VIENS, ON VA DÉCHIRER LE CIEL (Poème)

Le titre du poème "Viens, on va déchirer le ciel" sur une image qui montre une main avec un doigt pointant vers le ciel bleu
Image numérique « Viens, on va déchirer le ciel » – Poème

Cet article fait partie de la série
Poésie visuelle & écritures numériques
→ Voir la série complète

Ce poème explore la matière du monde à travers les sens déjoués, les paysages intérieurs, et l’acte poétique comme un geste de fracture et de réparation. Une traversée entre chaos et renaissance, où l’on tente de raccommoder l’univers en lambeaux.

Poème-image et perception du monde

Dans ce poème-image, les sens se croisent et se confondent. L’odeur devient sonore, la vue devient tactile. Le langage poétique agit comme une matière vivante, capable de déformer le réel pour en révéler une autre dimension.

Un poème, un voyage sensoriel entre effondrement et poésie de la démesure

VIENS, ON VA DÉCHIRER LE CIEL

j’entends l’odeur de la cime
l’âcreté de la plaine
je sens la vue de l’eau
l’image de l’infime

lueurs de corps
mémoires d’étreintes
vieillir d’érosion

fait de traces d’éclats
et de silences
la destruction poétique
des confins du monde

on peut aller déchirer le ciel
le découdre
le faufiler

on peut le porter à fracture
le peindre à démesure
le dégrossir comme l’odeur
de la couleur

imploser dans la forêt
d’arbres et de sous-bois
dans le lac au jardin de roches
dans le lit de l’échouement

on peut saupoudrer d’étincelles
les boisés des tourterelles …
les vaisseaux – et les hirondelles
et la mer; et les mers

j’habite les neiges éternelles
de mon hiver de fleurs de glace
des perce-neiges qui frémissent
et d’échouage prennent place

raccommoder le ciel poétique
je ne peux romance
rapiécer l’organique
le minéral et la semence

je squatte les nuits noires
m’illumine des nuits blanches
m’expose sans gloire
en courbes, en lignes d’hanche

Viens, on va déchirer le ciel
pour entrevoir l’univers
voir le néant en expansion,
qui se désintègre pour renaitre

les mots trainent dans le salon,
près du cendrier; avec les cendres du ciel
il faudra les écrire
les dire

Art numérique humaniste et langage sensible

Ce poème s’inscrit dans ma démarche en art numérique humaniste, où le langage devient un espace d’exploration de l’expérience humaine.

L’écriture ne décrit pas le monde : elle le traverse, le fracture, et tente de le recomposer à partir de la mémoire, des sensations et de la présence.

Un poème comme tentative de recoudre le monde.

Explorer d’autres formes de poésie numérique

→ Poésie & images — corpus de poèmes-images
→ Haïkus contemporains — poésie brève et minimaliste
→ Micro poèmes sociaux et politiques — poésie visuelle engagée
→ Poèmes courts sur le deuil et la mort — mémoire et absence

 Retour à la série Poésie visuelle & écritures numériques


Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur