Plus le monde devient numérique, plus l’humain devient important

Sculpture représentant une figure humaine, intégrée à une composition numérique aux textures bleues, grises et rouges.

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The More Digital the World Becomes, the More Important the Human Becomes

Scène de la vie quotidienne

Vous vous connectez.
Vous cherchez sur le Web l’image d’un homme qui travaille sur une sculpture.
Parmi les résultats apparaît une vieille photographie d’un sculpteur dans son atelier.
Vous le voyez travailler la matière.
Ce moment a réellement eu lieu.

Puis vous demandez à une intelligence artificielle de générer l’image d’un homme qui travaille sur une sculpture.
Quelques secondes plus tard, une autre image apparaît.
Elle est convaincante.
Le geste semble réel.
La poussière aussi.

Pourtant, quelque chose a changé.
Dans la première image, ce moment a été vécu.
Dans la deuxième, ce moment a été simulé.

Dans la première photographie, un être humain était là. Il a touché la matière, posé un acte de création. La photographie conserve la trace de ce moment.

Ce que nous regardons n’est donc pas seulement l’image d’un homme au travail. Quelque chose de son expérience nous parvient.

Les humains se transmettent ainsi leurs expériences depuis toujours. Par les récits, les objets, les œuvres, les lettres, les photographies ou les films, nous découvrons ce que d’autres ont vu, ressenti, imaginé ou vécu.

Le numérique ne fait pas disparaître ces traces. Il peut au contraire les conserver, les faire circuler et nous permettre de les rencontrer.

Mais un nouvel environnement culturel et artistique prend de l’ampleur. Les systèmes algorithmiques peuvent aussi produire des images, des textes ou des musiques qui semblent porter la trace d’une expérience humaine sans qu’un humain ait vécu ce qu’ils représentent.

Dans cet environnement, l’ancrage dans l’expérience humaine prend une importance particulière.

Derrière une photographie, un récit, une œuvre ou un témoignage, nous pouvons rencontrer l’expérience d’un autre humain. Par la trace qu’il a laissée, quelque chose de cette expérience peut traverser le temps, circuler dans le monde numérique et nous parvenir.

Les représentations produites par les systèmes algorithmiques n’ont pas nécessairement cet ancrage humain. Elles peuvent nous émouvoir, nous surprendre ou nous faire imaginer une expérience sans pour autant être la trace d’une expérience humaine réelle.

Plus le monde devient numérique, plus l’humain devient important.

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Ce texte fait partie de la série Comprendre la culture d’aujourd’hui, une chronique de la culture mondiale en réseau.

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Pour aller plus loin

🟦 Pourquoi avons-nous encore besoin des artistes ?

🟦 Pourquoi continuer de faire de l’art dans un monde numérique ?

🟦 Pourquoi certaines traces humaines traversent-elles le temps ?

🟦 Pourquoi continuer d’écrire de la poésie dans un monde numérique ?

🟦 ART NUMÉRIQUE HUMANISTE : UNE PHILOSOPHIE DE L’HUMAIN À L’ÈRE TECHNOLOGIQUE


© Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

Qui fabriquera la reconnaissance culturelle et artistique demain ?

Les passeurs de culture

Deux sphères en damier noir et blanc ponctuées de carrés colorés, évoquant la circulation et la diversité culturelle.

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Who Will Shape Cultural and Artistic Recognition Tomorrow?

Vous vous connectez.
Vous demandez à un moteur de recherche de vous nommer des artistes reconnus mondialement.
Un aperçu généré par intelligence artificielle vous propose plusieurs noms, répartis par domaines artistiques.

Mais qui a décidé que ces artistes étaient reconnus ?

Pendant longtemps, cette reconnaissance a été largement construite et transmise par différents médiateurs : musées, galeries, critiques, commissaires, éditeurs, universités, médias et autres institutions culturelles.

Peinture, sculpture, littérature, poésie, musique, théâtre, cinéma : parmi toutes les créations proposées, certaines ont été reconnues et transmises par ces passeurs. En les conservant, en les publiant, en les exposant, en les interprétant ou en les étudiant, ils ont aussi participé à leur pérennité.

Aujourd’hui, d’autres passeurs se sont ajoutés : moteurs de recherche, plateformes, systèmes de recommandation et intelligences artificielles. Sans remplacer les institutions, ils participent à un nouvel écosystème de reconnaissance.

Une création peut aujourd’hui être peu présente dans les institutions et pourtant être rencontrée par des millions de personnes dans la culture mondiale en réseau. Elle peut être recherchée, partagée, citée et continuellement remise en circulation.

Cela suffit-il pour parler de reconnaissance ?

Pas nécessairement. Une création peut devenir virale sur le Web puis disparaître. Popularité, circulation, reconnaissance et pérennité ne sont pas la même chose.

La durée peut cependant avoir un impact. Si une création continue d’être rencontrée, transmise et redécouverte pendant des années, sa circulation peut contribuer à sa reconnaissance et à sa pérennité.

Ce phénomène n’est pas nouveau. De Léonard de Vinci à Van Gogh, de Baudelaire à Rimbaud, des œuvres traversent encore le temps parce que des générations de passeurs les ont conservées, étudiées, publiées, exposées ou transmises.

Et derrière cette circulation, il n’y a pas seulement des algorithmes. Il y a aussi des personnes. Leurs recherches, publications, liens, citations et rencontres laissent des traces que les nouveaux médiateurs peuvent à leur tour organiser et proposer. Les moteurs de recherche et les IA peuvent proposer une création. Mais sans rencontre humaine, il n’y aura personne pour la reconnaître, la transmettre et contribuer à sa pérennité.

Demain, institutions, publics et nouveaux passeurs participeront probablement ensemble à la reconnaissance culturelle et artistique.

Les passeurs peuvent changer.
Les technologies peuvent changer.
Mais une culture ne reste vivante que si des humains continuent de la partager.

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Pour aller plus loin

🟦Pourquoi avons-nous encore besoin des artistes ?

🟦Pourquoi certaines traces humaines traversent-elles le temps ?

🟦L’horizon de circulation

🟦L’utilisation de l’IA en art : au-delà de la création, les algorithmes qui organisent la culture mondiale


© Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

Pourquoi certaines traces humaines traversent-elles le temps ?

Œuvres, idées et connaissances : les passeurs de la pérennité culturelle

Deux tournesols dans un vase, l’un jaune inspiré de Van Gogh et l’autre transformé en damier noir et blanc.

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Why Do Some Human Traces Endure Through Time?

Une scène de la vie quotidienne :

Vous vous connectez.
Vous faites une recherche.
On vous propose une peinture de Vincent van Gogh.

Vous rencontrez une œuvre réalisée il y a plus d’un siècle, sans être allé dans un musée et sans avoir vu l’original.

Mais cette histoire ne concerne pas seulement la peinture.

Un poème, un roman, une chanson, un film, une photographie, une idée ou une connaissance peuvent eux aussi traverser les générations.

Comment arrivent-ils jusqu’à nous ?

Et pourquoi certaines de ces traces humaines continuent-elles de circuler, alors que d’autres disparaissent ?

L’histoire de Van Gogh nous donne une piste.

Van Gogh a laissé des peintures, des dessins, des lettres. Des traces.

Son frère Théo l’a soutenu et a contribué à préserver ces traces. Après la mort des deux frères, Johanna van Gogh-Bonger, veuve de Théo, a joué un rôle déterminant pour conserver, exposer et faire connaître l’œuvre de Vincent.

Puis d’autres ont pris le relais.

Des collectionneurs, des marchands, des musées, des chercheurs, des enseignants, des éditeurs. Plus tard, des photographes, des cinéastes, la télévision. Puis Internet, les moteurs de recherche, les plateformes et aujourd’hui les intelligences artificielles.

Tous sont devenus, à leur manière, des médiateurs.

Des passeurs.

Ils ont permis aux traces laissées par Van Gogh de poursuivre leur voyage et de rencontrer de nouvelles personnes, génération après génération.

Le cheminement se résume ainsi :

Traces → Médiateurs → Horizon de circulation → Circulation effective → Pérennité

Un horizon de circulation plus vaste ne garantit pourtant pas qu’une œuvre traversera le temps. Il ne fait qu’ouvrir davantage de chemins possibles.

Et conserver une œuvre ne suffit peut-être pas non plus à assurer sa pérennité culturelle.

Une œuvre peut dormir pendant des décennies dans des archives. Elle existe toujours, mais personne ne la rencontre.

La conservation permet à une trace de survivre. La circulation et les rencontres lui permettent de rester vivante dans la culture.

C’est peut-être cela, la pérennité : non pas un état acquis une fois pour toutes, mais un processus. Une œuvre est retrouvée, regardée, étudiée, racontée, reproduite, transmise, puis remise en circulation.

Chaque génération reçoit ainsi des traces du passé et en transmet certaines à la suivante.

Nous aussi, nous sommes des passeurs.

La pérennité est peut-être, avant tout, une succession de rencontres humaines à travers le temps.

Schéma : Traces → Médiateurs → Horizon de circulation → Circulation effective → Pérennité.

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Pour aller plus loin

🟦 Pourquoi avons-nous encore besoin des artistes ?

🟦 Plus le monde devient numérique, plus l’humain devient important

🟦 L’horizon de circulation

🟦 Qui fabriquera la reconnaissance culturelle et artistique demain ?

🟦 L’utilisation de l’IA en art : au-delà de la création, les algorithmes qui organisent la culture mondiale


© Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

Jusqu’où une publication peut-elle aller ?

L’horizon de circulation dans la culture mondiale

Sphères en damier noir et blanc diminuant progressivement dans un vaste espace blanc pour illustrer l'horizon de circulation des œuvres, des idées et des connaissances grâce aux médiateurs culturels.

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How Far Can a Publication Go?

Une scène de la vie quotidienne :

Vous vous connectez.
Vous faites une recherche sur un sujet qui vous intéresse.
En quelques secondes, vous trouvez un texte passionnant.
Vous le lisez.

Puis vous découvrez qu’il a été écrit par une personne vivant à l’autre bout du monde et traduit pour vous permettre de le lire.

Vous réalisez alors qu’il y a seulement quelques décennies, vous n’auriez probablement jamais eu accès à ce texte.

Qu’est-ce qui a rendu cette rencontre possible ?

Pendant des siècles, les œuvres, les idées et les connaissances ont circulé grâce à des médiateurs comme les conteurs, les copistes, les libraires, les bibliothécaires, les enseignants ou les critiques. Aujourd’hui, de nouveaux médiateurs algorithmiques — moteurs de recherche, plateformes numériques et intelligences artificielles — jouent à leur tour un rôle essentiel dans leur circulation.

Dans notre exemple, ce sont précisément ces nouveaux médiateurs qui ont rendu cette rencontre possible.

Les médiateurs rendent les rencontres possibles. Mais leur capacité à faire circuler une publication dépend aussi du mode de publication choisi.

Choisir comment publier

Prenons l’exemple d’un poète ou d’une poétesse qui souhaite diffuser un de ses poèmes.

Cette personne peut choisir de réciter son poème lors d’une soirée de poésie devant une dizaine de personnes, sans le publier.

Elle peut aussi décider de le publier dans un recueil papier distribué dans quelques librairies et rejoindre quelques centaines de lecteurs.

Ou encore, elle peut le publier en version numérique sur le Web, où il pourra être partagé, indexé par les moteurs de recherche, recommandé par des plateformes, parfois cité par des intelligences artificielles et découvert par des dizaines de milliers de lecteurs vivant partout dans le monde.

Le poème est le même.

Ce qui change, c’est l’étendue potentielle de son parcours.

C’est ce que j’appelle l’horizon de circulation.

Plusieurs façons de rendre un texte accessible coexistent. Si l’on choisit de le publier, chaque mode de publication ouvre un horizon de circulation différent. Le choix du mode de publication influence donc l’étendue potentielle de la circulation d’une œuvre, d’une idée ou d’une connaissance.

J’ai pris l’exemple d’un poème, mais le même phénomène s’applique à toute publication : une œuvre, une idée, une connaissance ou un simple témoignage.

Les médiateurs algorithmiques permettent à certaines publications d’atteindre un horizon de circulation à l’échelle de la culture mondiale.

Choisir comment publier, c’est aussi choisir jusqu’où une publication pourra potentiellement aller.


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Pour aller plus loin

🟦 Vous utilisez déjà l’intelligence artificielle

🟦 Qui fabriquera la reconnaissance culturelle et artistique demain ?

🟦 Vous publiez… mais êtes-vous vraiment vu ?

🟦 L’horizon de circulation

🟦 L’utilisation de l’IA en art : au-delà de la création, les algorithmes qui organisent la culture mondiale

🟦 La culture mondiale comme mosaïque mouvante

🟦 Pourquoi certaines traces humaines traversent-elles le temps ?


© Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

Vous utilisez déjà l’intelligence artificielle

Le vrai impact de l’IA en art et en culture

Cube noir et blanc évoquant la circulation de la culture dans les réseaux numériques, avec la silhouette d'un observateur intégrée à la composition. Illustration du micro-essai « Vous utilisez déjà l'intelligence artificielle ».

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You Already Use Artificial Intelligence

Une scène de la vie quotidienne :

Vous vous connectez.

Vous cherchez quelque chose à lire. Vous posez une question à un moteur de recherche. Une plateforme vous recommande un film. Une intelligence artificielle vous propose de nouvelles découvertes culturelles.

Quelques secondes plus tard, vous avez l’impression d’avoir simplement trouvé ce que vous cherchiez.

Pourtant, il s’est passé quelque chose d’important…

Vous venez de rencontrer la culture d’une manière bien différente de celle de vos parents ou de vos grands-parents.

Depuis toujours, nous découvrons la culture et la connaissance grâce à des médiateurs : une bibliothèque, un libraire, un enseignant, un critique… ou tout simplement un ami.

Comme beaucoup de lecteurs de ma génération, j’ai longtemps découvert la culture uniquement grâce à des médiateurs humains.

Aujourd’hui, de nouveaux médiateurs s’ajoutent à cette longue histoire… et ils ne sont pas humains.

Qui nous guide désormais dans nos découvertes culturelles ?

La culture mondiale est maintenant un flux en circulation permanente.

Les œuvres, les livres, les films, les articles et les idées ne circulent plus seulement grâce aux bibliothèques, aux libraires, aux critiques et aux institutions.

Ils traversent désormais un immense réseau où les moteurs de recherche, les plateformes numériques et les intelligences artificielles participent eux aussi à leur circulation.

En réalité, nous sommes déjà accompagnés par de nouveaux médiateurs qui organisent discrètement une partie de nos rencontres avec la culture depuis maintenant quelques décennies.

Que nous en soyons conscients ou non, nous utilisons déjà l’intelligence artificielle lorsque nous faisons une recherche sur Internet, lorsque nous regardons une vidéo sur YouTube, lorsqu’une plateforme nous recommande un film, une chanson, un livre ou un article, ou encore lorsque les réseaux sociaux organisent ce qui apparaît dans nos fils d’actualité.

Le plus grand impact de l’intelligence artificielle n’est pas de créer des images, des textes ou de la musique. Il réside dans son rôle de médiateur, en participant à nos découvertes culturelles et à la circulation des œuvres, des idées et des connaissances.

Les médiateurs changent. De plus en plus, ils prennent la forme de moteurs de recherche, de plateformes numériques et d’intelligences artificielles.

Notre besoin de découvrir, de partager et de transmettre la culture, lui, demeure humain.


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Pour aller plus loin

🟦 Tout le monde utilise l’IA

🟦 Jusqu’où une publication peut-elle aller ?

🟦 Qui fabriquera la reconnaissance culturelle et artistique demain ?

🟦 L’utilisation de l’IA en art : au-delà de la création, les algorithmes qui organisent la culture mondiale

🟦 Vous choisissez déjà votre culture

🟦 Vous publiez… mais êtes-vous vraiment vu ?

🟦 La culture mondiale comme mosaïque mouvante

🟦 Comprendre la culture d’aujourd’hui – Voir tous les Micro-essais


© Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

Vous choisissez déjà votre culture

Construire sa propre culture, un choix à la fois

Mosaïque multilingue du mot culture, personnage devant un flux numérique de contenus et de plateformes, illustrant la construction d'une culture personnelle dans la culture mondiale en réseau.

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You Already Choose Your Culture

Une scène de la vie quotidienne:

Je me connecte…

Le Web me propose :

  • un spectacle de Led Zeppelin ;
  • une rétrospective des œuvres de Van Gogh ;
  • un documentaire sur les changements climatiques ;
  • une conférence sur l’art contemporain ;
  • une initiation à la calligraphie chinoise ;
  • une soirée de poésie.

Je ne regarderai pas tout.

Je vais choisir.

La culture mondiale en réseau a profondément transformé notre manière de découvrir les œuvres, les idées et les connaissances. En quelques clics, nous pouvons accéder à des musiques, des livres, des savoirs, des traditions et des créations provenant de presque toutes les régions du monde. Les moteurs de recherche, les plateformes numériques et les intelligences artificielles sont devenus les principaux médiateurs de nos découvertes culturelles. Ils proposent, recommandent et organisent un immense flux de contenus.

Mais ils ne choisissent pas à notre place.

La culture n’est plus seulement un héritage. Elle devient aussi une construction personnelle.

Il n’en a pas toujours été ainsi.

Lorsque j’étais adolescent, au début des années 1970, nos possibilités de découvertes culturelles étaient beaucoup plus limitées qu’aujourd’hui. Quelques chaînes de télévision, les revues, le cinéma, les spectacles musicaux, les bibliothèques et les librairies étaient nos principales portes d’entrée vers les œuvres, les idées et les connaissances.

Choisir sa culture est un processus continu. Nous ne la construisons pas en une seule journée, mais au fil des œuvres, des lectures, des découvertes et des rencontres qui marquent notre parcours.

Chaque jour, nous choisissons les œuvres que nous regardons, les livres que nous lisons, les musiques que nous écoutons, les conférences que nous suivons ou les sujets que nous approfondissons. Chacun de ces choix paraît modeste. Pourtant, leur accumulation façonne progressivement notre vision du monde, nos références et notre parcours culturel.

Les recommandations nous ouvrent parfois des portes vers des œuvres que nous n’aurions jamais découvertes autrement. Elles ne remplacent toutefois jamais la liberté de choisir le chemin que prendra notre parcours culturel.

Le principal défi culturel n’est plus d’avoir accès à la culture. Il est d’apprendre à construire consciemment son propre parcours culturel dans une offre mondiale devenue presque illimitée.

Choisir des fragments de la culture mondiale pour enrichir sa propre culture fait désormais partie de l’expérience humaine.

Scroller, c’est traverser le flux. Choisir, c’est construire sa culture.

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Ce texte fait partie de la série Comprendre la culture d’aujourd’hui, une chronique de la culture mondiale en réseau.

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Pour aller plus loin

🟦 La culture mondiale comme mosaïque mouvante

🟦 Habiter le réseau — Une nouvelle condition humaine dans la culture mondiale


© Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

L’utilisation de l’IA en art : au-delà de la création, les algorithmes qui organisent la culture mondiale

De l’IA générative à l’IA comme infrastructure artistique et culturelle mondiale

🟦 Read this article in English:
The Use of AI in Art: Beyond Creation, the Algorithms That Organize Global Culture

🔹 Explorer le corpus théorique de l’art numérique humaniste
🟦 Art numérique humaniste — Corpus théorique et développements

Croquis à l’encre évoquant la relation entre l’IA et l’art, symbole d’une approche humaine et culturelle de l’intelligence artificielle.

Lorsqu’on parle aujourd’hui de l’utilisation de l’intelligence artificielle en art, le débat se concentre presque exclusivement sur les outils de création.
On évoque l’IA comme génératrice d’images, de musique, de textes ou de vidéos, comme assistante créative, comme prolongement technique de l’imaginaire humain. Les discussions portent sur les prompts, l’esthétique, l’originalité, les droits d’auteur ou l’authenticité des œuvres produites.

Ces approches sont légitimes. Elles interrogent des enjeux réels et nécessaires.

👉 Mais elles laissent de côté un aspect fondamental de l’impact réel de l’IA sur l’art et la culture : la circulation.


Version vidéo de cette réflexion sur l’utilisation de l’IA en art :

La vidéo approfondit cette réflexion sur l’utilisation de l’IA en art et sur le rôle des algorithmes dans l’organisation de la culture contemporaine.


Ce dont on parle quand on parle d’IA en art

Dans le débat public, l’IA est principalement abordée comme un outil de production.
L’attention se porte sur :

  • la génération d’images, de musiques, de textes et de vidéos,
  • la collaboration humain–machine,
  • l’automatisation de certaines tâches créatives,
  • les questions d’auteur et de droits,
  • la valeur artistique des œuvres produites.

Cette focalisation sur la création est compréhensible. Elle touche à l’identité même de l’artiste et à ce que nous considérons comme un geste créatif.
Cependant, elle occulte un phénomène plus discret, mais bien plus structurant à long terme.


L’éléphant dans la pièce : la circulation de l’art

Aujourd’hui, les œuvres ne circulent plus principalement par les galeries, les musées ou les institutions culturelles.
Elles circulent à travers des :

  • moteurs de recherche,
  • plateformes sociales,
  • bases de données,
  • systèmes de recommandation,
  • intelligences artificielles conversationnelles.

Ces systèmes ne se contentent pas de diffuser les œuvres : ils organisent leur visibilité, leur hiérarchisation, leur contextualisation et leur archivage.
Autrement dit, ils structurent la manière dont l’art circule à l’échelle mondiale.


Une circulation mondiale, automatisée et sélective

La circulation contemporaine de l’art est désormais :

  • mondiale, car elle traverse instantanément les frontières,
  • automatisée, car elle repose sur des systèmes algorithmiques,
  • sélective, car toutes les œuvres ne bénéficient pas des mêmes conditions de visibilité.

Cette circulation n’est ni neutre ni toujours équitable.
Certaines œuvres accèdent à une exposition massive, tandis que d’autres demeurent marginalisées ou invisibles, indépendamment de leur valeur artistique.

Et paradoxalement, les artistes eux-mêmes ont souvent peu de contrôle — et peu de compréhension — sur ces mécanismes.
Ils ne savent pas réellement comment les algorithmes fonctionnent, ne comprennent pas toujours pourquoi une œuvre circule ou non, ne perçoivent pas ce qui déclenche la visibilité ou l’invisibilité, et avancent souvent à l’aveugle dans ces systèmes automatisés.


Une infrastructure culturelle à l’échelle planétaire

L’IA ne se limite donc pas à produire des œuvres.
Elle agit comme une infrastructure culturelle mondiale.

Elle organise :

  • ce qui est rendu visible,
  • ce qui est mis en relation,
  • ce qui est indexé,
  • ce qui est mémorisé,
  • et, par conséquent, ce qui risque d’être oublié.

Cette circulation mondiale de l’art, façonnée par l’IA, pose ainsi des enjeux majeurs de diversité culturelle et de représentation qui dépassent largement les frontières nationales.

Cette circulation algorithmique concerne aujourd’hui toutes les régions du monde.
Qu’il s’agisse de l’Inde, de la Chine, de l’Afrique, de l’Amérique, de l’Europe ou de l’Australie, les œuvres, les images, les récits et les formes culturelles entrent dans les mêmes infrastructures numériques de diffusion, de recommandation et d’indexation.


Au-delà de l’art : une organisation de la culture

Ce phénomène ne concerne pas uniquement l’art contemporain.
Il touche plus largement l’ensemble des productions culturelles — images, textes, récits, savoirs, archives, mémoires collectives — qui circulent aujourd’hui dans les infrastructures numériques.

L’intelligence artificielle participe ainsi à l’organisation de la culture elle-même, bien au-delà du champ artistique, en influençant ce qui est rendu accessible, visible, contextualisé ou transmis à l’échelle mondiale.


Médiation culturelle et formation du regard

L’IA agit désormais comme une forme de médiation culturelle automatisée, devenant de fait un médiateur algorithmique.
Là où des médiateurs humains — critiques, institutions, enseignants, programmateurs — jouaient traditionnellement un rôle central, les systèmes algorithmiques orientent aujourd’hui l’accès aux œuvres, aux références et aux récits culturels, souvent de manière invisible et non explicitée.

En organisant ce qui est rendu visible et accessible, ces systèmes participent également à la formation du regard culturel contemporain.
Ils influencent progressivement ce que nous apprenons à reconnaître comme pertinent, légitime ou digne d’attention, façonnant ainsi les sensibilités, les références et les imaginaires collectifs.


Un phénomène plus ancien qu’on ne le croit

Il est frappant de constater que le débat sur l’IA en art s’est intensifié avec l’arrivée des intelligences artificielles conversationnelles et des générateurs d’images, de musique et de vidéos.

Pourtant, les algorithmes organisent la circulation de l’art et de la culture depuis bien plus longtemps.
Les moteurs de recherche, les plateformes sociales et les systèmes de recommandation influencent la visibilité des œuvres depuis les années 1990, bien avant l’essor des IA dites « génératives ».

J’utilise le web depuis le milieu des années 1990. À cette époque, les artistes s’interrogeaient déjà sur la manière d’exister en ligne : créer des galeries virtuelles, diffuser des images d’œuvres, explorer de nouvelles formes de visibilité et de circulation.

Bien avant les réseaux sociaux et l’IA générative, le web posait déjà la question centrale de la diffusion de l’art hors des cadres traditionnels. Les algorithmes actuels ne surgissent pas de nulle part : ils prolongent et automatisent des logiques de circulation que le web a amorcées il y a plus de trente ans.

Ce que nous observons aujourd’hui n’est donc pas une rupture soudaine, mais l’aboutissement d’un processus de longue durée, désormais rendu plus visible et plus conscient.


L’IA comme organisatrice de la visibilité et de la mémoire culturelle

En organisant la circulation des œuvres et des contenus culturels, l’IA agit également sur la mémoire collective.
Elle influence ce qui est documenté, archivé, cité, recommandé et transmis.

Cette réalité transforme en profondeur la manière dont l’art est perçu, reconnu, transmis et conservé au XXIᵉ siècle, souvent en dehors des cadres traditionnels que sont les galeries et les institutions culturelles.

La mémoire de l’art et de la culture se constitue désormais à travers des infrastructures techniques largement invisibles, mais déterminantes.


Une responsabilité nouvelle pour les artistes

Dans ce contexte, le rôle de l’artiste évolue.

L’artiste n’est plus seulement créateur de formes — objets, textes ou concepts — mais aussi :

  • acteur de la circulation,
  • témoin des mécanismes algorithmiques,
  • responsable de la manière dont son travail entre dans le réseau mondial.

Publier, relier, indexer, documenter, observer la circulation des œuvres devient un acte artistique en soi.

Cette responsabilité ne relève pas uniquement des institutions, des plateformes ou des cadres juridiques.
Elle se joue aussi, au quotidien, dans les choix de publication, de contextualisation et de circulation effectués par les créateurs eux-mêmes, souvent sans en mesurer immédiatement les effets à long terme sur la mémoire culturelle collective.


Une pratique consciente : l’art numérique humaniste

À travers ce que je définis comme une démarche d’art numérique humaniste, je crée, publie et observe des formes artistiques — visuelles, textuelles ou conceptuelles — en tenant compte du fait qu’elles entrent immédiatement dans des systèmes algorithmiques de diffusion, d’indexation et d’interprétation.

Ces œuvres ne sont pas pensées comme des objets isolés, mais comme des présences qui circulent, se transforment et s’inscrivent dans une mémoire numérique partagée.

Dans cette perspective, l’enjeu n’est pas seulement ce que l’IA permet de produire, mais comment elle façonne la circulation de l’expérience humaine dans le monde numérique.


Au-delà de la création

Parler de l’utilisation de l’IA en art uniquement en termes de création revient à regarder les œuvres sans regarder les réseaux qui les portent.

L’impact le plus profond de l’IA ne réside peut-être pas dans ce qu’elle génère, mais dans la manière dont elle organise silencieusement la circulation mondiale de l’art et de la culture.


Tant que l’art et la culture parleront de l’humanité,
l’humain restera au cœur du monde numérique.


Pour situer cette réflexion sur l’IA dans le corpus de l’art numérique humaniste :

🟦 Vous utilisez déjà l’intelligence artificielle

🟦 Jusqu’où une publication peut-elle aller ?

🟦 Art numérique humaniste — Corpus théorique et développements
Point d’entrée central vers l’ensemble des textes fondateurs et développements conceptuels.

🟦 De l’art numérique humaniste à l’œuvre-site algorithmique
Synthèse des principaux concepts du corpus et ouverture vers la culture algorithmique mondiale contemporaine.

🟦 ART NUMÉRIQUE HUMANISTE : UNE PHILOSOPHIE DE L’HUMAIN À L’ÈRE TECHNOLOGIQUE
Approfondissement philosophique de la place de l’humain dans l’écosystème technologique.

🟦 De l’art numérique humaniste à un projet d’art médiatique algorithmique
Extension stratégique vers une pratique pensée pour les systèmes algorithmiques.

🟦 La performance algorithmique en continu
Conceptualisation de l’œuvre comme processus vivant inscrit dans le flux algorithmique mondial.

🟦 Art numérique humaniste — Une performance artistique en cours
Mise en acte concrète de cette réflexion dans le réseau.

🟦 Œuvre-site algorithmique — Habiter le réseau comme espace artistique
Réflexion sur le site web comme forme d’œuvre contemporaine dans l’environnement post-digital.

🟦 L’art numérique humaniste — Être artiste sans scène, sans institution, mais pas sans public
Réflexion sur la condition artistique à l’ère des infrastructures numériques.

🟦 Le marcheur du réseau — Traverser la culture mondiale à l’ère algorithmique

🟦 Tout le monde utilise l’IA — Art, culture et vie quotidienne dans un monde en réseau

🟦 Habiter le réseau — Une nouvelle condition humaine dans la culture mondiale

🌍Pensons culture

Je vous invite à découvrir la série Comprendre la culture d’aujourd’hui, une série de micro-essais consacrés à l’expérience humaine, à la culture contemporaine et au monde en réseau.

→ Voir la série Comprendre la culture d’aujourd’hui


Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

Une œuvre-site algorithmique en évolution

Art, culture et humanité à l’ère algorithmique de l’intelligence artificielle

Notes prospectives pour penser l’avenir de l’art et de la culture

🟦 Lire cet article en anglais :
Art, Culture, and Humanity in the Algorithmic Age of Artificial Intelligence

🔹 Explorer le corpus théorique de l’art numérique humaniste
🟦 Art numérique humaniste — Corpus théorique et développements

Œuvre d’art numérique montrant un autoportrait fragmenté avec des horloges symbolisant le temps, la mémoire et l’humain à l’ère algorithmique.

Introduction — Penser l’avenir sans oublier l’humain

Nous vivons une période de bascule. Les technologies numériques, le web et désormais l’intelligence artificielle transforment en profondeur la manière dont l’art est créé, diffusé, perçu et transmis. Face à ces transformations, les discours oscillent souvent entre fascination technologique et peur de la déshumanisation.

Pour ma part, je ne crois ni à la disparition de l’art, ni à son remplacement par des machines. Je crois plutôt que nous sommes appelés à repenser nos responsabilités humaines dans un monde où la diffusion de la culture devient de plus en plus algorithmique.

Avant de formuler des prévisions sur l’avenir, il me semble essentiel de rappeler une chose simple, mais fondamentale : l’art n’est jamais une abstraction. Il agit sur des vies humaines réelles.

L’expérience humaine comme fondement de toute réflexion sur l’avenir

Il y a une vingtaine d’années, je présentais à deux femmes une sculpture, un bas-relief que j’avais réalisé sur le thème de la souffrance. L’une d’elles est devenue silencieuse, profondément pensive. Des larmes ont commencé à couler. Elle m’a confié que l’œuvre avait fait remonter des souvenirs d’attouchements sexuels subis durant son enfance. C’était la première fois que je prenais pleinement conscience que mon travail pouvait provoquer des réactions émotionnelles que je n’avais ni anticipées ni contrôlées.

Quelques années plus tard, lors d’une exposition solo de mes sculptures dans un centre d’artistes, j’ai vu une femme pleurer devant une œuvre intitulée Le silence du malade. La sculpture montrait un personnage souffrant, la bouche recouverte d’un tissu, comme un bâillon. Elle m’a demandé si j’étais l’auteur de cette œuvre. Lorsque j’ai répondu oui, elle a éclaté en sanglots. Elle m’a confié qu’elle souffrait d’un cancer, qu’il lui restait peu de temps à vivre, et que cette sculpture exprimait exactement son état intérieur.

Un autre moment marquant de ma pratique a eu lieu lors de la réalisation d’une œuvre pour le jardin de sculptures de l’Institut Douglas, à Montréal, sur le thème de la maladie d’Alzheimer. Pour ce projet, j’ai travaillé avec un ami sculpteur et soudeur dont les deux parents sont morts de cette maladie. J’ai aussi eu la collaboration d’une amie écrivaine pour écrire un petit texte sur une plaque qui accompagnait la sculpture. Nous avons annoncé dans des médias que lors de l’inauguration de la sculpture, nous offrions la possibilité de mettre à l’intérieur d’une partie de l’œuvre un souvenir d’une personne décédée de la maladie ou qui la vivait à ce moment.

À ma grande surprise, des dizaines de personnes sont venues déposer des choses : des souvenirs, des bijoux, des lettres. L’une d’elles a même déposé une petite quantité des cendres de sa mère, enfermées dans un simple tube de plastique scellé. Ces traces humaines sont désormais scellées dans l’œuvre, pour des décennies, peut-être davantage.

Ces expériences montrent la capacité de l’art à toucher l’humain.

Mais il m’arrive aussi de recevoir des réactions à la suite de la publication sur le web de poèmes ou d’images numériques. Une expérience récente est liée à mon travail en art numérique humaniste. J’ai publié des poèmes sur le deuil et sur la mort, dont certains ont été intégrés à des vidéos courtes. L’une de ces vidéos propose simplement le micro-poème suivant : Les larmes de deuil sont lourdes ; elles pèsent le poids de l’absence.

La vidéo montre une image numérique et dure vingt-et-une secondes. YouTube propose souvent cette vidéo à des personnes effectuant des recherches liées au deuil. Une personne a écrit dans la section des commentaires : « Dors en paix, Mère. » Dans le cyberespace, l’algorithme de YouTube a guidé une personne en deuil et lui a offert un espace pour s’exprimer.

Une affirmation essentielle

Ces expériences, très différentes les unes des autres, convergent vers une conviction profonde : peu importe le médium et le mode de diffusion, l’art doit continuer de susciter des émotions en parlant de l’expérience humaine, même — et surtout — dans un monde algorithmique.

L’intelligence artificielle comme prolongement de l’intelligence humaine

Il ne faut pas oublier que c’est l’humain qui a créé l’intelligence artificielle en se basant sur le fonctionnement de l’intelligence humaine. Il ne s’agit pas d’un ennemi, mais d’un prolongement de l’humain. C’est à ce dernier qu’il revient de déterminer comment travailler avec elle.

Il y a eu de grandes inventions dans l’histoire. L’invention de l’imprimerie a eu un effet majeur sur le développement et la transmission du savoir. Par la suite, d’autres inventions sont venues amplifier ce phénomène : la radio, la photographie, le cinéma, la télévision, l’informatique avec les ordinateurs personnels, le téléphone mobile. La création d’Internet a eu l’effet d’une explosion mondiale.

Aujourd’hui, nous assistons au déploiement de l’intelligence artificielle. La connaissance, le savoir et la diffusion culturelle entrent dans une nouvelle phase de transformation. La responsabilité demeure humaine.

Préambule aux prévisions

Les prévisions qui suivent ne relèvent pas de la science-fiction ni de la spéculation abstraite. Elles s’appuient sur des tendances déjà à l’œuvre dans la diffusion de l’art, de la culture et du savoir à l’ère algorithmique. Il s’agit ici d’extrapoler le présent afin de mieux comprendre les responsabilités humaines qui se dessinent pour l’avenir.

Dix prévisions pour penser l’avenir de l’art et de la culture

  1. Les intelligences artificielles deviendront des médiateurs culturels majeurs, capables de contextualiser, d’expliquer et de rendre accessibles les œuvres artistiques à un public élargi.

  2. Les moteurs de recherche et les systèmes d’IA deviendront les principaux diffuseurs de l’art et de la culture, transformant profondément les circuits traditionnels de visibilité.

  3. La réussite artistique se jouera de plus en plus dans l’espace algorithmique, où la reconnaissance passera par la cohérence, la lisibilité et la portée humaine des œuvres.

  4. Les artistes porteront une responsabilité accrue quant à ce qu’ils diffusent sur le web, puisque leurs œuvres participent à façonner l’expérience humaine dans un environnement algorithmique.

  5. L’art deviendra profondément international et déterritorialisé, circulant à l’échelle mondiale sans déplacement physique.

  6. Les barrières linguistiques s’estomperont progressivement grâce à la médiation algorithmique, permettant une circulation translinguistique des œuvres et des idées.

  7. La poésie retrouvera une place sociale et politique, sa force reposant sur sa capacité à humaniser, témoigner et parler de l’expérience humaine dans un monde numérique.

  8. Les formes littéraires évolueront vers des écritures numériques, diffusées, traduites et contextualisées par les intelligences artificielles.

  9. Les artistes devront inventer des formes de collaboration éthiques avec les IA, pensées comme des partenaires de travail, et non comme des substituts à la création humaine.

  10. Malgré la transformation des médiums et des modes de diffusion, la création humaine demeurera centrale, car l’expérience vécue, la sensibilité et la mémoire humaine ne peuvent être réduites à une automatisation.

Conclusion

Dans ce contexte, l’art numérique humaniste peut être compris comme la formulation consciente et contemporaine de l’art humaniste à l’ère algorithmique, où la technologie demeure un médium au service de l’expérience humaine, de la mémoire et de la dignité.

Dans ce contexte, l’atelier de l’artiste ne se limite plus à un espace physique ou numérique. Il s’étend désormais au réseau lui-même, où les œuvres circulent, se transforment et agissent parfois comme de véritables performances algorithmiques.

Le numérique n’est pas le sujet : l’humain l’est.

Pour situer cette réflexion prospective dans le corpus de l’art numérique humaniste

🟦 Pourquoi continuer de faire de l’art dans un monde numérique ?

🟦 Art numérique humaniste — Corpus théorique et développements
Point d’entrée central vers l’ensemble des textes fondateurs et développements conceptuels.

🟦 De l’art numérique humaniste à l’œuvre-site algorithmique
Synthèse des principaux concepts du corpus et ouverture vers la culture algorithmique mondiale contemporaine.

🟦 Manifeste de l’art numérique humaniste
Fondements éthiques et philosophiques de la démarche.

🟦 Art numérique humaniste — Clarifier une pensée en mouvement
Hiérarchie des concepts : philosophie, démarche, atelier et performance.

🟦 De l’atelier physique à l’atelier algorithmique
Évolution du lieu de création vers le réseau.

🟦 La performance algorithmique en continu
Conceptualisation de l’œuvre comme processus vivant dans le flux algorithmique.

🟦 De l’art numérique humaniste à un projet d’art médiatique algorithmique
Formalisation stratégique du déploiement dans le réseau.

🟦 L’art numérique humaniste — Être artiste sans scène, sans institution, mais pas sans public
Réflexion sur la diffusion dans l’espace algorithmique mondial.

🟦 Le marcheur du réseau — Traverser la culture mondiale à l’ère algorithmique

🟦 Tout le monde utilise l’IA — Art, culture et vie quotidienne dans un monde en réseau

🟦 Les traces humaines dans la culture mondiale

🟦 Habiter le réseau — Une nouvelle condition humaine dans la culture mondiale

🟦 La culture mondiale comme mosaïque mouvante

🌍Pensons culture

Je vous invite à découvrir la série Comprendre la culture d’aujourd’hui, une série de micro-essais consacrés à l’expérience humaine, à la culture contemporaine et au monde en réseau.

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Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur
2025

Écriture manuscrite évoquant une trace humaine dans un monde algorithmique, réflexion visuelle sur l’art, l’IA et l’humanité.