La vie au bout des mots — Poème sur l’expérience humaine et les valeurs humanistes

Série : L’expérience humaine — Une série de poèmes sur la condition humaine

Dessin d’un visage introspectif en noir et blanc, évoquant le deuil, la fragilité et l’expérience humaine contemporaine.
Dessin, crayon de graphite, encre et craie blanche, 2020

Cet article fait partie de la série
L’expérience humaine – Une série de poèmes sur la condition humaine
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Dans un monde traversé par les conflits, les dérives autoritaires et la logique de domination, j’écris pour rappeler que l’expérience humaine ne peut être réduite à des rapports de force, à des stratégies ou à des chiffres. J’écris pour rester du côté de la vie, de la fragilité et de la parole.

La vie au bout des mots est né de ce besoin simple et vital : affirmer que les mots peuvent encore porter autre chose que des ordres, des slogans ou des justifications de la violence. Ils peuvent porter des pensées, des émotions, des deuils, des élans de conscience.

Ce poème s’inscrit dans la série L’expérience humaine, où je cherche à créer des espaces de présence, de lenteur et d’écoute, face au bruit du monde.

Poème

La vie au bout des mots

Et me voici,
au bout de mon passé
le temps, la vie
coulent … et je suis là
le deuil en berne
j’hiverne en moi
sidéré par l’effroi

les guerriers ont la mort
au bout des ordres
poussière et cendres
de bout en bout
sur les lignes de vie
des officiers du désordre

en ce qui nous concerne,
nous dirons, nous écrirons,
nous dénoncerons
les humanistes ont la vie
au bout des mots
comme porteurs de pensées
et passeurs de sanglots

Commentaire

Les tensions géopolitiques actuelles rappellent brutalement à quel point les discours de pouvoir, de contrôle et de performance économique occupent l’espace public. Nous entendons sans cesse parler de territoires, de domination, de croissance, d’intérêts stratégiques.

Mais au cœur de ces récits, la personne humaine disparaît souvent.

Pour moi, une approche humaniste consiste à replacer l’être humain — sa dignité, sa vulnérabilité, sa capacité à ressentir et à penser — au-dessus de toutes les autres valeurs. Avant les idéologies, avant les marchés, avant les systèmes.

Écrire devient alors un geste de résistance douce.
Non pas une résistance armée, mais une résistance par la conscience.

Les mots ne changent pas le monde à eux seuls, mais ils peuvent empêcher que tout devienne normal : la violence, l’indifférence, la déshumanisation.

Lorsque j’écris que les humanistes ont la vie au bout des mots, j’affirme une responsabilité. Celle de continuer à nommer, à dénoncer, mais aussi à préserver des espaces où la compassion, la mémoire et l’empathie demeurent possibles.

Ce poème ne propose pas de solution.
Il propose une posture : rester humain.

Ce poème s’inscrit dans une démarche de poésie humaniste québécoise, attentive à la dignité, à la mémoire et à l’expérience humaine.

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Cette série s’inscrit dans ma démarche globale d’art numérique humaniste, explorant la condition humaine à travers la poésie, l’image et le langage numérique.

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Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur