Découvrir la culture mondiale en discutant avec une IA

Une nouvelle pratique de découverte et d’exploration culturelle

Personnage en costume noir, avec une horloge à la place de la tête, évoluant parmi des mots évoquant l'art, la culture, le Web et les archives.

Read this article in English:
Discovering Global Culture Through Conversations with AI

Scène de la vie quotidienne :

Vous vous connectez à une intelligence artificielle (IA).
Vous lui demandez : « Que signifie art contemporain ? »
Elle vous donne une définition.
Puis elle vous propose de poursuivre la conversation : « Souhaitez-vous explorer son histoire, les pratiques numériques ou sa place dans la culture ? »

Une simple question vient d’ouvrir plusieurs chemins de découverte.

Ce genre d’échange ne se limite pas à l’art contemporain. Il peut aussi nous conduire vers la littérature, la poésie, la musique, le cinéma, les traditions et les nombreuses autres expressions de la culture humaine.

Au fil de la conversation, une réponse peut susciter une nouvelle question, puis une autre. Nous pouvons demander des précisions, comparer des œuvres, découvrir des artistes ou établir des rapprochements entre différentes cultures. Peu à peu, un parcours de découverte se construit, guidé par notre curiosité et les pistes proposées par l’IA.

Avec un moteur de recherche, nous utilisons généralement des mots-clés pour trouver des informations et consulter différentes pages. Avec une IA conversationnelle, nous pouvons plutôt poser nos questions directement. Elle devient alors un intermédiaire qui nous présente des connaissances, établit des liens et propose de nouvelles pistes pour poursuivre notre exploration.

Cette manière d’explorer la culture présente une particularité : nous n’avons pas besoin de savoir précisément ce que nous cherchons. Une simple question posée par curiosité peut nous conduire vers des œuvres, des idées ou des traditions que nous ne connaissions pas. La conversation devient ainsi une autre façon de parcourir l’immense mosaïque de la culture mondiale en réseau.

Cette exploration possède toutefois ses limites. Les IA ne connaissent pas toute la culture humaine. Certaines œuvres, langues et traditions sont moins présentes dans les informations auxquelles elles ont accès. Leurs réponses peuvent aussi comporter des erreurs. Et découvrir une œuvre à travers une conversation ne remplace pas nécessairement l’expérience directe de cette œuvre.

Les IA deviennent progressivement de nouveaux outils, de nouveaux guides, pour explorer la culture mondiale en réseau. Mais ce sont toujours notre curiosité, nos questions et nos choix qui donnent une direction à cette exploration.

La culture humaine demeure un territoire de découvertes. Nous disposons désormais d’une nouvelle manière de le parcourir : la conversation avec des IA.

📚 Voir tous les Micro-essais

Ce texte fait partie de la série Comprendre la culture d’aujourd’hui, une chronique de la culture mondiale en réseau.

→ Retour à la page des Micro-essais

Pour aller plus loin

🟦 Comment les images et les vidéos façonnent-elles la culture mondiale ?

🟦 Nous vivons déjà dans une culture mondiale en réseau

🟦 Le marcheur du réseau — Traverser la culture mondiale à l’ère algorithmique


© Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

À quoi sert la culture dans une société numérique ?

Une mosaïque que nous continuons à construire

Collage numérique associant un visage féminin, une roue ancienne et une grande fleur jaune sur fond blanc.

Read this article in English:
What Is Culture For in a Digital Society?

Scène de la vie quotidienne :

Vous vous connectez.
Vous demandez à un moteur de recherche : « Pourquoi la culture est-elle fondamentale à l’existence humaine ? »

Il vous répond :
« … elle constitue le tissu même qui nous permet de donner du sens au monde, de communiquer et de coopérer à grande échelle. »

Mais comment ce tissu s’est-il formé ?

Depuis les origines de l’humanité, les générations se transmettent des connaissances, des valeurs, des croyances, des récits, des pratiques et des créations artistiques. Elles apprennent les unes des autres, conservent certains héritages, en abandonnent d’autres et inventent de nouvelles façons de vivre.

Au fil du temps, ces transmissions et ces transformations ont constitué une immense mosaïque culturelle : l’ensemble de la culture de l’humanité, dans toute sa diversité. Elle porte les traces de ce que les êtres humains ont appris, imaginé, construit et vécu. Et elle n’est jamais achevée.

Mais à quoi nous sert cette culture ?

Elle nous permet de comprendre le monde et de donner un sens à nos expériences. Elle nous offre des langues pour communiquer, des connaissances pour agir, des récits pour partager nos mémoires et des créations pour exprimer ce que nous vivons.

Elle contribue aussi à notre vie collective. Nos valeurs, nos coutumes et nos façons de penser influencent nos relations, nos choix et les sociétés que nous construisons. Certaines traditions nous rassemblent; d’autres peuvent être remises en question et transformées.

Dans une société numérique, cette longue histoire se poursuit dans un nouvel environnement. Le Web multiplie les possibilités de découvrir des cultures différentes, de partager nos connaissances et nos créations, et de participer à leur circulation.

Nous ne sommes donc pas seulement les héritiers de cette mosaïque culturelle. Dans une société numérique, chacun de nous peut aussi devenir un acteur de son évolution.

Vous qui venez de poser une question à un moteur de recherche, vous participez déjà à cette vie culturelle en réseau. Vous découvrez, vous apprenez, vous choisissez ce que vous souhaitez approfondir.

Et par ce que nous choisissons d’apprendre, de créer, de partager et de transmettre, nous contribuons à la culture que nous laisserons aux générations futures.

La culture est fondamentale : elle garde les traces de l’expérience humaine.

📚 Voir tous les Micro-essais

Ce texte fait partie de la série Comprendre la culture d’aujourd’hui, une chronique de la culture mondiale en réseau.

→ Retour à la page des Micro-essais

Pour aller plus loin

🟦 Le Web est-il devenu un espace culturel en soi ?

🟦 Nous vivons déjà dans une culture mondiale en réseau

🟦 La culture mondiale comme mosaïque mouvante

🟦 Comment les images et les vidéos façonnent-elles la culture mondiale ?


© Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

Le Web est-il devenu un espace culturel en soi ?

Un environnement pour la culture de l’humanité

Composition numérique aux tons orange, rouge et jaune montrant un visage humain décalé par un effet glitch, avec des formes géométriques et une horloge.

Read this article in English:
Has the Web Become a Cultural Space in Its Own Right?

Scène de la vie quotidienne :

Vous vous connectez.
Vous publiez une œuvre visuelle sur votre site Web. Puis vous partagez un poème dans un groupe de poésie sur un réseau social.

Vous venez de faire entrer deux créations dans deux espaces culturels différents.

Dans le premier, vous choisissez comment présenter votre œuvre et les liens avec vos autres créations. Dans le second, votre poème rejoint ceux d’autres personnes. Il peut être lu, commenté et susciter des échanges entre amateurs de poésie.

Ces deux espaces ont leurs particularités. Pourtant, ils appartiennent à un même environnement : le Web.

Le Web permet de communiquer, de chercher des informations et de diffuser des contenus. Mais son rôle ne s’arrête pas là.

On y trouve des communautés de lecteurs, de musiciens, d’artistes ou de cinéphiles. Des personnes s’y retrouvent autour d’intérêts communs, partagent leurs créations et leurs connaissances, développent des pratiques et échangent leurs points de vue.

Certains espaces prolongent des pratiques artistiques qui existaient bien avant Internet, comme le dessin et la peinture. D’autres accueillent des formes de création développées avec le Web, comme les œuvres interactives, les projets collaboratifs ou certaines formes de poésie numérique.

Ce qui fait de ces lieux des espaces culturels, ce n’est pas seulement la présence d’œuvres ou de contenus. C’est aussi ce que les personnes y font : créer, découvrir, échanger, interpréter et transmettre.

Il ne s’agit pas pour autant d’une seule grande communauté culturelle. Le Web accueille une multitude d’espaces, avec leurs pratiques, leurs références et leurs publics.

Ces espaces ne sont pas nécessairement isolés. Une personne peut fréquenter des communautés situées dans différentes régions du monde. Une idée née dans l’une peut en rejoindre une autre. Une création peut être découverte ou interprétée dans des contextes culturels différents.

Ces espaces numériques ne remplacent pas les musées, les bibliothèques, les salles de spectacle ou les autres lieux de culture. Ils s’ajoutent à eux et permettent de nouvelles relations entre les personnes, les œuvres et les pratiques culturelles.

Le Web n’est pas seulement un moyen d’accéder à la culture. Il est aussi un espace où nous vivons une partie de notre vie culturelle.

Le Web est ainsi devenu l’un des environnements où vit et évolue la culture mondiale : l’ensemble de la culture de l’humanité, dans toute sa diversité.

📚 Voir tous les Micro-essais

Ce texte fait partie de la série Comprendre la culture d’aujourd’hui, une chronique de la culture mondiale en réseau.

→ Retour à la page des Micro-essais

Pour aller plus loin

🟦 À quoi sert la culture dans une société numérique ?

🟦 Publier ses œuvres fait-il désormais partie du travail de l’artiste ?

🟦 Nous vivons déjà dans une culture mondiale en réseau

🟦 Le marcheur du réseau — Traverser la culture mondiale à l’ère algorithmique


© Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

Publier ses œuvres fait-il désormais partie du travail de l’artiste ?

Créer, publier et faire circuler son travail

Composition numérique en noir et blanc montrant un personnage, une forme géométrique rouge et le mot ART sur un fond sombre parsemé de points.

Read this article in English:
Has Publishing Their Work Become Part of an Artist’s Job?

Scène de la vie quotidienne :

Vous vous connectez.
Vous publiez une œuvre visuelle que vous avez produite, accompagnée d’un poème que vous avez écrit.
L’image est une création artistique. Le poème aussi.

Mais le geste qui consiste à les publier ?
Fait-il lui aussi partie de votre travail d’artiste ?

Pendant longtemps, une partie importante de la diffusion des œuvres était prise en charge par des médiateurs culturels. Les galeristes présentaient les œuvres des peintres et des sculpteurs. Les maisons d’édition publiaient les textes des poètes, des poétesses et des écrivains. D’autres intervenants et institutions contribuaient à faire connaître ces créations et à les mettre en relation avec des publics.

Ces formes de médiation existent toujours. Les artistes ont toujours participé, à des degrés divers, à la diffusion de leur travail. Mais avec le développement du Web et de l’autoédition, les possibilités se sont multipliées.

L’artiste peut désormais publier directement ses œuvres, sans nécessairement passer par une galerie ou une maison d’édition. Il peut aussi créer son propre espace de publication et organiser lui-même une partie de leur diffusion.

Son travail ne consiste donc pas seulement à créer.

Il porte aussi un deuxième chapeau : celui de gestionnaire de sa présence et de sa diffusion.

Organiser des projets, établir des relations, préparer des publications, gérer un site Web, contribuer à la circulation de ses créations : toutes ces activités peuvent désormais occuper une place importante dans sa pratique.

Et le site Web peut devenir bien davantage qu’une vitrine promotionnelle. Il peut accueillir des œuvres, des textes, des images, des vidéos et des corpus artistiques. Lorsque leur organisation et les relations entre ces créations répondent à une intention artistique, le site peut lui-même devenir un espace de création : une œuvre-site.

Cette réalité concerne aussi le cinéma, la musique, la danse, le théâtre et d’autres formes d’art, même si les moyens de diffusion varient selon les disciplines.

L’artiste n’a pas nécessairement à choisir entre les médiateurs traditionnels et la publication directe. Ces chemins peuvent se compléter.

Créer des œuvres demeure au cœur du travail de l’artiste. Mais participer activement à leur diffusion prend une place de plus en plus importante.

Quel que soit le chemin emprunté, le but ultime est de permettre à ses créations de contribuer à la culture mondiale.

📚 Voir tous les Micro-essais

Ce texte fait partie de la série Comprendre la culture d’aujourd’hui, une chronique de la culture mondiale en réseau.

→ Retour à la page des Micro-essais

Pour aller plus loin

🟦 Pourquoi certaines traces humaines traversent-elles le temps ?

🟦 Pourquoi avons-nous encore besoin des artistes ?

🟦 Œuvre-site algorithmique — Habiter le réseau comme espace artistique

🟦 Le Web est-il devenu un espace culturel en soi ?


© Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

Soyons humains avec l’IA

Injecter de l’humanité dans ce monde algorithmique

Figure humaine intégrée à une composition numérique abstraite aux formes géométriques, illustrant la présence humaine dans un monde algorithmique.

Read this article in English:
Let’s Be Human with AI

Scène de la vie quotidienne :

Vous voulez publier une photo que vous avez prise d’un paysage de votre région natale.

Vous écrivez quelques lignes pour accompagner l’image, puis vous demandez à une intelligence artificielle de vous donner son avis. Elle reformule légèrement votre texte. Elle vous propose ensuite d’améliorer le rendu de la photo.

Vous publiez finalement l’image et le texte retravaillés.

Est-ce encore une trace authentique de votre expérience humaine puisque l’IA a participé à sa réalisation ?

Vous étiez là. L’IA n’y était pas. Elle vous a aidé à donner une forme à cette trace, mais l’expérience dont elle témoigne est la vôtre.

Prenons un autre exemple. Une personne peut raconter sa vie à un biographe qui la transformera en livre. Elle pourrait aussi enregistrer son récit, le publier sous forme de balado ou demander à une IA de l’aider à organiser et à rédiger son autobiographie. Dans tous ces cas, l’expérience racontée demeure celle d’une personne qui l’a réellement vécue.

La trace authentique ne vient pas de l’outil utilisé. Elle vient de l’expérience humaine que nous y inscrivons.

Et l’avenir ?

L’intelligence artificielle fera probablement de plus en plus partie de nos outils ordinaires. Nous l’utiliserons pour écrire, traduire, chercher, créer des images, organiser nos idées ou communiquer.

La question ne sera donc pas seulement de savoir si une IA a participé à ce que nous publions, mais aussi de savoir ce que nous y avons apporté.

Nos souvenirs, nos connaissances, nos rencontres, nos émotions, nos observations et nos créations peuvent devenir des traces authentiques de l’expérience humaine. Dans les arts, un artiste peut utiliser l’IA ou tout autre outil numérique tout en inscrivant dans son œuvre son expérience, son regard et sa démarche.

Une fois publiées, ces traces entrent dans le réseau. Elles peuvent circuler, être découvertes, partagées, conservées et participer à la culture mondiale.

Nous ne faisons donc pas qu’utiliser le monde numérique. Par ce que nous choisissons d’y créer, d’y publier et d’y faire circuler, nous participons aussi à ce qu’il devient.

Les outils continueront de changer. Continuons à faire entrer dans le réseau des traces authentiques de l’expérience humaine.

L’intelligence artificielle peut nous aider à leur donner une forme et à les faire circuler.

Soyons humains avec l’IA.

📚Voir tous les Micro-essais

Ce texte fait partie de la série Comprendre la culture d’aujourd’hui, une chronique de la culture mondiale en réseau.

→ Retour à la page des Micro-essais

Pour aller plus loin

🟦 Plus le monde devient numérique, plus l’humain devient important

🟦 Pourquoi certaines traces humaines traversent-elles le temps ?

🟦 ART NUMÉRIQUE HUMANISTE : UNE PHILOSOPHIE DE L’HUMAIN À L’ÈRE TECHNOLOGIQUE


Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

Pourquoi continuer d’écrire de la poésie dans un monde numérique ?

Nous participons à l’évolution du monde numérique

Œuvre numérique de Gilles Vallée représentant un vélo devant un escalier, dans une composition aux couleurs cyan, mauve et jaune.

Read this article in English:
Why Continue Writing Poetry in a Digital World?

Scène de la vie quotidienne:

Vous vous connectez.
Vous écrivez dans un moteur de recherche :
« poésie sur le Web »

On vous répond :
« La poésie sur le Web transforme l’écriture traditionnelle en une expérience interactive, visuelle et sonore accessible partout. »

C’est vrai. Le numérique transforme nos manières d’écrire, de publier et de lire la poésie. L’Instapoésie, née avec les réseaux sociaux, en est un exemple.

Mais le mouvement se fait aussi dans l’autre sens.

Chaque poème que nous écrivons et publions ajoute quelques mots à cet immense espace numérique. Quelques mots seulement, mais des mots qui portent une image, une émotion, une expérience humaine, une manière de regarder le monde.

Nous ne faisons donc pas qu’habiter le monde numérique. Par ce que nous choisissons d’y publier, nous participons aussi à son évolution.

Un poème isolé peut sembler minuscule dans l’immensité du Web, mais il ne faut pas raisonner seulement à l’échelle d’un poème. Qu’il soit publié dans un livre ou sur le Web, chaque poème rejoint d’autres traces humaines qui, ensemble, participent à l’évolution de la culture mondiale.

Lorsqu’il est publié sur le Web, il entre également dans cet espace de circulation que nous construisons chaque jour.

Nous utilisons constamment les mots pour communiquer, chercher ou expliquer. La poésie nous rappelle que les mots peuvent aussi faire imaginer, ressentir et regarder autrement. Écrire de la poésie, c’est explorer cette autre possibilité du langage. Quelques mots peuvent suffire pour faire surgir une image mentale, une émotion, un souvenir ou une question.

C’est aussi pourquoi il importe de continuer d’écrire de la poésie et de la faire circuler. Le monde numérique ne doit pas devenir seulement un espace utile pour chercher de l’information, travailler, calculer ou communiquer. Il doit aussi porter les dimensions sensibles, émotives, intuitives et imaginaires de l’expérience humaine.

Continuer d’y publier de la poésie, c’est contribuer à assurer cette présence humaine dans le réseau.

Le monde numérique continuera d’évoluer. Ce que nous choisissons d’y écrire et d’y faire circuler contribuera aussi à déterminer ce qu’il deviendra. La poésie peut continuer d’en faire partie.

Nous avons la possibilité de laisser des traces poétiques dans ce monde algorithmique, alors allons-y.

📚Voir tous les Micro-essais

Ce texte fait partie de la série Comprendre la culture d’aujourd’hui, une chronique de la culture mondiale en réseau.

→ Retour à la page des Micro-essais

Pour aller plus loin

🟦 Plus le monde devient numérique, plus l’humain devient important

🟦 Pourquoi avons-nous encore besoin des artistes ?

🟦 Pourquoi je continue d’écrire et de publier dans un monde saturé de technologies

🟦 L’Instapoésie : Fusion de la Poésie et du Numérique


Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

Plus le monde devient numérique, plus l’humain devient important

Sculpture représentant une figure humaine, intégrée à une composition numérique aux textures bleues, grises et rouges.

Read this article in English:
The More Digital the World Becomes, the More Important the Human Becomes

Scène de la vie quotidienne

Vous vous connectez.
Vous cherchez sur le Web l’image d’un homme qui travaille sur une sculpture.
Parmi les résultats apparaît une vieille photographie d’un sculpteur dans son atelier.
Vous le voyez travailler la matière.
Ce moment a réellement eu lieu.

Puis vous demandez à une intelligence artificielle de générer l’image d’un homme qui travaille sur une sculpture.
Quelques secondes plus tard, une autre image apparaît.
Elle est convaincante.
Le geste semble réel.
La poussière aussi.

Pourtant, quelque chose a changé.
Dans la première image, ce moment a été vécu.
Dans la deuxième, ce moment a été simulé.

Dans la première photographie, un être humain était là. Il a touché la matière, posé un acte de création. La photographie conserve la trace de ce moment.

Ce que nous regardons n’est donc pas seulement l’image d’un homme au travail. Quelque chose de son expérience nous parvient.

Les humains se transmettent ainsi leurs expériences depuis toujours. Par les récits, les objets, les œuvres, les lettres, les photographies ou les films, nous découvrons ce que d’autres ont vu, ressenti, imaginé ou vécu.

Le numérique ne fait pas disparaître ces traces. Il peut au contraire les conserver, les faire circuler et nous permettre de les rencontrer.

Mais un nouvel environnement culturel et artistique prend de l’ampleur. Les systèmes algorithmiques peuvent aussi produire des images, des textes ou des musiques qui semblent porter la trace d’une expérience humaine sans qu’un humain ait vécu ce qu’ils représentent.

Dans cet environnement, l’ancrage dans l’expérience humaine prend une importance particulière.

Derrière une photographie, un récit, une œuvre ou un témoignage, nous pouvons rencontrer l’expérience d’un autre humain. Par la trace qu’il a laissée, quelque chose de cette expérience peut traverser le temps, circuler dans le monde numérique et nous parvenir.

Les représentations produites par les systèmes algorithmiques n’ont pas nécessairement cet ancrage humain. Elles peuvent nous émouvoir, nous surprendre ou nous faire imaginer une expérience sans pour autant être la trace d’une expérience humaine réelle.

Plus le monde devient numérique, plus l’humain devient important.

📚Voir tous les Micro-essais

Ce texte fait partie de la série Comprendre la culture d’aujourd’hui, une chronique de la culture mondiale en réseau.

→ Retour à la page des Micro-essais

Pour aller plus loin

🟦 Pourquoi avons-nous encore besoin des artistes ?

🟦 Pourquoi continuer de faire de l’art dans un monde numérique ?

🟦 Pourquoi certaines traces humaines traversent-elles le temps ?

🟦 Pourquoi continuer d’écrire de la poésie dans un monde numérique ?

🟦 Soyons humains avec l’IA

🟦 ART NUMÉRIQUE HUMANISTE : UNE PHILOSOPHIE DE L’HUMAIN À L’ÈRE TECHNOLOGIQUE


© Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

Pourquoi avons-nous encore besoin des artistes ?

Portrait artistique aux tons rose, rouge et orangé, dont le visage semble émerger de la lumière et de la couleur.

Read this article in English:
Why Do We Still Need Artists?

Scène de la vie quotidienne :

Vous vous connectez et ouvrez un moteur de recherche.
Vous tapez : « À quoi sert l’art ? »
En quelques secondes, vous obtenez une réponse :
« L’art sert à exprimer des émotions, à questionner le monde, à relier les humains. »

Tout cela est vrai.
Mais quelque chose manque.

Nous cherchons constamment à comprendre le monde dans lequel nous vivons. Des statistiques nous renseignent sur la pauvreté, le vieillissement ou l’isolement. Des recherches scientifiques nous permettent de mieux comprendre les changements climatiques. Des analyses économiques, historiques ou sociales nous aident à expliquer les transformations de nos sociétés.

Nous avons besoin de toutes ces connaissances.
Mais il n’existe pas une seule manière de comprendre le monde.

Une statistique peut nous apprendre que des milliers de personnes vivent seules. Un poème peut nous faire ressentir la solitude. Un rapport peut décrire les conséquences d’une guerre. Une photographie peut nous arrêter devant le visage de quelqu’un qui la vit. Une étude peut analyser une société. Un roman, une chanson, un film ou une pièce de théâtre peut nous faire entrer dans l’expérience de ceux et celles qui y vivent.

Ce ne sont pas des manières concurrentes de comprendre le monde. Elles nous en révèlent des dimensions différentes.

C’est là que commence le rôle particulier des artistes.

Les artistes portent un regard sur le monde. Ils peuvent attirer l’attention sur ce qui passe inaperçu, donner une forme à une émotion difficile à nommer ou faire apparaître une réalité sous un angle inattendu. Par leurs œuvres, ils proposent ainsi de nouvelles manières de voir, de ressentir ou d’imaginer le monde.

Mais un regard ne suffit pas.

L’artiste cherche une forme pour le partager : des mots, une image, une mélodie, un récit, un mouvement, une scène, un film, une installation. L’œuvre devient alors un moyen de communication entre une manière singulière de voir le monde et d’autres humains.

Nous n’avons pas seulement besoin de savoir dans quel monde nous vivons. Nous avons aussi besoin de sentir ce que signifie y vivre, de l’imaginer et parfois de le rêver.

Les artistes nous proposent leur regard et inventent des formes pour nous le faire partager.

Le regard artistique enrichit l’expérience humaine. La réalité ne se découvre pas seulement par l’analyse rationnelle.

📚Voir tous les Micro-essais

Ce texte fait partie de la série Comprendre la culture d’aujourd’hui, une chronique de la culture mondiale en réseau.

→ Retour à la page des Micro-essais

Pour aller plus loin

🟦 Plus le monde devient numérique, plus l’humain devient important

🟦 Pourquoi continuer de faire de l’art dans un monde numérique ?

🟦 Publier ses œuvres fait-il désormais partie du travail de l’artiste ?

🟦 Qui fabriquera la reconnaissance culturelle et artistique demain ?

🟦 Pourquoi certaines traces humaines traversent-elles le temps ?

🟦 Pourquoi continuer d’écrire de la poésie dans un monde numérique ?


© Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

Pourquoi continuer de faire de l’art dans un monde numérique ?

Une main humaine pointe vers l’intersection orange de deux cercles en damier noir et blanc.

Read this article in English:
Why Continue Making Art in a Digital World?

Scène de la vie quotidienne :

Vous vous connectez.
Vous demandez à un moteur de recherche de vous proposer des créations artistiques.
Il vous présente des photographies, des peintures, des poèmes, des films, des sculptures, des œuvres numériques et des créations sonores.

Et vous vous demandez : dans un monde où les technologies permettent de produire en quelques secondes des images, des textes, des sons et des vidéos, pourquoi des êtres humains continuent-ils de consacrer du temps à créer ?

Sûrement parce que créer n’est pas seulement produire.

Pour un être humain, créer constitue une expérience. Il faut chercher, choisir, hésiter, ressentir, recommencer, abandonner parfois une idée pour en suivre une autre. L’œuvre est le résultat de ce processus, mais l’expérience de créer compte elle aussi.

Depuis toujours, les humains créent pour exprimer ce qu’ils ressentent, raconter ce qu’ils vivent, comprendre ce qui leur arrive, imaginer ce qui n’existe pas encore ou partager leur manière de voir le monde. Ils donnent une forme à leur expérience : un texte, une image, une musique, un mouvement, un objet, un film, une œuvre numérique. De l’époque de l’art rupestre à notre époque d’art génératif, l’humain ressent toujours le besoin de donner forme à son expérience et de la partager.

Qu’elle soit vue par des millions de personnes ou par quelques-unes seulement, une création peut avoir un sens pour celui ou celle qui l’a fait naître. Car avant qu’une œuvre puisse circuler, être découverte, transmise ou reconnue, quelqu’un a d’abord éprouvé le besoin de la créer.

Les technologies ont toujours transformé les moyens de création. La photographie, le cinéma, l’ordinateur, Internet et maintenant l’intelligence artificielle ont ouvert de nouvelles possibilités.

La question n’est donc pas de choisir entre l’humain et la technologie. Un être humain peut créer avec un crayon, un appareil photo, une caméra, un ordinateur ou des outils algorithmiques. Les outils changent. Les formes changent. Notre manière de créer change elle aussi.

Mais l’expérience humaine continue.

Nous continuons d’aimer, de perdre, d’espérer, de douter, d’observer, de nous souvenir et d’imaginer. Et tant que nous éprouverons le besoin de donner une forme à cette expérience, nous créerons.

Nous continuerons de faire de l’art.

📚Voir tous les Micro-essais

Ce texte fait partie de la série Comprendre la culture d’aujourd’hui, une chronique de la culture mondiale en réseau.

→ Retour à la page des Micro-essais

Pour aller plus loin

🟦 Pourquoi avons-nous encore besoin des artistes ?

🟦 Plus le monde devient numérique, plus l’humain devient important

🟦 Pourquoi je continue d’écrire et de publier dans un monde saturé de technologies

🟦 Art, culture et humanité à l’ère algorithmique de l’intelligence artificielle

🟦 Pourquoi écrire de la poésie ?

🟦 L’art numérique humaniste : une pratique artistique globale, poétique et numérique


© Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

Poèmes courts sur le deuil et la mort #19 – Parfois, la mort nous fait réaliser ce qu’est la vie

Un micro-poème sur la mort et la valeur de la vie, une pensée brève
qui peut accompagner un moment de deuil, de recueillement ou de réflexion.

Poème-image « Parfois, la mort nous fait réaliser ce qu’est la vie » de Gilles Vallée

Cet article fait partie de la série
POÈMES COURTS SUR LE DEUIL ET LA MORT
→ Voir la série complète

Parfois, la mort nous fait réaliser ce qu’est la vie

Parfois, la mort
nous fait réaliser
ce qu’est la vie.

Commentaire / Réflexion

La mort nous confronte à l’absence et à la finitude. Mais elle peut aussi transformer notre regard sur ce qui demeure.

Parfois, c’est devant la mort que nous prenons pleinement conscience de la valeur de la vie, du temps qui passe et des moments que nous partageons avec les autres.

Explorez la série

Cette publication fait partie de la série Poèmes courts sur le deuil et la mort, une collection d’œuvres poétiques et visuelles autour du deuil, de la perte et de la mémoire.

Bouton bleu avec texte : "Voir tous les poèmes courts de la série" Site Gilles Vallée Art

Découvrez aussi

Découvrez également la série L’expérience humaine, une exploration poétique et visuelle de la condition humaine, entre mémoire, conscience, fragilité et présence.

→ Voir la série L’expérience humaine

📚Pensons culture

Je vous invite à découvrir la série Comprendre la culture d’aujourd’hui, une série de micro-essais consacrés à l’expérience humaine, à la culture contemporaine et au monde en réseau.

→ Voir la série Comprendre la culture d’aujourd’hui


Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur