Pourquoi continuer de faire de l’art dans un monde numérique ?

Une main humaine pointe vers l’intersection orange de deux cercles en damier noir et blanc.

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Why Continue Making Art in a Digital World?

Scène de la vie quotidienne :

Vous vous connectez.
Vous demandez à un moteur de recherche de vous proposer des créations artistiques.
Il vous présente des photographies, des peintures, des poèmes, des films, des sculptures, des œuvres numériques et des créations sonores.

Et vous vous demandez : dans un monde où les technologies permettent de produire en quelques secondes des images, des textes, des sons et des vidéos, pourquoi des êtres humains continuent-ils de consacrer du temps à créer ?

Sûrement parce que créer n’est pas seulement produire.

Pour un être humain, créer constitue une expérience. Il faut chercher, choisir, hésiter, ressentir, recommencer, abandonner parfois une idée pour en suivre une autre. L’œuvre est le résultat de ce processus, mais l’expérience de créer compte elle aussi.

Depuis toujours, les humains créent pour exprimer ce qu’ils ressentent, raconter ce qu’ils vivent, comprendre ce qui leur arrive, imaginer ce qui n’existe pas encore ou partager leur manière de voir le monde. Ils donnent une forme à leur expérience : un texte, une image, une musique, un mouvement, un objet, un film, une œuvre numérique. De l’époque de l’art rupestre à notre époque d’art génératif, l’humain ressent toujours le besoin de donner forme à son expérience et de la partager.

Qu’elle soit vue par des millions de personnes ou par quelques-unes seulement, une création peut avoir un sens pour celui ou celle qui l’a fait naître. Car avant qu’une œuvre puisse circuler, être découverte, transmise ou reconnue, quelqu’un a d’abord éprouvé le besoin de la créer.

Les technologies ont toujours transformé les moyens de création. La photographie, le cinéma, l’ordinateur, Internet et maintenant l’intelligence artificielle ont ouvert de nouvelles possibilités.

La question n’est donc pas de choisir entre l’humain et la technologie. Un être humain peut créer avec un crayon, un appareil photo, une caméra, un ordinateur ou des outils algorithmiques. Les outils changent. Les formes changent. Notre manière de créer change elle aussi.

Mais l’expérience humaine continue.

Nous continuons d’aimer, de perdre, d’espérer, de douter, d’observer, de nous souvenir et d’imaginer. Et tant que nous éprouverons le besoin de donner une forme à cette expérience, nous créerons.

Nous continuerons de faire de l’art.

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Ce texte fait partie de la série Comprendre la culture d’aujourd’hui, une chronique de la culture mondiale en réseau.

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🟦 L’art numérique humaniste : une pratique artistique globale, poétique et numérique


© Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

Qui fabriquera la reconnaissance culturelle et artistique demain ?

Les passeurs de culture

Deux sphères en damier noir et blanc ponctuées de carrés colorés, évoquant la circulation et la diversité culturelle.

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Who Will Shape Cultural and Artistic Recognition Tomorrow?

Vous vous connectez.
Vous demandez à un moteur de recherche de vous nommer des artistes reconnus mondialement.
Un aperçu généré par intelligence artificielle vous propose plusieurs noms, répartis par domaines artistiques.

Mais qui a décidé que ces artistes étaient reconnus ?

Pendant longtemps, cette reconnaissance a été largement construite et transmise par différents médiateurs : musées, galeries, critiques, commissaires, éditeurs, universités, médias et autres institutions culturelles.

Peinture, sculpture, littérature, poésie, musique, théâtre, cinéma : parmi toutes les créations proposées, certaines ont été reconnues et transmises par ces passeurs. En les conservant, en les publiant, en les exposant, en les interprétant ou en les étudiant, ils ont aussi participé à leur pérennité.

Aujourd’hui, d’autres passeurs se sont ajoutés : moteurs de recherche, plateformes, systèmes de recommandation et intelligences artificielles. Sans remplacer les institutions, ils participent à un nouvel écosystème de reconnaissance.

Une création peut aujourd’hui être peu présente dans les institutions et pourtant être rencontrée par des millions de personnes dans la culture mondiale en réseau. Elle peut être recherchée, partagée, citée et continuellement remise en circulation.

Cela suffit-il pour parler de reconnaissance ?

Pas nécessairement. Une création peut devenir virale sur le Web puis disparaître. Popularité, circulation, reconnaissance et pérennité ne sont pas la même chose.

La durée peut cependant avoir un impact. Si une création continue d’être rencontrée, transmise et redécouverte pendant des années, sa circulation peut contribuer à sa reconnaissance et à sa pérennité.

Ce phénomène n’est pas nouveau. De Léonard de Vinci à Van Gogh, de Baudelaire à Rimbaud, des œuvres traversent encore le temps parce que des générations de passeurs les ont conservées, étudiées, publiées, exposées ou transmises.

Et derrière cette circulation, il n’y a pas seulement des algorithmes. Il y a aussi des personnes. Leurs recherches, publications, liens, citations et rencontres laissent des traces que les nouveaux médiateurs peuvent à leur tour organiser et proposer. Les moteurs de recherche et les IA peuvent proposer une création. Mais sans rencontre humaine, il n’y aura personne pour la reconnaître, la transmettre et contribuer à sa pérennité.

Demain, institutions, publics et nouveaux passeurs participeront probablement ensemble à la reconnaissance culturelle et artistique.

Les passeurs peuvent changer.
Les technologies peuvent changer.
Mais une culture ne reste vivante que si des humains continuent de la partager.

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Pour aller plus loin

🟦Pourquoi certaines traces humaines traversent-elles le temps ?

🟦L’horizon de circulation

🟦L’utilisation de l’IA en art : au-delà de la création, les algorithmes qui organisent la culture mondiale


© Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

Pourquoi certaines traces humaines traversent-elles le temps ?

Œuvres, idées et connaissances : les passeurs de la pérennité culturelle

Deux tournesols dans un vase, l’un jaune inspiré de Van Gogh et l’autre transformé en damier noir et blanc.

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Why Do Some Human Traces Endure Through Time?

Une scène de la vie quotidienne :

Vous vous connectez.
Vous faites une recherche.
On vous propose une peinture de Vincent van Gogh.

Vous rencontrez une œuvre réalisée il y a plus d’un siècle, sans être allé dans un musée et sans avoir vu l’original.

Mais cette histoire ne concerne pas seulement la peinture.

Un poème, un roman, une chanson, un film, une photographie, une idée ou une connaissance peuvent eux aussi traverser les générations.

Comment arrivent-ils jusqu’à nous ?

Et pourquoi certaines de ces traces humaines continuent-elles de circuler, alors que d’autres disparaissent ?

L’histoire de Van Gogh nous donne une piste.

Van Gogh a laissé des peintures, des dessins, des lettres. Des traces.

Son frère Théo l’a soutenu et a contribué à préserver ces traces. Après la mort des deux frères, Johanna van Gogh-Bonger, veuve de Théo, a joué un rôle déterminant pour conserver, exposer et faire connaître l’œuvre de Vincent.

Puis d’autres ont pris le relais.

Des collectionneurs, des marchands, des musées, des chercheurs, des enseignants, des éditeurs. Plus tard, des photographes, des cinéastes, la télévision. Puis Internet, les moteurs de recherche, les plateformes et aujourd’hui les intelligences artificielles.

Tous sont devenus, à leur manière, des médiateurs.

Des passeurs.

Ils ont permis aux traces laissées par Van Gogh de poursuivre leur voyage et de rencontrer de nouvelles personnes, génération après génération.

Le cheminement se résume ainsi :

Traces → Médiateurs → Horizon de circulation → Circulation effective → Pérennité

Un horizon de circulation plus vaste ne garantit pourtant pas qu’une œuvre traversera le temps. Il ne fait qu’ouvrir davantage de chemins possibles.

Et conserver une œuvre ne suffit peut-être pas non plus à assurer sa pérennité culturelle.

Une œuvre peut dormir pendant des décennies dans des archives. Elle existe toujours, mais personne ne la rencontre.

La conservation permet à une trace de survivre. La circulation et les rencontres lui permettent de rester vivante dans la culture.

C’est peut-être cela, la pérennité : non pas un état acquis une fois pour toutes, mais un processus. Une œuvre est retrouvée, regardée, étudiée, racontée, reproduite, transmise, puis remise en circulation.

Chaque génération reçoit ainsi des traces du passé et en transmet certaines à la suivante.

Nous aussi, nous sommes des passeurs.

La pérennité est peut-être, avant tout, une succession de rencontres humaines à travers le temps.

Schéma : Traces → Médiateurs → Horizon de circulation → Circulation effective → Pérennité.

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Pour aller plus loin

🟦 L’horizon de circulation

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🟦 L’utilisation de l’IA en art : au-delà de la création, les algorithmes qui organisent la culture mondiale


© Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

L’horizon de circulation

Comment les médiateurs transforment le parcours des œuvres, des idées et des connaissances

Sphères en perspective illustrant l'horizon de circulation des œuvres, des idées et des connaissances à travers les médiateurs de chaque époque.

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The Horizon of Circulation

Cet article est né de mes observations du Web depuis le milieu des années 1990. Voici ce que j’ai observé. Regardons cela ensemble.

Vous vous connectez à Internet. Vous effectuez une recherche. Quelques secondes plus tard, vous découvrez un texte écrit par une personne vivant à l’autre bout du monde. Il est rédigé dans une langue que vous ne comprenez pas. Une intelligence artificielle vous en propose une traduction instantanée. Vous le lisez immédiatement.

Cette scène est devenue si banale qu’elle paraît aujourd’hui naturelle. Pourtant, une telle rencontre avec la culture aurait été difficile, voire impossible, pour la plupart des êtres humains il y a seulement quelques décennies.

Une question s’impose alors : qu’est-ce qui a rendu cette rencontre possible ?

La réponse la plus évidente est Internet, les moteurs de recherche, les plateformes numériques ou, plus récemment, les intelligences artificielles. Ces technologies jouent un rôle essentiel. Chaque jour, elles rendent accessibles des milliards de publications à des millions de personnes partout dans le monde.

Mais, en observant cette évolution plus attentivement, une autre réalité apparaît.

Les moteurs de recherche, les plateformes numériques et les intelligences artificielles ne sont peut-être que les plus récents représentants d’une histoire beaucoup plus ancienne : celle des médiateurs.

Depuis toujours, les œuvres, les idées et les connaissances circulent grâce à des intermédiaires qui les transmettent, les conservent, les organisent ou les rendent accessibles. Selon les époques, ces médiateurs ont pris des formes très diverses : conteurs, scribes, copistes, imprimeurs, libraires, bibliothécaires, enseignants, critiques, journalistes, éditeurs, moteurs de recherche, plateformes numériques ou intelligences artificielles.

Les technologies changent. Les médiateurs évoluent. Pourtant, le besoin humain demeure le même : transmettre des œuvres, des idées et des connaissances à d’autres personnes.

Cette réflexion est née progressivement de mes observations du Web depuis le milieu des années 1990 et de plus de vingt ans de publication sur Internet. J’y publie des œuvres, des textes, des poèmes et des réflexions. Au fil des années, j’ai vu apparaître les moteurs de recherche, les réseaux sociaux, les plateformes numériques, puis les intelligences artificielles génératives. Chacune de ces transformations a modifié la manière dont les publications pouvaient être découvertes et circuler.

Peu à peu, une question s’est imposée.

Pourquoi certaines publications semblent-elles pouvoir parcourir le monde alors que d’autres demeurent presque invisibles, même lorsqu’elles présentent un intérêt comparable ?

Les notions de visibilité, de découvrabilité, de diffusion et de transmission permettent d’éclairer une partie de cette réalité. Plus récemment, le marketing numérique a popularisé la notion de portée (reach), qui mesure le nombre de personnes qu’une publication peut rejoindre dans un contexte donné.

Ces notions sont indispensables. Pourtant, au fil de mes observations, j’avais l’impression qu’elles ne décrivaient qu’une partie du phénomène.

Elles expliquent comment une publication devient visible, peut être trouvée ou peut rejoindre un certain nombre de personnes. En revanche, elles rendent moins bien compte d’une autre dimension : l’évolution du parcours potentiellement offert à une œuvre, à une idée ou à une connaissance selon les médiateurs disponibles à une époque donnée. C’est pourtant cette évolution qui rend possibles de nouvelles rencontres entre les publications et les êtres humains.

C’est cette observation qui m’a progressivement conduit à proposer une autre manière de regarder la circulation des publications.

J’appelle horizon de circulation l’étendue potentielle du parcours d’une œuvre, d’une idée ou d’une connaissance, telle qu’elle est rendue possible par les médiateurs d’une époque.

Les médiateurs transforment l’horizon de circulation

Si l’on regarde l’histoire de la transmission culturelle sous cet angle, une idée apparaît progressivement.

Chaque époque voit apparaître de nouveaux médiateurs qui transforment les possibilités de circulation des œuvres, des idées et des connaissances.

Pendant des millénaires, l’oralité constitue le principal moyen de transmission. Les récits, les chants, les connaissances et les traditions circulent grâce à la mémoire des individus et des communautés. L’horizon de circulation demeure alors relativement limité. Une œuvre peut traverser plusieurs générations, mais son parcours dépend entièrement des personnes qui la mémorisent et la transmettent.

L’apparition de l’écriture transforme profondément cette situation. Les idées ne dépendent plus uniquement de la mémoire humaine. Elles peuvent être inscrites sur un support, conservées et copiées. Les manuscrits permettent alors à certaines œuvres de survivre bien au-delà de leurs auteurs, même si leur diffusion demeure limitée par la lenteur du travail des copistes et par le faible nombre d’exemplaires disponibles.

L’imprimerie marque une nouvelle étape. Produire plusieurs centaines, puis plusieurs milliers d’exemplaires d’un même livre devient possible. Les libraires, les éditeurs et les bibliothèques contribuent à leur tour à élargir les possibilités de circulation. Les œuvres rejoignent désormais un public beaucoup plus vaste.

Au cours des siècles suivants, d’autres médiateurs s’ajoutent : les écoles, les universités, les critiques, les journaux, la radio, la télévision et de nombreuses institutions culturelles. Chacun participe, à sa manière, à la circulation des œuvres, des idées et des connaissances.

L’arrivée du Web ouvre ensuite une nouvelle période.

Pour la première fois dans l’histoire, une même publication peut devenir accessible presque instantanément à l’échelle mondiale. Cela ne signifie évidemment pas qu’elle sera lue partout. En revanche, les possibilités de son parcours changent radicalement.

Les moteurs de recherche, puis les plateformes numériques et, plus récemment, les intelligences artificielles, prolongent cette évolution. Ils ouvrent de nouvelles possibilités de circulation et modifient à leur tour la manière dont les œuvres, les idées et les connaissances peuvent être découvertes.

En observant cette succession de transformations, une idée s’impose peu à peu.

Chaque époque ne modifie pas seulement les moyens de transmettre. Elle transforme aussi l’étendue potentielle du parcours qu’une publication peut accomplir.

C’est pourquoi il me semble utile de parler d’horizon de circulation plutôt que simplement de diffusion.

L’image de l’horizon évoque un espace de possibilités.

À mesure que de nouveaux médiateurs apparaissent, cet espace s’élargit, se transforme et se recompose. De nouvelles voies s’ouvrent tandis que d’autres perdent progressivement de leur importance.

Les nouveaux médiateurs ne remplacent d’ailleurs pas nécessairement les précédents. L’oralité existe toujours. Les livres imprimés continuent de circuler. Les bibliothèques, les enseignants et les institutions culturelles demeurent des acteurs essentiels de la transmission.

Chaque époque ajoute ainsi de nouveaux médiateurs qui recomposent progressivement les possibilités de circulation des œuvres, des idées et des connaissances.

C’est cette évolution continue, des premières traditions orales jusqu’aux médiateurs algorithmiques contemporains, que le concept d’horizon de circulation cherche à rendre visible.

Un horizon de circulation n’est pas une garantie de diffusion

Le concept d’horizon de circulation ne cherche pas à prédire le destin d’une publication.

Il décrit simplement les possibilités qu’offrent les médiateurs d’une époque.

Pour mieux comprendre cette idée, prenons l’exemple d’un poème.

Un poème peut être récité lors d’une soirée de poésie devant une dizaine de personnes. Il peut aussi être publié dans un recueil distribué dans quelques librairies et rejoindre quelques centaines de lecteurs.

Ce même poème peut également être publié sur le Web. Il devient alors potentiellement accessible à des lecteurs situés partout dans le monde. Les moteurs de recherche peuvent l’indexer. Les plateformes peuvent le recommander. Une intelligence artificielle peut le citer, le résumer ou le proposer à un utilisateur qui n’aurait jamais rencontré son auteur autrement.

Le poème est pourtant le même.

Ce qui change, ce n’est pas l’œuvre.

Ce sont les possibilités de son parcours.

C’est précisément ce que j’appelle son horizon de circulation.

Cela ne signifie évidemment pas que le poème sera lu par des milliers de personnes. Il pourra demeurer presque invisible, malgré cet horizon beaucoup plus vaste.

L’horizon de circulation ne décrit donc pas ce qui se produira.

Il décrit ce qui devient possible.

On peut ainsi distinguer l’horizon de circulation, qui représente le parcours potentiellement rendu possible par les médiateurs d’une époque, de la circulation effective, c’est-à-dire le parcours réellement accompli par une publication.

Les deux notions sont complémentaires : l’horizon de circulation décrit un espace de possibilités, tandis que la circulation effective raconte le parcours réellement accompli par une œuvre, une idée ou une connaissance.

L’horizon de circulation ne remplace donc pas les notions de visibilité, de découvrabilité, de diffusion, de transmission ou de portée (reach).

Il propose simplement une autre manière d’observer le phénomène.

Au lieu de s’intéresser uniquement à ce qu’une publication accomplit, il invite à regarder les possibilités de parcours que les médiateurs rendent accessibles à une époque donnée.

Les médiateurs continuent d’évoluer et, avec eux, les possibilités de circulation des œuvres, des idées et des connaissances. Comprendre cette évolution permet peut-être de mieux comprendre la manière dont se transforme la culture mondiale en réseau.

Un horizon de circulation plus vaste ne garantit pas la pérennité d’une œuvre, d’une idée ou d’une connaissance. En revanche, il peut multiplier les occasions d’être retrouvée, transmise, traduite, archivée ou redécouverte au fil du temps. L’horizon de circulation n’assure donc pas la pérennité, mais il peut contribuer à créer les conditions qui la rendent possible.

Chaque publication est un fragment de l’humanité. Une trace confiée aux médiateurs
de son époque et lancée vers son horizon de circulation.


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© Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

Jusqu’où une publication peut-elle aller ?

L’horizon de circulation dans la culture mondiale

Sphères en damier noir et blanc diminuant progressivement dans un vaste espace blanc pour illustrer l'horizon de circulation des œuvres, des idées et des connaissances grâce aux médiateurs culturels.

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How Far Can a Publication Go?

Une scène de la vie quotidienne :

Vous vous connectez.
Vous faites une recherche sur un sujet qui vous intéresse.
En quelques secondes, vous trouvez un texte passionnant.
Vous le lisez.

Puis vous découvrez qu’il a été écrit par une personne vivant à l’autre bout du monde et traduit pour vous permettre de le lire.

Vous réalisez alors qu’il y a seulement quelques décennies, vous n’auriez probablement jamais eu accès à ce texte.

Qu’est-ce qui a rendu cette rencontre possible ?

Pendant des siècles, les œuvres, les idées et les connaissances ont circulé grâce à des médiateurs comme les conteurs, les copistes, les libraires, les bibliothécaires, les enseignants ou les critiques. Aujourd’hui, de nouveaux médiateurs algorithmiques — moteurs de recherche, plateformes numériques et intelligences artificielles — jouent à leur tour un rôle essentiel dans leur circulation.

Dans notre exemple, ce sont précisément ces nouveaux médiateurs qui ont rendu cette rencontre possible.

Les médiateurs rendent les rencontres possibles. Mais leur capacité à faire circuler une publication dépend aussi du mode de publication choisi.

Choisir comment publier

Prenons l’exemple d’un poète ou d’une poétesse qui souhaite diffuser un de ses poèmes.

Cette personne peut choisir de réciter son poème lors d’une soirée de poésie devant une dizaine de personnes, sans le publier.

Elle peut aussi décider de le publier dans un recueil papier distribué dans quelques librairies et rejoindre quelques centaines de lecteurs.

Ou encore, elle peut le publier en version numérique sur le Web, où il pourra être partagé, indexé par les moteurs de recherche, recommandé par des plateformes, parfois cité par des intelligences artificielles et découvert par des dizaines de milliers de lecteurs vivant partout dans le monde.

Le poème est le même.

Ce qui change, c’est l’étendue potentielle de son parcours.

C’est ce que j’appelle l’horizon de circulation.

Plusieurs façons de rendre un texte accessible coexistent. Si l’on choisit de le publier, chaque mode de publication ouvre un horizon de circulation différent. Le choix du mode de publication influence donc l’étendue potentielle de la circulation d’une œuvre, d’une idée ou d’une connaissance.

J’ai pris l’exemple d’un poème, mais le même phénomène s’applique à toute publication : une œuvre, une idée, une connaissance ou un simple témoignage.

Les médiateurs algorithmiques permettent à certaines publications d’atteindre un horizon de circulation à l’échelle de la culture mondiale.

Choisir comment publier, c’est aussi choisir jusqu’où une publication pourra potentiellement aller.


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Une question de visibilité, de découvrabilité et de rencontre

Mosaïque multilingue de la culture et traces de pas avançant dans un réseau de contenus numériques, illustrant le parcours d'une trace vers la visibilité, la découvrabilité, la rencontre humaine et la transmission.

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You Publish… But Are You Really Seen?

Je publie souvent… mais je n’ai pas toujours de lecteurs.

Depuis plus de vingt ans, je publie sur le Web des œuvres, des poèmes, des textes, des vidéos et des images. Certaines publications trouvent leurs lecteurs. D’autres demeurent presque invisibles. En cherchant à comprendre pourquoi certaines publications sont vues alors que d’autres passent presque inaperçues, je croyais réfléchir au fonctionnement du monde numérique. Je ne me doutais pas que cette question allait m’amener beaucoup plus loin.

Quand une simple question devient une réflexion

Au départ, ma réflexion était très simple.

Pourquoi certaines publications semblent-elles circuler naturellement, alors que d’autres demeurent presque invisibles malgré tout le soin apporté à leur création ?

Comme beaucoup de personnes qui publient sur le Web, j’ai d’abord cherché des réponses du côté des moteurs de recherche, des réseaux sociaux, des algorithmes et des plateformes numériques. J’ai appris à mieux référencer mes contenus, à travailler les métadonnées et à améliorer leur découvrabilité. Pourtant, malgré tous ces efforts, cette question continuait de me préoccuper. Peu à peu, trois mots sont revenus de plus en plus souvent dans mes lectures et dans mes observations : visibilité, découvrabilité et rencontre.

La visibilité permet qu’un contenu existe dans l’espace public.
La découvrabilité augmente les chances qu’il puisse être trouvé.
Mais une question demeurait.

Que se passe-t-il après ?

Qu’arrive-t-il lorsqu’un texte, une image, une photographie, une vidéo ou une idée devient effectivement visible ? Que se passe-t-il lorsqu’il peut enfin être découvert ?

Pendant longtemps, j’ai pensé que ces deux notions suffisaient à expliquer la circulation des contenus dans le monde numérique. Pourtant, quelque chose me semblait manquer. Une publication peut être visible. Elle peut même être facilement trouvée. Cela ne signifie pas nécessairement qu’elle rejoint réellement quelqu’un.

C’est alors que le troisième mot a commencé à prendre de l’importance.

La rencontre.

Au début, je l’entendais simplement comme le moment où une publication rejoint son lecteur. Une idée assez naturelle, finalement. Mais plus j’observais les parcours de mes propres publications, plus cette notion prenait de l’ampleur.

Ce que des dessins dans des cavernes m’ont appris

Puis, un jour, une image s’est imposée à moi.
Je pensais à ces dessins découverts dans des grottes restées inaccessibles pendant des siècles, parfois pendant des millénaires.
Les dessins existaient depuis toujours.
Les parois rocheuses avaient conservé leurs traces.
Pourtant, pendant tout ce temps, personne ne les regardait plus.
Puis, un jour, des explorateurs redécouvrent ces dessins.
Des archéologues les étudient.
Des chercheurs tentent d’en comprendre le sens.
Des visiteurs les contemplent avec étonnement.

Soudain, ces œuvres recommencent à faire partie de notre histoire.
C’est à ce moment que quelque chose a changé dans ma manière de voir.
Je ne regardais plus seulement le fonctionnement du monde numérique.

Je commençais à me demander si les trois mots qui revenaient sans cesse dans ma réflexion ne décrivaient pas un phénomène beaucoup plus ancien.

Les œuvres de nos ancêtres étaient là.
Elles étaient devenues de nouveau visibles.
Elles avaient été découvertes.
Puis elles avaient rencontré d’autres êtres humains.
Et cette rencontre leur permettait, des milliers d’années plus tard, de recommencer à transmettre quelque chose.

Cette idée est longtemps demeurée une intuition.

Un livre oublié pendant plus d’un demi-siècle

Puis, quelque temps plus tard, une expérience personnelle est venue confirmer cette intuition.

J’ai acheté chez un libraire de livres usagés un recueil de poésie publié plus d’un demi-siècle auparavant.

L’exemplaire était dédicacé. Quelqu’un l’avait reçu lors du lancement du livre, en 1965. Plus d’un demi-siècle plus tard, il avait quitté la bibliothèque de son propriétaire pour se retrouver sur les rayons d’une librairie de livres d’occasion.

En l’ouvrant, j’ai découvert un détail auquel je ne m’attendais pas.
Les pages étaient encore attachées, comme au jour de sa publication. Il fallait les couper dans le haut pour lire le texte. Pendant plus d’un demi-siècle, cet exemplaire était demeuré sur les rayons d’une bibliothèque personnelle sans qu’aucun lecteur n’en ouvre les pages. J’ai été le premier à le lire.

Je suis resté un moment à regarder ce livre.
Il avait traversé le temps.
Il avait changé de propriétaire.
Il avait été conservé avec soin.

Mais, pendant toutes ces années, sa lecture était demeurée en attente.
Ce n’est qu’au moment où quelqu’un en a enfin ouvert les pages que cette œuvre a recommencé à vivre.

Quelques semaines plus tard, j’ai publié sur mon site Internet des extraits de ce recueil afin de le faire découvrir à d’autres lecteurs. En partageant ces textes, je devenais à mon tour un passeur. Une œuvre demeurée silencieuse pendant plus de cinquante ans pouvait désormais rencontrer de nouveaux lecteurs et reprendre sa transmission.

À cet instant, j’ai compris que cette histoire ressemblait beaucoup à celle des œuvres rupestres auxquelles je pensais depuis quelque temps.

La transmission ne dépend pas seulement de l’existence d’une trace. Elle dépend aussi de la possibilité, un jour, d’une rencontre.

Une œuvre peut être conservée pendant des siècles.
Un livre peut demeurer intact pendant plus d’un demi-siècle.
Une publication peut rester accessible sur le Web pendant des années.
Mais, tôt ou tard, il faut qu’un autre être humain les rencontre.
C’est cette rencontre qui remet la transmission en mouvement.

Une même histoire qui traverse le temps

Je me suis alors posé une question très simple.
Et si cette histoire ne concernait pas seulement les dessins dans les cavernes ou ce livre oublié ?
Et si elle décrivait un phénomène beaucoup plus général ?

Depuis toujours, les êtres humains laissent des traces de leur passage.
Une empreinte sur une paroi rocheuse.
Un pétroglyphe.
Un manuscrit.
Une lettre.
Un livre.
Une photographie.
Une œuvre d’art.
Une archive.
Aujourd’hui, une publication sur le Web.

Les supports changent.
Les technologies évoluent.
Mais le geste demeure.

Nous cherchons toujours à transmettre quelque chose.

Une idée.
Une connaissance.
Une émotion.
Une expérience.
Une valeur.
Un souvenir.
Une part de nous-mêmes.

Pendant longtemps, j’avais considéré le monde numérique comme un univers en parallèle.
Je pense aujourd’hui qu’il constitue plutôt le prolongement d’une histoire beaucoup plus ancienne.
Les moteurs de recherche, les plateformes numériques et les intelligences artificielles ne remplacent pas ce processus de transmission.
Ils en deviennent les nouveaux médiateurs.

Une grille de lecture de la transmission

Depuis plusieurs mois, trois mots reviennent constamment dans ma réflexion.

Visibilité

Une trace doit d’abord exister dans le monde.
Elle doit pouvoir être vue.

Découvrabilité

Elle doit ensuite pouvoir être retrouvée.
Parfois immédiatement.
Parfois des siècles plus tard.

Rencontre humaine

Enfin, vient le moment où cette trace rejoint un autre être humain.
C’est à cet instant que la transmission reprend.
Une œuvre, une idée, une connaissance, une valeur, une mémoire ou un témoignage recommence à produire du sens.

Les notions de visibilité et de découvrabilité sont aujourd’hui bien connues dans les domaines des bibliothèques, des archives, de la découvrabilité culturelle et du monde numérique.

Au cours de cette réflexion, j’ai simplement eu l’impression qu’un troisième moment méritait davantage notre attention.

La rencontre humaine.

Non pas la rencontre comprise comme un indicateur d’engagement, de fidélisation ou de performance des plateformes.
Mais la rencontre d’une trace avec un être humain.
Le moment où une œuvre, une idée, une connaissance, une valeur, une mémoire ou un témoignage recommence à produire du sens.

Au fil de cette réflexion, une idée s’est progressivement imposée.

J’ai aujourd’hui le sentiment que cette grille de lecture permet d’éclairer différemment de nombreuses formes de transmission humaine.

Trace → Visibilité → Découvrabilité → Rencontre humaine → Transmission

Depuis toujours, les êtres humains laissent des traces.
Les supports changent.
Les technologies évoluent.
Les médiateurs se transforment.
Mais ce parcours demeure.

Chaque génération ajoute de nouvelles traces à celles qui l’ont précédée.
Les nôtres voyagent aujourd’hui dans les réseaux numériques.
Certaines tomberont dans l’oubli.
D’autres poursuivront leur chemin pendant des décennies, peut-être davantage.
Nous ne savons jamais lesquelles.


Mais une chose semble traverser toute l’histoire humaine.


Sans rencontre humaine, il n’y a que des traces. Avec elle, il y a transmission.

Schéma illustrant le parcours de la transmission humaine : Trace → Visibilité → Découvrabilité → Rencontre humaine → Transmission.

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© Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

Vous laissez déjà des traces dans la culture mondiale

Que restera-t-il de vous dans le futur ?

Illustration représentant la culture mondiale sous forme d'une mosaïque multilingue accompagnée du Marcheur du réseau, symbole des traces humaines, du temps et de la transmission culturelle.

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You Are Already Leaving Traces in Global Culture

Une scène de la vie quotidienne:

Je me connecte.
Je publie une photographie sur le Web.
Comme tout le monde, je regarde si quelqu’un réagit.
Un « J’aime » ?
Un commentaire ?
Un partage ?

Je me demande combien de personnes verront cette publication.

Aujourd’hui ?
Cette semaine ?
Le mois prochain ?

Puis d’autres questions apparaissent:

Dans quelques années ?
Dans quelques décennies ?

Et si cette publication devenait un jour une trace du passé ?

Au moment où je clique sur « Publier », je pense surtout au présent. Mais cette publication pourrait poursuivre son chemin bien après moi, vers des personnes que je ne connaîtrai jamais.

Depuis toujours, les êtres humains cherchent à transmettre une part d’eux-mêmes : une empreinte sur une paroi rocheuse, un pétroglyphe gravé dans la pierre, un manuscrit, un livre, une photographie, une œuvre d’art. Aujourd’hui, une publication sur le Web.

Les technologies changent.
Le besoin humain demeure.

Nous écrivons, nous créons, nous photographions, nous partageons. Le numérique n’a pas inventé ce désir de transmettre. Il est simplement devenu le nouvel espace où cette histoire de la transmission continue de s’écrire.

Toutes les traces ne traversent pas le temps. Beaucoup tomberont dans l’oubli. D’autres voyageront beaucoup plus longtemps que nous l’imaginons. Nous ne savons jamais lesquelles poursuivront leur chemin.

Chaque publication est peut-être une petite part de la mémoire du monde.

Une photographie
Un poème
Une idée
Un témoignage
Une œuvre
Une connaissance

Chaque publication ajoute peut-être un nouveau fragment à la mosaïque de la culture mondiale.

Pour poursuivre leur voyage, ces traces doivent d’abord devenir visibles. Elles doivent ensuite pouvoir être découvertes. Puis, un jour, rencontrer un autre être humain qui leur donnera un nouveau sens.

Depuis toujours, le voyage des traces humaines suit le même chemin :

Visibilité

Découvrabilité

Rencontre

Chaque génération laisse des traces. Les nôtres voyagent dans le réseau.


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Ce texte fait partie de la série Comprendre la culture d’aujourd’hui, une chronique de la culture mondiale en réseau.

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Pour aller plus loin

🟦 Les traces humaines dans la culture mondiale

🟦 Pourquoi certaines traces humaines traversent-elles le temps ?

🟦 Vous publiez… mais êtes-vous vraiment vu ?

🟦 Habiter le réseau — Une nouvelle condition humaine dans la culture mondiale

🟦 La culture mondiale comme mosaïque mouvante


© Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

Vous choisissez déjà votre culture

Construire sa propre culture, un choix à la fois

Mosaïque multilingue du mot culture, personnage devant un flux numérique de contenus et de plateformes, illustrant la construction d'une culture personnelle dans la culture mondiale en réseau.

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You Already Choose Your Culture

Une scène de la vie quotidienne:

Je me connecte…

Le Web me propose :

  • un spectacle de Led Zeppelin ;
  • une rétrospective des œuvres de Van Gogh ;
  • un documentaire sur les changements climatiques ;
  • une conférence sur l’art contemporain ;
  • une initiation à la calligraphie chinoise ;
  • une soirée de poésie.

Je ne regarderai pas tout.

Je vais choisir.

La culture mondiale en réseau a profondément transformé notre manière de découvrir les œuvres, les idées et les connaissances. En quelques clics, nous pouvons accéder à des musiques, des livres, des savoirs, des traditions et des créations provenant de presque toutes les régions du monde. Les moteurs de recherche, les plateformes numériques et les intelligences artificielles sont devenus les principaux médiateurs de nos découvertes culturelles. Ils proposent, recommandent et organisent un immense flux de contenus.

Mais ils ne choisissent pas à notre place.

La culture n’est plus seulement un héritage. Elle devient aussi une construction personnelle.

Il n’en a pas toujours été ainsi.

Lorsque j’étais adolescent, au début des années 1970, nos possibilités de découvertes culturelles étaient beaucoup plus limitées qu’aujourd’hui. Quelques chaînes de télévision, les revues, le cinéma, les spectacles musicaux, les bibliothèques et les librairies étaient nos principales portes d’entrée vers les œuvres, les idées et les connaissances.

Choisir sa culture est un processus continu. Nous ne la construisons pas en une seule journée, mais au fil des œuvres, des lectures, des découvertes et des rencontres qui marquent notre parcours.

Chaque jour, nous choisissons les œuvres que nous regardons, les livres que nous lisons, les musiques que nous écoutons, les conférences que nous suivons ou les sujets que nous approfondissons. Chacun de ces choix paraît modeste. Pourtant, leur accumulation façonne progressivement notre vision du monde, nos références et notre parcours culturel.

Les recommandations nous ouvrent parfois des portes vers des œuvres que nous n’aurions jamais découvertes autrement. Elles ne remplacent toutefois jamais la liberté de choisir le chemin que prendra notre parcours culturel.

Le principal défi culturel n’est plus d’avoir accès à la culture. Il est d’apprendre à construire consciemment son propre parcours culturel dans une offre mondiale devenue presque illimitée.

Choisir des fragments de la culture mondiale pour enrichir sa propre culture fait désormais partie de l’expérience humaine.

Scroller, c’est traverser le flux. Choisir, c’est construire sa culture.

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Pour aller plus loin

🟦 La culture mondiale comme mosaïque mouvante

🟦 Habiter le réseau — Une nouvelle condition humaine dans la culture mondiale


© Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

Vous faites déjà partie de la culture mondiale

Illustration minimaliste représentant une sphère orangée associée à un damier présentant le mot « culture » dans plusieurs langues, symbole concret de la culture mondiale en réseau et des échanges culturels entre les peuples.

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You Are Already Part of Global Culture

C’est déjà votre réalité quotidienne, même si vous n’y pensez pas toujours.

• Vous choisissez chaque jour des fragments de la culture mondiale qui vous intéressent.

• Vous construisez progressivement votre propre mosaïque culturelle.

• Vous habitez déjà ce monde interconnecté.

Le matin, vous consultez les nouvelles sur votre téléphone. Plus tard, vous écoutez de la musique, regardez une série en diffusion continue ou cherchez des informations sur un sujet qui vous intrigue. Vous échangez parfois avec des personnes vivant dans d’autres pays.

Tout cela est devenu normal.

Et pourtant, ces gestes ordinaires vous relient déjà au reste du monde.

Pour vous, la culture mondiale n’est pas une idée abstraite. Elle fait déjà partie de votre vie quotidienne.

Vous ne consommez pas toute la culture mondiale. Personne ne le fait. Vous choisissez plutôt des fragments qui vous attirent et qui finissent par composer votre propre mosaïque culturelle.

Certains s’intéressent à la photographie japonaise. D’autres découvrent des artistes sud-coréens, des écrivains africains, des films espagnols ou des traditions culinaires venues d’ailleurs.

Nous faisons tous cela à notre manière.

Je me souviens d’une scène qui me revient souvent en mémoire. En 1974, je découvre le surréalisme en regardant des diapositives projetées sur un mur dans une salle de classe. J’y vois des reproductions des peintures de Salvador Dalí. Aujourd’hui, je découvre des fragments de la culture mondiale à l’aide des moteurs de recherche et des intelligences artificielles. Les outils ont changé, mais le désir de découvrir le monde est resté le même.

En observant cette évolution depuis de nombreuses années, j’ai réalisé que la culture mondiale n’est pas un phénomène lointain ni une idée réservée aux spécialistes. Elle est déjà entrée dans notre quotidien.

Nous sommes devenus les habitants d’un immense espace culturel où chacun compose progressivement sa propre mosaïque.

Prendre conscience de cette réalité change notre regard sur le monde.

Nous ne sommes plus seulement des spectateurs. Nous participons déjà à cette culture mondiale par nos choix et nos découvertes.

Et peut-être qu’en prenant quelques instants pour l’observer, nous comprendrons un peu mieux la culture mondiale que nous construisons tous ensemble.

C’est votre monde,

c’est le mien,

et c’est celui que nous partageons déjà.

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Ce texte fait partie de la série Comprendre la culture d’aujourd’hui, une chronique de la culture mondiale en réseau.

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Pour aller plus loin

🟦 La culture mondiale comme mosaïque mouvante

🟦 Pourquoi certaines traces humaines traversent-elles le temps ?

🟦 Le marcheur du réseau — Traverser la culture mondiale à l’ère algorithmique

🟦 Habiter le réseau — Une nouvelle condition humaine dans la culture mondiale


© Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

Nous vivons déjà dans une culture mondiale en réseau

Illustration minimaliste représentant une main humaine pointant une forme abstraite évoquant les circulations du réseau, à côté d'un damier présentant le mot « culture » dans plusieurs langues, symbole de la culture mondiale en réseau.

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We Already Live in a Global Networked Culture

La culture mondiale n’est plus une idée du futur. C’est déjà notre réalité.

Écouter une chanson coréenne, regarder une série espagnole, admirer des photographies prises en Afrique ou lire un texte écrit en Chine : nous faisons tous ce genre de choses depuis longtemps.

Sans toujours nous en rendre compte, nous vivons déjà dans une culture mondiale en réseau.

La culture n’a plus véritablement de frontières depuis plusieurs décennies. Les œuvres, les idées, les récits, les musiques et les images voyagent continuellement d’un pays à l’autre et circulent à une vitesse jamais vue auparavant.

Il ne s’agit plus d’un phénomène réservé aux artistes, aux universitaires ou aux spécialistes des technologies. Monsieur et madame Tout-le-monde participent déjà à cette culture mondiale au quotidien.

Je vis moi-même dans cette culture mondiale et je voyage dans le réseau depuis de nombreuses années, un peu comme un Marcheur du réseau qui observe les transformations culturelles de son époque. En observant son évolution, j’ai réalisé que nous parlons encore souvent de la culture comme si elle était principalement locale, alors que notre expérience quotidienne est devenue profondément mondiale.

Nous découvrons des œuvres créées à l’autre bout du monde. Nous suivons des événements qui se déroulent sur d’autres continents. Nous partageons des idées avec des personnes que nous ne rencontrerons peut-être jamais.

Nous sommes déjà des habitants d’un espace culturel qui dépasse largement les frontières géographiques.

Prendre conscience de cette réalité change notre regard sur le monde.

La culture mondiale en réseau n’est pas un lieu lointain, ni une idée abstraite réservée aux spécialistes. C’est tout simplement le monde que nous habitons déjà.

Et peut-être qu’en prenant quelques instants pour l’observer, nous comprendrons un peu mieux la culture que nous partageons tous et toutes.

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Ce texte fait partie de la série Comprendre la culture d’aujourd’hui, une chronique de la culture mondiale en réseau.

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Pour aller plus loin

🟦 Le marcheur du réseau — Traverser la culture mondiale à l’ère algorithmique

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🟦 La culture mondiale comme mosaïque mouvante


© Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur