Témoin d’un temps itinérant – Poème sur la condition humaine

Dessin au fusain d’un visage aux yeux clos, évoquant la mémoire, la présence intérieure et l’expérience humaine
Dessin au fusain sur papier, 2020

Trouver sa place

Poème

Témoin d’un temps itinérant

Je témoigne du temps
je témoigne d’un temps
de l’espace à mots
je texte des dires
j’illustre des vues

Les histoires sont souvenirs
j’en ai plein les poches
des grenailles de
mémoire mise à nu

je me suis planté dans
un jardin de sculptures
pour ne plus déambuler
dans la ville
je ne suis plus itinérant(e).
je suis itinérance.

Passer de l’état
à l’essence.

Commentaire

Ce poème, minimaliste, a été écrit en 2020.
Il évoque l’expérimentation dans la vie comme un processus intérieur, fait d’essais, de déplacements et de métamorphoses, qui nous amène peu à peu à trouver notre place.
J’y aborde l’écriture comme une manière d’habiter le monde, de témoigner du temps, et de transformer l’errance en présence.

Ce poème s’inscrit dans une démarche de poésie humaniste québécoise, attentive à la mémoire, à la présence et à l’expérience humaine.

L’art numérique humaniste parle de nous.

Explorez la série

Cette publication fait partie de la série L’expérience humaine – Une série de poèmes sur la condition humaine

Cette série s’inscrit dans ma démarche globale d’art numérique humaniste, explorant la condition humaine à travers la poésie, l’image et le langage numérique.

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Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

LA MÉMOIRE EMPAILLÉE : Poème entre oubli et survivance

LA MÉMOIRE EMPAILLÉE : un poème sur la survivance culturelle, l’identité en errance et la préservation des souvenirs à travers la langue et la poésie.

Image très colorée avec une fenêtre bleue et une fenêtre rouge sur un mur jaune d'un immeuble
Survivance culturelle

Cet article fait partie de la série
L’expérience humaine – Une série de poèmes sur la condition humaine
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Mémoire, langue et survivance

Je creuse dans les strates de ma mémoire et de mon identité en errance. Ce poème est un acte de survivance culturelle, une tentative de préserver, dans la langue et la poésie, ce qui reste d’un territoire rêvé et d’une filiation dispersée. Entre déracinement et transmission, j’y trace les contours d’un pays intérieur, fragile et persistant.

Ce poème s’inscrit dans ma démarche d’art numérique humaniste, où la poésie devient un espace de sauvegarde de la mémoire, de la langue et de l’expérience humaine face à l’effacement.

Quand la langue devient trace : la poésie d’une mémoire en sursis

A un jet de pierre
de la fin d’un monde,
une esquisse inachevée

tous mes ancêtres sont
maintenant compostés
dans la poésie des mots
d’un pays imaginé,
dans le substrat
d’un pays rêvé,
sublimé; abandonné

dériver du refus global
à l’acceptation totale
à deux pas de la désillusion
à deux pas de l’assimilation
… de l’assimilation future…
mon cœur n’est plus que
métronome et murmures

J’ai mis en terre
tous les livres
de ma bibliothèque
et mes albums de photos,
en guise de capsule temporelle,
de témoignage
de ma culture de dépouillé
on y trouvera des traces
de l’ébauche d’une culture,
de l’amorce d’un pays

fidèles à nos origines
une fine langue tricotée
dans la brume de nos
mots enracinés
une langue en état de survie
en état de choc
sauvegardée sous
forme de graffitis
sur la tôle ondulée
de nos vieux hangars
dans nos ruelles fleuries
de mille et une galeries

j’appartiens à la race de l’errance
à la nation de l’itinérance
et de l’oubliance
je suis immigrant
et demandeur d’asile
planté comme une semence
dans mon terreau natal d’exilé

Art numérique humaniste et mémoire culturelle

Ce poème s’inscrit dans ma démarche en art numérique humaniste, où la poésie devient un espace de sauvegarde de la mémoire culturelle et de la langue.

Dans le réseau, ces mots circulent comme des fragments d’identité, témoignant d’une expérience humaine marquée par l’errance et la survivance.

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Mémoire dissonante de la chambre noire (Poésie & Image)

Mémoire dissonante de la chambre noire : un poème explorant la fragilité de la mémoire, la dégradation des souvenirs et l’influence du temps sur nos perceptions.

Le titre du poème écrit sur une image montrant une lumière rouge sur un fond noir
Mémoire dissonante de la chambre noire (Poésie & Image)

Cet article fait partie de la série
L’expérience humaine – Une série de poèmes sur la condition humaine
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Mémoire, perception et altération du temps

Le poème « Mémoire dissonante de la chambre noire » explore la dégradation de la mémoire et la manipulation des souvenirs. À travers des images évoquant la photographie argentique et la chambre noire, le texte illustre comment le temps altère et transforme nos perceptions du passé; il offre une réflexion sur la fragilité de la mémoire et la manière dont elle est influencée par le présent.

Mémoire dissonante de la chambre noire

Tu ignorais que le temps
ronge et modifie l’histoire
comme la rouille souille
et dévore le fer
comme la moisissure
s’insinue et s’incruste
dans les souvenirs
fermentation et
décomposition du temps
du jadis …
de l’antérieur
tu as compris que
ni le présent, ni le passé
n’appartiennent à personne …
et que parfois d’ailleurs,
il n’en reste rien …

opiner au mensonge,
déformer, transmuter
inverser des images déjà
fragmentées en
double exposition,
décalées …
en superposition
les concepts et les idées
se fondaient en opium;
en fumée de liberté

tu me tues d’espoir
m’assassines l’illusion
je m’accroche aux
écarlates segments
des passés imprimés
par giclées d’avenirs.
sur fond d’incompréhension,
d’hésitation
… d’altérations organiques

nous découvrions des mondes
d’éclaboussures et de gouttelettes
en suspension;
dans des univers
surréalistes et cubistes,
parfumés de collages idéalistes
…  un langage d’abstraction
façonné dans l’argile crue
d’une révolte contenue,
des mots de langue
dans des manuscrits
décousus

immersion
dans des craquelures d’impressions,
philosophie ressentie et fossilisée …
psychanalysée dans des fissures
émotions intériorisées
… je me rappelle nos livres illustrés
avec des estampes,
sur la peau des pages,
la culture et l’odeur du papier
la connaissance et
les enluminures dorées
ornant la réécriture
de nos souvenirs falsifiés

te souviens-tu des diaporamas ?
tu regardais des diapositives
projetées sur les murs
de notre ignorance,
sur les pages blanches
de nos espérances
tu roulais des bobines de films
sur les pignons des machines
à vues qui rendaient images
sur écrans de rêves …
je me souviens des muralistes
de bronze et de béton
t’en souviens-tu ?

nous ne savions rien
nous avions tout à apprendre
on ne sait toujours rien
et pourtant nous oublierons tout …
ne restera que la lumière rouge
en dormance dans la chambre noire,
vestige de nos passés aléatoires

Art numérique humaniste et mémoire altérée

Ce poème s’inscrit dans ma démarche en art numérique humaniste, où la mémoire est perçue comme un processus vivant, en constante transformation.

Dans le réseau, ces fragments de souvenirs deviennent des traces mouvantes de l’expérience humaine, entre altération, perception et réinterprétation.

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