’encre noire  
sur une feuille
de nuit    morcelée
fragmentation de ma dérive
en sculptant dans le marbre
de mes peurs

voyance, prédiction : 
l’avenir sera leurre

« orphelinage des souvenirs;
NOUS vous oublierons »

Art numérique humaniste et mémoire fragmentée

Ce poème s’inscrit dans ma démarche en art numérique humaniste, où la mémoire — même altérée ou en voie de disparition — demeure une trace essentielle de l’expérience humaine.

À travers sa diffusion dans le réseau, ce texte devient une présence fragile, une tentative de conserver ce qui s’efface.

🔹 Explorer autour de la mémoire et de l’oubli

Le cadre de porte — poème sur la maladie d’Alzheimer
Le Maelstrom : l’entre-deux — poème sur la mémoire et la confusion


🔹 Prolonger cette exploration

Sculptures Alzheimer — mémoire et fragilité humaine


🔹 Dans le cadre de la série

L’expérience humaine — série de poèmes sur la condition humaine


🔹 Démarche artistique

Art numérique humaniste — corpus et développements

🌍Pensons culture

Je vous invite à découvrir la série Comprendre la culture d’aujourd’hui, une série de micro-essais consacrés à l’expérience humaine, à la culture contemporaine et au monde en réseau.

→ Voir la série Comprendre la culture d’aujourd’hui


Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

Errance sur une ligne courbe de mots (Micro Poème)

Un micro poème qui explore les détours de la pensée, les fragments d’une errance intérieure et les courbes imprévisibles du langage.

L'image présente un homme âgé qui marche. Une partie du texte est écrit sur l'image.
Errance sur une ligne courbe de mots – Image numérique

Cet article fait partie de la série
Poésie visuelle & écritures numériques
→ Voir la série complète

Errance, langage et trajectoire intérieure

Dans ce micro poème, j’explore les détours de la pensée et les lignes imprévisibles du langage. L’écriture devient un mouvement, une trajectoire courbe où l’esprit dérive entre images et sensations.

Là où l’univers commence : Poésie contemporaine

Doute sur le chemin de l’incertitude

Si vous désirez m’écrire,
le postier me trouvera
si vous écrivez sur l’enveloppe
« Croqueur d’images célestes
En ligne courbe pour toujours »

A mille lieux de mes yeux,
l’Univers se déploie.

Art numérique humaniste et écriture fragmentaire

Ce micro poème s’inscrit dans ma démarche en art numérique humaniste, où l’écriture devient une forme d’exploration intérieure.

Dans le réseau, ces fragments de langage circulent comme des traces sensibles de l’expérience humaine, entre image, pensée et perception.

Écrire, c’est suivre une ligne que l’on ne contrôle pas.

Explorer d’autres formes de poésie numérique

→ Poésie & images — corpus de poèmes-images
→ Haïkus contemporains — poésie brève et minimaliste
→ Micro poèmes sociaux et politiques — poésie visuelle engagée
→ Poèmes courts sur le deuil et la mort — mémoire et absence

 Retour à la série Poésie visuelle & écritures numériques

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Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

LES VENTS POUSSENT DES CRIS (Poème)

Un poème court sur le deuil et la peur, où les vents deviennent métaphores des tourments intérieurs et des cris de l’âme face à la fragilité de l’existence.

Le titre du poème écrit sur une image en noir et blanc qui montre un cercle qui se désintègre

Cet article fait partie de la série
POÈMES COURTS SUR LE DEUIL ET LA MORT
→ Voir la série complète

Deuil, peur et tempêtes intérieures

Dans ce poème court, j’explore les turbulences émotionnelles liées au deuil et à la peur. Les vents deviennent une métaphore des cris intérieurs, révélant la fragilité de l’esprit face à l’instabilité du monde.

Cet article s’inscrit dans la série Poèmes courts sur le deuil et la mort, où j’explore les expériences liées à la finitude, à la mémoire et aux passages entre la vie et la mort.

Poésie :
LES VENTS POUSSENT DES CRIS

les mains pleines de ciel
de lames barbelées
de larmes vagabondes

l’érosion des berges
l’implosion des arcs en ciel
l’implosion des arbres
… des fleurs
… de ma pensée
… de ma pensée circulaire…
… de ma pensée de carrefour
giratoire en trompe-l’œil

Les vents poussent des cris
dans la froidure de mes peurs
et de mes deuils
des matins de glace dans
mon hiver de neiges éternelles

Art numérique humaniste et fragilité émotionnelle

Ce poème s’inscrit dans ma démarche en art numérique humaniste, où l’écriture devient une manière d’exprimer les zones de fragilité et les tensions intérieures de l’expérience humaine.

Dans le réseau, ces fragments poétiques circulent comme des traces sensibles de nos peurs, de nos pertes et de nos états de déséquilibre.

À découvrir également :

– L’expérience humaine
– Micro-poèmes sociaux et politiques

Retour à la page de la série: – Poèmes courts sur le deuil et la mort

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Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

J’écris – Poème sur l’acte d’écrire

J’écris : découvrez un poème contemporain transformé en micro-poèmes visuels, où l’écriture se fait geste, l’imaginaire se déploie, et la poésie dialogue avec l’art numérique.

Le texte "J'écris" sur une image numérique qui montre des fissures
J’écris – Micro poèmes visuels

Cet article fait partie de la série
Poésie visuelle & écritures numériques
→ Voir la série complète

L’écriture est un acte intime, parfois douloureux, souvent salvateur. Dans ce poème intitulé « J’écris », j’explore les multiples raisons qui poussent à écrire, entre nécessité intérieure et quête de sens. Chaque vers, accompagné d’une image numérique, forme un micro poème visuel, offrant une expérience sensorielle.

Ce projet s’inscrit dans ma démarche d’art numérique humaniste, où l’écriture devient un geste de présence, de survie et de partage de l’expérience humaine à travers le langage et l’image.

Pourquoi j’écris : un poème en quinze vers et quinze images numériques

Le poème:

J’écris
J’écris pour dire en me demandant pourquoi
J’écris sans y croire, mais j’écris quand même pour raconter notre histoire
J’écris pour fracturer ma langue d’illettré
j’écris pour faire tomber les cendres des murs de mes passés oubliés
J’écris à voix basse pour ne pas réveiller mes douleurs qui tirent à boulets, qui tirent à mitraille
J’écris pour dire la colère muette de mes os de vitrail
J’écris pour ne pas disparaître entre deux silences sur la partition de mon requiem
J’écris pour entendre mes silences dans le vacarme des émotions
J’écris pour que les mots apprennent à pleurer
J’écris pour respirer après la plongée en apnée
J’écris pour allumer une lampe dans une pièce sans murs
J’écris comme on disparaît dans l’embrasure
J’écris quand même
J’écris à l’encre de sang pour combattre les langues d’or
J’écris pour mourir plus lentement

Poèmes-images : Micro-poèmes visuels

Chacun des quinze vers du poème a été transformé en une image numérique : un micro-poème visuel. Ces images d’art numérique, d’Instapoésie, accompagnent et prolongent le poème, comme des fragments suspendus entre texte et image.

Micro-poèmes visuels : une écriture fragmentée

Chaque vers du poème devient une image numérique, formant une série de micro-poèmes visuels. Cette fragmentation transforme l’écriture en expérience visuelle et sensorielle.

Le texte "J’écris pour dire en me demandant pourquoi" sur une image numérique qui montre des fissures
J’écris – Micro poème visuel #1 – Pourquoi écrire
Le texte "J’écris sans y croire, mais j’écris quand même pour raconter notre histoire" sur une image numérique qui montre des fissures
J’écris – Micro poème visuel #2 – Raconter l’histoire
Le texte " J’écris pour fracturer ma langue d’illettré" sur une image numérique qui montre des fissures
J’écris – Micro poème visuel #3 – Fracturer la langue
Le texte " j’écris pour faire tomber les cendres des murs de mes passés oubliés " sur une image numérique qui montre des fissures
J’écris – Micro poème visuel #4 – L’écho des passés oubliés
Le texte " J’écris à voix basse pour ne pas réveiller mes douleurs qui tirent à boulets, qui tirent à mitraille" sur une image numérique qui montre des fissures
J’écris – Micro poème visuel #5 – Douleurs et mitraille
Le texte " J’écris pour dire la colère muette de mes os de vitrail" sur une image numérique qui montre des fissures
J’écris – Micro poème visuel #6 – Colère des os de vitrail
Le texte " J’écris pour ne pas disparaître entre deux silences sur la partition de mon requiem" sur une image numérique qui montre des fissures
J’écris – Micro poème visuel #7 – La partition du requiem
Le texte " J’écris pour entendre mes silences dans le vacarme des émotions" sur une image numérique qui montre des fissures
J’écris – Micro poème visuel #8 – Vagues et vacarme des émotions
Le texte " J’écris pour que les mots apprennent à pleurer" sur une image numérique qui montre des fissures
J’écris – Micro poème visuel #9 – Les mots qui pleurent
Le texte " J’écris pour respirer après la plongée en apnée" sur une image numérique qui montre des fissures
J’écris – Micro poème visuel #10 – Respirer après l’apnée
Le texte " J’écris pour allumer une lampe dans une pièce sans murs" sur une image numérique qui montre des fissures
J’écris – Micro poème visuel #11- Lampe sans murs
Le texte " J’écris comme on disparaît dans l’embrasure" sur une image numérique qui montre des fissures
J’écris – Micro poème visuel #12 – Disparaître dans l’embrasure
Le texte " J’écris quand même" sur une image numérique qui montre des fissures
J’écris – Micro poème visuel #13 – Écrire malgré tout
Le texte " J’écris à l’encre de sang pour combattre les langues d’or" sur une image numérique qui montre des fissures
J’écris – Micro poème visuel #14 – Encre de sang et révolte
Le texte " J’écris pour mourir plus lentement" sur une image numérique qui montre des fissures
J’écris – Micro poème visuel #15 – Écrire pour survivre

Version vidéo sur Youtube

La vidéo présentant le poème « Pourquoi j’écris » sur ma chaine Youtube

Note

Il y a quelques années j’ai lu le poème « J’écris » du poète Jean-Paul Daoust. J’ai aimé cette idée de dire pourquoi on écrit. Un vers m’avait vraiment intrigué : « J’écris parce que je vais quand même mourir ». J’ai aussi été touché par un vers du poète Denis Vanier : « … j’écris pour ne pas tuer … ».

J’ai décidé de toucher ce thème à ma manière. Le seul titre que je pouvais mettre était « J’écris » même si d’autres personnes l’ont utilisé dans le passé.

Art numérique humaniste et acte d’écrire

Ce projet s’inscrit dans ma démarche en art numérique humaniste, où l’écriture devient un geste de présence dans le monde.

À travers sa transformation en micro-poèmes visuels, le texte circule dans le réseau comme une série de traces sensibles, entre langage, image et mémoire.

Explorer d’autres formes de poésie numérique

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Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

La métamorphose d’une œuvre d’art à travers le temps, les médiums et les technologies

Découvrez comment l’œuvre Alzheimer se transforme à travers sculpture, art numérique, intelligence artificielle et poésie, explorant la mémoire et la maladie dans une création multidisciplinaire et évolutive.

Sculpture Alzheimer en noir et blanc sur fond blanc
La sculpture Alzheimer

Cet article fait partie de la série
Réflexions sur l’art, la poésie et la culture
→ Voir la série complète

« La métamorphose d’une œuvre d’art à travers le temps, les médiums et les technologies » est une exploration artistique qui retrace l’évolution d’une création inspirée par la mémoire et la maladie d’Alzheimer. De la sculpture traditionnelle à l’art numérique, en passant par la photographie, la poésie, la vidéo et l’intelligence artificielle, cette œuvre hybride illustre la transformation continue de l’expression artistique à l’ère des technologies émergentes. Cette exploration s’inscrit dans une réflexion plus large sur la transformation des œuvres à l’ère numérique et sur la manière dont les médiums influencent la mémoire et la perception.

De la sculpture à l’intelligence artificielle : évolution d’une œuvre sur la mémoire

Il arrive qu’une œuvre, au lieu de rester figée dans sa forme initiale, prenne un chemin de traverse, se réinvente, migre d’un médium à l’autre, et poursuive sa trajectoire dans des dimensions inattendues. C’est le cas de mon œuvre Alzheimer, née en 2012 comme sculpture physique, et qui n’a cessé depuis de se transformer. Sculpture, photographie, art numérique, vidéo, poésie, puis série d’images générées par l’intelligence artificielle — autant d’étapes d’un processus artistique en mutation constante, à l’image du thème qu’elle aborde : la mémoire, sa fragilité, son effacement progressif.

De la matière à l’évocation : la sculpture (2012)

À l’origine, Alzheimer était une sculpture faite de plâtre, de bois, et d’autres matériaux récupérés. Elle faisait partie d’un corpus plus vaste d’œuvres traitant de la maladie d’Alzheimer, exposé dans différents lieux de diffusion. Le geste sculptural visait à donner forme à l’absence, à la confusion, à l’oubli, à travers des textures brutes, des volumes fragmentés, une certaine tension entre le vide et le plein.Cette œuvre incarnait une tentative de dialogue avec l’invisible, avec ce qui se défait en silence — une forme de mémoire fossilisée dans la matière.

La sculpture originale:

Photo de la sculpture Alzheimer sur un fonds noir. Sculpture surréaliste
Sculpture Alzheimer produite en 2012

L’image comme trace : la photographie et l’art numérique (2014)

Deux ans plus tard, j’ai capturé l’œuvre sous un nouvel angle : à travers l’objectif de mon appareil photo. Cette photographie n’était pas simplement documentaire. Elle s’inscrivait dans une démarche de recréation visuelle : la lumière, le cadrage, les contrastes ont donné une nouvelle lecture à la sculpture. L’œuvre devenait image — figée, certes, mais plus suggestive, presque théâtrale.

À partir de cette photographie, j’ai entamé un travail de transformation numérique, en utilisant des logiciels graphiques pour altérer, filtrer, manipuler la matière de l’image. La sculpture originale s’est peu à peu effacée sous les couches de traitement visuel, comme si la mémoire elle-même devenait incertaine, volatile, altérée par les pixels.

C’était une manière d’explorer la plasticité de l’image, de réfléchir à ce que l’on conserve — ou non — lorsqu’une œuvre traverse les supports. Ce travail questionnait aussi notre rapport contemporain à la mémoire numérique : plus nous stockons, plus nous oublions.

Cette version « œuvre numérique » a été exposée au Festival d’arts numériques FONLAD ainsi qu’au Web Art Center (WAC) au Portugal, en 2014. Elle marquait déjà une transition vers une approche plus numérique de la mémoire : une trace de la trace.

L’œuvre numérique:

L'œuvre Alzheimer en version numérique produite a partir de la sculpture - production 2014
Alzheimer (la version Œuvre numérique produite en 2014

L’intervention de l’intelligence artificielle (2023)

En 2023, j’ai franchi une nouvelle étape : j’ai utilisé l’image numérique de l’œuvre pour alimenter une série générée par l’intelligence artificielle, via l’outil DALL·E. J’ai demandé à l’IA de s’inspirer de la photographie transformée pour créer douze variations, douze fragments visuels issus de la mémoire de la machine, influencée par l’image-source.

Le résultat est fascinant : certaines images conservent des éléments reconnaissables, d’autres s’en éloignent. L’IA agit ici comme une conscience altérée, produisant des versions rêvées, imaginées, parfois même fantomatiques de l’œuvre initiale.

Cette série vient clore — ou prolonger ? — un cycle de transformations où l’œuvre devient processus, déplacement, recomposition permanente.

Les 12 images générées
par intelligence artificielle:

Image générée par intelligence artificielle - personnage en blanc sur fond noir
Variation #1 — Image générée par l’IA DALL·E
Image générée par intelligence artificielle - personnage en blanc sur fond noir
Variation #2 — Image générée par l’IA DALL·E
Image générée par intelligence artificielle - personnage en blanc sur fond noir
Variation #3 — Image générée par l’IA DALL·E
Image générée par intelligence artificielle - personnage en blanc sur fond noir
Variation #4 — Image générée par l’IA DALL·E
Image générée par intelligence artificielle - personnage en blanc sur fond noir
Variation #5 — Image générée par l’IA DALL·E
Image générée par intelligence artificielle - personnage en blanc sur fond noir
Variation #6 — Image générée par l’IA DALL·E
Image générée par intelligence artificielle - personnage en blanc sur fond noir
Variation #7 — Image générée par l’IA DALL·E
Image générée par intelligence artificielle - personnage en blanc sur fond noir
Variation #8 — Image générée par l’IA DALL·E
Image générée par intelligence artificielle - personnage en blanc sur fond noir
Variation #9 — Image générée par l’IA DALL·E
Image générée par intelligence artificielle - personnage en blanc sur fond noir
Variation #10 — Image générée par l’IA DALL·E
Image générée par intelligence artificielle - personnage en blanc sur fond noir
Variation #11 — Image générée par l’IA DALL·E
Image générée par intelligence artificielle - personnage en blanc sur fond noir
Variation #12 — Image générée par l’IA DALL·E

Une œuvre, plusieurs vies

En retraçant ce parcours, je ne cherche pas à figer une définition de l’œuvre, mais plutôt à montrer la fécondité du changement, la richesse des métamorphoses. Chaque version n’efface pas la précédente : elle l’amplifie, la prolonge, ou la déconstruit, tout en y ajoutant une nouvelle strate de sens.

Cette approche s’inscrit pleinement dans ma démarche d’art numérique humaniste (ANH), où les technologies — du geste sculptural à l’intelligence artificielle — ne sont jamais des fins en soi, mais des moyens pour interroger la mémoire, la perte et la persistance de l’expérience humaine.

Dans cette perspective, l’œuvre n’est plus un objet figé, mais un processus vivant, en transformation continue, traversant les médiums, les époques et les technologies.

Et peut-être est-ce là le plus grand écho au thème d’Alzheimer : la mémoire comme un palimpseste, où ce qui disparaît laisse malgré tout une empreinte, une trace, une forme transitoire.

Car l’art, comme la mémoire, est toujours en mouvement.
L’œuvre devient alors une trajectoire plutôt qu’une forme.

La poésie comme autre voie de la mémoire

Au fil des années, ce thème de la mémoire fragilisée, de l’effacement progressif, s’est aussi frayé un chemin dans mon écriture poétique. La poésie m’a offert un autre espace d’exploration — plus intime, plus suggestif — pour aborder ce même sujet sous un angle différent. Là où la sculpture matérialise l’oubli, et où l’image le transforme, le poème, lui, le murmure. Les mots deviennent alors des éclats de mémoire, des fragments d’humanité résistant à la disparition. Cette incursion poétique ne remplace pas les autres formes, mais les prolonge : elle rappelle que chaque médium porte en lui une façon singulière de dire la perte, et que c’est peut-être dans cette diversité des langages que se loge notre capacité à résister à l’oubli.

Une décennie de création autour de la maladie d’Alzheimer : un parcours artistique en constante expansion

L’œuvre Alzheimer n’a jamais été pensée comme une fin en soi, mais bien comme un point de départ. Cette sculpture, créée en 2012, a amorcé une démarche artistique multidisciplinaire et évolutive pour aborder le thème complexe et bouleversant de la maladie d’Alzheimer.

Elle a donné naissance à un corpus de sculptures exposé en 2012 à l’Hôpital Notre-Dame ainsi qu’au Centre de recherche de l’Institut Douglas, à Montréal. En 2014, cette recherche s’est prolongée dans le champ de l’art numérique, avec une œuvre présentée au Festival FONLAD et au Web Art Center (WAC) au Portugal.

L’année suivante, en 2015, une installation sculpturale permanente a été créée pour le Jardin des sculptures de l’Institut Douglas, ancrant ce projet dans un lieu de mémoire et de soin. Le titre de l’installation: Pour en finir avec l’Alzheimer.

En 2023, douze images générées par intelligence artificielle à partir de la photo de la sculpture originale ont permis d’explorer de nouvelles formes de fragmentation et de réinterprétation visuelle. En 2023 j’ai aussi publié sur ma chaine YouTube la vidéo Alzheimer qui montre des images des sculptures.

Enfin, de 2020 à 2025, cette réflexion s’est aussi déployée dans l’écriture poétique, donnant naissance à une série de poèmes consacrés à la mémoire, à l’effacement et à la persistance de l’humain.


Ce long parcours témoigne d’une volonté de créer un dialogue entre les arts, les technologies et les émotions, pour faire résonner autrement la complexité de cette maladie et les traces qu’elle laisse …

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→ Poèmes sur l’expérience humaine
→ Micro-poèmes sociaux et politiques
→ Poésie & images
→ Poésie visuelle & écritures numériques

🌍Pensons culture

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Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

Liberté d’expression : Veuillez mettre à jour vos paramètres de pensée (poème)

Liberté d’expression : un poème engagé explorant la censure numérique, les dérives algorithmiques et la résistance des mots dans l’ère digitale.

Un tableau noir avec un cadre doré sur lequel est écrit "Liberté d’expression : Veuillez mettre à jour vos paramètres de pensée (poème)"
Liberté d’expression

Cette page fait partie de la série
ART SOCIAL & POÉSIE
→ Voir la série complète

Censure algorithmique et révolte des mots

Le poème « Liberté d’expression : Veuillez mettre à jour vos paramètres de pensée » est une œuvre de poésie engagée. À travers une esthétique numérique et des références aux codes de l’ère digitale, je traite de la censure algorithmique et l’uniformisation des pensées. Ce texte se présente comme une révolte linguistique, un cri poétique contre les dérives du contrôle numérique et l’effacement de la liberté d’expression.

Liberté d’expression : le dernier bastion de la poésie engagée

VOS PENSÉES SONT
EN INFRACTION
VEUILLEZ LES
DÉSACTIVER
IMMÉDIATEMENT

voix réduites au silence
fermez les sites web
avec des mots interdits
mise en scène de l’oppression
et de la censure algorithmique
répression numérique
[404 : Liberté introuvable]

votre publication est en attente
de modération
[message bloqué par l’algorithme]
ce contenu n’est pas autorisé
veuillez respecter les règles
de la communauté
veuillez reformuler

chaos intégral,
un torrent anarchique
de mots bruts,
un cri qui déchire les pixels
et incendie les serveurs.
[CETTE IDÉE N’EST
PAS AUTORISÉE]
[SYSTEM FAILURE]
[Votre conscience ne respecte pas
les conditions d’utilisation]
[Veuillez réinitialiser votre esprit
ou quitter immédiatement]

La liberté ne se met pas à jour
les poètes écrivent en marge /
là où l’algorithme ne regarde pas
Ils ont fermé le livre avant que
les pages ne soient écrites,
mais les phrases continuent
sous la peau

glitch syntaxique, mémoire corrompue
(message supprimé pour non-conformité)
(compte suspendu pour activités suspectes)

leurs cendres seront notre encre
émeute de lettres,
[ce message a été supprimé pour
incitation à la réflexion]
je suis une émeute de poèmes
vous ne fact-checkez pas ma révolte
[ERREUR 451 : CONTENU INTERDIT
PAR LE MINISTÈRE DE LA VÉRITÉ]
OK.

[SYSTEM OVERLOAD]
C’est le point de non-retour,
la poésie comme sabotage,
comme mutinerie,
DÉCLARATION D’ÉMEUTE
LINGUISTIQUE
ATTENTION !

les mots sont des explosifs que
vous ne voyez pas venir
ALERTE GÉNÉRALE :
POÉSIE HOSTILE DÉTECTÉE
DÉCLENCHEMENT DU
PROTOCOLE DE SUPPRESSION
CENSURE INITIÉE…
HACK EN COURS…
EXPLOSION LEXICALE IMMINENTE

DANGER :
IDÉE LIBRE EN CIRCULATION
MESSAGE NON COMPATIBLE
AVEC VOTRE RÉALITÉ.
VEUILLEZ ÉTEINDRE VOTRE CERVEAU
[VEUILLEZ ÉTEINDRE LE MONDE
ET RECOMMENCER]

Version vidéo

La vidéo « Liberté d’expression » sur ma chaine YouTube

Art numérique humaniste et résistance algorithmique

Ce poème s’inscrit dans ma démarche en art numérique humaniste, où l’écriture devient un espace de liberté face aux logiques de contrôle.

Dans le réseau, les mots circulent comme des actes de résistance, échappant aux tentatives de normalisation et de censure.

Explorer d’autres formes de poésie engagée


Ce poème-image s’inscrit dans un corpus plus large de poésie numérique humaniste, où différentes formes interrogent les enjeux sociaux et politiques de notre époque :

→ Micro poèmes sociaux et politiques — poésie visuelle engagée
→ Poèmes courts sur le deuil et la mort — mémoire et condition humaine
→ Poésie visuelle & écritures numériques — poèmes-images et écritures hybrides

Cette œuvre s’inscrit dans ma démarche d’art numérique humaniste, où les mots et les images deviennent des formes de conscience, de résistance et de mémoire dans l’espace numérique.

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Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

LA MÉMOIRE EMPAILLÉE : Poème entre oubli et survivance

LA MÉMOIRE EMPAILLÉE : un poème sur la survivance culturelle, l’identité en errance et la préservation des souvenirs à travers la langue et la poésie.

Image très colorée avec une fenêtre bleue et une fenêtre rouge sur un mur jaune d'un immeuble
Survivance culturelle

Cet article fait partie de la série
L’expérience humaine – Une série de poèmes sur la condition humaine
→ Voir la série complète

Mémoire, langue et survivance

Je creuse dans les strates de ma mémoire et de mon identité en errance. Ce poème est un acte de survivance culturelle, une tentative de préserver, dans la langue et la poésie, ce qui reste d’un territoire rêvé et d’une filiation dispersée. Entre déracinement et transmission, j’y trace les contours d’un pays intérieur, fragile et persistant.

Ce poème s’inscrit dans ma démarche d’art numérique humaniste, où la poésie devient un espace de sauvegarde de la mémoire, de la langue et de l’expérience humaine face à l’effacement.

Quand la langue devient trace : la poésie d’une mémoire en sursis

A un jet de pierre
de la fin d’un monde,
une esquisse inachevée

tous mes ancêtres sont
maintenant compostés
dans la poésie des mots
d’un pays imaginé,
dans le substrat
d’un pays rêvé,
sublimé; abandonné

dériver du refus global
à l’acceptation totale
à deux pas de la désillusion
à deux pas de l’assimilation
… de l’assimilation future…
mon cœur n’est plus que
métronome et murmures

J’ai mis en terre
tous les livres
de ma bibliothèque
et mes albums de photos,
en guise de capsule temporelle,
de témoignage
de ma culture de dépouillé
on y trouvera des traces
de l’ébauche d’une culture,
de l’amorce d’un pays

fidèles à nos origines
une fine langue tricotée
dans la brume de nos
mots enracinés
une langue en état de survie
en état de choc
sauvegardée sous
forme de graffitis
sur la tôle ondulée
de nos vieux hangars
dans nos ruelles fleuries
de mille et une galeries

j’appartiens à la race de l’errance
à la nation de l’itinérance
et de l’oubliance
je suis immigrant
et demandeur d’asile
planté comme une semence
dans mon terreau natal d’exilé

Art numérique humaniste et mémoire culturelle

Ce poème s’inscrit dans ma démarche en art numérique humaniste, où la poésie devient un espace de sauvegarde de la mémoire culturelle et de la langue.

Dans le réseau, ces mots circulent comme des fragments d’identité, témoignant d’une expérience humaine marquée par l’errance et la survivance.

Explorer d’autres formes de poésie numérique

→ Poésie & images — corpus de poèmes-images
→ Haïkus contemporains — poésie brève et minimaliste
→ Micro poèmes sociaux et politiques — poésie visuelle engagée
→ Poèmes courts sur le deuil et la mort — mémoire et absence

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🌍Pensons culture

Je vous invite à découvrir la série Comprendre la culture d’aujourd’hui, une série de micro-essais consacrés à l’expérience humaine, à la culture contemporaine et au monde en réseau.

→ Voir la série Comprendre la culture d’aujourd’hui


Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

Mémoire dissonante de la chambre noire (Poésie & Image)

Mémoire dissonante de la chambre noire : un poème explorant la fragilité de la mémoire, la dégradation des souvenirs et l’influence du temps sur nos perceptions.

Le titre du poème écrit sur une image montrant une lumière rouge sur un fond noir
Mémoire dissonante de la chambre noire (Poésie & Image)

Cet article fait partie de la série
L’expérience humaine – Une série de poèmes sur la condition humaine
→ Voir la série complète

Mémoire, perception et altération du temps

Le poème « Mémoire dissonante de la chambre noire » explore la dégradation de la mémoire et la manipulation des souvenirs. À travers des images évoquant la photographie argentique et la chambre noire, le texte illustre comment le temps altère et transforme nos perceptions du passé; il offre une réflexion sur la fragilité de la mémoire et la manière dont elle est influencée par le présent.

Mémoire dissonante de la chambre noire

Tu ignorais que le temps
ronge et modifie l’histoire
comme la rouille souille
et dévore le fer
comme la moisissure
s’insinue et s’incruste
dans les souvenirs
fermentation et
décomposition du temps
du jadis …
de l’antérieur
tu as compris que
ni le présent, ni le passé
n’appartiennent à personne …
et que parfois d’ailleurs,
il n’en reste rien …

opiner au mensonge,
déformer, transmuter
inverser des images déjà
fragmentées en
double exposition,
décalées …
en superposition
les concepts et les idées
se fondaient en opium;
en fumée de liberté

tu me tues d’espoir
m’assassines l’illusion
je m’accroche aux
écarlates segments
des passés imprimés
par giclées d’avenirs.
sur fond d’incompréhension,
d’hésitation
… d’altérations organiques

nous découvrions des mondes
d’éclaboussures et de gouttelettes
en suspension;
dans des univers
surréalistes et cubistes,
parfumés de collages idéalistes
…  un langage d’abstraction
façonné dans l’argile crue
d’une révolte contenue,
des mots de langue
dans des manuscrits
décousus

immersion
dans des craquelures d’impressions,
philosophie ressentie et fossilisée …
psychanalysée dans des fissures
émotions intériorisées
… je me rappelle nos livres illustrés
avec des estampes,
sur la peau des pages,
la culture et l’odeur du papier
la connaissance et
les enluminures dorées
ornant la réécriture
de nos souvenirs falsifiés

te souviens-tu des diaporamas ?
tu regardais des diapositives
projetées sur les murs
de notre ignorance,
sur les pages blanches
de nos espérances
tu roulais des bobines de films
sur les pignons des machines
à vues qui rendaient images
sur écrans de rêves …
je me souviens des muralistes
de bronze et de béton
t’en souviens-tu ?

nous ne savions rien
nous avions tout à apprendre
on ne sait toujours rien
et pourtant nous oublierons tout …
ne restera que la lumière rouge
en dormance dans la chambre noire,
vestige de nos passés aléatoires

Art numérique humaniste et mémoire altérée

Ce poème s’inscrit dans ma démarche en art numérique humaniste, où la mémoire est perçue comme un processus vivant, en constante transformation.

Dans le réseau, ces fragments de souvenirs deviennent des traces mouvantes de l’expérience humaine, entre altération, perception et réinterprétation.

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→ Poésie & images — corpus de poèmes-images
→ Haïkus contemporains — poésie brève et minimaliste
→ Micro poèmes sociaux et politiques — poésie visuelle engagée
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Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

C’EST POUR UN TAKE-OUT; DES RÊVES POUR EMPORTER SVP (Poésie)

C’EST POUR UN TAKE-OUT : poème visuel sur la dépression et la fragmentation intérieure, où l’image et les mots plongent dans l’intime.

Oeuvre numérique en noir et blanc qui montre un personnage féminin en superposition 4 fois
La dépression

Cet article fait partie de la série
L’expérience humaine – Une série de poèmes sur la condition humaine
→ Voir la série complète

Dépression, fragmentation et dérive intérieure

Dans ce poème, j’explore les méandres de la dépression à travers des images de froidure, de solitude et de fragmentation intérieure. Chaque vers est une tentative de donner forme à l’indicible, de transformer le chaos émotionnel en une quête de sens. C’est une plongée dans l’intime, où les mots deviennent des refuges éphémères face à la tempête intérieure.

Ce poème s’inscrit dans ma démarche d’art numérique humaniste, où l’écriture et l’image deviennent des lieux d’accueil de la fragilité humaine, sans la nier ni la masquer.

C’EST POUR UN TAKE-OUT;
DES RÊVES POUR EMPORTER SVP
(poème sur la dépression)

Encore une fois
sur le chemin des dédales
… et la peur qui s’installe …
un autre tour de luge
en dépression des brumes,
un tour de piste sur la route
des traineaux qui dérapent
et trébuchent
un tour de bobsleigh extrême
à l’intérieur de soi-même

des craquelures dans
mes émotions chimiques
des fissures dans mes
pensées-neurones raboutées
le vide des synapses
origami psychique
écorchure des
diagnostics de papier

sensations hurlantes
qui déferlent et dérivent
sur l’écume de l’eau
comme des vagues
scélérates anxieuses
qui se déchainent et
roulent sur le rivage
sans crier gare

mille et un éclats; des déchirures
fragments d’un être éclaté
la fragilité de la porcelaine
et de la faïence
le déséquilibre; la vulnérabilité;
la défaillance

personnalité de céramique fine
le passé qui s’estompe dans l’intime …

des moments de délire,
des lavis en trompe-l’œil
sur le parvis de ma vie
des lampions de sable …
de sable fin comme
la poudreuse de l’hiver
… de l’hiver qui se
promène encore dehors,
comme un temps mort
… comme un temps mort

encore la poudreuse et le vent
toujours des matins de glace
toujours la froidure et le frimas
sur les lignes qui me tracent
et s’effacent

toutes les neiges éternelles
sont maintenant tombées
… moi aussi

je suis maintenant
en pièces détachées
… un assemblage
d’engrenages et de rouages
gisant sur un radeau
qui vogue au milieu
d’une flaque d’eau
… sur une petite nappe
de liquide stagnant

« c’est pour un take-out » …
« des rêves pour emporter SVP »
je les mangerai assis
sur le bord du quai
en regardant les pleurs
et les flaques d’eau
s’assécher

en ne disant rien
en ne pensant à rien

« c’est pour un take-out »
« des rêves et de l’espérance pour emporter SVP » …

Art numérique humaniste et fragilité psychique

Ce poème s’inscrit dans ma démarche en art numérique humaniste, où l’écriture devient un espace d’accueil de la fragilité mentale et émotionnelle.

Dans le réseau, ces mots circulent comme des traces sensibles de l’expérience humaine, même dans ses zones les plus vulnérables.

Même fragmentée, l’expérience humaine persiste.

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Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

Art social, art politique : Peut-on créer sans regard sur le monde ?

Art social et art politique : ce texte explore le rôle de l’artiste face aux enjeux contemporains, questionnant s’il est possible de créer sans regard critique sur le monde et comment l’art peut à la fois témoigner, dénoncer et inspirer.

Image avec des colombes de différentes couleurs et le texte "L’art pour l’art ou l’art pour agir ?"
L’art pour l’art ou l’art pour agir (Gilles Vallée Poésie & Images)

Cet article fait partie de la série
Réflexions sur l’art, la poésie et la culture
→ Voir la série complète

Dans ce texte, je m’interroge sur le rôle de l’art dans notre société. Peut-on créer sans porter un regard critique sur le monde qui nous entoure ? À travers cette réflexion, j’explore la frontière entre l’art pour l’art et l’art engagé, questionnant la responsabilité de l’artiste face aux enjeux sociaux et politiques contemporains. Cette réflexion s’inscrit dans une approche plus large du rôle de l’artiste et de la création à l’ère contemporaine.

Peut-on faire de l’art sans considérer les bouleversements sociaux et politiques ?

Il y a quelques années, une artiste peintre et auteure m’a confié que, selon elle, la mission première des artistes est de révéler la beauté. Cette affirmation m’a interpellé. Peut-on véritablement se consacrer à l’art sans tenir compte des bouleversements sociaux et politiques qui secouent le monde ?

Les artistes, qu’ils soient poètes, écrivains, plasticiens ou autres, vivent au sein d’une société traversée par des crises, des injustices et des luttes. Est-il possible – et souhaitable – de détourner le regard de ces réalités pour ne célébrer que la beauté ? Ou, au contraire, l’art a-t-il le devoir de dénoncer, de témoigner et, peut-être, de contribuer à façonner un avenir plus juste ?

L’art pour l’art ou l’art pour agir ?

Cette tension entre une approche contemplative de l’art et un engagement social ou politique traverse l’histoire. D’un côté, des artistes prônent une création affranchie des préoccupations du monde, estimant que l’art doit être une échappatoire, une célébration du sensible et du mystère de l’existence. De l’autre, nombreux sont ceux et celles qui voient en l’art un outil de contestation, une voix qui interpelle et qui dérange.

Victor Hugo, Gaston Miron, Pablo Picasso avec Guernica, Banksy et ses fresques engagées, …Tous témoignent du rôle que peut jouer l’art dans la prise de conscience collective. Mais à l’inverse, certains mouvements artistiques, comme l’impressionnisme, ont revendiqué un détachement du politique au profit d’une quête purement esthétique.

Créer dans un monde en crise

Aujourd’hui, dans un contexte de bouleversements climatiques, de crises humanitaires et d’inégalités croissantes, de guerre, l’artiste peut-il encore se permettre de rester neutre ? L’indifférence elle-même devient un choix. Pourtant, l’engagement ne signifie pas nécessairement un militantisme frontal. Il peut se traduire par des œuvres qui interrogent subtilement, qui sèment le doute ou qui ouvrent des perspectives nouvelles.

Des figures comme John Lennon et Yoko Ono, avec leur célèbre Bed-In for Peace et la chanson Imagine, ont montré comment l’art peut devenir un puissant vecteur de messages politiques et humanitaires. Leur approche pacifiste, à la fois poétique et provocante, illustre bien comment l’art peut transcender le militantisme traditionnel pour inspirer des mouvements sociaux.

L’art social et politique ne se limite pas à la dénonciation et à la contestation ; il peut aussi être une célébration de la résilience, un espace de mémoire, un pont entre les générations et les cultures, un témoignage de « l’expérience humaine ». Qu’il aborde la douleur du deuil, les méandres de la maladie mentale, de la maladie d’Alzheimer ou d’autres conditions traumatisantes, l’art social donne une voix à ces expériences humaines. Il transforme ce qui est intime en un dialogue collectif, où chacun peut reconnaître une part de son propre vécu.

C’est dans cette perspective que s’inscrit ma démarche d’art numérique humaniste (ANH) : une pratique où le regard porté sur le monde, la mémoire et l’expérience humaine demeure indissociable de l’acte de création.
Art numérique humaniste — Corpus théorique et développements

Faut-il vraiment opposer beauté et engagement ? Ou peut-être, la véritable mission de l’art réside-t-elle dans sa capacité à allier les deux, à capter la poésie même dans les failles du monde ?

La grande question … ?

Peut-on, aujourd’hui, être un(e) artiste sans porter un regard sur le monde ?

Des colombes de différentes couleurs sur un fond noir avec les mots " L'art pour l'art ou l'art pour agir ? Art social Art politique"
Art social – Art politique

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