Pourquoi continuer d’écrire de la poésie dans un monde numérique ?

Nous participons à l’évolution du monde numérique

Œuvre numérique de Gilles Vallée représentant un vélo devant un escalier, dans une composition aux couleurs cyan, mauve et jaune.

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Why Continue Writing Poetry in a Digital World?

Scène de la vie quotidienne:

Vous vous connectez.
Vous écrivez dans un moteur de recherche :
« poésie sur le Web »

On vous répond :
« La poésie sur le Web transforme l’écriture traditionnelle en une expérience interactive, visuelle et sonore accessible partout. »

C’est vrai. Le numérique transforme nos manières d’écrire, de publier et de lire la poésie. L’Instapoésie, née avec les réseaux sociaux, en est un exemple.

Mais le mouvement se fait aussi dans l’autre sens.

Chaque poème que nous écrivons et publions ajoute quelques mots à cet immense espace numérique. Quelques mots seulement, mais des mots qui portent une image, une émotion, une expérience humaine, une manière de regarder le monde.

Nous ne faisons donc pas qu’habiter le monde numérique. Par ce que nous choisissons d’y publier, nous participons aussi à son évolution.

Un poème isolé peut sembler minuscule dans l’immensité du Web, mais il ne faut pas raisonner seulement à l’échelle d’un poème. Qu’il soit publié dans un livre ou sur le Web, chaque poème rejoint d’autres traces humaines qui, ensemble, participent à l’évolution de la culture mondiale.

Lorsqu’il est publié sur le Web, il entre également dans cet espace de circulation que nous construisons chaque jour.

Nous utilisons constamment les mots pour communiquer, chercher ou expliquer. La poésie nous rappelle que les mots peuvent aussi faire imaginer, ressentir et regarder autrement. Écrire de la poésie, c’est explorer cette autre possibilité du langage. Quelques mots peuvent suffire pour faire surgir une image mentale, une émotion, un souvenir ou une question.

C’est aussi pourquoi il importe de continuer d’écrire de la poésie et de la faire circuler. Le monde numérique ne doit pas devenir seulement un espace utile pour chercher de l’information, travailler, calculer ou communiquer. Il doit aussi porter les dimensions sensibles, émotives, intuitives et imaginaires de l’expérience humaine.

Continuer d’y publier de la poésie, c’est contribuer à assurer cette présence humaine dans le réseau.

Le monde numérique continuera d’évoluer. Ce que nous choisissons d’y écrire et d’y faire circuler contribuera aussi à déterminer ce qu’il deviendra. La poésie peut continuer d’en faire partie.

Nous avons la possibilité de laisser des traces poétiques dans ce monde algorithmique, alors allons-y.

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Ce texte fait partie de la série Comprendre la culture d’aujourd’hui, une chronique de la culture mondiale en réseau.

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Pour aller plus loin

🟦 Plus le monde devient numérique, plus l’humain devient important

🟦 Pourquoi avons-nous encore besoin des artistes ?

🟦 Pourquoi je continue d’écrire et de publier dans un monde saturé de technologies

🟦 L’Instapoésie : Fusion de la Poésie et du Numérique


Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

Plus le monde devient numérique, plus l’humain devient important

Sculpture représentant une figure humaine, intégrée à une composition numérique aux textures bleues, grises et rouges.

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The More Digital the World Becomes, the More Important the Human Becomes

Scène de la vie quotidienne

Vous vous connectez.
Vous cherchez sur le Web l’image d’un homme qui travaille sur une sculpture.
Parmi les résultats apparaît une vieille photographie d’un sculpteur dans son atelier.
Vous le voyez travailler la matière.
Ce moment a réellement eu lieu.

Puis vous demandez à une intelligence artificielle de générer l’image d’un homme qui travaille sur une sculpture.
Quelques secondes plus tard, une autre image apparaît.
Elle est convaincante.
Le geste semble réel.
La poussière aussi.

Pourtant, quelque chose a changé.
Dans la première image, ce moment a été vécu.
Dans la deuxième, ce moment a été simulé.

Dans la première photographie, un être humain était là. Il a touché la matière, posé un acte de création. La photographie conserve la trace de ce moment.

Ce que nous regardons n’est donc pas seulement l’image d’un homme au travail. Quelque chose de son expérience nous parvient.

Les humains se transmettent ainsi leurs expériences depuis toujours. Par les récits, les objets, les œuvres, les lettres, les photographies ou les films, nous découvrons ce que d’autres ont vu, ressenti, imaginé ou vécu.

Le numérique ne fait pas disparaître ces traces. Il peut au contraire les conserver, les faire circuler et nous permettre de les rencontrer.

Mais un nouvel environnement culturel et artistique prend de l’ampleur. Les systèmes algorithmiques peuvent aussi produire des images, des textes ou des musiques qui semblent porter la trace d’une expérience humaine sans qu’un humain ait vécu ce qu’ils représentent.

Dans cet environnement, l’ancrage dans l’expérience humaine prend une importance particulière.

Derrière une photographie, un récit, une œuvre ou un témoignage, nous pouvons rencontrer l’expérience d’un autre humain. Par la trace qu’il a laissée, quelque chose de cette expérience peut traverser le temps, circuler dans le monde numérique et nous parvenir.

Les représentations produites par les systèmes algorithmiques n’ont pas nécessairement cet ancrage humain. Elles peuvent nous émouvoir, nous surprendre ou nous faire imaginer une expérience sans pour autant être la trace d’une expérience humaine réelle.

Plus le monde devient numérique, plus l’humain devient important.

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Pour aller plus loin

🟦 Pourquoi avons-nous encore besoin des artistes ?

🟦 Pourquoi continuer de faire de l’art dans un monde numérique ?

🟦 Pourquoi certaines traces humaines traversent-elles le temps ?

🟦 Pourquoi continuer d’écrire de la poésie dans un monde numérique ?

🟦 ART NUMÉRIQUE HUMANISTE : UNE PHILOSOPHIE DE L’HUMAIN À L’ÈRE TECHNOLOGIQUE


© Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

Qui fabriquera la reconnaissance culturelle et artistique demain ?

Les passeurs de culture

Deux sphères en damier noir et blanc ponctuées de carrés colorés, évoquant la circulation et la diversité culturelle.

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Who Will Shape Cultural and Artistic Recognition Tomorrow?

Vous vous connectez.
Vous demandez à un moteur de recherche de vous nommer des artistes reconnus mondialement.
Un aperçu généré par intelligence artificielle vous propose plusieurs noms, répartis par domaines artistiques.

Mais qui a décidé que ces artistes étaient reconnus ?

Pendant longtemps, cette reconnaissance a été largement construite et transmise par différents médiateurs : musées, galeries, critiques, commissaires, éditeurs, universités, médias et autres institutions culturelles.

Peinture, sculpture, littérature, poésie, musique, théâtre, cinéma : parmi toutes les créations proposées, certaines ont été reconnues et transmises par ces passeurs. En les conservant, en les publiant, en les exposant, en les interprétant ou en les étudiant, ils ont aussi participé à leur pérennité.

Aujourd’hui, d’autres passeurs se sont ajoutés : moteurs de recherche, plateformes, systèmes de recommandation et intelligences artificielles. Sans remplacer les institutions, ils participent à un nouvel écosystème de reconnaissance.

Une création peut aujourd’hui être peu présente dans les institutions et pourtant être rencontrée par des millions de personnes dans la culture mondiale en réseau. Elle peut être recherchée, partagée, citée et continuellement remise en circulation.

Cela suffit-il pour parler de reconnaissance ?

Pas nécessairement. Une création peut devenir virale sur le Web puis disparaître. Popularité, circulation, reconnaissance et pérennité ne sont pas la même chose.

La durée peut cependant avoir un impact. Si une création continue d’être rencontrée, transmise et redécouverte pendant des années, sa circulation peut contribuer à sa reconnaissance et à sa pérennité.

Ce phénomène n’est pas nouveau. De Léonard de Vinci à Van Gogh, de Baudelaire à Rimbaud, des œuvres traversent encore le temps parce que des générations de passeurs les ont conservées, étudiées, publiées, exposées ou transmises.

Et derrière cette circulation, il n’y a pas seulement des algorithmes. Il y a aussi des personnes. Leurs recherches, publications, liens, citations et rencontres laissent des traces que les nouveaux médiateurs peuvent à leur tour organiser et proposer. Les moteurs de recherche et les IA peuvent proposer une création. Mais sans rencontre humaine, il n’y aura personne pour la reconnaître, la transmettre et contribuer à sa pérennité.

Demain, institutions, publics et nouveaux passeurs participeront probablement ensemble à la reconnaissance culturelle et artistique.

Les passeurs peuvent changer.
Les technologies peuvent changer.
Mais une culture ne reste vivante que si des humains continuent de la partager.

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Pour aller plus loin

🟦Pourquoi avons-nous encore besoin des artistes ?

🟦Pourquoi certaines traces humaines traversent-elles le temps ?

🟦L’horizon de circulation

🟦L’utilisation de l’IA en art : au-delà de la création, les algorithmes qui organisent la culture mondiale


© Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

Pourquoi certaines traces humaines traversent-elles le temps ?

Œuvres, idées et connaissances : les passeurs de la pérennité culturelle

Deux tournesols dans un vase, l’un jaune inspiré de Van Gogh et l’autre transformé en damier noir et blanc.

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Why Do Some Human Traces Endure Through Time?

Une scène de la vie quotidienne :

Vous vous connectez.
Vous faites une recherche.
On vous propose une peinture de Vincent van Gogh.

Vous rencontrez une œuvre réalisée il y a plus d’un siècle, sans être allé dans un musée et sans avoir vu l’original.

Mais cette histoire ne concerne pas seulement la peinture.

Un poème, un roman, une chanson, un film, une photographie, une idée ou une connaissance peuvent eux aussi traverser les générations.

Comment arrivent-ils jusqu’à nous ?

Et pourquoi certaines de ces traces humaines continuent-elles de circuler, alors que d’autres disparaissent ?

L’histoire de Van Gogh nous donne une piste.

Van Gogh a laissé des peintures, des dessins, des lettres. Des traces.

Son frère Théo l’a soutenu et a contribué à préserver ces traces. Après la mort des deux frères, Johanna van Gogh-Bonger, veuve de Théo, a joué un rôle déterminant pour conserver, exposer et faire connaître l’œuvre de Vincent.

Puis d’autres ont pris le relais.

Des collectionneurs, des marchands, des musées, des chercheurs, des enseignants, des éditeurs. Plus tard, des photographes, des cinéastes, la télévision. Puis Internet, les moteurs de recherche, les plateformes et aujourd’hui les intelligences artificielles.

Tous sont devenus, à leur manière, des médiateurs.

Des passeurs.

Ils ont permis aux traces laissées par Van Gogh de poursuivre leur voyage et de rencontrer de nouvelles personnes, génération après génération.

Le cheminement se résume ainsi :

Traces → Médiateurs → Horizon de circulation → Circulation effective → Pérennité

Un horizon de circulation plus vaste ne garantit pourtant pas qu’une œuvre traversera le temps. Il ne fait qu’ouvrir davantage de chemins possibles.

Et conserver une œuvre ne suffit peut-être pas non plus à assurer sa pérennité culturelle.

Une œuvre peut dormir pendant des décennies dans des archives. Elle existe toujours, mais personne ne la rencontre.

La conservation permet à une trace de survivre. La circulation et les rencontres lui permettent de rester vivante dans la culture.

C’est peut-être cela, la pérennité : non pas un état acquis une fois pour toutes, mais un processus. Une œuvre est retrouvée, regardée, étudiée, racontée, reproduite, transmise, puis remise en circulation.

Chaque génération reçoit ainsi des traces du passé et en transmet certaines à la suivante.

Nous aussi, nous sommes des passeurs.

La pérennité est peut-être, avant tout, une succession de rencontres humaines à travers le temps.

Schéma : Traces → Médiateurs → Horizon de circulation → Circulation effective → Pérennité.

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Pour aller plus loin

🟦 Pourquoi avons-nous encore besoin des artistes ?

🟦 Plus le monde devient numérique, plus l’humain devient important

🟦 L’horizon de circulation

🟦 Qui fabriquera la reconnaissance culturelle et artistique demain ?

🟦 L’utilisation de l’IA en art : au-delà de la création, les algorithmes qui organisent la culture mondiale


© Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

Jusqu’où une publication peut-elle aller ?

L’horizon de circulation dans la culture mondiale

Sphères en damier noir et blanc diminuant progressivement dans un vaste espace blanc pour illustrer l'horizon de circulation des œuvres, des idées et des connaissances grâce aux médiateurs culturels.

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How Far Can a Publication Go?

Une scène de la vie quotidienne :

Vous vous connectez.
Vous faites une recherche sur un sujet qui vous intéresse.
En quelques secondes, vous trouvez un texte passionnant.
Vous le lisez.

Puis vous découvrez qu’il a été écrit par une personne vivant à l’autre bout du monde et traduit pour vous permettre de le lire.

Vous réalisez alors qu’il y a seulement quelques décennies, vous n’auriez probablement jamais eu accès à ce texte.

Qu’est-ce qui a rendu cette rencontre possible ?

Pendant des siècles, les œuvres, les idées et les connaissances ont circulé grâce à des médiateurs comme les conteurs, les copistes, les libraires, les bibliothécaires, les enseignants ou les critiques. Aujourd’hui, de nouveaux médiateurs algorithmiques — moteurs de recherche, plateformes numériques et intelligences artificielles — jouent à leur tour un rôle essentiel dans leur circulation.

Dans notre exemple, ce sont précisément ces nouveaux médiateurs qui ont rendu cette rencontre possible.

Les médiateurs rendent les rencontres possibles. Mais leur capacité à faire circuler une publication dépend aussi du mode de publication choisi.

Choisir comment publier

Prenons l’exemple d’un poète ou d’une poétesse qui souhaite diffuser un de ses poèmes.

Cette personne peut choisir de réciter son poème lors d’une soirée de poésie devant une dizaine de personnes, sans le publier.

Elle peut aussi décider de le publier dans un recueil papier distribué dans quelques librairies et rejoindre quelques centaines de lecteurs.

Ou encore, elle peut le publier en version numérique sur le Web, où il pourra être partagé, indexé par les moteurs de recherche, recommandé par des plateformes, parfois cité par des intelligences artificielles et découvert par des dizaines de milliers de lecteurs vivant partout dans le monde.

Le poème est le même.

Ce qui change, c’est l’étendue potentielle de son parcours.

C’est ce que j’appelle l’horizon de circulation.

Plusieurs façons de rendre un texte accessible coexistent. Si l’on choisit de le publier, chaque mode de publication ouvre un horizon de circulation différent. Le choix du mode de publication influence donc l’étendue potentielle de la circulation d’une œuvre, d’une idée ou d’une connaissance.

J’ai pris l’exemple d’un poème, mais le même phénomène s’applique à toute publication : une œuvre, une idée, une connaissance ou un simple témoignage.

Les médiateurs algorithmiques permettent à certaines publications d’atteindre un horizon de circulation à l’échelle de la culture mondiale.

Choisir comment publier, c’est aussi choisir jusqu’où une publication pourra potentiellement aller.


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Pour aller plus loin

🟦 Vous utilisez déjà l’intelligence artificielle

🟦 Qui fabriquera la reconnaissance culturelle et artistique demain ?

🟦 Vous publiez… mais êtes-vous vraiment vu ?

🟦 L’horizon de circulation

🟦 L’utilisation de l’IA en art : au-delà de la création, les algorithmes qui organisent la culture mondiale

🟦 La culture mondiale comme mosaïque mouvante

🟦 Pourquoi certaines traces humaines traversent-elles le temps ?


© Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

Vous utilisez déjà l’intelligence artificielle

Le vrai impact de l’IA en art et en culture

Cube noir et blanc évoquant la circulation de la culture dans les réseaux numériques, avec la silhouette d'un observateur intégrée à la composition. Illustration du micro-essai « Vous utilisez déjà l'intelligence artificielle ».

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You Already Use Artificial Intelligence

Une scène de la vie quotidienne :

Vous vous connectez.

Vous cherchez quelque chose à lire. Vous posez une question à un moteur de recherche. Une plateforme vous recommande un film. Une intelligence artificielle vous propose de nouvelles découvertes culturelles.

Quelques secondes plus tard, vous avez l’impression d’avoir simplement trouvé ce que vous cherchiez.

Pourtant, il s’est passé quelque chose d’important…

Vous venez de rencontrer la culture d’une manière bien différente de celle de vos parents ou de vos grands-parents.

Depuis toujours, nous découvrons la culture et la connaissance grâce à des médiateurs : une bibliothèque, un libraire, un enseignant, un critique… ou tout simplement un ami.

Comme beaucoup de lecteurs de ma génération, j’ai longtemps découvert la culture uniquement grâce à des médiateurs humains.

Aujourd’hui, de nouveaux médiateurs s’ajoutent à cette longue histoire… et ils ne sont pas humains.

Qui nous guide désormais dans nos découvertes culturelles ?

La culture mondiale est maintenant un flux en circulation permanente.

Les œuvres, les livres, les films, les articles et les idées ne circulent plus seulement grâce aux bibliothèques, aux libraires, aux critiques et aux institutions.

Ils traversent désormais un immense réseau où les moteurs de recherche, les plateformes numériques et les intelligences artificielles participent eux aussi à leur circulation.

En réalité, nous sommes déjà accompagnés par de nouveaux médiateurs qui organisent discrètement une partie de nos rencontres avec la culture depuis maintenant quelques décennies.

Que nous en soyons conscients ou non, nous utilisons déjà l’intelligence artificielle lorsque nous faisons une recherche sur Internet, lorsque nous regardons une vidéo sur YouTube, lorsqu’une plateforme nous recommande un film, une chanson, un livre ou un article, ou encore lorsque les réseaux sociaux organisent ce qui apparaît dans nos fils d’actualité.

Le plus grand impact de l’intelligence artificielle n’est pas de créer des images, des textes ou de la musique. Il réside dans son rôle de médiateur, en participant à nos découvertes culturelles et à la circulation des œuvres, des idées et des connaissances.

Les médiateurs changent. De plus en plus, ils prennent la forme de moteurs de recherche, de plateformes numériques et d’intelligences artificielles.

Notre besoin de découvrir, de partager et de transmettre la culture, lui, demeure humain.


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Ce texte fait partie de la série Comprendre la culture d’aujourd’hui, une chronique de la culture mondiale en réseau.

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Pour aller plus loin

🟦 Tout le monde utilise l’IA

🟦 Jusqu’où une publication peut-elle aller ?

🟦 Qui fabriquera la reconnaissance culturelle et artistique demain ?

🟦 L’utilisation de l’IA en art : au-delà de la création, les algorithmes qui organisent la culture mondiale

🟦 Vous choisissez déjà votre culture

🟦 Vous publiez… mais êtes-vous vraiment vu ?

🟦 La culture mondiale comme mosaïque mouvante

🟦 Comprendre la culture d’aujourd’hui – Voir tous les Micro-essais


© Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

Publier ne suffit plus. Encore faut-il pouvoir être vu.

Le chemin qui mène de la visibilité à la rencontre

Mosaïque multilingue du mot culture, jeune femme avançant dans un flux numérique de contenus et de plateformes, illustrant la visibilité, la découvrabilité et les rencontres dans la culture mondiale en réseau.

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Publishing Is Not Enough. You Also Need the Chance to Be Seen.

Une scène de la vie quotidienne:

Je me connecte…

Je publie une photo.

Un texte.

Une vidéo.

Une réflexion.

Parfois, ce que je publie est rapidement vu et partagé.

Parfois, cela semble disparaître presque aussitôt.

Pourtant, ces contenus existent toujours.

Aujourd’hui, des milliards de publications circulent dans les réseaux numériques. Jamais autant de personnes n’ont pu partager aussi facilement leurs idées, leurs connaissances, leurs expériences, leurs créations ou leurs découvertes. Publier est devenu un geste quotidien.

Mais publier ne suffit plus.

Encore faut-il pouvoir être vu.

Dans mon cas, je publie des contenus artistiques et des textes de réflexion sur le Web depuis une vingtaine d’années. Certains rencontrent rapidement leur public. D’autres semblent rejoindre les limbes numériques. Cette expérience n’a rien d’exceptionnel. Aujourd’hui, chacun peut constater que certaines publications circulent largement, tandis que d’autres demeurent presque invisibles.

Au fond, cette démarche est profondément humaine. Publier, communiquer, espérer être vu, être découvert et rencontrer un public font naturellement partie de toute transmission culturelle.

Depuis toujours, les êtres humains cherchent à transmettre des idées, des connaissances, des expériences ou des créations. La transmission est l’un des grands fils conducteurs de l’histoire humaine. Le numérique n’a pas créé cette aspiration. Il en est simplement devenu un nouveau chapitre.

Dans un monde où chacun peut publier, la visibilité devient un véritable enjeu culturel. Sans visibilité, les idées, les connaissances et les créations risquent de ne jamais rencontrer les personnes qui pourraient leur donner une nouvelle vie.

Ce qui a changé avec le numérique, ce sont les chemins qu’emprunte cette transmission. Les moteurs de recherche, les plateformes numériques et les intelligences artificielles sont devenus de nouveaux médiateurs entre les contenus et les personnes qui pourront les découvrir. Aujourd’hui, cette capacité à permettre qu’un contenu soit trouvé dans l’immensité du réseau porte un nom : la découvrabilité.

Au fond, la visibilité n’est pas une fin en soi. Être vu ne prend véritablement son sens que lorsqu’une idée trouve un esprit curieux, lorsqu’une connaissance rejoint quelqu’un qui la cherchait, lorsqu’un texte, une image ou une musique rencontrent une personne qui leur donnera une nouvelle vie par la lecture, l’écoute, la réflexion ou le partage.

La visibilité permet d’être vu.

La découvrabilité permet d’être trouvé.

La rencontre est la finalité.

C’est toujours dans les rencontres que la culture continue de vivre.


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Pour aller plus loin

🟦 Vous publiez… mais êtes-vous vraiment vu ?

🟦 La culture mondiale comme mosaïque mouvante

🟦 Habiter le réseau — Une nouvelle condition humaine dans la culture mondiale


© Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

Vous choisissez déjà votre culture

Construire sa propre culture, un choix à la fois

Mosaïque multilingue du mot culture, personnage devant un flux numérique de contenus et de plateformes, illustrant la construction d'une culture personnelle dans la culture mondiale en réseau.

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You Already Choose Your Culture

Une scène de la vie quotidienne:

Je me connecte…

Le Web me propose :

  • un spectacle de Led Zeppelin ;
  • une rétrospective des œuvres de Van Gogh ;
  • un documentaire sur les changements climatiques ;
  • une conférence sur l’art contemporain ;
  • une initiation à la calligraphie chinoise ;
  • une soirée de poésie.

Je ne regarderai pas tout.

Je vais choisir.

La culture mondiale en réseau a profondément transformé notre manière de découvrir les œuvres, les idées et les connaissances. En quelques clics, nous pouvons accéder à des musiques, des livres, des savoirs, des traditions et des créations provenant de presque toutes les régions du monde. Les moteurs de recherche, les plateformes numériques et les intelligences artificielles sont devenus les principaux médiateurs de nos découvertes culturelles. Ils proposent, recommandent et organisent un immense flux de contenus.

Mais ils ne choisissent pas à notre place.

La culture n’est plus seulement un héritage. Elle devient aussi une construction personnelle.

Il n’en a pas toujours été ainsi.

Lorsque j’étais adolescent, au début des années 1970, nos possibilités de découvertes culturelles étaient beaucoup plus limitées qu’aujourd’hui. Quelques chaînes de télévision, les revues, le cinéma, les spectacles musicaux, les bibliothèques et les librairies étaient nos principales portes d’entrée vers les œuvres, les idées et les connaissances.

Choisir sa culture est un processus continu. Nous ne la construisons pas en une seule journée, mais au fil des œuvres, des lectures, des découvertes et des rencontres qui marquent notre parcours.

Chaque jour, nous choisissons les œuvres que nous regardons, les livres que nous lisons, les musiques que nous écoutons, les conférences que nous suivons ou les sujets que nous approfondissons. Chacun de ces choix paraît modeste. Pourtant, leur accumulation façonne progressivement notre vision du monde, nos références et notre parcours culturel.

Les recommandations nous ouvrent parfois des portes vers des œuvres que nous n’aurions jamais découvertes autrement. Elles ne remplacent toutefois jamais la liberté de choisir le chemin que prendra notre parcours culturel.

Le principal défi culturel n’est plus d’avoir accès à la culture. Il est d’apprendre à construire consciemment son propre parcours culturel dans une offre mondiale devenue presque illimitée.

Choisir des fragments de la culture mondiale pour enrichir sa propre culture fait désormais partie de l’expérience humaine.

Scroller, c’est traverser le flux. Choisir, c’est construire sa culture.

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Pour aller plus loin

🟦 La culture mondiale comme mosaïque mouvante

🟦 Habiter le réseau — Une nouvelle condition humaine dans la culture mondiale


© Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

Vous faites déjà partie de la culture mondiale

Illustration minimaliste représentant une sphère orangée associée à un damier présentant le mot « culture » dans plusieurs langues, symbole concret de la culture mondiale en réseau et des échanges culturels entre les peuples.

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You Are Already Part of Global Culture

C’est déjà votre réalité quotidienne, même si vous n’y pensez pas toujours.

• Vous choisissez chaque jour des fragments de la culture mondiale qui vous intéressent.

• Vous construisez progressivement votre propre mosaïque culturelle.

• Vous habitez déjà ce monde interconnecté.

Le matin, vous consultez les nouvelles sur votre téléphone. Plus tard, vous écoutez de la musique, regardez une série en diffusion continue ou cherchez des informations sur un sujet qui vous intrigue. Vous échangez parfois avec des personnes vivant dans d’autres pays.

Tout cela est devenu normal.

Et pourtant, ces gestes ordinaires vous relient déjà au reste du monde.

Pour vous, la culture mondiale n’est pas une idée abstraite. Elle fait déjà partie de votre vie quotidienne.

Vous ne consommez pas toute la culture mondiale. Personne ne le fait. Vous choisissez plutôt des fragments qui vous attirent et qui finissent par composer votre propre mosaïque culturelle.

Certains s’intéressent à la photographie japonaise. D’autres découvrent des artistes sud-coréens, des écrivains africains, des films espagnols ou des traditions culinaires venues d’ailleurs.

Nous faisons tous cela à notre manière.

Je me souviens d’une scène qui me revient souvent en mémoire. En 1974, je découvre le surréalisme en regardant des diapositives projetées sur un mur dans une salle de classe. J’y vois des reproductions des peintures de Salvador Dalí. Aujourd’hui, je découvre des fragments de la culture mondiale à l’aide des moteurs de recherche et des intelligences artificielles. Les outils ont changé, mais le désir de découvrir le monde est resté le même.

En observant cette évolution depuis de nombreuses années, j’ai réalisé que la culture mondiale n’est pas un phénomène lointain ni une idée réservée aux spécialistes. Elle est déjà entrée dans notre quotidien.

Nous sommes devenus les habitants d’un immense espace culturel où chacun compose progressivement sa propre mosaïque.

Prendre conscience de cette réalité change notre regard sur le monde.

Nous ne sommes plus seulement des spectateurs. Nous participons déjà à cette culture mondiale par nos choix et nos découvertes.

Et peut-être qu’en prenant quelques instants pour l’observer, nous comprendrons un peu mieux la culture mondiale que nous construisons tous ensemble.

C’est votre monde,

c’est le mien,

et c’est celui que nous partageons déjà.

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Pour aller plus loin

🟦 La culture mondiale comme mosaïque mouvante

🟦 Pourquoi certaines traces humaines traversent-elles le temps ?

🟦 Le marcheur du réseau — Traverser la culture mondiale à l’ère algorithmique

🟦 Habiter le réseau — Une nouvelle condition humaine dans la culture mondiale


© Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

Nous vivons déjà dans une culture mondiale en réseau

Illustration minimaliste représentant une main humaine pointant une forme abstraite évoquant les circulations du réseau, à côté d'un damier présentant le mot « culture » dans plusieurs langues, symbole de la culture mondiale en réseau.

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We Already Live in a Global Networked Culture

La culture mondiale n’est plus une idée du futur. C’est déjà notre réalité.

Écouter une chanson coréenne, regarder une série espagnole, admirer des photographies prises en Afrique ou lire un texte écrit en Chine : nous faisons tous ce genre de choses depuis longtemps.

Sans toujours nous en rendre compte, nous vivons déjà dans une culture mondiale en réseau.

La culture n’a plus véritablement de frontières depuis plusieurs décennies. Les œuvres, les idées, les récits, les musiques et les images voyagent continuellement d’un pays à l’autre et circulent à une vitesse jamais vue auparavant.

Il ne s’agit plus d’un phénomène réservé aux artistes, aux universitaires ou aux spécialistes des technologies. Monsieur et madame Tout-le-monde participent déjà à cette culture mondiale au quotidien.

Je vis moi-même dans cette culture mondiale et je voyage dans le réseau depuis de nombreuses années, un peu comme un Marcheur du réseau qui observe les transformations culturelles de son époque. En observant son évolution, j’ai réalisé que nous parlons encore souvent de la culture comme si elle était principalement locale, alors que notre expérience quotidienne est devenue profondément mondiale.

Nous découvrons des œuvres créées à l’autre bout du monde. Nous suivons des événements qui se déroulent sur d’autres continents. Nous partageons des idées avec des personnes que nous ne rencontrerons peut-être jamais.

Nous sommes déjà des habitants d’un espace culturel qui dépasse largement les frontières géographiques.

Prendre conscience de cette réalité change notre regard sur le monde.

La culture mondiale en réseau n’est pas un lieu lointain, ni une idée abstraite réservée aux spécialistes. C’est tout simplement le monde que nous habitons déjà.

Et peut-être qu’en prenant quelques instants pour l’observer, nous comprendrons un peu mieux la culture que nous partageons tous et toutes.

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🟦 Le marcheur du réseau — Traverser la culture mondiale à l’ère algorithmique

🟦 Habiter le réseau — Une nouvelle condition humaine dans la culture mondiale

🟦 La culture mondiale comme mosaïque mouvante


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