Vieux corps et brume de mémoire – Poème sur la mémoire, les souvenirs et le vieillissement

Dessin au fusain et encre d’un visage émergent de la brume, évoquant la mémoire fragile et l’effacement du temps.
Dessin au fusain et encre, 2020

Cet article fait partie de la série
L’expérience humaine – Une série de poèmes sur la condition humaine
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Vieux corps et brume de mémoire est un poème sur la mémoire, les souvenirs et le vieillissement, écrit comme une tentative fragile d’inscrire des traces dans ce qui s’efface. J’y explore la sensation d’écrire à même l’oubli, d’empiler des strates intérieures et de cartographier une histoire personnelle faite de fragments, de brume et de silence. Ce texte s’inscrit dans la série L’expérience humaine – Une série de poèmes sur la condition humaine, au cœur de ma démarche d’art numérique humaniste.

Poème

Vieux corps et brume de mémoire

j’ai souvenance
d’écrire à l’endos de la mémoire
comme sur un tableau d’ardoise noire

souvenirs flous en érosion
vieillir c’est empiler des strates
tenter d’ordonnancer ses souvenirs
cartographier sa propre histoire
et, finalement, mourir

Commentaire

À travers ce poème, je ne cherche pas à expliquer la mémoire ni le vieillissement, mais à créer un espace où ces réalités peuvent exister simplement, sans filtre. L’écriture devient un geste de présence face au temps qui passe, une manière de reconnaître la fragilité des souvenirs et la finitude humaine. Dans L’expérience humaine, chaque poème est une trace, une tentative de dire l’essentiel : ce que cela signifie, aujourd’hui, d’être vivant, conscient et traversé par le temps.

Dessin au fusain et encre d’un visage traversé de signes et strates, symbolisant la mémoire et ses couches.
Dessin au fusain et encre, 2020

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Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

Micro poèmes sociaux et politiques #32 – Des placentas déchirés tombent du ciel

Guerre et barbarie : quand les hôpitaux deviennent cibles, la poésie témoigne de l’horreur et refuse l’indicible.

une sphère aux visages humains superposés accompagne un texte poétique dénonçant la guerre, les bombardements d’hôpitaux et la souffrance

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Quand la guerre s’attaque aux lieux de soin, aux corps vulnérables, à celles qui donnent la vie, elle franchit le seuil ultime de la barbarie. Ce poème est un cri — un refus.

Des placentas déchirés tombent du ciel

Les étages supérieurs de l’hôpital sont en ruines.
On a transféré les femmes enceintes dans le sous-sol
pour accoucher. Toute la décadence du monde dans
des salves de roquettes et de missiles.

Commentaire

Ce texte a été écrit au tout début de la guerre entre la Russie et l’Ukraine, lorsque j’ai appris que des hôpitaux avaient été bombardés, et que des femmes enceintes avaient dû être transférées dans des sous-sols pour accoucher. Ce poème est né de cette stupeur, de cette colère, de cette douleur.

Bombarder un hôpital, c’est commettre un crime contre l’humanité. C’est viser délibérément des êtres en souffrance, des corps fragiles, des vies en devenir. Les dirigeants qui ordonnent ces frappes, comme les soldats qui les exécutent, portent ensemble la responsabilité de ces actes. Il n’y a pas de justification possible. Il n’y a pas de neutralité morale face à cela.

Et comme si l’horreur ne suffisait pas, d’autres conflits sont venus ajouter à cette décadence. En plus des bombardements d’hôpitaux en Ukraine, Israël a frappé des établissements médicaux à Gaza, allant jusqu’à viser des ambulances avec des missiles. Ces actes ne relèvent pas seulement de la violence militaire — ils incarnent une négation absolue de l’humanité. Quand les lieux de soin deviennent des cibles, quand les corps vulnérables sont pris pour ennemis, c’est toute notre civilisation qui vacille.

On ne peut pas tomber plus bas que de bombarder des lieux où l’on soigne, où l’on accouche, où l’on tente de préserver la vie au cœur du chaos.

Ce poème est une dénonciation — mais aussi un devoir de mémoire. Parce que l’art, parfois, doit dire l’indicible.

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Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

La vie au bout des mots — Poème sur l’expérience humaine et les valeurs humanistes

Série : L’expérience humaine — Une série de poèmes sur la condition humaine

Dessin d’un visage introspectif en noir et blanc, évoquant le deuil, la fragilité et l’expérience humaine contemporaine.
Dessin, crayon de graphite, encre et craie blanche, 2020

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Dans un monde traversé par les conflits, les dérives autoritaires et la logique de domination, j’écris pour rappeler que l’expérience humaine ne peut être réduite à des rapports de force, à des stratégies ou à des chiffres. J’écris pour rester du côté de la vie, de la fragilité et de la parole.

La vie au bout des mots est né de ce besoin simple et vital : affirmer que les mots peuvent encore porter autre chose que des ordres, des slogans ou des justifications de la violence. Ils peuvent porter des pensées, des émotions, des deuils, des élans de conscience.

Ce poème s’inscrit dans la série L’expérience humaine, où je cherche à créer des espaces de présence, de lenteur et d’écoute, face au bruit du monde.

Poème

La vie au bout des mots

Et me voici,
au bout de mon passé
le temps, la vie
coulent … et je suis là
le deuil en berne
j’hiverne en moi
sidéré par l’effroi

les guerriers ont la mort
au bout des ordres
poussière et cendres
de bout en bout
sur les lignes de vie
des officiers du désordre

en ce qui nous concerne,
nous dirons, nous écrirons,
nous dénoncerons
les humanistes ont la vie
au bout des mots
comme porteurs de pensées
et passeurs de sanglots

Commentaire

Les tensions géopolitiques actuelles rappellent brutalement à quel point les discours de pouvoir, de contrôle et de performance économique occupent l’espace public. Nous entendons sans cesse parler de territoires, de domination, de croissance, d’intérêts stratégiques.

Mais au cœur de ces récits, la personne humaine disparaît souvent.

Pour moi, une approche humaniste consiste à replacer l’être humain — sa dignité, sa vulnérabilité, sa capacité à ressentir et à penser — au-dessus de toutes les autres valeurs. Avant les idéologies, avant les marchés, avant les systèmes.

Écrire devient alors un geste de résistance douce.
Non pas une résistance armée, mais une résistance par la conscience.

Les mots ne changent pas le monde à eux seuls, mais ils peuvent empêcher que tout devienne normal : la violence, l’indifférence, la déshumanisation.

Lorsque j’écris que les humanistes ont la vie au bout des mots, j’affirme une responsabilité. Celle de continuer à nommer, à dénoncer, mais aussi à préserver des espaces où la compassion, la mémoire et l’empathie demeurent possibles.

Ce poème ne propose pas de solution.
Il propose une posture : rester humain.

Ce poème s’inscrit dans une démarche de poésie humaniste québécoise, attentive à la dignité, à la mémoire et à l’expérience humaine.

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Micro poèmes sociaux et politiques #31 – Les plumes comme guerrières de papier

Ce micro poème s’inscrit dans une démarche où l’art ne se contente pas d’enchanter — il interroge, il dérange, il agit.

Sphère graphique à motifs noirs et texte engagé sur les injustices, les guerres et le pouvoir des mots.

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Les plumes comme guerrières de papier

Des écritures de poings levés
pour dénoncer des guerres,
des génocides, des injustices
Chaque mot est combat
Chaque phrase une épée

Commentaire

L’art n’est pas seulement un miroir de beauté ou un refuge esthétique. Il a aussi la responsabilité de dire, de nommer les fractures du monde, de décrire les réalités sociales trop souvent ignorées.

L’écriture peut devenir un acte politique, un geste de mémoire, une tentative d’influence. Elle peut encourager les changements nécessaires pour améliorer la vie, pour refuser l’indifférence, pour semer des alternatives. Ce micro poème est une épée de papier — affûtée, levée, offerte à qui veut lire et penser.

Ce poème s’inscrit dans ma démarche de poésie humaniste québécoise et d’art numérique humaniste.

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Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

Vous êtes ici — En sécurité — Une expérience humaine

Image rouge avec le texte « Vous êtes ici, en sécurité… pour combien de temps ? » signé © Gilles Vallée.

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Vous êtes iciEn sécurité
(Poème)

Vous êtes ici
En sécurité

À un vote d’une loi qui broie les libertés
À deux décisions politiques d’une dictature
À un discours populiste d’une chasse aux minorités

Vous êtes ici
En sécurité

À quelques votes d’une purge ethnique
Tout près d’une oligarchie
À deux clics d’une haine qui se propage en réseau

Vous êtes ici
En sécurité

À quelques mètres de gens qui survivent dans la rue
Mais la langue à terre; la langue à protéger …
À un décret rendant illégales les personnes transgenres

Vous êtes ici
En sécurité

À environ 8 800 kilomètres d’un génocide
À une mine d’une enfance enchaînée à vos batteries
À environ 7 096 kilomètres des pluies de drones et missiles

Vous êtes ici
En sécurité

À quelques politiciens d’une dérive
À environ 2 332 kilomètres d’un camp de concentration
À un battement de cœur d’un féminicide de trop

Vous êtes ici
En sécurité

À une signature d’un décret de guerre
À quelques kilomètres d’enfants maltraités
À quelques votes d’un régime autoritaire

Vous êtes ici
En sécurité… pour combien de temps ?
À l’aube d’une révolte qui gronde déjà …

Micro poèmes visuels

Chaque image reprend un fragment du poème et agit comme une signalétique visuelle de notre fragilité collective.

Affiche graphique violette et jaune indiquant « Vous êtes ici » et « En sécurité » avec une flèche centrale.
Figure humaine en silhouette noire accompagnée du texte « À un vote d’une loi qui broie les libertés ».
Composition géométrique colorée avec le texte « À deux décisions politiques d’une dictature ».
Formes géométriques colorées sur fond noir avec le texte « À un discours populiste d’une chasse aux minorités ».
Composition graphique noire et blanche avec flèches et texte évoquant une purge ethnique.
Formes circulaires et couleurs contrastées accompagnées du texte « Tout près d’une oligarchie ».
Image colorée évoquant un réseau avec le texte « À deux clics d’une haine qui se propage en réseau ».
Image pixellisée multicolore avec texte évoquant la survie de personnes vivant dans la rue.
Composition graphique avec texte diagonal évoquant la langue à terre et la langue à protéger.
Fond arc-en-ciel avec flèches rouges et texte sur l’illégalité des personnes transgenres.
Ruines urbaines et texte indiquant une distance de 8 800 kilomètres d’un génocide.
Silhouettes d’enfants sur fond rose et noir avec texte évoquant le travail forcé.
Graphisme bleu et jaune avec texte évoquant les drones et missiles à distance.
Bandes colorées avec texte soulignant une dérive politique imminente.
Barbelés et fond rouge avec texte évoquant un camp de concentration.
Silhouette féminine fragmentée sur fond rouge avec texte sur le féminicide.
Silhouette armée sur fond violet avec texte évoquant un décret de guerre.
Dessins d’enfants et texte évoquant la maltraitance à proximité.
Typographie massive sur fond jaune évoquant un régime autoritaire imminent.
QR code sur fond rouge avec texte questionnant la durée de la sécurité.

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Micro poèmes sociaux et politiques #30 – Drones et génocides

Poésie engagée: L’évolution technologique aurait pu servir la paix — elle orchestre désormais la mort avec la précision d’un jeu vidéo.

Tête sculptée en profil sur fond noir, accompagnée d’un poème dénonçant un génocide orchestré par des drones et une intelligence artificielle. Fond blanc, texte à droite.

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Drones et génocides

Destruction méthodique;
les drones commettent
un génocide et une
intelligence artificielle
orchestre le requiem.
Musique de tombes

Commentaire

Ce chapitre évoque une réalité glaçante : celle d’un monde où l’intelligence artificielle, les drones et les algorithmes peuvent orchestrer un génocide à distance, sans émotion, sans regard, sans corps. La technologie, censée libérer, relier, soigner, est détournée pour des fins militaires. Elle devient outil de destruction méthodique, de surveillance létale, de guerre automatisée. Le poème évoque cette froideur : Destruction méthodique; les drones commettent un génocide et une intelligence artificielle orchestre le requiem. Musique de tombes. Tout est dit : la violence devient calcul, la guerre devient interface, la mort devient donnée. Et dans ce silence numérique, c’est l’humanité qui s’efface — pixel par pixel.

La guerre moderne s’écrit en lignes de code — froide, distante, programmée pour tuer.

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Toutes les vies que je n’ai pas eues – L’expérience humaine #2 – Poème sur les vies non vécues

Un poème sur les vies possibles, les rêves effacés et les chemins que l’on n’a pas pris — une méditation poétique sur les existences non vécues.

Cube vitrail lumineux rouge et or avec silhouette humaine, symbole poétique des vies non vécues et des rêves perdus.

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Dans ce deuxième poème de la série « L’expérience humaine », je poursuis mon exploration de la condition humaine à travers les chemins intérieurs de la mémoire et du possible.

Je me suis interrogé sur toutes ces vies que je n’ai pas eues — ces bifurcations invisibles, ces rêves élagués par le temps, ces espérances restées à l’état de germes.

Le poème évoque cet élagage des probabilités, cette taille nécessaire des branches du destin. Chacune représente un choix, une perte, une absence.

Le cube lumineux rouge et or qui accompagne le texte devient alors un symbole : celui des fragments de l’existence, de la lumière persistante des possibles non vécus.

Écrire, ici, c’est rassembler ces éclats, c’est donner forme à ce qui aurait pu être — une manière de redonner voix aux vies effacées, dans la lumière intérieure de la poésie.

Toutes les vies que je n’ai pas eues

il y a les rêves,
toutes les vies
qu’il y aurait
pu y avoir,
toutes les vies
que je n’ai pas eues

élagage des arbres
de probabilité,
la taille ciblée
des branches
de mes espérances
et de la ramure
de mes errances,
émondage des cimes
dans le boisé
de l’intime

il y a eu les rêves,
et les vies …
que je n’ai pas eues,
… il y a eu les rêves …
… et les vies qu’il y
aurait pu y avoir …

Commentaire / Réflexion

Ce poème est né d’un sentiment d’inachèvement — de cette conscience que chaque décision trace une route et en efface mille autres. J’ai voulu écrire sur ces absences silencieuses, sur ces destins qui ne se sont pas réalisés, mais qui continuent de vivre quelque part dans la mémoire des possibles. Les “vies non vécues” ne sont pas seulement des regrets, mais un territoire intérieur où l’imagination et le souvenir se confondent.

Élaguer, c’est parfois se protéger, se redéfinir, se reconstruire. Mais c’est aussi perdre des morceaux de soi, comme on perd des branches trop fragiles sous le poids du vent. À travers ce texte, je cherche à comprendre ce que l’on garde quand on renonce — et comment, au cœur même de la perte, subsiste une lumière : celle du rêve, persistante, indestructible.

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Micro poèmes sociaux et politiques #29 – De l’injustice naissent les zones de guerre

Injustice et guerre : quand les inégalités nourrissent les braises des conflits, la poésie éclaire les zones de violence avant qu’elles n’explosent.

Sphère noire et blanche avec texte sur la guerre et l’injustice

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Quand l’injustice s’accumule, elle ne disparaît pas — elle fermente, elle s’enracine, elle attend son heure.

De l’injustice naissent les zones de guerre

Tireur isolé, embusqué
sniper en maquis;
de l’injustice naissent
les zones de guerre

Commentaire

Les injustices sociales ne sont jamais neutres. Elles creusent des écarts, nourrissent des colères, attisent des ressentiments. Et ces ressentiments, lorsqu’ils ne trouvent ni écoute ni réparation, deviennent des braises sous la surface. À long terme, ils mènent à la rupture : à la violence, à la révolte, parfois même à des assassinats politiques. L’histoire en porte les cicatrices — et les sociétés en portent les séquelles. Quand le dialogue est remplacé par le mépris, quand les privilèges écrasent les voix, la guerre devient une issue possible. Ce micro poème est une alerte : une parole qui refuse l’oubli, qui nomme les tensions avant qu’elles n’explosent. Il rappelle que la paix ne se décrète pas — elle se construit sur la justice, l’écoute et la reconnaissance mutuelle.

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Poèmes courts sur le deuil et la mort #13 – Le deuil des gens et des choses

Ce poème court évoque le deuil silencieux — celui des gens, des choses, et des seuils qu’on ne franchit plus.

Sphère translucide légèrement éclairée à gauche sur fond noir, évoquant le silence et la disparition. À droite, le poème “Le deuil des gens et des choses” de Gilles Vallée

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Le deuil des gens et des choses

Parfois il n’y a de mots pour dire
il n’y a pas d’images à voir
il n’y a que l’absence des deuils
la fin des gens et des choses
les embrasures et les seuils

Commentaire / Réflexion

Ce poème court parle du deuil invisible — celui qui ne s’exprime ni par les mots ni par les images. Il évoque les disparitions discrètes, les fins sans cérémonie, les seuils que l’on ne franchit plus. C’est une poésie de l’absence, du presque rien, du silence qui pèse plus que les cris.

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L’expérience humaine est un assemblage cubiste – Poème sur la condition humaine et la vision cubiste de la vie

Une exploration poétique de l’expérience humaine à travers les formes et la lumière du cubisme, où la poésie devient langage de reconstruction.

Cube lumineux rouge et rose en vitrail numérique, symbole cubiste de l’expérience humaine.

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Dans ce premier article de la série L’expérience humaine, je présente un poème sur la condition humaine, exploré à travers une vision cubiste. Les fragments de vie, d’émotion et de pensée s’y entrecroisent pour former une mosaïque poétique de l’existence. J’y propose aussi un calligramme manuscrit, dans la tradition d’Apollinaire, où les mots deviennent matière, mouvement et image.

Une exploration de la poésie contemporaine où l’écriture dialogue avec l’art numérique et la mémoire du geste, dans une démarche d’art numérique humaniste, où la technologie devient un médium au service de l’expérience humaine, de la sensibilité et de la condition humaine.

L’expérience humaine est un assemblage cubiste

Ma vie décomposée
en éléments
géométriques simples
mes émotions fragmentées
et abstraites
différentes perspectives
collées dans une image mentale
multiplier les angles de vision

des cubes à la dérive
dans le flux de l’être social
des facettes découpées dans
le tumulte de la matière
organique
vacarmes d’érosion
désordre bruyant
les bruits assourdissants
de la démesure

l’humanité est une
œuvre abstraite

l’expérience humaine
est un assemblage cubiste
à l’intérieur d’un  
cabinet de curiosités

Le poème sous forme de calligramme

Calligramme en spirale de Gilles Vallée, poème manuscrit sur l’expérience humaine et l’assemblage cubiste.
Calligramme cubiste illustrant la fragmentation et la recomposition de l’expérience humaine.

Commentaire / Réflexion

L’expérience humaine est faite d’émotions multiples, de fragments d’instants et de réalités changeantes. Nous vivons mille choses, parfois contradictoires, qui se superposent et se recomposent au fil du temps. Chaque être humain expérimente la vie sous des angles différents, explore diverses facettes de l’existence et développe des perceptions singulières du réel.

Comme dans une œuvre cubiste, nos expériences se juxtaposent : la joie et la peur, la mémoire et l’oubli, la solitude et la présence. L’ensemble compose un portrait mouvant de ce que signifie être vivant — un assemblage toujours en transformation.

Cette approche s’inscrit dans une pratique d’art numérique humaniste, où l’image, le poème et le geste numérique cherchent moins à produire une forme spectaculaire qu’à rendre visible la complexité sensible de l’expérience humaine.

Ce poème ouvre la série L’expérience humaine, où chaque texte explore une facette différente de notre rapport au monde, à soi et aux autres.

Ce poème s’inscrit dans ma démarche de poésie humaniste québécoise et d’art numérique humaniste.

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