Cet article fait partie de la série L’expérience humaine – Une série de poèmes sur la condition humaine → Voir la série complète
Vous êtes ici — En sécurité (Poème)
Vous êtes ici En sécurité
À un vote d’une loi qui broie les libertés À deux décisions politiques d’une dictature À un discours populiste d’une chasse aux minorités
Vous êtes ici En sécurité
À quelques votes d’une purge ethnique Tout près d’une oligarchie À deux clics d’une haine qui se propage en réseau
Vous êtes ici En sécurité
À quelques mètres de gens qui survivent dans la rue Mais la langue à terre; la langue à protéger … À un décret rendant illégales les personnes transgenres
Vous êtes ici En sécurité
À environ 8 800 kilomètres d’un génocide À une mine d’une enfance enchaînée à vos batteries À environ 7 096 kilomètres des pluies de drones et missiles
Vous êtes ici En sécurité
À quelques politiciens d’une dérive À environ 2 332 kilomètres d’un camp de concentration À un battement de cœur d’un féminicide de trop
Vous êtes ici En sécurité
À une signature d’un décret de guerre À quelques kilomètres d’enfants maltraités À quelques votes d’un régime autoritaire
Vous êtes ici En sécurité… pour combien de temps ? À l’aube d’une révolte qui gronde déjà …
Micro poèmes visuels
Chaque image reprend un fragment du poème et agit comme une signalétique visuelle de notre fragilité collective.
Explorez la série
Cette publication fait partie de la série L’expérience humaine – Une série de poèmes sur la condition humaine
Cette série s’inscrit dans ma démarche globale d’art numérique humaniste, explorant la condition humaine à travers la poésie, l’image et le langage numérique.
Découvrez aussi
Découvrez aussi la série complète Micro poèmes sociaux et politiques, une poésie visuelle et numérique pour interroger notre époque, dénoncer ses dérives et semer des éclats de conscience.
Art social et art politique : ce texte explore le rôle de l’artiste face aux enjeux contemporains, questionnant s’il est possible de créer sans regard critique sur le monde et comment l’art peut à la fois témoigner, dénoncer et inspirer.
L’art pour l’art ou l’art pour agir (Gilles Vallée Poésie & Images)
Cet article fait partie de la série Réflexions sur l’art, la poésie et la culture → Voir la série complète
Dans ce texte, je m’interroge sur le rôle de l’art dans notre société. Peut-on créer sans porter un regard critique sur le monde qui nous entoure ? À travers cette réflexion, j’explore la frontière entre l’art pour l’art et l’art engagé, questionnant la responsabilité de l’artiste face aux enjeux sociaux et politiques contemporains. Cette réflexion s’inscrit dans une approche plus large du rôle de l’artiste et de la création à l’ère contemporaine.
Peut-on faire de l’art sans considérer les bouleversements sociaux et politiques ?
Il y a quelques années, une artiste peintre et auteure m’a confié que, selon elle, la mission première des artistes est de révéler la beauté. Cette affirmation m’a interpellé. Peut-on véritablement se consacrer à l’art sans tenir compte des bouleversements sociaux et politiques qui secouent le monde ?
Les artistes, qu’ils soient poètes, écrivains, plasticiens ou autres, vivent au sein d’une société traversée par des crises, des injustices et des luttes. Est-il possible – et souhaitable – de détourner le regard de ces réalités pour ne célébrer que la beauté ? Ou, au contraire, l’art a-t-il le devoir de dénoncer, de témoigner et, peut-être, de contribuer à façonner un avenir plus juste ?
L’art pour l’art ou l’art pour agir ?
Cette tension entre une approche contemplative de l’art et un engagement social ou politique traverse l’histoire. D’un côté, des artistes prônent une création affranchie des préoccupations du monde, estimant que l’art doit être une échappatoire, une célébration du sensible et du mystère de l’existence. De l’autre, nombreux sont ceux et celles qui voient en l’art un outil de contestation, une voix qui interpelle et qui dérange.
Victor Hugo, Gaston Miron, Pablo Picasso avec Guernica, Banksy et ses fresques engagées, …Tous témoignent du rôle que peut jouer l’art dans la prise de conscience collective. Mais à l’inverse, certains mouvements artistiques, comme l’impressionnisme, ont revendiqué un détachement du politique au profit d’une quête purement esthétique.
Créer dans un monde en crise
Aujourd’hui, dans un contexte de bouleversements climatiques, de crises humanitaires et d’inégalités croissantes, de guerre, l’artiste peut-il encore se permettre de rester neutre ? L’indifférence elle-même devient un choix. Pourtant, l’engagement ne signifie pas nécessairement un militantisme frontal. Il peut se traduire par des œuvres qui interrogent subtilement, qui sèment le doute ou qui ouvrent des perspectives nouvelles.
Des figures comme John Lennon et Yoko Ono, avec leur célèbre Bed-In for Peace et la chanson Imagine, ont montré comment l’art peut devenir un puissant vecteur de messages politiques et humanitaires. Leur approche pacifiste, à la fois poétique et provocante, illustre bien comment l’art peut transcender le militantisme traditionnel pour inspirer des mouvements sociaux.
L’art social et politique ne se limite pas à la dénonciation et à la contestation ; il peut aussi être une célébration de la résilience, un espace de mémoire, un pont entre les générations et les cultures, un témoignage de « l’expérience humaine ». Qu’il aborde la douleur du deuil, les méandres de la maladie mentale, de la maladie d’Alzheimer ou d’autres conditions traumatisantes, l’art social donne une voix à ces expériences humaines. Il transforme ce qui est intime en un dialogue collectif, où chacun peut reconnaître une part de son propre vécu.
C’est dans cette perspective que s’inscrit ma démarche d’art numérique humaniste (ANH) : une pratique où le regard porté sur le monde, la mémoire et l’expérience humaine demeure indissociable de l’acte de création. → Art numérique humaniste — Corpus théorique et développements
Faut-il vraiment opposer beauté et engagement ? Ou peut-être, la véritable mission de l’art réside-t-elle dans sa capacité à allier les deux, à capter la poésie même dans les failles du monde ?
La grande question … ?
Peut-on, aujourd’hui, être un(e) artiste sans porter un regard sur le monde ?