MILLE ET UNE RÉVOLTES SUR LE BOUT DE LA LANGUE (Poème)

.

Mille et une révoltes sur le bout de la langue — poésie visuelle et engagée, inscrite dans ma démarche d’art numérique humaniste, où les cris du monde se transforment en mots et images.

Image numérique en noir et blanc montrant des visages surréalistes avec les bouches ouvertes pour montrer qu'ils crient.
MILLE ET UNE RÉVOLTES SUR LE BOUT DE LA LANGUE

Cette page fait partie de la série
ART SOCIAL & POÉSIE
→ Voir la série complète

Cet article s’inscrit dans la série Art social & poésie, où j’explore une poésie engagée ancrée dans les tensions sociales, les fractures du monde et les formes contemporaines de résistance.

Fragments d’un soulèvement en suspens : murmures de poésie et de révolte

Richesse et gloire pour les
nains de jardin sociopathes
pauvreté et misère pour les
lutins de rue et les fantaisistes

des cracheurs d’images de
marque pour le réseautage
d’illusionnistes et de faux prêtres
des grand maîtres inventés
de toutes pièces par des
suceurs de baguettes magiques
la réussite est au bout de la langue
pour les putes et magiciens de
haut niveau de tous genres
ou non genrés

parasitage d’images publiques;
frime et supercherie
manipulation et tromperie
des bibittes à patate déguisées
en scarabées japonais
pour tromper les farfadets
doués de l’esprit follet

des gosseux de langues de bois
des patenteux d’histoires
des acrobates de l’art oratoire
et des charmeurs de langues
… une révolte couve en braise
de colère en ces jours
de mots décapités

je suis en terre de rébellion,
je reviendrai peut-être un jour
bredouille – démanché – exilé

… exilé …
trouver asile et calme dans
un lieu inviolable
se sentir étranger partout;
étranger et mutant

des hashtags tatoués
dans le front
#asiles #exils
je demande asile
je tague et je tague
je tague et je tangue
je tangue et je tombe …

gueules de cris à tue-tête
émeutiers de la survivance
… des manifestants protestent
mais n’attendent plus rien …

L’être social inhabité …
avec mille et une révoltes
sur le bout de la langue
et le cœur en lambeaux
de liberté

Une poésie de la révolte et du langage

Ce poème explore la langue comme lieu de tension, de rupture et de révolte. Les mots y deviennent fragments, cris, dérives — une tentative de dire l’indicible dans un monde saturé de discours et de manipulations.

Une révolte intérieure, où la langue devient territoire de lutte.

Art numérique humaniste et poésie engagée

Cette œuvre s’inscrit dans ma démarche en art numérique humaniste, où la poésie devient un espace de résistance face aux dérives sociales, politiques et médiatiques.

L’image et le texte y agissent comme des formes de présence dans le réseau, portant une parole libre, fragmentée, mais profondément humaine.

Explorer d’autres formes de poésie engagée


Ce poème-image s’inscrit dans un corpus plus large de poésie numérique humaniste, où différentes formes interrogent les enjeux sociaux et politiques de notre époque :

→ Micro poèmes sociaux et politiques — poésie visuelle engagée
→ Poèmes courts sur le deuil et la mort — mémoire et condition humaine
→ Poésie visuelle & écritures numériques — poèmes-images et écritures hybrides

Cette œuvre s’inscrit dans ma démarche d’art numérique humaniste, où les mots et les images deviennent des formes de conscience, de résistance et de mémoire dans l’espace numérique.

← Retour à la série ART SOCIAL & POÉSIE


Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

EMI : L’APPEL ET LE CRI (Poésie)

EMI : L’appel et le cri — entre vie, mort et réminiscence, un poème visionnaire où la conscience dérive aux frontières du réel.

Image générée par IA: une horloge qui sort de l'eau avec des éclaboussures
EMI L’APPEL ET LE CRI – Image générée par IA

Cet article fait partie de la série
POÈMES COURTS SUR LE DEUIL ET LA MORT
→ Voir la série complète

Cet article s’inscrit dans la série Poèmes courts sur le deuil et la mort, où j’explore les expériences liées à la finitude, à la mémoire et aux passages entre la vie et la mort.

Entre Vie, Mort et Réminiscence (Poème)

Je suis couché sur le dos,
sur l’asphalte d’un stationnement
je devrais voir le ciel mais je me vois
de face, étendu sur le sol
comme une flaque d’eau

je dérive dans le temps du rêve
à l’origine du commencement
à la naissance du temps originel
à cheval sur un pendule déréglé
le monde sous mes pieds
la pensée à l’état pur
l’esprit des premiers ancêtres

je suis un drone qui se regarde,
vue du ciel, mon cœur s’arrête
ma poitrine n’est plus
qu’un jardin de roches
je t’emmène dans mes yeux
la vie n’est qu’une pute
qui se vend au plus offrant

je suis décédé tant de fois
depuis mon esquisse de mort
soubresauts des errances
croquis de cimetières embaumés
aquarelle des urnes enfumées

l’appel et le cri
un jour j’accrocherai mon chapeau,
sur la patère à la sortie du théâtre
et je m’immobiliserai comme un
reliquaire dans un sentier du sanctuaire

Note

EMI: Expérience de mort imminente

Aux frontières du réel

Ce poème explore une expérience limite, où la conscience semble se détacher du corps et dériver dans un espace incertain entre rêve, mémoire et disparition.

Le temps y devient instable, et l’identité se fragmente dans une perception altérée du réel.

Art numérique humaniste et expérience intérieure

Cette œuvre s’inscrit dans ma démarche en art numérique humaniste, où la poésie devient un espace d’exploration de l’expérience humaine dans ses dimensions les plus intimes et existentielles.

🔗 À découvrir également :

L’expérience humaine
Micro-poèmes sociaux et politiques

Retour à la page de la série: – Poèmes courts sur le deuil et la mort


Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

Le vacarme de l’indifférence (Poésie & Art numérique)

Le vacarme de l’indifférence — un micro-poème visuel dénonçant l’injustice et la douleur silencieuse à travers l’art numérique humaniste

Le texte du poème écrit sur une image numérique montrant un visage avec un ruban sur le yeux *visage blanc sur fond noir)
Micro poème – Le vacarme de l’indifférence

Cette page fait partie de la série
ART SOCIAL & POÉSIE
→ Voir la série complète

Cet article s’inscrit dans la série Art social & poésie, où j’explore une poésie engagée qui questionne les injustices, les silences et les tensions du monde contemporain.

Poème sur l’injustice, l’indifférence, la douleur silencieuse

l’intensité des cris
des muets
dépasse toujours
celle de
l’entendement
de la sourde
oreille

Le silence comme cri

Ce micro-poème explore la violence de l’indifférence.

Il met en lumière une tension fondamentale : ce qui ne se dit pas, ce qui n’est pas entendu, peut parfois porter une intensité plus forte que les mots eux-mêmes.

Art numérique humaniste et regard social

Cette œuvre s’inscrit dans ma démarche en art numérique humaniste, où la poésie et l’image deviennent des moyens de révéler des réalités humaines souvent invisibles ou ignorées.

Le numérique permet ici de rendre visible ce silence, et de lui donner une forme.

Explorer d’autres formes de poésie engagée


Ce poème-image s’inscrit dans un corpus plus large de poésie numérique humaniste, où différentes formes interrogent les enjeux sociaux et politiques de notre époque :

→ Micro poèmes sociaux et politiques — poésie visuelle engagée
→ Poèmes courts sur le deuil et la mort — mémoire et condition humaine
→ Poésie visuelle & écritures numériques — poèmes-images et écritures hybrides

← Retour à la série ART SOCIAL & POÉSIE


Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

De la naissance de la lumière : Art sacré, poésie, sculpture et art numérique

Quand l’art, la lumière et la poésie se rencontrent pour faire naître un éclat suspendu entre sacré et art contemporain.

Une silhouette d'homme en noir avec des rayons lumineux - le titre écrit sur la silhouette

Cet article fait partie de la série
Poésie visuelle & écritures numériques
→ Voir la série complète

De la naissance de la lumière est un projet artistique multidisciplinaire né en 2012, lorsque le Centre de créativité du Gesù m’a invité à créer une crèche de Noël contemporaine. L’installation, présentée dans l’église, alliait sculpture, diaporamas numériques et mise en espace, en dialogue avec le lieu liturgique.

Treize ans plus tard, en 2025, ce projet a trouvé de nouveaux échos : un poème, des dessins et des estampes numériques ont vu le jour, inspirés par une photographie prise dans le transept nord lors du montage initial. Ce texte retrace la genèse de l’installation, les réactions qu’elle a suscitées, et les prolongements visuels et poétiques qui en ont découlé.

Avec le recul, De la naissance de la lumière peut aujourd’hui être relu comme une œuvre préfigurant ma démarche d’art numérique humaniste, où la technologie, la poésie et la lumière demeurent au service de l’expérience humaine, de la mémoire et du sens.

Cet article propose une traversée entre poésie, art sacré et création contemporaine, à partir d’une œuvre qui s’est transformée au fil du temps. Il s’inscrit dans une réflexion plus large sur la place de l’art, de la mémoire et de la lumière dans l’expérience humaine.

Ce projet peut également être compris comme une forme de poésie visuelle numérique, où texte, image, lumière et mémoire se déploient à travers différents médiums.

Une œuvre multidisciplinaire entre art sacré, poésie visuelle et expérimentation contemporaine

Le poème:

De la naissance de la Lumière

De là où naît la lumière
lueurs de corps
des figures du reflet
des lampions brûlent
des cierges se consument
l’orgue crie son souffle
lieu sacré de l’espérance

De là où naît la lumière
en porte-à-faux du sombre,
des lumineux s’impriment
dans les tissus de linceuls

De là naît l’origine …
le commencement

La lumière comme origine

Dans ce poème, la lumière apparaît comme un point de passage entre le visible et l’invisible. Elle devient à la fois présence, mémoire et transformation, au cœur d’une expérience sensible et spirituelle.

De la naissance de la lumière : une installation sculpturale au Gesù

Origine du projet

En 2012, j’ai été invité par la directrice du Centre de créativité du Gesù, à Montréal, à concevoir une crèche de Noël pour l’église. Une proposition à la fois stimulante et exigeante : comment créer une œuvre contemporaine sur un thème vieux de deux millénaires ? Comment aborder une iconographie aussi chargée d’histoire pour tenter d’y insuffler un regard neuf ? Comment aborder le sacré avec de l’art contemporain ?

Intention artistique

J’ai choisi de travailler à partir du thème de la lumière, en développant l’installation sur deux niveaux de lecture :

  • Pour les catholiques : une crèche contemporaine symbolisant la naissance de l’enfant porteur de lumière.
  • Pour tous les autres : une œuvre artistique actuelle, peuplée de personnages futuristes et enrichie d’un univers visuel numérique.

Composantes de l’installation

L’installation comprenait douze figures en plâtre, agrémentées de bijoux, de métaux et de tissus. Leurs visages, blancs et presque anonymes, évoquaient la foule en attente — cette humanité guettant l’émergence de la lumière.

Leurs corps étaient composés de trépieds de photographie, apportant une touche contemporaine et délibérément non réaliste. Ce choix plaçait l’accent sur les têtes, sur la dimension symbolique, plus que sur la représentation corporelle.

L’œuvre intégrait également des diaporamas diffusés sur des écrans : des images numériques créées à partir de photographies, d’interventions infographiques, de logiciels d’imagerie et de sculpture numérique 3D. Ces projections prenaient la forme de « graffitis lumineux » et de sculptures virtuelles.

L’installation était évolutive : chaque semaine, je déplaçais les personnages, comme dans une chorégraphie silencieuse et j’ajoutais de nouvelles sources de lumière. La forme finale de l’installation a été faite de jour de Noël.

Réalisation et collaboration

Le montage dans l’église du Gesù fut un moment fort de ma carrière. J’ai eu le privilège de collaborer avec l’artiste Stella Pace, alors responsable de l’accompagnement technique des artistes invités. Stella, artiste multidisciplinaire remarquable, m’a non seulement épaulé dans la réalisation, mais elle a aussi profondément marqué mon parcours. Nos longues conversations m’ont permis de dépasser le syndrome de l’imposteur qui me tracassait alors. Parfois, la vie place les bonnes personnes sur notre route, au bon moment.

C’était la troisième fois que j’intervenais au Gesù. J’y avais déjà présenté une exposition solo, Les âmes souffrantes – La maladie mentale, ainsi qu’une sculpture intégrée à la collection permanente : Calvaire et Espérance. Avec De la naissance de la lumière, j’étais une fois de plus habité par le désir de créer dans le respect du lieu, de son histoire et des personnes qui le fréquentent.

Le lieu : le Gesù

Situé au cœur du centre-ville de Montréal, le Gesù est à la fois une église, un lieu de culte actif et un centre de créativité. Anciennement rattaché au Collège Sainte-Marie, premier établissement d’enseignement jésuite à Montréal, il a vu passer plusieurs figures marquantes de la culture québécoise. Le poète Émile Nelligan y a étudié, tout comme l’écrivain Hubert Aquin.

Aujourd’hui, le Gesù continue d’accueillir des expositions, des concerts et des créations artistiques contemporaines, dans un esprit de dialogue entre spiritualité, culture et art. C’est dans ce lieu chargé d’histoire et de sens que l’installation De la naissance de la lumière a été présentée, en dialogue avec l’espace liturgique et la mémoire collective.

Réception – Réactions et controverse

Présentée dans l’église du 2 décembre 2012 au 7 janvier 2013, l’installation a suscité une large gamme de réactions. Plusieurs visiteurs ont salué une approche contemporaine audacieuse. D’autres, au contraire, l’ont rejetée violemment.

Malgré le soin que j’ai pris pour honorer l’esprit du lieu, certaines réactions m’ont surpris par leur intensité. Des discussions avec des Jésuites m’ont aidé à faire face à cette réception contrastée. Sur le web, certains ont accusé l’installation de rendre hommage à Lucifer et aux Illuminati. Deux personnes ont même fait des crises en plein cœur de l’église, persuadées d’y voir le diable… Il a fallu les expulser…

Cette expérience m’a rappelé une vérité essentielle : l’artiste propose, mais chaque spectateur interprète selon son propre vécu, ses croyances, son état intérieur. L’œuvre devient alors un miroir, parfois paisible, parfois dérangeant.

Quelques photos de l’installation

Affiche - installation De la naissance de la lumière - Gesù, l'image montre des personnage de la crèche
Affiche – installation De la naissance de la lumière – Gesù,
Photo montrant des personnages surréalistes de l'installation dans le transept nord de l'église du Gesu
De la naissance de la Lumière – Installation sculpturale – transept nord du Gesu
Photo du transept nord de l'église du Gesu avec une vue d'ensemble de l'installation et des sources de lumière
Vue de l’installation dans le transept nord du Gesu
Image montrant des personnages surréalistes sur fond noir
Des personnages de l’installation De la naissance de la lumière

Quelques images des diaporamas

Graffitis lumineux créés a partir de sources lumineuses dans l'église - sur fond noir
Graffitis lumineux créés à partir de sources lumineuses dans l’église
Sculpture virtuelle créée avec un logiciel de création en 3D - image numérique
Sculpture virtuelle créée avec un logiciel de création en 3D
Graffitis lumineux et une sculpture virtuelle sur un fond noir
Graffitis lumineux et sculpture virtuelle

Là où naît la lumière : un reflet devenu vision

Avant de commencer le montage de l’installation dans l’église du Gesù, je m’y suis rendu à plusieurs reprises pour observer l’espace et planifier l’intervention. Lors d’une de ces visites, j’ai pris plusieurs photos du transept nord. L’une d’elles m’a profondément surpris : malgré la faible luminosité ambiante, un reflet lumineux intense est apparu sur l’image.

Ce qui m’a frappé, ce n’est pas seulement cette lumière inattendue dans une atmosphère presque obscure, mais la forme qu’elle semblait dessiner. Dans cette tache lumineuse, un personnage m’est apparu. Était-ce une simple paréidolie — ce phénomène où l’œil humain devine des formes familières dans le flou ou l’abstrait ?

Curieux de valider ma perception, j’ai montré la photo à un ami artiste. Avant même que je ne dise quoi que ce soit, il s’est exclamé : « C’est un spectre ! ». Lui aussi avait perçu une présence humaine, sans que je ne l’influence de quelque manière.

J’ai conservé cette image pendant plus de treize ans. Elle continue de m’intriguer, comme un fragment de mystère suspendu dans le temps. En 2025, j’ai décidé de revenir à cette vision, de l’interpréter à travers une série de dessins et d’estampes numériques. C’est ainsi qu’est né un nouveau corpus intitulé : Là où naît la lumière.

Photos du reflet lumineux

Photo du reflet lumineux au Gesu
Photo du reflet lumineux au Gesu
Photo du reflet lumineux au Gesu - Agrandissement
Photo du reflet lumineux au Gesu – Agrandissement

Là où naît la lumière; les dessins

Dessin en noir et blanc montrant un personnage avec un chapeau
Là où naît la lumière – Dessin 1 (dessin sur papier avec fusain, gouache, pastel, encre, acrylique, craie et crayons)
Dessin avec un visage entouré de cercles de couleur
Là où naît la lumière – Dessin 2 (dessin sur papier avec fusain, gouache, pastel, encre, acrylique, craie et crayons)

Là où naît la lumière; les estampes numériques

Estampe numérique avec un personnage en noir et blanc et des rayons de lumière
Là où naît la lumière – Estampe numérique 1
Des rayons lumineux et une forme humaine dans la lumière
Là où naît la lumière – Estampe numérique 2

Une autre histoire de lumière

En décembre 2012, la journaliste Chantal L’Heureux, du Magazine Radio In Situ, est venue me rencontrer pour réaliser un article sur l’installation De la naissance de la lumière. Afin d’illustrer son reportage, elle m’a photographié devant deux sculptures et un écran qui diffusait un des diaporamas de l’exposition.

Au moment précis où elle a appuyé sur le déclencheur, un employé du Centre de créativité du Gesù a éteint les lumières de l’église — sans le savoir, il venait de transformer cette prise de vue en une image singulière et énigmatique.

C’est lors de la publication de cette photo que la controverse a éclaté. Une personne, sans doute influencée par l’ambiance dramatique de l’image, a commencé à présenter l’installation comme un hommage à Lucifer et aux Illuminati. Ce fut le début d’une série d’interprétations étonnantes — et troublantes — autour de l’œuvre. Voici cette photo:

Gilles Vallée devant son installation "De la naissance de la lumière", église du Gesù, 2012.
Gilles Vallée devant l’installation De la naissance de la lumière, Gesù, 2012 – Photo : Chantal L’Heureux

Et si la lumière ne naissait pas là où on l’attend ?

Créer dans un lieu chargé d’histoire, avec ses rituels, ses attentes, ses croyances, m’a confronté à l’essence même de l’acte artistique : proposer une vision, tout en acceptant qu’elle nous échappe dès qu’elle rencontre le regard de l’autre.
Treize ans plus tard, De la naissance de la lumière continue d’émettre ses reflets, à travers mes souvenirs, mes dessins, mes estampes numériques et mes poèmes. Elle m’accompagne, comme un éclat ancien dont la source est peut-être plus proche que je ne le croyais : quelque part en moi.

Art numérique humaniste et mémoire de l’œuvre

Cette œuvre peut aujourd’hui être relue à travers ma démarche en art numérique humaniste, où les créations se prolongent dans le temps, se transforment et circulent entre différents médiums.

De l’installation physique à l’image numérique, puis au poème, l’œuvre devient une mémoire vivante.

L’œuvre ne se limite plus à un lieu ni à un moment : elle se prolonge dans le temps, dans la mémoire et dans le réseau.

Explorer différentes dimensions de l’expérience humaine

→ Micro poèmes sociaux et politiques — poésie engagée et directe
→ Poèmes courts sur le deuil et la mort — mémoire, perte et présence
→ L’expérience humaine — exploration globale de la condition humaine
→ Poésie & images — corpus de poèmes-images
→ Poésie visuelle & écritures numériques — formes hybrides
→ Haïkus contemporains — poésie brève et minimaliste

Ces séries constituent différentes formes d’une même recherche : comprendre, ressentir et exprimer l’expérience humaine dans le monde contemporain.

→ Voir Arts visuels & vidéos

 Retour à la série Poésie visuelle & écritures numériques


Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

Pour situer cette démarche dans son cadre théorique et évolutif :

→ Art numérique humaniste — Corpus et développements

VIENS, ON VA DÉCHIRER LE CIEL (Poème)

Le titre du poème "Viens, on va déchirer le ciel" sur une image qui montre une main avec un doigt pointant vers le ciel bleu
Image numérique « Viens, on va déchirer le ciel » – Poème

Cet article fait partie de la série
Poésie visuelle & écritures numériques
→ Voir la série complète

Ce poème explore la matière du monde à travers les sens déjoués, les paysages intérieurs, et l’acte poétique comme un geste de fracture et de réparation. Une traversée entre chaos et renaissance, où l’on tente de raccommoder l’univers en lambeaux.

Poème-image et perception du monde

Dans ce poème-image, les sens se croisent et se confondent. L’odeur devient sonore, la vue devient tactile. Le langage poétique agit comme une matière vivante, capable de déformer le réel pour en révéler une autre dimension.

Un poème, un voyage sensoriel entre effondrement et poésie de la démesure

VIENS, ON VA DÉCHIRER LE CIEL

j’entends l’odeur de la cime
l’âcreté de la plaine
je sens la vue de l’eau
l’image de l’infime

lueurs de corps
mémoires d’étreintes
vieillir d’érosion

fait de traces d’éclats
et de silences
la destruction poétique
des confins du monde

on peut aller déchirer le ciel
le découdre
le faufiler

on peut le porter à fracture
le peindre à démesure
le dégrossir comme l’odeur
de la couleur

imploser dans la forêt
d’arbres et de sous-bois
dans le lac au jardin de roches
dans le lit de l’échouement

on peut saupoudrer d’étincelles
les boisés des tourterelles …
les vaisseaux – et les hirondelles
et la mer; et les mers

j’habite les neiges éternelles
de mon hiver de fleurs de glace
des perce-neiges qui frémissent
et d’échouage prennent place

raccommoder le ciel poétique
je ne peux romance
rapiécer l’organique
le minéral et la semence

je squatte les nuits noires
m’illumine des nuits blanches
m’expose sans gloire
en courbes, en lignes d’hanche

Viens, on va déchirer le ciel
pour entrevoir l’univers
voir le néant en expansion,
qui se désintègre pour renaitre

les mots trainent dans le salon,
près du cendrier; avec les cendres du ciel
il faudra les écrire
les dire

Art numérique humaniste et langage sensible

Ce poème s’inscrit dans ma démarche en art numérique humaniste, où le langage devient un espace d’exploration de l’expérience humaine.

L’écriture ne décrit pas le monde : elle le traverse, le fracture, et tente de le recomposer à partir de la mémoire, des sensations et de la présence.

Un poème comme tentative de recoudre le monde.

Explorer d’autres formes de poésie numérique

→ Poésie & images — corpus de poèmes-images
→ Haïkus contemporains — poésie brève et minimaliste
→ Micro poèmes sociaux et politiques — poésie visuelle engagée
→ Poèmes courts sur le deuil et la mort — mémoire et absence

 Retour à la série Poésie visuelle & écritures numériques


Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

Mutations perpétuelles – un poème en art numérique et glitch art

Poésie et art numérique se rencontrent dans une exploration du corps en mutation — une mémoire en perpétuelle réécriture.

Œuvre numérique représentant un visage en transformation, fusion de textures minérales et organiques, évoquant les traces du temps.
Mutations perpétuelles – œuvre originale

Cet article fait partie de la série
Poésie visuelle & écritures numériques
→ Voir la série complète

Et si le corps gardait en lui les marques du temps comme un palimpseste en perpétuelle réécriture ? « Mutations perpétuelles » explore, entre poésie et art numérique, la mémoire fragmentée de nos métamorphoses intérieures. Un voyage visuel et poétique à travers les traces du temps sur le corps, entre textures hybrides et distorsions numériques.

Corps, mémoire et transformation numérique

Dans cette œuvre, le corps devient une surface d’inscription du temps. Les textures, les altérations et les distorsions numériques traduisent une mémoire en constante transformation, entre présence et disparition.

Présentation de l’œuvre

Mutations perpétuelles est une œuvre d’art numérique réalisée à partir de logiciels graphiques professionnels, sans recours à l’intelligence artificielle. L’image originale, entièrement conçue manuellement, représente un visage en transformation — fusion de textures minérales et organiques — évoquant les empreintes du temps sur la matière vivante. Cette création explore, par une approche artisanale du numérique, la mémoire du corps en mutation.

Le poème

Mutations perpétuelles

entre deux battements de siècle
le temps sculpte le minéral
glitch organique; altérations
corps fractal et fébrile
d’humus et de souffle

mes cellules contiennent
toutes les galaxies
lèvres sensuelles suspendues aux
frontières des fontaines blanches
mouvements de l’expansion
perpétuelle des regards noyés
d’éclipse

je scrute les univers
avant d’atteindre l’horizon des événements …
l’inévitable trou noir de l’absence …

Les images

Ces variations visuelles prolongent le poème en explorant différentes formes de transformation du corps.

Art numérique : variation de l’œuvre originale

Variation artistique de l'œuvre originale - close up
Mutations perpétuelles – variation artistique

Variation artistique de l’œuvre originale; Close-up

Versions Glitch art

Le Glitch art explore la beauté des erreurs numériques : distorsions visuelles, fragments disloqués, interférences imprévues. En détournant les dysfonctionnements technologiques, il donne naissance à une esthétique de l’accident, où le bug devient langage. Dans ce projet, le glitch agit comme une métaphore de la mémoire fragmentée — un corps altéré, en constante reconfiguration.

Le glitch agit ici comme une écriture du temps, révélant les fractures invisibles de la mémoire et du corps.

Image glitchée où le visage semble fragmenté par une fracture temporelle, entre effacement numérique et dislocation physique
Mutations perpétuelles-glitch1

Image glitchée où le visage semble fragmenté par une fracture temporelle, entre effacement numérique et dislocation physique.

Glitch art; visage altéré comme une mémoire défaillante, marquée par des interférences visuelles.
Mutations perpétuelles – glitch2

Glitch art; visage altéré comme une mémoire défaillante, marquée par des interférences visuelles.

Glitch art; visage altéré avec un accident visuel au niveaux des yeux
Mutations perpétuelles – glitch3

Glitch art; visage altéré avec un accident visuel au niveau des yeux.

variation glitch où le visage devient matière mouvante, brouillée, instable — comme en pleine reconfiguration.
Mutations perpétuelles – glitch4

Variation glitch où le visage devient matière mouvante, brouillée, instable — comme en pleine reconfiguration.

Ce projet interroge la matière du temps dans les chairs numériques — un poème visuel où le corps, fragmenté, devient mémoire en mutation.

Art numérique humaniste et mémoire du corps

Cette œuvre s’inscrit dans ma démarche en art numérique humaniste, où le numérique devient un espace pour explorer l’expérience humaine.

Le corps, fragmenté et recomposé, devient ici une mémoire vivante, traversée par le temps, les transformations et les traces du vécu.

Explorer d’autres formes de poésie numérique

→ Poésie & images — corpus de poèmes-images
→ Haïkus contemporains — poésie brève et minimaliste
→ Micro poèmes sociaux et politiques — poésie visuelle engagée
→ Poèmes courts sur le deuil et la mort — mémoire et absence

 Retour à la série Poésie visuelle & écritures numériques


Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

Un pays peut naître de la poésie

Un pays peut naître de la poésie : poème et calligrammes sur les mots, la langue, la mémoire et la résistance créatrice

Calligramme Un pays peut naître de la poésie par Gilles Vallée, design typographique en flèche sur fond blanc
Les mots dessinent la naissance d’un territoire imaginé, poétique et identitaire

Cette page fait partie de la série
ART SOCIAL & POÉSIE
→ Voir la série complète

Peut-on fonder un pays sans territoire ? Sans drapeau ni armée ?
J’évoque ici un pays né du souffle des poètes, enraciné dans la langue et la culture.
Ce poème est un appel — lucide, inquiet, mais habité d’espoir — à résister à l’effacement et à réaffirmer que les mots peuvent façonner le monde.
Deux calligrammes accompagnent ce texte, comme des gestes graphiques qui prolongent la parole ainsi qu’une version vidéo.

Poésie, langue et territoire

Dans ce poème-calligramme, la langue devient territoire. Les mots ne décrivent pas un pays : ils le fondent, le portent et le maintiennent vivant, malgré l’effacement et les mutations du monde contemporain.

Entre rêve et résistance : un pays né de ses mots

Un pays né de ses mots

J’ai habité un pays imaginé…
celui de mes ancêtres compostés
De la langue et de la culture peut naître un pays
Sur nos terres, c’est presque arrivé

Mais je ne trouve plus mon presque pays
ce pays des poètes et des chansonniers
il n’a été qu’imaginé – il n’a été que semé
le pays de beaucoup de gens est sans
contredit maintenant le pays de l’argent
le pays est le paradis fiscal le plus payant

je suis maintenant géolocalisé
dans un pays inexistant –
dans un pays mort-né

et pourtant…
la résistance jour après jour
est l’attribut principal des grandes nations
un pays peut naitre de sa poésie
et de ses mots

Calligramme Un pays né de ses mots par Gilles Vallée, sur fond bleu, texte en spirale soulignant la naissance d’un pays à partir de la langue et de la culture
Un pays bâti sur la parole, la mémoire et la résistance créatrice

Un pays peut naître, puis disparaître… dans l’indifférence ou dans le vacarme.
Mais tant qu’il reste des voix, des poèmes, des chansons — il demeure une présence insoumise.
Ce texte n’est pas un deuil. C’est un rappel : là où il y a parole vivante, il y a encore territoire à habiter.

Les calligrammes prolongent le poème en transformant les mots en formes visuelles, où le langage devient image et territoire.

Version vidéo

La vidéo « Un pays peut naître de la poésie – UN PAYS NÉ DE SES MOTS » sur ma chaine YouTube

Art numérique humaniste et mémoire culturelle

Cet article s’inscrit dans ma démarche en art numérique humaniste, où la poésie devient un espace de mémoire et de résistance.

À travers les mots, les formes typographiques et la diffusion numérique, l’œuvre participe à la préservation d’une présence culturelle dans le flux du monde contemporain.

Explorer d’autres formes de poésie engagée

→ Micro poèmes sociaux et politiques — poésie visuelle engagée
→ Poèmes courts sur le deuil et la mort — mémoire et condition humaine
→ Poésie visuelle & écritures numériques — poèmes-images et écritures hybrides

← Retour à la série ART SOCIAL & POÉSIE


Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

De la connaissance de soi : une expérience poétique, sculpturale et numérique

De la connaissance de soi : explorez une quête intérieure à travers sculpture, art numérique et poésie, entre réflexion et expérimentation visuelle.

Vue partielle de la sculpture De la connaissance de soi de Gilles Vallée
Sculpture De la connaissance de soi

Cet article fait partie de la série
Poésie visuelle & écritures numériques
Voir la série complète

Exploration artistique et quête de soi

La connaissance de soi traverse l’histoire de la philosophie, de la poésie et de l’art. Cette œuvre, créée d’abord sous forme de sculpture, puis revisitée en art numérique et en glitch art, s’inscrit dans une démarche introspective. Elle propose une lecture visuelle et poétique d’une quête de soi, à la fois personnelle et universelle, inscrite dans ma démarche d’art numérique humaniste, où la technologie, la matière et l’image demeurent au service de l’expérience humaine et de la conscience.

En croisant la poésie contemporaine, les arts visuels et la matière brute, ce projet invite à ralentir, à regarder, et peut-être à se reconnaître.

Ce projet s’inscrit également dans les formes contemporaines de la poésie visuelle numérique, où texte, image et matière dialoguent au sein d’une même œuvre.

Une œuvre entre matière, image et conscience

Cette œuvre se déploie à travers plusieurs formes — sculpture, image numérique, glitch art et poésie — comme autant de tentatives d’approcher une même réalité : la connaissance de soi.

De la connaissance de soi : Poème, Sculpture, Art numérique et Glitch art

Le poème

De la connaissance de soi : à mains nues dans le présent

ce qui est …
non ce qui devrait être …
mais bel et bien ce qui est …
à mains nues dans le présent,
à mains nues dans le réel.
je touche mes tremblements sous la peau

là où les mots perdent
leurs contours et leurs sens
la pensée se fait argile, malléable
je suis assemblage d’histoires,
de fragments hérités de mes passés
un battement
un souffle

un miroir dans mon ventre …
à mains nues, je sculpte des erreurs
j’assemble des artéfacts pour comprendre
je suis l’arbre et l’ombre en même temps
je suis le sentier sans balises,
qui s’efface à mesure qu’il s’écrit
juste une marche, juste un pas
juste une trace

à mains nues.
dans le présent et le réel,
dans la conscience,
je me devine
je m’entrevois
je me reconnais

Note

Ce poème s’inscrit dans une volonté d’explorer la conscience de soi à travers le langage. En écho à l’image et à la matière, il prolonge le dialogue entre art et philosophie, poésie et arts visuels.

La sculpture

L'image montre la sculpture De la connaissance de soi de Gilles Vallée
La sculpture De la connaissance de soi

Cette sculpture contemporaine a été réalisée en 2012. Elle a été exposée en 2013 à Montréal, dans un centre d’artistes et une galerie d’art, puis en 2014 dans la salle Le Petit Boréart, au Centre culturel France Arbour de Granby.

Concernant le titre : il m’est arrivé de la présenter sous le nom De la connaissance, mais son titre complet et exact est De la connaissance de soi.

Aspects techniques

La partie supérieure, représentant un personnage, est composée de bois, de plâtre et de mousse isolante. La mise en couleur a été réalisée à l’aide de peinture acrylique.

La partie inférieure est un assemblage sculptural mixed media, combinant métal, bois, mousse isolante et livres — dont un exemplaire du livre De la connaissance de soi de Jiddu Krishnamurti, intégré directement dans l’œuvre. Il s’agit d’une œuvre d’art expressive où le support devient signifiant, prolongeant la réflexion introspective.

Dans cette continuité, l’art numérique humaniste permet de prolonger l’œuvre au-delà de sa forme initiale, en la faisant circuler, se transformer et persister dans le temps.

En versions Art Numérique

À partir d’une photo de la sculpture, j’ai créé des œuvres numériques à l’aide de logiciels graphiques. Ces images sont issues d’une transformation artistique personnelle : aucun recours à l’intelligence artificielle, seulement une manipulation artisanale et intuitive.

Le passage de la matière à l’image permet de reconfigurer le regard. C’est une autre façon d’aborder lart et la connaissance de soi, en jouant sur les textures, la lumière, et les détails amplifiés.

Je vous propose ci-dessous deux exemples de cette adaptation dans le monde numérique.

Œuvre d'art numérique produite a partir d'une photo de la sculpture De la connaissance de soi
Œuvre d’art numérique produite a partir d’une photo de la sculpture De la connaissance de soi
Œuvre d'art numérique produite a partir d'une photo de la sculpture De la connaissance de soi - vue du visage (image rectangulaire)
Œuvre d’art numérique produite a partir d’une photo de la sculpture De la connaissance de soi (image rectangulaire)

Une version Glitch Art

J’ai aussi expérimenté avec la technique du Glitch Art, pour déconstruire et faire surgir d’autres lectures visuelles de la sculpture originale. Voir l’exemple ci-dessous:

Le glitch art introduit une dimension de rupture, où l’erreur devient langage visuel et ouvre de nouvelles perceptions de l’œuvre.

Note

Le Glitch Art est une forme d’art visuel qui utilise les erreurs numériques ou analogiques — comme les artefacts visuels et les bugs — pour créer une esthétique délibérément altérée. Il peut être généré accidentellement ou de manière intentionnelle, en manipulant des fichiers, des logiciels ou des dispositifs électroniques.

Œuvre d'art numérique produite a partir d'une photo de la sculpture De la connaissance de soi - version Glitch art
Œuvre d’art numérique produite a partir d’une photo de la sculpture De la connaissance de soi – version Glitch art

Une trace fondatrice

En 1977 ou 1978, j’ai lu De la connaissance de soi de Jiddu Krishnamurti. Ce livre m’avait profondément marqué, notamment par une idée centrale : l’importance d’être conscient de ce qui est.

Près de cinq décennies plus tard, je réalise que ce principe m’a discrètement accompagné tout au long de mon parcours, influençant ma pensée, mes choix, mes gestes, et mes œuvres.

La sculpture De la connaissance de soi, tout comme les transformations numériques qui en découlent, s’inscrit dans cette continuité intérieure.

Conclusion

La connaissance de soi est une quête qui traverse les formes : le geste sculptural, l’image numérique, l’écriture poétique. Chaque médium en capte une facette, une vibration, un élan.

La sculpture présentée ici n’existe plus aujourd’hui. Elle a été détruite à un moment de transition dans ma vie. Comme certaines œuvres, elle a eu une existence éphémère. Sa disparition fait partie de son histoire, et prolonge, à sa manière, le questionnement sur la connaissance de soi : qu’est-ce qui demeure lorsque tout change ?

Parfois, ce que l’on détruit nous accompagne encore, sous une autre forme, plus légère, plus libre.

L’œuvre disparaît, mais la recherche demeure.

Explorer différentes dimensions de l’expérience humaine

→ Micro poèmes sociaux et politiques — poésie engagée et directe
→ Poèmes courts sur le deuil et la mort — mémoire, perte et présence
→ L’expérience humaine — exploration globale de la condition humaine
→ Poésie & images — corpus de poèmes-images
→ Poésie visuelle & écritures numériques — formes hybrides
→ Haïkus contemporains — poésie brève et minimaliste

Ces séries constituent différentes formes d’une même recherche : comprendre, ressentir et exprimer l’expérience humaine dans le monde contemporain.

→ Voir Arts visuels & vidéos

 Retour à la série Poésie visuelle & écritures numériques


Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

Pour situer cette démarche dans son cadre théorique et évolutif :

→ Art numérique humaniste — Corpus et développements

L’Asile de Camille – Hommage poétique et sculptural à Camille Claudel

Un hommage poétique et sculptural à Camille Claudel, entre art, mémoire et enfermement, où la sculpture devient cri de résistance et de beauté.

Sculpture L’Asile de Camille de Gilles Vallée – hommage à Camille Claudel
L’Asile de Camille

Cet article fait partie de la série
Poésie visuelle & écritures numériques
→ Voir la série complète

À travers cette sculpture intitulée L’Asile de Camille, j’ai voulu rendre hommage à Camille Claudel, sculptrice de génie, longtemps reléguée à l’ombre, enfermée et réduite au silence durant les trente dernières années de sa vie.

Ce billet présente un poème inspiré par son destin tragique, un texte sur la genèse de la sculpture, et quatre photographies de l’œuvre. Ce projet explore, entre matière et mémoire, la fragile frontière entre la souffrance et l’acte de création.

Ce projet peut également être compris comme une forme de poésie visuelle numérique, où la sculpture, le texte et l’image participent à une même œuvre de mémoire.

Mémoire, enfermement et création

Cette œuvre explore la tension entre création artistique et enfermement, en donnant une forme à la mémoire d’une artiste réduite au silence, mais jamais effacée.

Camille Claudel : mémoire d’une artiste muselée

L’Asile de Camille : De l’ombre à l’oubli (Poème)

dans l’ombre de l’homme
dans le corps de la femme
dans la matière je demeure
de l’argile crue je deviens
bronze

la modèle en torsion
la sensualité du plâtre humide
des corps enlacés de marbre

l’asile
internement et muselage
de la voix singulière
dans une fosse commune
mémoire d’injustice

La sculpture L’Asile de Camille

Réalisée en 2009, cette sculpture est un hommage à Camille Claudel. Elle s’inscrit dans un corpus d’œuvres consacrées à la maladie mentale, présenté en 2011 lors de mon exposition Les âmes souffrantes – La maladie mentale au Gesù à Montréal dans le cadre des activités du Centre de Créativité.

Cette même année, L’Asile de Camille a également été exposée lors de mon exposition Les Contemplateurs, au Centre d’exposition en arts visuels Boréart, à Granby.

À travers cette œuvre, j’ai voulu évoquer l’enfermement, l’effacement, mais aussi la persistance de la mémoire créatrice face à l’injustice.

Notes techniques :
La sculpture a été réalisée avec de l’argile crue, du métal, du verre et de la pierre. Le visage a été sculpté dans de l’albâtre.

Photos de la sculpture

Sculpture L’Asile de Camille de Gilles Vallée – hommage à Camille Claudel
L’Asile de Camille – Vue latérale
Sculpture L’Asile de Camille de Gilles Vallée – hommage à Camille Claudel
L’Asile de Camille – Vue frontale
Visage sculpté en albâtre, détail de L’Asile de Camille – œuvre de Gilles Vallée en mémoire de Camille Claudel
Détail du visage – Sculpture « L’Asile de Camille »

Art numérique humaniste et mémoire des artistes

Cet hommage s’inscrit dans ma démarche en art numérique humaniste, où l’art devient un espace de mémoire et de transmission.

À travers la sculpture, la poésie et sa diffusion numérique, l’œuvre participe à maintenir vivante la présence d’artistes dont la voix a été réduite au silence.

Quelques repères biographiques sur Camille Claudel

Photo de Camille Claudel en noir et blanc
Camille Claudel (Photo libre de droits)

Camille Claudel (1864–1943) est une sculptrice française de grand talent, longtemps éclipsée par la figure de Rodin, avec qui elle a entretenu une relation aussi passionnée que tourmentée. Internée à l’âge de 49 ans, elle passera les 30 dernières années de sa vie en asile, souvent isolée, sans jamais cesser d’habiter la mémoire collective comme une figure tragique de la création muselée.

Citation de Camille Claudel sur la solitude et l’enfermement

« Je vis dans un monde si curieux, si étrange… Du rêve que fut ma vie, ceci est le cauchemar. »

Référence

(Lettre à Eugène Blot, 21 août 1913)

Camille Claudel est aujourd’hui reconnue comme une figure majeure de la sculpture moderne, dont l’œuvre continue d’influencer l’histoire de l’art.

Créer, c’est refuser l’effacement

Explorer différentes dimensions de l’expérience humaine

→ Micro poèmes sociaux et politiques — poésie engagée et directe
→ Poèmes courts sur le deuil et la mort — mémoire, perte et présence
→ L’expérience humaine — exploration globale de la condition humaine
→ Poésie & images — corpus de poèmes-images
→ Poésie visuelle & écritures numériques — formes hybrides
→ Haïkus contemporains — poésie brève et minimaliste

Ces séries constituent différentes formes d’une même recherche : comprendre, ressentir et exprimer l’expérience humaine dans le monde contemporain.

→ Voir Arts visuels & vidéos

 Retour à la série Poésie visuelle & écritures numériques


Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

Pour situer cette démarche dans son cadre théorique et évolutif :

→ Art numérique humaniste — Corpus et développements

LES LUTTES DE L’ENCRIER (Poésie)

Un poème sur la puissance de l’écriture comme arme de résistance, où chaque mot devient acte de lutte, de mémoire et de liberté.

Image générée par IA montrant un personnage masculin surréaliste avec des horloges sur la tête - il est en train d'écrire dans un livre avec un crayon
LES LUTTES DE L’ENCRIER (Poésie Site de Gilles Vallée Art)

Cette page fait partie de la série
ART SOCIAL & POÉSIE
→ Voir la série complète

Écriture, résistance et liberté

Dans ce poème, l’écriture devient un acte de résistance. Les mots ne sont plus seulement des signes : ils deviennent des gestes, des armes symboliques, capables de dénoncer, de préserver la mémoire et d’affirmer une présence.

Ce poème engagé explore la puissance des mots dans les luttes sociales, politiques et culturelles.

Écrire pour résister
Un poème sur la lutte et la liberté

LES LUTTES DE L’ENCRIER

De l’encre qui coule vers un peuple
Des mots pour faire naître une nation
Les plumes comme guerrières de papier
Porter fièrement sa langue et ses mots

Des écritures de poings levés
pour dénoncer des guerres,
des génocides,
des injustices
Chaque mot est combat
Chaque phrase une épée
Chaque rature est une blessure

Scribouiller, mais dire,
oser dire …
une expression de révolte,
de force,
de solidarité…
même en gribouillant,
il faut dire

Batailler l’écrit et le mot
pour faire acte de résistance,
S’escrimer à être …
à continuer d’être,
à survivre

Bagarrer et défendre la liberté
Ferrailler contre le silence
des pages blanches

Mots de dissidence
Encre et plumes
de désobéissance

Art numérique humaniste et écriture engagée

Ce poème s’inscrit dans ma démarche en art numérique humaniste, où l’écriture devient un moyen d’habiter le monde et de résister à l’effacement.

À travers sa diffusion dans le réseau, le texte agit comme une trace vivante, un acte de parole inscrit dans la mémoire collective.

Écrire, c’est refuser de se taire.

Explorer d’autres formes de poésie engagée

→ Micro poèmes sociaux et politiques — poésie visuelle engagée
→ Poèmes courts sur le deuil et la mort — mémoire et condition humaine
→ Poésie visuelle & écritures numériques — poèmes-images et écritures hybrides

← Retour à la série ART SOCIAL & POÉSIE


Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur