Qui fabriquera la reconnaissance culturelle et artistique demain ?

Les passeurs de culture

Deux sphères en damier noir et blanc ponctuées de carrés colorés, évoquant la circulation et la diversité culturelle.

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Who Will Shape Cultural and Artistic Recognition Tomorrow?

Vous vous connectez.
Vous demandez à un moteur de recherche de vous nommer des artistes reconnus mondialement.
Un aperçu généré par intelligence artificielle vous propose plusieurs noms, répartis par domaines artistiques.

Mais qui a décidé que ces artistes étaient reconnus ?

Pendant longtemps, cette reconnaissance a été largement construite et transmise par différents médiateurs : musées, galeries, critiques, commissaires, éditeurs, universités, médias et autres institutions culturelles.

Peinture, sculpture, littérature, poésie, musique, théâtre, cinéma : parmi toutes les créations proposées, certaines ont été reconnues et transmises par ces passeurs. En les conservant, en les publiant, en les exposant, en les interprétant ou en les étudiant, ils ont aussi participé à leur pérennité.

Aujourd’hui, d’autres passeurs se sont ajoutés : moteurs de recherche, plateformes, systèmes de recommandation et intelligences artificielles. Sans remplacer les institutions, ils participent à un nouvel écosystème de reconnaissance.

Une création peut aujourd’hui être peu présente dans les institutions et pourtant être rencontrée par des millions de personnes dans la culture mondiale en réseau. Elle peut être recherchée, partagée, citée et continuellement remise en circulation.

Cela suffit-il pour parler de reconnaissance ?

Pas nécessairement. Une création peut devenir virale sur le Web puis disparaître. Popularité, circulation, reconnaissance et pérennité ne sont pas la même chose.

La durée peut cependant avoir un impact. Si une création continue d’être rencontrée, transmise et redécouverte pendant des années, sa circulation peut contribuer à sa reconnaissance et à sa pérennité.

Ce phénomène n’est pas nouveau. De Léonard de Vinci à Van Gogh, de Baudelaire à Rimbaud, des œuvres traversent encore le temps parce que des générations de passeurs les ont conservées, étudiées, publiées, exposées ou transmises.

Et derrière cette circulation, il n’y a pas seulement des algorithmes. Il y a aussi des personnes. Leurs recherches, publications, liens, citations et rencontres laissent des traces que les nouveaux médiateurs peuvent à leur tour organiser et proposer. Les moteurs de recherche et les IA peuvent proposer une création. Mais sans rencontre humaine, il n’y aura personne pour la reconnaître, la transmettre et contribuer à sa pérennité.

Demain, institutions, publics et nouveaux passeurs participeront probablement ensemble à la reconnaissance culturelle et artistique.

Les passeurs peuvent changer.
Les technologies peuvent changer.
Mais une culture ne reste vivante que si des humains continuent de la partager.

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Ce texte fait partie de la série Comprendre la culture d’aujourd’hui, une chronique de la culture mondiale en réseau.

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Pour aller plus loin

🟦Pourquoi certaines traces humaines traversent-elles le temps ?

🟦L’horizon de circulation

🟦L’utilisation de l’IA en art : au-delà de la création, les algorithmes qui organisent la culture mondiale


© Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

Pourquoi certaines traces humaines traversent-elles le temps ?

Œuvres, idées et connaissances : les passeurs de la pérennité culturelle

Deux tournesols dans un vase, l’un jaune inspiré de Van Gogh et l’autre transformé en damier noir et blanc.

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Why Do Some Human Traces Endure Through Time?

Une scène de la vie quotidienne :

Vous vous connectez.
Vous faites une recherche.
On vous propose une peinture de Vincent van Gogh.

Vous rencontrez une œuvre réalisée il y a plus d’un siècle, sans être allé dans un musée et sans avoir vu l’original.

Mais cette histoire ne concerne pas seulement la peinture.

Un poème, un roman, une chanson, un film, une photographie, une idée ou une connaissance peuvent eux aussi traverser les générations.

Comment arrivent-ils jusqu’à nous ?

Et pourquoi certaines de ces traces humaines continuent-elles de circuler, alors que d’autres disparaissent ?

L’histoire de Van Gogh nous donne une piste.

Van Gogh a laissé des peintures, des dessins, des lettres. Des traces.

Son frère Théo l’a soutenu et a contribué à préserver ces traces. Après la mort des deux frères, Johanna van Gogh-Bonger, veuve de Théo, a joué un rôle déterminant pour conserver, exposer et faire connaître l’œuvre de Vincent.

Puis d’autres ont pris le relais.

Des collectionneurs, des marchands, des musées, des chercheurs, des enseignants, des éditeurs. Plus tard, des photographes, des cinéastes, la télévision. Puis Internet, les moteurs de recherche, les plateformes et aujourd’hui les intelligences artificielles.

Tous sont devenus, à leur manière, des médiateurs.

Des passeurs.

Ils ont permis aux traces laissées par Van Gogh de poursuivre leur voyage et de rencontrer de nouvelles personnes, génération après génération.

Le cheminement se résume ainsi :

Traces → Médiateurs → Horizon de circulation → Circulation effective → Pérennité

Un horizon de circulation plus vaste ne garantit pourtant pas qu’une œuvre traversera le temps. Il ne fait qu’ouvrir davantage de chemins possibles.

Et conserver une œuvre ne suffit peut-être pas non plus à assurer sa pérennité culturelle.

Une œuvre peut dormir pendant des décennies dans des archives. Elle existe toujours, mais personne ne la rencontre.

La conservation permet à une trace de survivre. La circulation et les rencontres lui permettent de rester vivante dans la culture.

C’est peut-être cela, la pérennité : non pas un état acquis une fois pour toutes, mais un processus. Une œuvre est retrouvée, regardée, étudiée, racontée, reproduite, transmise, puis remise en circulation.

Chaque génération reçoit ainsi des traces du passé et en transmet certaines à la suivante.

Nous aussi, nous sommes des passeurs.

La pérennité est peut-être, avant tout, une succession de rencontres humaines à travers le temps.

Schéma : Traces → Médiateurs → Horizon de circulation → Circulation effective → Pérennité.

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© Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur