Pourquoi continuer de faire de l’art dans un monde numérique ?

Une main humaine pointe vers l’intersection orange de deux cercles en damier noir et blanc.

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Why Continue Making Art in a Digital World?

Scène de la vie quotidienne :

Vous vous connectez.
Vous demandez à un moteur de recherche de vous proposer des créations artistiques.
Il vous présente des photographies, des peintures, des poèmes, des films, des sculptures, des œuvres numériques et des créations sonores.

Et vous vous demandez : dans un monde où les technologies permettent de produire en quelques secondes des images, des textes, des sons et des vidéos, pourquoi des êtres humains continuent-ils de consacrer du temps à créer ?

Sûrement parce que créer n’est pas seulement produire.

Pour un être humain, créer constitue une expérience. Il faut chercher, choisir, hésiter, ressentir, recommencer, abandonner parfois une idée pour en suivre une autre. L’œuvre est le résultat de ce processus, mais l’expérience de créer compte elle aussi.

Depuis toujours, les humains créent pour exprimer ce qu’ils ressentent, raconter ce qu’ils vivent, comprendre ce qui leur arrive, imaginer ce qui n’existe pas encore ou partager leur manière de voir le monde. Ils donnent une forme à leur expérience : un texte, une image, une musique, un mouvement, un objet, un film, une œuvre numérique. De l’époque de l’art rupestre à notre époque d’art génératif, l’humain ressent toujours le besoin de donner forme à son expérience et de la partager.

Qu’elle soit vue par des millions de personnes ou par quelques-unes seulement, une création peut avoir un sens pour celui ou celle qui l’a fait naître. Car avant qu’une œuvre puisse circuler, être découverte, transmise ou reconnue, quelqu’un a d’abord éprouvé le besoin de la créer.

Les technologies ont toujours transformé les moyens de création. La photographie, le cinéma, l’ordinateur, Internet et maintenant l’intelligence artificielle ont ouvert de nouvelles possibilités.

La question n’est donc pas de choisir entre l’humain et la technologie. Un être humain peut créer avec un crayon, un appareil photo, une caméra, un ordinateur ou des outils algorithmiques. Les outils changent. Les formes changent. Notre manière de créer change elle aussi.

Mais l’expérience humaine continue.

Nous continuons d’aimer, de perdre, d’espérer, de douter, d’observer, de nous souvenir et d’imaginer. Et tant que nous éprouverons le besoin de donner une forme à cette expérience, nous créerons.

Nous continuerons de faire de l’art.

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🟦 Pourquoi je continue d’écrire et de publier dans un monde saturé de technologies

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🟦 L’art numérique humaniste : une pratique artistique globale, poétique et numérique


© Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

Poèmes courts sur le deuil et la mort #19 – Parfois, la mort nous fait réaliser ce qu’est la vie

Un micro-poème sur la mort et la valeur de la vie, une pensée brève
qui peut accompagner un moment de deuil, de recueillement ou de réflexion.

Poème-image « Parfois, la mort nous fait réaliser ce qu’est la vie » de Gilles Vallée

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POÈMES COURTS SUR LE DEUIL ET LA MORT
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Parfois, la mort nous fait réaliser ce qu’est la vie

Parfois, la mort
nous fait réaliser
ce qu’est la vie.

Commentaire / Réflexion

La mort nous confronte à l’absence et à la finitude. Mais elle peut aussi transformer notre regard sur ce qui demeure.

Parfois, c’est devant la mort que nous prenons pleinement conscience de la valeur de la vie, du temps qui passe et des moments que nous partageons avec les autres.

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Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

Poèmes courts sur le deuil et la mort #18 – La conclusion des funérailles

Ce poème court propose une pensée simple pour accompagner un moment
de recueillement ou conclure un hommage à une personne disparue.

La conclusion des funérailles, poème court proposant une pensée d’apaisement et de mémoire lors d’un hommage à une personne disparue

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La conclusion des funérailles

On ne dira pas que la personne
décédée a été parfaite dans tout …
On se souviendra qu’elle a fait de son mieux …

On ne peut demander plus …

Commentaire / Réflexion

Lors des funérailles, les souvenirs font parfois oublier les imperfections d’une vie. Pourtant, rendre hommage à une personne ne signifie pas en faire un être parfait.

Il suffit peut-être de se souvenir qu’elle a vécu comme elle a pu, qu’elle a fait de son mieux. On ne peut demander plus.

English version

My poetry is usually published in French. For this particular short poem, however, I felt the need to also offer an English version, so that this thought could be shared more widely.

A Closing Thought for a Funeral, a short poem offering a comforting reflection for a funeral or memorial service

A Closing Thought for a Funeral

We won’t say that the person
who died was perfect in every way…
We’ll remember that they did their best…


We can’t ask for more…

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Poèmes courts sur le deuil et la mort #17 – Le deuil blanc de neige

Ce poème court évoque l’approche du deuil, lorsque la perte d’un être
signifie aussi la disparition d’une partie de notre propre vie.

Le deuil blanc de neige, poème court sur l’anticipation du deuil et la perte d’une partie de sa vie

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Le deuil blanc de neige

Se préparer au deuil
C’est se préparer à voir
une partie de sa vie mourir

Commentaire / Réflexion

Se préparer au deuil, c’est pressentir une absence avant même qu’elle ne soit là. Avec la disparition d’un être, ce sont aussi des souvenirs, des habitudes et une part de notre histoire commune qui changent à jamais.

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Poèmes courts sur le deuil et la mort #16 – Le voyage des deuils

Ce poème court évoque les deuils qui traversent une vie — les morts,
les fins et les voyages qui un jour nous concernent tous.

Le voyage des deuils, poème court sur la mort et les deuils qui traversent une vie

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POÈMES COURTS SUR LE DEUIL ET LA MORT
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Le voyage des deuils

La mort et les morts
La fin des voyages
Des deuils et des deuils
Nous y sommes

Commentaire / Réflexion

Au fil d’une vie, les deuils se succèdent. Des personnes disparaissent, des voyages s’achèvent, et chaque perte nous confronte à la fin de quelque chose qui faisait partie de notre existence.

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Poèmes courts sur le deuil et la mort #15 – Le deuil jusque dans les os

Ce poème court évoque un deuil ressenti jusque dans le corps, lorsque la souffrance
semble atteindre les os et nous porter tout entiers.

Le deuil jusque dans les os, poème court sur la souffrance profonde ressentie lors d’un deuil

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POÈMES COURTS SUR LE DEUIL ET LA MORT
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Le deuil jusque dans les os

J’avais souffrance dans l’ossuaire
Le deuil me portait

Commentaire / Réflexion

Le deuil peut parfois sembler habiter le corps autant que l’esprit. La souffrance n’est plus seulement une émotion : elle devient une présence profonde, presque enfouie jusque dans les os.

Le dernier vers inverse l’expression habituelle : ce n’est plus la personne qui porte son deuil, mais le deuil qui la porte. Cette inversion évoque le poids de la perte lorsqu’elle semble prendre possession de toute l’existence.

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Poèmes courts sur le deuil et la mort #14 – Fracas de deuil

Ce poème court évoque le choc du deuil, lorsque la perte transforme soudainement les émotions en fracas.

Fracas de deuil, poème court sur le choc émotionnel vécu lors d’un deuil

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POÈMES COURTS SUR LE DEUIL ET LA MORT
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Fracas de deuil

C’était un matin de deuil
Mes émotions n’étaient que fracas

Commentaire / Réflexion

Le deuil peut surgir comme un bouleversement intérieur. Ce qui semblait encore familier quelques instants auparavant devient soudainement instable, traversé par des émotions difficiles à contenir.

Dans ce poème, le mot « fracas » exprime ce moment où la perte vient rompre le cours ordinaire de la vie. Un matin comme les autres devient alors un matin de deuil.

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Témoin d’un temps itinérant – Poème sur la condition humaine

Dessin au fusain d’un visage aux yeux clos, évoquant la mémoire, la présence intérieure et l’expérience humaine
Dessin au fusain sur papier, 2020

Trouver sa place

Poème

Témoin d’un temps itinérant

Je témoigne du temps
je témoigne d’un temps
de l’espace à mots
je texte des dires
j’illustre des vues

Les histoires sont souvenirs
j’en ai plein les poches
des grenailles de
mémoire mise à nu

je me suis planté dans
un jardin de sculptures
pour ne plus déambuler
dans la ville
je ne suis plus itinérant(e).
je suis itinérance.

Passer de l’état
à l’essence.

Commentaire

Ce poème, minimaliste, a été écrit en 2020.
Il évoque l’expérimentation dans la vie comme un processus intérieur, fait d’essais, de déplacements et de métamorphoses, qui nous amène peu à peu à trouver notre place.
J’y aborde l’écriture comme une manière d’habiter le monde, de témoigner du temps, et de transformer l’errance en présence.

Ce poème s’inscrit dans une démarche de poésie humaniste québécoise, attentive à la mémoire, à la présence et à l’expérience humaine.

L’art numérique humaniste parle de nous.

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Cette publication fait partie de la série L’expérience humaine – Une série de poèmes sur la condition humaine

Cette série s’inscrit dans ma démarche globale d’art numérique humaniste, explorant la condition humaine à travers la poésie, l’image et le langage numérique.

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Découvrez aussi ma série de poèmes courts sur le deuil et la mort:

👉 POÈMES COURTS SUR LE DEUIL ET LA MORT – Série complète de poésie contemporaine

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Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

L’horizon de circulation

Comment les médiateurs transforment le parcours des œuvres, des idées et des connaissances

Sphères en perspective illustrant l'horizon de circulation des œuvres, des idées et des connaissances à travers les médiateurs de chaque époque.

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The Horizon of Circulation

Cet article est né de mes observations du Web depuis le milieu des années 1990. Voici ce que j’ai observé. Regardons cela ensemble.

Vous vous connectez à Internet. Vous effectuez une recherche. Quelques secondes plus tard, vous découvrez un texte écrit par une personne vivant à l’autre bout du monde. Il est rédigé dans une langue que vous ne comprenez pas. Une intelligence artificielle vous en propose une traduction instantanée. Vous le lisez immédiatement.

Cette scène est devenue si banale qu’elle paraît aujourd’hui naturelle. Pourtant, une telle rencontre avec la culture aurait été difficile, voire impossible, pour la plupart des êtres humains il y a seulement quelques décennies.

Une question s’impose alors : qu’est-ce qui a rendu cette rencontre possible ?

La réponse la plus évidente est Internet, les moteurs de recherche, les plateformes numériques ou, plus récemment, les intelligences artificielles. Ces technologies jouent un rôle essentiel. Chaque jour, elles rendent accessibles des milliards de publications à des millions de personnes partout dans le monde.

Mais, en observant cette évolution plus attentivement, une autre réalité apparaît.

Les moteurs de recherche, les plateformes numériques et les intelligences artificielles ne sont peut-être que les plus récents représentants d’une histoire beaucoup plus ancienne : celle des médiateurs.

Depuis toujours, les œuvres, les idées et les connaissances circulent grâce à des intermédiaires qui les transmettent, les conservent, les organisent ou les rendent accessibles. Selon les époques, ces médiateurs ont pris des formes très diverses : conteurs, scribes, copistes, imprimeurs, libraires, bibliothécaires, enseignants, critiques, journalistes, éditeurs, moteurs de recherche, plateformes numériques ou intelligences artificielles.

Les technologies changent. Les médiateurs évoluent. Pourtant, le besoin humain demeure le même : transmettre des œuvres, des idées et des connaissances à d’autres personnes.

Cette réflexion est née progressivement de mes observations du Web depuis le milieu des années 1990 et de plus de vingt ans de publication sur Internet. J’y publie des œuvres, des textes, des poèmes et des réflexions. Au fil des années, j’ai vu apparaître les moteurs de recherche, les réseaux sociaux, les plateformes numériques, puis les intelligences artificielles génératives. Chacune de ces transformations a modifié la manière dont les publications pouvaient être découvertes et circuler.

Peu à peu, une question s’est imposée.

Pourquoi certaines publications semblent-elles pouvoir parcourir le monde alors que d’autres demeurent presque invisibles, même lorsqu’elles présentent un intérêt comparable ?

Les notions de visibilité, de découvrabilité, de diffusion et de transmission permettent d’éclairer une partie de cette réalité. Plus récemment, le marketing numérique a popularisé la notion de portée (reach), qui mesure le nombre de personnes qu’une publication peut rejoindre dans un contexte donné.

Ces notions sont indispensables. Pourtant, au fil de mes observations, j’avais l’impression qu’elles ne décrivaient qu’une partie du phénomène.

Elles expliquent comment une publication devient visible, peut être trouvée ou peut rejoindre un certain nombre de personnes. En revanche, elles rendent moins bien compte d’une autre dimension : l’évolution du parcours potentiellement offert à une œuvre, à une idée ou à une connaissance selon les médiateurs disponibles à une époque donnée. C’est pourtant cette évolution qui rend possibles de nouvelles rencontres entre les publications et les êtres humains.

C’est cette observation qui m’a progressivement conduit à proposer une autre manière de regarder la circulation des publications.

J’appelle horizon de circulation l’étendue potentielle du parcours d’une œuvre, d’une idée ou d’une connaissance, telle qu’elle est rendue possible par les médiateurs d’une époque.

Les médiateurs transforment l’horizon de circulation

Si l’on regarde l’histoire de la transmission culturelle sous cet angle, une idée apparaît progressivement.

Chaque époque voit apparaître de nouveaux médiateurs qui transforment les possibilités de circulation des œuvres, des idées et des connaissances.

Pendant des millénaires, l’oralité constitue le principal moyen de transmission. Les récits, les chants, les connaissances et les traditions circulent grâce à la mémoire des individus et des communautés. L’horizon de circulation demeure alors relativement limité. Une œuvre peut traverser plusieurs générations, mais son parcours dépend entièrement des personnes qui la mémorisent et la transmettent.

L’apparition de l’écriture transforme profondément cette situation. Les idées ne dépendent plus uniquement de la mémoire humaine. Elles peuvent être inscrites sur un support, conservées et copiées. Les manuscrits permettent alors à certaines œuvres de survivre bien au-delà de leurs auteurs, même si leur diffusion demeure limitée par la lenteur du travail des copistes et par le faible nombre d’exemplaires disponibles.

L’imprimerie marque une nouvelle étape. Produire plusieurs centaines, puis plusieurs milliers d’exemplaires d’un même livre devient possible. Les libraires, les éditeurs et les bibliothèques contribuent à leur tour à élargir les possibilités de circulation. Les œuvres rejoignent désormais un public beaucoup plus vaste.

Au cours des siècles suivants, d’autres médiateurs s’ajoutent : les écoles, les universités, les critiques, les journaux, la radio, la télévision et de nombreuses institutions culturelles. Chacun participe, à sa manière, à la circulation des œuvres, des idées et des connaissances.

L’arrivée du Web ouvre ensuite une nouvelle période.

Pour la première fois dans l’histoire, une même publication peut devenir accessible presque instantanément à l’échelle mondiale. Cela ne signifie évidemment pas qu’elle sera lue partout. En revanche, les possibilités de son parcours changent radicalement.

Les moteurs de recherche, puis les plateformes numériques et, plus récemment, les intelligences artificielles, prolongent cette évolution. Ils ouvrent de nouvelles possibilités de circulation et modifient à leur tour la manière dont les œuvres, les idées et les connaissances peuvent être découvertes.

En observant cette succession de transformations, une idée s’impose peu à peu.

Chaque époque ne modifie pas seulement les moyens de transmettre. Elle transforme aussi l’étendue potentielle du parcours qu’une publication peut accomplir.

C’est pourquoi il me semble utile de parler d’horizon de circulation plutôt que simplement de diffusion.

L’image de l’horizon évoque un espace de possibilités.

À mesure que de nouveaux médiateurs apparaissent, cet espace s’élargit, se transforme et se recompose. De nouvelles voies s’ouvrent tandis que d’autres perdent progressivement de leur importance.

Les nouveaux médiateurs ne remplacent d’ailleurs pas nécessairement les précédents. L’oralité existe toujours. Les livres imprimés continuent de circuler. Les bibliothèques, les enseignants et les institutions culturelles demeurent des acteurs essentiels de la transmission.

Chaque époque ajoute ainsi de nouveaux médiateurs qui recomposent progressivement les possibilités de circulation des œuvres, des idées et des connaissances.

C’est cette évolution continue, des premières traditions orales jusqu’aux médiateurs algorithmiques contemporains, que le concept d’horizon de circulation cherche à rendre visible.

Un horizon de circulation n’est pas une garantie de diffusion

Le concept d’horizon de circulation ne cherche pas à prédire le destin d’une publication.

Il décrit simplement les possibilités qu’offrent les médiateurs d’une époque.

Pour mieux comprendre cette idée, prenons l’exemple d’un poème.

Un poème peut être récité lors d’une soirée de poésie devant une dizaine de personnes. Il peut aussi être publié dans un recueil distribué dans quelques librairies et rejoindre quelques centaines de lecteurs.

Ce même poème peut également être publié sur le Web. Il devient alors potentiellement accessible à des lecteurs situés partout dans le monde. Les moteurs de recherche peuvent l’indexer. Les plateformes peuvent le recommander. Une intelligence artificielle peut le citer, le résumer ou le proposer à un utilisateur qui n’aurait jamais rencontré son auteur autrement.

Le poème est pourtant le même.

Ce qui change, ce n’est pas l’œuvre.

Ce sont les possibilités de son parcours.

C’est précisément ce que j’appelle son horizon de circulation.

Cela ne signifie évidemment pas que le poème sera lu par des milliers de personnes. Il pourra demeurer presque invisible, malgré cet horizon beaucoup plus vaste.

L’horizon de circulation ne décrit donc pas ce qui se produira.

Il décrit ce qui devient possible.

On peut ainsi distinguer l’horizon de circulation, qui représente le parcours potentiellement rendu possible par les médiateurs d’une époque, de la circulation effective, c’est-à-dire le parcours réellement accompli par une publication.

Les deux notions sont complémentaires : l’horizon de circulation décrit un espace de possibilités, tandis que la circulation effective raconte le parcours réellement accompli par une œuvre, une idée ou une connaissance.

L’horizon de circulation ne remplace donc pas les notions de visibilité, de découvrabilité, de diffusion, de transmission ou de portée (reach).

Il propose simplement une autre manière d’observer le phénomène.

Au lieu de s’intéresser uniquement à ce qu’une publication accomplit, il invite à regarder les possibilités de parcours que les médiateurs rendent accessibles à une époque donnée.

Les médiateurs continuent d’évoluer et, avec eux, les possibilités de circulation des œuvres, des idées et des connaissances. Comprendre cette évolution permet peut-être de mieux comprendre la manière dont se transforme la culture mondiale en réseau.

Un horizon de circulation plus vaste ne garantit pas la pérennité d’une œuvre, d’une idée ou d’une connaissance. En revanche, il peut multiplier les occasions d’être retrouvée, transmise, traduite, archivée ou redécouverte au fil du temps. L’horizon de circulation n’assure donc pas la pérennité, mais il peut contribuer à créer les conditions qui la rendent possible.

Chaque publication est un fragment de l’humanité. Une trace confiée aux médiateurs
de son époque et lancée vers son horizon de circulation.


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Vous laissez déjà des traces dans la culture mondiale

Que restera-t-il de vous dans le futur ?

Illustration représentant la culture mondiale sous forme d'une mosaïque multilingue accompagnée du Marcheur du réseau, symbole des traces humaines, du temps et de la transmission culturelle.

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You Are Already Leaving Traces in Global Culture

Une scène de la vie quotidienne:

Je me connecte.
Je publie une photographie sur le Web.
Comme tout le monde, je regarde si quelqu’un réagit.
Un « J’aime » ?
Un commentaire ?
Un partage ?

Je me demande combien de personnes verront cette publication.

Aujourd’hui ?
Cette semaine ?
Le mois prochain ?

Puis d’autres questions apparaissent:

Dans quelques années ?
Dans quelques décennies ?

Et si cette publication devenait un jour une trace du passé ?

Au moment où je clique sur « Publier », je pense surtout au présent. Mais cette publication pourrait poursuivre son chemin bien après moi, vers des personnes que je ne connaîtrai jamais.

Depuis toujours, les êtres humains cherchent à transmettre une part d’eux-mêmes : une empreinte sur une paroi rocheuse, un pétroglyphe gravé dans la pierre, un manuscrit, un livre, une photographie, une œuvre d’art. Aujourd’hui, une publication sur le Web.

Les technologies changent.
Le besoin humain demeure.

Nous écrivons, nous créons, nous photographions, nous partageons. Le numérique n’a pas inventé ce désir de transmettre. Il est simplement devenu le nouvel espace où cette histoire de la transmission continue de s’écrire.

Toutes les traces ne traversent pas le temps. Beaucoup tomberont dans l’oubli. D’autres voyageront beaucoup plus longtemps que nous l’imaginons. Nous ne savons jamais lesquelles poursuivront leur chemin.

Chaque publication est peut-être une petite part de la mémoire du monde.

Une photographie
Un poème
Une idée
Un témoignage
Une œuvre
Une connaissance

Chaque publication ajoute peut-être un nouveau fragment à la mosaïque de la culture mondiale.

Pour poursuivre leur voyage, ces traces doivent d’abord devenir visibles. Elles doivent ensuite pouvoir être découvertes. Puis, un jour, rencontrer un autre être humain qui leur donnera un nouveau sens.

Depuis toujours, le voyage des traces humaines suit le même chemin :

Visibilité

Découvrabilité

Rencontre

Chaque génération laisse des traces. Les nôtres voyagent dans le réseau.


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