Mille et une révoltes sur le bout de la langue — poésie visuelle et engagée, inscrite dans ma démarche d’art numérique humaniste, où les cris du monde se transforment en mots et images.
Cet article s’inscrit dans la série Art social & poésie, où j’explore une poésie engagée ancrée dans les tensions sociales, les fractures du monde et les formes contemporaines de résistance.
Fragments d’un soulèvement en suspens : murmures de poésie et de révolte
Richesse et gloire pour les nains de jardin sociopathes pauvreté et misère pour les lutins de rue et les fantaisistes
des cracheurs d’images de marque pour le réseautage d’illusionnistes et de faux prêtres des grand maîtres inventés de toutes pièces par des suceurs de baguettes magiques la réussite est au bout de la langue pour les putes et magiciens de haut niveau de tous genres ou non genrés
parasitage d’images publiques; frime et supercherie manipulation et tromperie des bibittes à patate déguisées en scarabées japonais pour tromper les farfadets doués de l’esprit follet
des gosseux de langues de bois des patenteux d’histoires des acrobates de l’art oratoire et des charmeurs de langues … une révolte couve en braise de colère en ces jours de mots décapités
je suis en terre de rébellion, je reviendrai peut-être un jour bredouille – démanché – exilé
… exilé … trouver asile et calme dans un lieu inviolable se sentir étranger partout; étranger et mutant
des hashtags tatoués dans le front #asiles #exils je demande asile je tague et je tague je tague et je tangue je tangue et je tombe …
gueules de cris à tue-tête émeutiers de la survivance … des manifestants protestent mais n’attendent plus rien …
L’être social inhabité … avec mille et une révoltes sur le bout de la langue et le cœur en lambeaux de liberté
Une poésie de la révolte et du langage
Ce poème explore la langue comme lieu de tension, de rupture et de révolte. Les mots y deviennent fragments, cris, dérives — une tentative de dire l’indicible dans un monde saturé de discours et de manipulations.
Une révolte intérieure, où la langue devient territoire de lutte.
Art numérique humaniste et poésie engagée
Cette œuvre s’inscrit dans ma démarche en art numérique humaniste, où la poésie devient un espace de résistance face aux dérives sociales, politiques et médiatiques.
L’image et le texte y agissent comme des formes de présence dans le réseau, portant une parole libre, fragmentée, mais profondément humaine.
Explorer d’autres formes de poésie engagée
Ce poème-image s’inscrit dans un corpus plus large de poésie numérique humaniste, où différentes formes interrogent les enjeux sociaux et politiques de notre époque :
Cette œuvre s’inscrit dans ma démarche d’art numérique humaniste, où les mots et les images deviennent des formes de conscience, de résistance et de mémoire dans l’espace numérique.
EMI : L’appel et le cri — entre vie, mort et réminiscence, un poème visionnaire où la conscience dérive aux frontières du réel.
EMI L’APPEL ET LE CRI – Image générée par IA
Cet article fait partie de la série POÈMES COURTS SUR LE DEUIL ET LA MORT → Voir la série complète
Cet article s’inscrit dans la série Poèmes courts sur le deuil et la mort, où j’explore les expériences liées à la finitude, à la mémoire et aux passages entre la vie et la mort.
Entre Vie, Mort et Réminiscence (Poème)
Je suis couché sur le dos, sur l’asphalte d’un stationnement je devrais voir le ciel mais je me vois de face, étendu sur le sol comme une flaque d’eau
je dérive dans le temps du rêve à l’origine du commencement à la naissance du temps originel à cheval sur un pendule déréglé le monde sous mes pieds la pensée à l’état pur l’esprit des premiers ancêtres
je suis un drone qui se regarde, vue du ciel, mon cœur s’arrête ma poitrine n’est plus qu’un jardin de roches je t’emmène dans mes yeux la vie n’est qu’une pute qui se vend au plus offrant
je suis décédé tant de fois depuis mon esquisse de mort soubresauts des errances croquis de cimetières embaumés aquarelle des urnes enfumées
l’appel et le cri un jour j’accrocherai mon chapeau, sur la patère à la sortie du théâtre et je m’immobiliserai comme un reliquaire dans un sentier du sanctuaire
Note
EMI: Expérience de mort imminente
Aux frontières du réel
Ce poème explore une expérience limite, où la conscience semble se détacher du corps et dériver dans un espace incertain entre rêve, mémoire et disparition.
Le temps y devient instable, et l’identité se fragmente dans une perception altérée du réel.
Art numérique humaniste et expérience intérieure
Cette œuvre s’inscrit dans ma démarche en art numérique humaniste, où la poésie devient un espace d’exploration de l’expérience humaine dans ses dimensions les plus intimes et existentielles.
Cet article s’inscrit dans la série Art social & poésie, où j’explore une poésie engagée qui questionne les injustices, les silences et les tensions du monde contemporain.
Poème sur l’injustice, l’indifférence, la douleur silencieuse
l’intensité des cris des muets dépasse toujours celle de l’entendement de la sourde oreille
Le silence comme cri
Ce micro-poème explore la violence de l’indifférence.
Il met en lumière une tension fondamentale : ce qui ne se dit pas, ce qui n’est pas entendu, peut parfois porter une intensité plus forte que les mots eux-mêmes.
Art numérique humaniste et regard social
Cette œuvre s’inscrit dans ma démarche en art numérique humaniste, où la poésie et l’image deviennent des moyens de révéler des réalités humaines souvent invisibles ou ignorées.
Le numérique permet ici de rendre visible ce silence, et de lui donner une forme.
Explorer d’autres formes de poésie engagée
Ce poème-image s’inscrit dans un corpus plus large de poésie numérique humaniste, où différentes formes interrogent les enjeux sociaux et politiques de notre époque :
Quand l’art, la lumière et la poésie se rencontrent pour faire naître un éclat suspendu entre sacré et art contemporain.
Cet article fait partie de la série Poésie visuelle & écritures numériques → Voir la série complète
De la naissance de la lumière est un projet artistique multidisciplinaire né en 2012, lorsque le Centre de créativité du Gesù m’a invité à créer une crèche de Noël contemporaine. L’installation, présentée dans l’église, alliait sculpture, diaporamas numériques et mise en espace, en dialogue avec le lieu liturgique.
Treize ans plus tard, en 2025, ce projet a trouvé de nouveaux échos : un poème, des dessins et des estampes numériques ont vu le jour, inspirés par une photographie prise dans le transept nord lors du montage initial. Ce texte retrace la genèse de l’installation, les réactions qu’elle a suscitées, et les prolongements visuels et poétiques qui en ont découlé.
Avec le recul, De la naissance de la lumière peut aujourd’hui être relu comme une œuvre préfigurant ma démarche d’art numérique humaniste, où la technologie, la poésie et la lumière demeurent au service de l’expérience humaine, de la mémoire et du sens.
Cet article propose une traversée entre poésie, art sacré et création contemporaine, à partir d’une œuvre qui s’est transformée au fil du temps. Il s’inscrit dans une réflexion plus large sur la place de l’art, de la mémoire et de la lumière dans l’expérience humaine.
Ce projet peut également être compris comme une forme de poésie visuelle numérique, où texte, image, lumière et mémoire se déploient à travers différents médiums.
Une œuvre multidisciplinaire entre art sacré, poésie visuelle et expérimentation contemporaine
Le poème:
De la naissance de la Lumière
De là où naît la lumière lueurs de corps des figures du reflet des lampions brûlent des cierges se consument l’orgue crie son souffle lieu sacré de l’espérance
De là où naît la lumière en porte-à-faux du sombre, des lumineux s’impriment dans les tissus de linceuls
De là naît l’origine … le commencement
La lumière comme origine
Dans ce poème, la lumière apparaît comme un point de passage entre le visible et l’invisible. Elle devient à la fois présence, mémoire et transformation, au cœur d’une expérience sensible et spirituelle.
De la naissance de la lumière : une installation sculpturale au Gesù
Origine du projet
En 2012, j’ai été invité par la directrice du Centre de créativité du Gesù, à Montréal, à concevoir une crèche de Noël pour l’église. Une proposition à la fois stimulante et exigeante : comment créer une œuvre contemporaine sur un thème vieux de deux millénaires ? Comment aborder une iconographie aussi chargée d’histoire pour tenter d’y insuffler un regard neuf ? Comment aborder le sacré avec de l’art contemporain ?
Intention artistique
J’ai choisi de travailler à partir du thème de la lumière, en développant l’installation sur deux niveaux de lecture :
Pour les catholiques : une crèche contemporaine symbolisant la naissance de l’enfant porteur de lumière.
Pour tous les autres : une œuvre artistique actuelle, peuplée de personnages futuristes et enrichie d’un univers visuel numérique.
Composantes de l’installation
L’installation comprenait douze figures en plâtre, agrémentées de bijoux, de métaux et de tissus. Leurs visages, blancs et presque anonymes, évoquaient la foule en attente — cette humanité guettant l’émergence de la lumière.
Leurs corps étaient composés de trépieds de photographie, apportant une touche contemporaine et délibérément non réaliste. Ce choix plaçait l’accent sur les têtes, sur la dimension symbolique, plus que sur la représentation corporelle.
L’œuvre intégrait également des diaporamas diffusés sur des écrans : des images numériques créées à partir de photographies, d’interventions infographiques, de logiciels d’imagerie et de sculpture numérique 3D. Ces projections prenaient la forme de « graffitis lumineux » et de sculptures virtuelles.
L’installation était évolutive : chaque semaine, je déplaçais les personnages, comme dans une chorégraphie silencieuse et j’ajoutais de nouvelles sources de lumière. La forme finale de l’installation a été faite de jour de Noël.
Réalisation et collaboration
Le montage dans l’église du Gesù fut un moment fort de ma carrière. J’ai eu le privilège de collaborer avec l’artiste Stella Pace, alors responsable de l’accompagnement technique des artistes invités. Stella, artiste multidisciplinaire remarquable, m’a non seulement épaulé dans la réalisation, mais elle a aussi profondément marqué mon parcours. Nos longues conversations m’ont permis de dépasser le syndrome de l’imposteur qui me tracassait alors. Parfois, la vie place les bonnes personnes sur notre route, au bon moment.
C’était la troisième fois que j’intervenais au Gesù. J’y avais déjà présenté une exposition solo, Les âmes souffrantes – La maladie mentale, ainsi qu’une sculpture intégrée à la collection permanente : Calvaire et Espérance. Avec De la naissance de la lumière, j’étais une fois de plus habité par le désir de créer dans le respect du lieu, de son histoire et des personnes qui le fréquentent.
Le lieu : le Gesù
Situé au cœur du centre-ville de Montréal, le Gesù est à la fois une église, un lieu de culte actif et un centre de créativité. Anciennement rattaché au Collège Sainte-Marie, premier établissement d’enseignement jésuite à Montréal, il a vu passer plusieurs figures marquantes de la culture québécoise. Le poète Émile Nelligan y a étudié, tout comme l’écrivain Hubert Aquin.
Aujourd’hui, le Gesù continue d’accueillir des expositions, des concerts et des créations artistiques contemporaines, dans un esprit de dialogue entre spiritualité, culture et art. C’est dans ce lieu chargé d’histoire et de sens que l’installation De la naissance de la lumière a été présentée, en dialogue avec l’espace liturgique et la mémoire collective.
Réception – Réactions et controverse
Présentée dans l’église du 2 décembre 2012 au 7 janvier 2013, l’installation a suscité une large gamme de réactions. Plusieurs visiteurs ont salué une approche contemporaine audacieuse. D’autres, au contraire, l’ont rejetée violemment.
Malgré le soin que j’ai pris pour honorer l’esprit du lieu, certaines réactions m’ont surpris par leur intensité. Des discussions avec des Jésuites m’ont aidé à faire face à cette réception contrastée. Sur le web, certains ont accusé l’installation de rendre hommage à Lucifer et aux Illuminati. Deux personnes ont même fait des crises en plein cœur de l’église, persuadées d’y voir le diable… Il a fallu les expulser…
Cette expérience m’a rappelé une vérité essentielle : l’artiste propose, mais chaque spectateur interprète selon son propre vécu, ses croyances, son état intérieur. L’œuvre devient alors un miroir, parfois paisible, parfois dérangeant.
Quelques photos de l’installation
Affiche – installation De la naissance de la lumière – Gesù,
De la naissance de la Lumière – Installation sculpturale – transept nord du Gesu
Vue de l’installation dans le transept nord du Gesu
Des personnages de l’installation De la naissance de la lumière
Quelques images des diaporamas
Graffitis lumineux créés à partir de sources lumineuses dans l’église
Sculpture virtuelle créée avec un logiciel de création en 3D
Graffitis lumineux et sculpture virtuelle
Là où naît la lumière : un reflet devenu vision
Avant de commencer le montage de l’installation dans l’église du Gesù, je m’y suis rendu à plusieurs reprises pour observer l’espace et planifier l’intervention. Lors d’une de ces visites, j’ai pris plusieurs photos du transept nord. L’une d’elles m’a profondément surpris : malgré la faible luminosité ambiante, un reflet lumineux intense est apparu sur l’image.
Ce qui m’a frappé, ce n’est pas seulement cette lumière inattendue dans une atmosphère presque obscure, mais la forme qu’elle semblait dessiner. Dans cette tache lumineuse, un personnage m’est apparu. Était-ce une simple paréidolie — ce phénomène où l’œil humain devine des formes familières dans le flou ou l’abstrait ?
Curieux de valider ma perception, j’ai montré la photo à un ami artiste. Avant même que je ne dise quoi que ce soit, il s’est exclamé : « C’est un spectre ! ». Lui aussi avait perçu une présence humaine, sans que je ne l’influence de quelque manière.
J’ai conservé cette image pendant plus de treize ans. Elle continue de m’intriguer, comme un fragment de mystère suspendu dans le temps. En 2025, j’ai décidé de revenir à cette vision, de l’interpréter à travers une série de dessins et d’estampes numériques. C’est ainsi qu’est né un nouveau corpus intitulé : Là où naît la lumière.
Photos du reflet lumineux
Photo du reflet lumineux au Gesu
Photo du reflet lumineux au Gesu – Agrandissement
Là où naît la lumière; les dessins
Là où naît la lumière – Dessin 1 (dessin sur papier avec fusain, gouache, pastel, encre, acrylique, craie et crayons)
Là où naît la lumière – Dessin 2 (dessin sur papier avec fusain, gouache, pastel, encre, acrylique, craie et crayons)
Là où naît la lumière; les estampes numériques
Là où naît la lumière – Estampe numérique 1
Là où naît la lumière – Estampe numérique 2
Une autre histoire de lumière
En décembre 2012, la journaliste Chantal L’Heureux, du Magazine Radio In Situ, est venue me rencontrer pour réaliser un article sur l’installation De la naissance de la lumière. Afin d’illustrer son reportage, elle m’a photographié devant deux sculptures et un écran qui diffusait un des diaporamas de l’exposition.
Au moment précis où elle a appuyé sur le déclencheur, un employé du Centre de créativité du Gesù a éteint les lumières de l’église — sans le savoir, il venait de transformer cette prise de vue en une image singulière et énigmatique.
C’est lors de la publication de cette photo que la controverse a éclaté. Une personne, sans doute influencée par l’ambiance dramatique de l’image, a commencé à présenter l’installation comme un hommage à Lucifer et aux Illuminati. Ce fut le début d’une série d’interprétations étonnantes — et troublantes — autour de l’œuvre. Voici cette photo:
Gilles Vallée devant l’installation De la naissance de la lumière, Gesù, 2012 – Photo : Chantal L’Heureux
Et si la lumière ne naissait pas là où on l’attend ?
Créer dans un lieu chargé d’histoire, avec ses rituels, ses attentes, ses croyances, m’a confronté à l’essence même de l’acte artistique : proposer une vision, tout en acceptant qu’elle nous échappe dès qu’elle rencontre le regard de l’autre. Treize ans plus tard, De la naissance de la lumière continue d’émettre ses reflets, à travers mes souvenirs, mes dessins, mes estampes numériques et mes poèmes. Elle m’accompagne, comme un éclat ancien dont la source est peut-être plus proche que je ne le croyais : quelque part en moi.
Art numérique humaniste et mémoire de l’œuvre
Cette œuvre peut aujourd’hui être relue à travers ma démarche en art numérique humaniste, où les créations se prolongent dans le temps, se transforment et circulent entre différents médiums.
De l’installation physique à l’image numérique, puis au poème, l’œuvre devient une mémoire vivante.
L’œuvre ne se limite plus à un lieu ni à un moment : elle se prolonge dans le temps, dans la mémoire et dans le réseau.
Explorer différentes dimensions de l’expérience humaine
Image numérique « Viens, on va déchirer le ciel » – Poème
Cet article fait partie de la série Poésie visuelle & écritures numériques → Voir la série complète
Ce poème explore la matière du monde à travers les sens déjoués, les paysages intérieurs, et l’acte poétique comme un geste de fracture et de réparation. Une traversée entre chaos et renaissance, où l’on tente de raccommoder l’univers en lambeaux.
Poème-image et perception du monde
Dans ce poème-image, les sens se croisent et se confondent. L’odeur devient sonore, la vue devient tactile. Le langage poétique agit comme une matière vivante, capable de déformer le réel pour en révéler une autre dimension.
Un poème, un voyage sensoriel entre effondrement et poésie de la démesure
VIENS, ON VA DÉCHIRER LE CIEL
j’entends l’odeur de la cime l’âcreté de la plaine je sens la vue de l’eau l’image de l’infime
lueurs de corps mémoires d’étreintes vieillir d’érosion
fait de traces d’éclats et de silences la destruction poétique des confins du monde
on peut aller déchirer le ciel le découdre le faufiler
on peut le porter à fracture le peindre à démesure le dégrossir comme l’odeur de la couleur
imploser dans la forêt d’arbres et de sous-bois dans le lac au jardin de roches dans le lit de l’échouement
on peut saupoudrer d’étincelles les boisés des tourterelles … les vaisseaux – et les hirondelles et la mer; et les mers
j’habite les neiges éternelles de mon hiver de fleurs de glace des perce-neiges qui frémissent et d’échouage prennent place
raccommoder le ciel poétique je ne peux romance rapiécer l’organique le minéral et la semence
je squatte les nuits noires m’illumine des nuits blanches m’expose sans gloire en courbes, en lignes d’hanche
Viens, on va déchirer le ciel pour entrevoir l’univers voir le néant en expansion, qui se désintègre pour renaitre
les mots trainent dans le salon, près du cendrier; avec les cendres du ciel il faudra les écrire les dire
Art numérique humaniste et langage sensible
Ce poème s’inscrit dans ma démarche en art numérique humaniste, où le langage devient un espace d’exploration de l’expérience humaine.
L’écriture ne décrit pas le monde : elle le traverse, le fracture, et tente de le recomposer à partir de la mémoire, des sensations et de la présence.
Poésie et art numérique se rencontrent dans une exploration du corps en mutation — une mémoire en perpétuelle réécriture.
Mutations perpétuelles – œuvre originale
Cet article fait partie de la série Poésie visuelle & écritures numériques → Voir la série complète
Et si le corps gardait en lui les marques du temps comme un palimpseste en perpétuelle réécriture ? « Mutations perpétuelles » explore, entre poésie et art numérique, la mémoire fragmentée de nos métamorphoses intérieures. Un voyage visuel et poétique à travers les traces du temps sur le corps, entre textures hybrides et distorsions numériques.
Corps, mémoire et transformation numérique
Dans cette œuvre, le corps devient une surface d’inscription du temps. Les textures, les altérations et les distorsions numériques traduisent une mémoire en constante transformation, entre présence et disparition.
Présentation de l’œuvre
Mutations perpétuelles est une œuvre d’art numérique réalisée à partir de logiciels graphiques professionnels, sans recours à l’intelligence artificielle. L’image originale, entièrement conçue manuellement, représente un visage en transformation — fusion de textures minérales et organiques — évoquant les empreintes du temps sur la matière vivante. Cette création explore, par une approche artisanale du numérique, la mémoire du corps en mutation.
Le poème
Mutations perpétuelles
entre deux battements de siècle le temps sculpte le minéral glitch organique; altérations corps fractal et fébrile d’humus et de souffle
mes cellules contiennent toutes les galaxies lèvres sensuelles suspendues aux frontières des fontaines blanches mouvements de l’expansion perpétuelle des regards noyés d’éclipse
je scrute les univers avant d’atteindre l’horizon des événements … l’inévitable trou noir de l’absence …
Les images
Ces variations visuelles prolongent le poème en explorant différentes formes de transformation du corps.
Art numérique : variation de l’œuvre originale
Mutations perpétuelles – variation artistique
Variation artistique de l’œuvre originale; Close-up
Versions Glitch art
Le Glitch art explore la beauté des erreurs numériques : distorsions visuelles, fragments disloqués, interférences imprévues. En détournant les dysfonctionnements technologiques, il donne naissance à une esthétique de l’accident, où le bug devient langage. Dans ce projet, le glitch agit comme une métaphore de la mémoire fragmentée — un corps altéré, en constante reconfiguration.
Le glitch agit ici comme une écriture du temps, révélant les fractures invisibles de la mémoire et du corps.
Mutations perpétuelles-glitch1
Image glitchée où le visage semble fragmenté par une fracture temporelle, entre effacement numérique et dislocation physique.
Mutations perpétuelles – glitch2
Glitch art; visage altéré comme une mémoire défaillante, marquée par des interférences visuelles.
Mutations perpétuelles – glitch3
Glitch art; visage altéré avec un accident visuel au niveau des yeux.
Mutations perpétuelles – glitch4
Variation glitch où le visage devient matière mouvante, brouillée, instable — comme en pleine reconfiguration.
Ce projet interroge la matière du temps dans les chairs numériques — un poème visuel où le corps, fragmenté, devient mémoire en mutation.
Art numérique humaniste et mémoire du corps
Cette œuvre s’inscrit dans ma démarche en art numérique humaniste, où le numérique devient un espace pour explorer l’expérience humaine.
Le corps, fragmenté et recomposé, devient ici une mémoire vivante, traversée par le temps, les transformations et les traces du vécu.
Peut-on fonder un pays sans territoire ? Sans drapeau ni armée ? J’évoque ici un pays né du souffle des poètes, enraciné dans la langue et la culture. Ce poème est un appel — lucide, inquiet, mais habité d’espoir — à résister à l’effacement et à réaffirmer que les mots peuvent façonner le monde. Deux calligrammes accompagnent ce texte, comme des gestes graphiques qui prolongent la parole ainsi qu’une version vidéo.
Poésie, langue et territoire
Dans ce poème-calligramme, la langue devient territoire. Les mots ne décrivent pas un pays : ils le fondent, le portent et le maintiennent vivant, malgré l’effacement et les mutations du monde contemporain.
Entre rêve et résistance : un pays né de ses mots
Un pays né de ses mots
J’ai habité un pays imaginé… celui de mes ancêtres compostés De la langue et de la culture peut naître un pays Sur nos terres, c’est presque arrivé
Mais je ne trouve plus mon presque pays ce pays des poètes et des chansonniers il n’a été qu’imaginé – il n’a été que semé le pays de beaucoup de gens est sans contredit maintenant le pays de l’argent le pays est le paradis fiscal le plus payant
je suis maintenant géolocalisé dans un pays inexistant – dans un pays mort-né
et pourtant… la résistance jour après jour est l’attribut principal des grandes nations un pays peut naitre de sa poésie et de ses mots
Un pays bâti sur la parole, la mémoire et la résistance créatrice
Un pays peut naître, puis disparaître… dans l’indifférence ou dans le vacarme. Mais tant qu’il reste des voix, des poèmes, des chansons — il demeure une présence insoumise. Ce texte n’est pas un deuil. C’est un rappel : là où il y a parole vivante, il y a encore territoire à habiter.
Les calligrammes prolongent le poème en transformant les mots en formes visuelles, où le langage devient image et territoire.
Version vidéo
La vidéo « Un pays peut naître de la poésie – UN PAYS NÉ DE SES MOTS » sur ma chaine YouTube
Art numérique humaniste et mémoire culturelle
Cet article s’inscrit dans ma démarche en art numérique humaniste, où la poésie devient un espace de mémoire et de résistance.
À travers les mots, les formes typographiques et la diffusion numérique, l’œuvre participe à la préservation d’une présence culturelle dans le flux du monde contemporain.
De la connaissance de soi : explorez une quête intérieure à travers sculpture, art numérique et poésie, entre réflexion et expérimentation visuelle.
Sculpture De la connaissance de soi
Cet article fait partie de la série Poésie visuelle & écritures numériques → Voir la série complète
Exploration artistique et quête de soi
La connaissance de soi traverse l’histoire de la philosophie, de la poésie et de l’art. Cette œuvre, créée d’abord sous forme de sculpture, puis revisitée en art numérique et en glitch art, s’inscrit dans une démarche introspective. Elle propose une lecture visuelle et poétique d’une quête de soi, à la fois personnelle et universelle, inscrite dans ma démarche d’art numérique humaniste, où la technologie, la matière et l’image demeurent au service de l’expérience humaine et de la conscience.
En croisant la poésie contemporaine, les arts visuels et la matière brute, ce projet invite à ralentir, à regarder, et peut-être à se reconnaître.
Ce projet s’inscrit également dans les formes contemporaines de la poésie visuelle numérique, où texte, image et matière dialoguent au sein d’une même œuvre.
Une œuvre entre matière, image et conscience
Cette œuvre se déploie à travers plusieurs formes — sculpture, image numérique, glitch art et poésie — comme autant de tentatives d’approcher une même réalité : la connaissance de soi.
De la connaissance de soi : Poème, Sculpture, Art numérique et Glitch art
Le poème
De la connaissance de soi : à mains nues dans le présent
ce qui est … non ce qui devrait être … mais bel et bien ce qui est … à mains nues dans le présent, à mains nues dans le réel. je touche mes tremblements sous la peau
là où les mots perdent leurs contours et leurs sens la pensée se fait argile, malléable je suis assemblage d’histoires, de fragments hérités de mes passés un battement un souffle
un miroir dans mon ventre … à mains nues, je sculpte des erreurs j’assemble des artéfacts pour comprendre je suis l’arbre et l’ombre en même temps je suis le sentier sans balises, qui s’efface à mesure qu’il s’écrit juste une marche, juste un pas juste une trace
à mains nues. dans le présent et le réel, dans la conscience, je me devine je m’entrevois je me reconnais
Note
Ce poème s’inscrit dans une volonté d’explorer la conscience de soi à travers le langage. En écho à l’image et à la matière, il prolonge le dialogue entre art et philosophie, poésie et arts visuels.
La sculpture
La sculpture De la connaissance de soi
Cette sculpture contemporaine a été réalisée en 2012. Elle a été exposée en 2013 à Montréal, dans un centre d’artistes et une galerie d’art, puis en 2014 dans la salle Le Petit Boréart, au Centre culturel France Arbour de Granby.
Concernant le titre : il m’est arrivé de la présenter sous le nom De la connaissance, mais son titre complet et exact est De la connaissance de soi.
Aspects techniques
La partie supérieure, représentant un personnage, est composée de bois, de plâtre et de mousse isolante. La mise en couleur a été réalisée à l’aide de peinture acrylique.
La partie inférieure est un assemblage sculptural mixed media, combinant métal, bois, mousse isolante et livres — dont un exemplaire du livre De la connaissance de soi de Jiddu Krishnamurti, intégré directement dans l’œuvre. Il s’agit d’une œuvre d’art expressive où le support devient signifiant, prolongeant la réflexion introspective.
Dans cette continuité, l’art numérique humaniste permet de prolonger l’œuvre au-delà de sa forme initiale, en la faisant circuler, se transformer et persister dans le temps.
En versions Art Numérique
À partir d’une photo de la sculpture, j’ai créé des œuvres numériques à l’aide de logiciels graphiques. Ces images sont issues d’une transformation artistique personnelle : aucun recours à l’intelligence artificielle, seulement une manipulation artisanale et intuitive.
Le passage de la matière à l’image permet de reconfigurer le regard. C’est une autre façon d’aborder l’artet la connaissance de soi, en jouant sur les textures, la lumière, et les détails amplifiés.
Je vous propose ci-dessous deux exemples de cette adaptation dans le monde numérique.
Œuvre d’art numérique produite a partir d’une photo de la sculpture De la connaissance de soi
Œuvre d’art numérique produite a partir d’une photo de la sculpture De la connaissance de soi (image rectangulaire)
Une version Glitch Art
J’ai aussi expérimenté avec la technique du Glitch Art, pour déconstruire et faire surgir d’autres lectures visuelles de la sculpture originale. Voir l’exemple ci-dessous:
Le glitch art introduit une dimension de rupture, où l’erreur devient langage visuel et ouvre de nouvelles perceptions de l’œuvre.
Note
Le Glitch Art est une forme d’art visuel qui utilise les erreurs numériques ou analogiques — comme les artefacts visuels et les bugs — pour créer une esthétique délibérément altérée. Il peut être généré accidentellement ou de manière intentionnelle, en manipulant des fichiers, des logiciels ou des dispositifs électroniques.
Œuvre d’art numérique produite a partir d’une photo de la sculpture De la connaissance de soi – version Glitch art
Une trace fondatrice
En 1977 ou 1978, j’ai lu De la connaissance de soi de Jiddu Krishnamurti. Ce livre m’avait profondément marqué, notamment par une idée centrale : l’importance d’être conscient de ce qui est.
Près de cinq décennies plus tard, je réalise que ce principe m’a discrètement accompagné tout au long de mon parcours, influençant ma pensée, mes choix, mes gestes, et mes œuvres.
La sculpture De la connaissance de soi, tout comme les transformations numériques qui en découlent, s’inscrit dans cette continuité intérieure.
Conclusion
La connaissance de soi est une quête qui traverse les formes : le geste sculptural, l’image numérique, l’écriture poétique. Chaque médium en capte une facette, une vibration, un élan.
La sculpture présentée ici n’existe plus aujourd’hui. Elle a été détruite à un moment de transition dans ma vie. Comme certaines œuvres, elle a eu une existence éphémère. Sa disparition fait partie de son histoire, et prolonge, à sa manière, le questionnement sur la connaissance de soi : qu’est-ce qui demeure lorsque tout change ?
Parfois, ce que l’on détruit nous accompagne encore, sous une autre forme, plus légère, plus libre.
L’œuvre disparaît, mais la recherche demeure.
Explorer différentes dimensions de l’expérience humaine
Un hommage poétique et sculptural à Camille Claudel, entre art, mémoire et enfermement, où la sculpture devient cri de résistance et de beauté.
L’Asile de Camille
Cet article fait partie de la série Poésie visuelle & écritures numériques → Voir la série complète
À travers cette sculpture intitulée L’Asile de Camille, j’ai voulu rendre hommage à Camille Claudel, sculptrice de génie, longtemps reléguée à l’ombre, enfermée et réduite au silence durant les trente dernières années de sa vie.
Ce billet présente un poème inspiré par son destin tragique, un texte sur la genèse de la sculpture, et quatre photographies de l’œuvre. Ce projet explore, entre matière et mémoire, la fragile frontière entre la souffrance et l’acte de création.
Ce projet peut également être compris comme une forme de poésie visuelle numérique, où la sculpture, le texte et l’image participent à une même œuvre de mémoire.
Mémoire, enfermement et création
Cette œuvre explore la tension entre création artistique et enfermement, en donnant une forme à la mémoire d’une artiste réduite au silence, mais jamais effacée.
Camille Claudel : mémoire d’une artiste muselée
L’Asile de Camille : De l’ombre à l’oubli (Poème)
dans l’ombre de l’homme dans le corps de la femme dans la matière je demeure de l’argile crue je deviens bronze
la modèle en torsion la sensualité du plâtre humide des corps enlacés de marbre
l’asile internement et muselage de la voix singulière dans une fosse commune mémoire d’injustice
La sculpture L’Asile de Camille
Réalisée en 2009, cette sculpture est un hommage à Camille Claudel. Elle s’inscrit dans un corpus d’œuvres consacrées à la maladie mentale, présenté en 2011 lors de mon exposition Les âmes souffrantes – La maladie mentale au Gesù à Montréal dans le cadre des activités du Centre de Créativité.
Cette même année, L’Asile de Camille a également été exposée lors de mon exposition Les Contemplateurs, au Centre d’exposition en arts visuels Boréart, à Granby.
À travers cette œuvre, j’ai voulu évoquer l’enfermement, l’effacement, mais aussi la persistance de la mémoire créatrice face à l’injustice.
Notes techniques : La sculpture a été réalisée avec de l’argile crue, du métal, du verre et de la pierre. Le visage a été sculpté dans de l’albâtre.
Photos de la sculpture
L’Asile de Camille – Vue latérale
L’Asile de Camille – Vue frontale
Détail du visage – Sculpture « L’Asile de Camille »
Art numérique humaniste et mémoire des artistes
Cet hommage s’inscrit dans ma démarche en art numérique humaniste, où l’art devient un espace de mémoire et de transmission.
À travers la sculpture, la poésie et sa diffusion numérique, l’œuvre participe à maintenir vivante la présence d’artistes dont la voix a été réduite au silence.
Quelques repères biographiques sur Camille Claudel
Camille Claudel (Photo libre de droits)
Camille Claudel (1864–1943) est une sculptrice française de grand talent, longtemps éclipsée par la figure de Rodin, avec qui elle a entretenu une relation aussi passionnée que tourmentée. Internée à l’âge de 49 ans, elle passera les 30 dernières années de sa vie en asile, souvent isolée, sans jamais cesser d’habiter la mémoire collective comme une figure tragique de la création muselée.
Citation de Camille Claudel sur la solitude et l’enfermement
« Je vis dans un monde si curieux, si étrange… Du rêve que fut ma vie, ceci est le cauchemar. »
Référence
(Lettre à Eugène Blot, 21 août 1913)
Camille Claudel est aujourd’hui reconnue comme une figure majeure de la sculpture moderne, dont l’œuvre continue d’influencer l’histoire de l’art.
Créer, c’est refuser l’effacement
Explorer différentes dimensions de l’expérience humaine
Dans ce poème, l’écriture devient un acte de résistance. Les mots ne sont plus seulement des signes : ils deviennent des gestes, des armes symboliques, capables de dénoncer, de préserver la mémoire et d’affirmer une présence.
Ce poème engagé explore la puissance des mots dans les luttes sociales, politiques et culturelles.
Écrire pour résister Un poème sur la lutte et la liberté
LES LUTTES DE L’ENCRIER
De l’encre qui coule vers un peuple Des mots pour faire naître une nation Les plumes comme guerrières de papier Porter fièrement sa langue et ses mots
Des écritures de poings levés pour dénoncer des guerres, des génocides, des injustices Chaque mot est combat Chaque phrase une épée Chaque rature est une blessure
Scribouiller, mais dire, oser dire … une expression de révolte, de force, de solidarité… même en gribouillant, il faut dire
Batailler l’écrit et le mot pour faire acte de résistance, S’escrimer à être … à continuer d’être, à survivre
Bagarrer et défendre la liberté Ferrailler contre le silence des pages blanches
Mots de dissidence Encre et plumes de désobéissance
Art numérique humaniste et écriture engagée
Ce poème s’inscrit dans ma démarche en art numérique humaniste, où l’écriture devient un moyen d’habiter le monde et de résister à l’effacement.
À travers sa diffusion dans le réseau, le texte agit comme une trace vivante, un acte de parole inscrit dans la mémoire collective.