Pétroglyphes de ville : quand la mémoire gravée dans la pierre renaît en pixels, entre poésie contemporaine et art numérique humaniste.
Cet article fait partie de la série Poésie visuelle & écritures numériques → Voir la série complète
Et si les pierres pouvaient parler en pixels… Une mémoire gravée renaît dans la lumière numérique, entre silence ancien et éclat contemporain.
L’art rupestre transposé dans le monde numérique : poésie contemporaine et art numérique
Une mémoire gravée dans la pierre
Les pétroglyphes sont une mémoire gravée dans la pierre, un langage universel qui traverse les millénaires. Témoins silencieux d’un monde ancien, ils sont à la fois documents historiques et œuvres d’art.
On peut les voir comme une immense base de données préservée par la roche – un code visuel que le temps n’a pas effacé.
Newspaper Rock, Utah : un palimpseste minéral
Depuis longtemps, l’art rupestre m’intéresse. J’ai voulu transposer des pétroglyphes réels – gravés il y a plusieurs siècles – dans notre monde numérique, comme un hommage aux artistes du passé. Leur geste, figé dans la pierre, se prolonge aujourd’hui dans la lumière des écrans et dans le langage des pixels.
Les formes que j’ai utilisées proviennent principalement du site historique de Newspaper Rock, dans le comté de San Juan, en Utah (États-Unis). Ce lieu concentre des siècles de gravures superposées, créées par des mains anonymes mais habitées par une vision commune.
Du minéral au pixel : un dialogue visuel
Ces silhouettes et symboles, arrachés à l’ombre minérale, se réinventent dans mes estampes numériques à travers la couleur, la composition et l’énergie visuelle.
Ce projet est une rencontre entre deux époques : l’art rupestre et la poésie contemporaine ; la permanence de la pierre et la fugacité de l’écran ; le souffle ancien et le regard d’aujourd’hui.
Une aventure d’art rupestre numérique …
Un dialogue visuel et poétique à découvrir dans mes estampes numériques accompagnées d’un poème inspiré par la mémoire de la pierre.
Cet article s’inscrit dans la série Poésie visuelle & écritures numériques, où j’explore les formes contemporaines de poésie sur image et d’écriture dans l’environnement visuel et algorithmique du web.
Poésie : PÉTROGLYPHES DE VILLE, LES ÉCRITS DE PIERRE
Ce poème accompagne les œuvres de la série Écrits de pierre – Pétroglyphes et art numérique. Il évoque une mémoire minérale — une trace ancestrale gravée dans la matière urbaine.
PÉTROGLYPHES DE VILLE : LES ÉCRITS DE PIERRE
la mémoire minérale je me souviens de moments que je n’ai pas vécus j’ai lu les écrits de pierre
souvenirs ancestraux visions gravées dans la matière fluide comme l’eau le dessin de nos rivières
glyphes fossiles témoins des temps mystiques gravures de firmaments
Écrits de pierre – Pétroglyphes et art numérique – Les images
Dans cette série, des pétroglyphes numériques imaginaires émergent au cœur de paysages urbains. Gravés non dans la roche, mais dans le pixel, ils réinventent les traces ancestrales à travers le prisme du numérique. Chaque image devient une mémoire fossile contemporaine — un dialogue entre la ville, la matière et le temps.
Invocation rupestre
Rayonnement ancestral
Dialogue des esprits
Totem numérique
Souffle des anciens
Présence primitive
Mémoire animale gravée
Mémoire fractale
Fragments de pierre
Œil du passé
Rituel pixelisé
Continuum artistique : de la pierre aux pixels
Ces estampes numériques sont autant de fragments de mémoire, réactivés par le regard contemporain. En revisitant les pétroglyphes, je cherche à faire résonner leur souffle ancien dans notre époque pixelisée — à tisser un lien entre les gestes gravés dans la pierre et ceux qui tracent aujourd’hui sur l’écran.
Chaque image est une invocation : celle d’un monde disparu mais toujours vivant, d’une présence primitive qui nous parle encore. L’art rupestre devient ici langage visuel, poésie numérique, mémoire en mouvement.
Ainsi se poursuit le dialogue entre les pierres et les pixels — une conversation silencieuse, mais vibrante, entre passé et présent.
Dans cette démarche, je m’inscris dans une approche d’art numérique humaniste, où le numérique devient un médium de mémoire. Les pétroglyphes étaient des traces gravées dans la pierre ; aujourd’hui, les images et les poèmes deviennent des traces humaines dans le réseau.
Explorer d’autres formes de poésie numérique
Ce poème-image s’inscrit dans un corpus plus large de poésie numérique humaniste, où différentes formes explorent l’expérience humaine :
Cette œuvre s’inscrit dans ma démarche d’art numérique humaniste, où les images et les mots deviennent des formes de présence et de mémoire dans l’espace numérique.
Je vous invite à découvrir la série Comprendre la culture d’aujourd’hui, une série de micro-essais consacrés à l’expérience humaine, à la culture contemporaine et au monde en réseau.
Nous marchons, entre poésie et art numérique, sur les traces du mouvement, de l’élan et de la mémoire du geste.
Cet article fait partie de la série Poésie visuelle & écritures numériques → Voir la série complète
Un projet entre poésie, dessin et mouvement
Depuis toujours, la marche est un acte simple et symbolique : mouvement du corps, quête de sens, passage vers un ailleurs. Ce projet est né de cette impulsion — marcher, avancer, poursuivre une ligne invisible, intérieure et incertaine.
À travers un poème central et une série de dessins sur papier transformés en estampes numériques, j’explore différentes facettes de ce mouvement : l’effort, l’élan, l’errance, la chute, le désir, la mémoire.
Le titre, Nous marchons… Vers quoi ? Vers qui ?, évoque cette marche collective ou solitaire que nous empruntons tous — parfois lucides, parfois égarés. Le projet puise aussi dans l’inspiration de deux œuvres marquantes : – L’Homme qui marche d’Alberto Giacometti, figure tendue vers l’avant, – et Walking, film d’animation de Ryan Larkin, célébration sensible du corps en mouvement.
Ce travail est une traversée : une suite de pas entre poésie numérique, arts visuels et mémoire du geste, inscrite dans ma démarche d’art numérique humaniste, où le corps, le mouvement et l’expérience humaine demeurent centraux.
Cet article s’inscrit dans la série Poésie visuelle & écritures numériques, où j’explore la rencontre entre le texte, le dessin et le mouvement dans une approche d’art numérique humaniste.
Aller de l’avant jusqu’à la fin du voyage …
Le poème : Nous marchons
Nous marchons
Nous marchons, vers quoi ? vers qui ?
parfois je marche parfois je cours parfois je vole …
Je croise des vies à vendre des corps à louer
je marche de bouteilles en bouteilles
je cours de corps en corps
je vole de dérives en dérives vers le silence d’après
parfois je danse je virevolte de page en page
aller de l’avant jusqu’à la fin du voyage …
La marche comme langage
Dans ce projet, la marche devient une forme d’écriture.
Chaque pas, chaque geste, chaque déplacement du corps agit comme un langage sensible, entre mémoire, errance et recherche de sens.
Dessins & Estampes numériques
Les dessins ont été réalisés avec les mediums suivants : crayons, encre, pastel, acrylique et gouache. Chaque œuvre a d’abord pris forme sur papier aquarelle avant de trouver une seconde vie en estampe numérique.
La marche vers le silence
Le dessin sur papier
L’estampe numérique
Je marche et je danse
Le dessin sur papier
L’estampe numérique
Le promeneur surréaliste
Le dessin sur papier
L’estampe numérique
Parfois je marche, parfois je cours
Le dessin sur papier
L’estampe numérique
Aller de l’avant jusqu’à la fin du voyage
Le dessin sur papier
L’estampe numérique
Un clin d’œil àL’Homme qui marche
L’homme qui marche, d’après la sculpture d’Alberto Giacometti.
Image numérique réalisée par Gilles Vallée.
Giacometti : marcher vers l’inconnu
La sculpture L’Homme qui marche d’Alberto Giacometti est une œuvre emblématique. Il en existe plusieurs versions — autant de figures humaines tendues vers l’avant, avançant vers on ne sait quoi : vers le futur, vers la suite, vers leur destinée…
Cette œuvre magistrale m’a profondément influencé. Elle a nourri mon désir d’écrire et de créer des images autour de la marche — cette marche intérieure, incertaine, persistante… vers ce que l’on ignore encore.
Un clin d’œil à Walking de Ryan Larkin
Poésie visuelle — entre errance urbaine et parole intérieure
Le film d’animation Walking de Ryan Larkin a aussi influencé mon travail. Ce court-métrage saisit avec sensibilité la beauté simple et complexe du corps en mouvement.
J’ai publié sur mon site le poème WALKING | JE MARCHE, qui a été écrit en pensant a ce film et qui trouve toute sa place dans ce projet sur la marche.
Le voici :
WALKING | JE MARCHE
je déambule, je funambule je marche monologues de ville en bouche ; je parle seul dans la grande ville ermite urbain croqueur de poésie de ville je marche Walking
Ryan Larkin : célébrer le mouvement
Le film Walking a été réalisé par Ryan Larkin et produit par l’Office national du film du Canada (ONF) en 1968. Il a été nominé pour l’Oscar du meilleur court-métrage d’animation lors de la 42e cérémonie des Oscars, en 1969.
📺 Voir Walking sur YouTube (5 min):
🎥 Walking de Ryan Larkin — un hommage animé à la beauté du mouvement quotidien. Film produit par l’ONF (1968), nominé aux Oscars. Une source d’inspiration pour ce projet.
Un regard plus intime sur Ryan Larkin
Après Walking, un film qui célèbre la beauté du corps en mouvement, une autre œuvre majeure permet d’approfondir la trajectoire de son créateur : Ryan, court-métrage d’animation documentaire réalisé en 2004 par Chris Landreth, nous entraîne dans les replis d’une vie marquée par le génie, le doute et la chute.
Ce film, primé aux Oscars, donne la parole à Ryan Larkin lui-même — alors marginalisé et en rupture avec son passé artistique. Par un jeu de portraits déconstruits et d’effets visuels déroutants, Ryan explore la fragilité psychique et l’épuisement créatif… tout en rendant un hommage bouleversant à l’artiste derrière Walking.
C’est une œuvre sur l’après, sur les blessures invisibles, sur ce qui reste quand la marche s’essouffle
Voir le film (14 min) :
Oscar 2004 — Meilleur court métrage animation, ce film s’inspire de la vie de Ryan Larkin, un animateur canadien qui a réalisé à l’Office national du film certaines des œuvres d’animation les plus marquantes de son époque.
Variation sur le thème L’Homme qui marche
Un micro poème toujours sur le même thème pour terminer:
J’ai publié sur mon site ce poème-image; une estampe numérique produite à partir d’une de mes sculptures. C’est une variation de thème de l’Homme qui marche,
L’homme qui marche
L’homme qui marche La douleur du texte
L’image dans le sens des mots
Art numérique humaniste et mémoire du geste
Cette œuvre s’inscrit dans ma démarche en art numérique humaniste, où le corps, le mouvement et la transformation des images à travers les médiums prolongent l’expérience humaine dans le réseau.
Du dessin à l’estampe numérique, le geste initial se déploie et circule sous différentes formes.
La fabrication des images
Photo d’atelier
Voici une vue partielle de mon atelier au moment de la création de ce projet.
Mots de la fin
Nous marchons. Toujours. Par nécessité ou par instinct. Par espoir, par fatigue, par mémoire.
Ce projet est né de cette marche, réelle ou intérieure — celle qui nous fait avancer malgré les incertitudes, celle qui nous relie les uns aux autres, celle qui nous mène, peut-être, vers nous-mêmes.
Chaque trait, chaque mot, chaque pas, porte la trace d’un mouvement plus grand. Merci d’avoir marché ici, un instant.
Cette œuvre s’inscrit dans ma démarche d’art numérique humaniste, où les images et les mots deviennent des formes de présence et de mémoire dans l’espace numérique.
Je vous invite à découvrir la série Comprendre la culture d’aujourd’hui, une série de micro-essais consacrés à l’expérience humaine, à la culture contemporaine et au monde en réseau.
Quand l’art, la lumière et la poésie se rencontrent pour faire naître un éclat suspendu entre sacré et art contemporain.
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De la naissance de la lumière est un projet artistique multidisciplinaire né en 2012, lorsque le Centre de créativité du Gesù m’a invité à créer une crèche de Noël contemporaine. L’installation, présentée dans l’église, alliait sculpture, diaporamas numériques et mise en espace, en dialogue avec le lieu liturgique.
Treize ans plus tard, en 2025, ce projet a trouvé de nouveaux échos : un poème, des dessins et des estampes numériques ont vu le jour, inspirés par une photographie prise dans le transept nord lors du montage initial. Ce texte retrace la genèse de l’installation, les réactions qu’elle a suscitées, et les prolongements visuels et poétiques qui en ont découlé.
Avec le recul, De la naissance de la lumière peut aujourd’hui être relu comme une œuvre préfigurant ma démarche d’art numérique humaniste, où la technologie, la poésie et la lumière demeurent au service de l’expérience humaine, de la mémoire et du sens.
Cet article propose une traversée entre poésie, art sacré et création contemporaine, à partir d’une œuvre qui s’est transformée au fil du temps. Il s’inscrit dans une réflexion plus large sur la place de l’art, de la mémoire et de la lumière dans l’expérience humaine.
Ce projet peut également être compris comme une forme de poésie visuelle numérique, où texte, image, lumière et mémoire se déploient à travers différents médiums.
Une œuvre multidisciplinaire entre art sacré, poésie visuelle et expérimentation contemporaine
Le poème:
De la naissance de la Lumière
De là où naît la lumière lueurs de corps des figures du reflet des lampions brûlent des cierges se consument l’orgue crie son souffle lieu sacré de l’espérance
De là où naît la lumière en porte-à-faux du sombre, des lumineux s’impriment dans les tissus de linceuls
De là naît l’origine … le commencement
La lumière comme origine
Dans ce poème, la lumière apparaît comme un point de passage entre le visible et l’invisible. Elle devient à la fois présence, mémoire et transformation, au cœur d’une expérience sensible et spirituelle.
De la naissance de la lumière : une installation sculpturale au Gesù
Origine du projet
En 2012, j’ai été invité par la directrice du Centre de créativité du Gesù, à Montréal, à concevoir une crèche de Noël pour l’église. Une proposition à la fois stimulante et exigeante : comment créer une œuvre contemporaine sur un thème vieux de deux millénaires ? Comment aborder une iconographie aussi chargée d’histoire pour tenter d’y insuffler un regard neuf ? Comment aborder le sacré avec de l’art contemporain ?
Intention artistique
J’ai choisi de travailler à partir du thème de la lumière, en développant l’installation sur deux niveaux de lecture :
Pour les catholiques : une crèche contemporaine symbolisant la naissance de l’enfant porteur de lumière.
Pour tous les autres : une œuvre artistique actuelle, peuplée de personnages futuristes et enrichie d’un univers visuel numérique.
Composantes de l’installation
L’installation comprenait douze figures en plâtre, agrémentées de bijoux, de métaux et de tissus. Leurs visages, blancs et presque anonymes, évoquaient la foule en attente — cette humanité guettant l’émergence de la lumière.
Leurs corps étaient composés de trépieds de photographie, apportant une touche contemporaine et délibérément non réaliste. Ce choix plaçait l’accent sur les têtes, sur la dimension symbolique, plus que sur la représentation corporelle.
L’œuvre intégrait également des diaporamas diffusés sur des écrans : des images numériques créées à partir de photographies, d’interventions infographiques, de logiciels d’imagerie et de sculpture numérique 3D. Ces projections prenaient la forme de « graffitis lumineux » et de sculptures virtuelles.
L’installation était évolutive : chaque semaine, je déplaçais les personnages, comme dans une chorégraphie silencieuse et j’ajoutais de nouvelles sources de lumière. La forme finale de l’installation a été faite de jour de Noël.
Réalisation et collaboration
Le montage dans l’église du Gesù fut un moment fort de ma carrière. J’ai eu le privilège de collaborer avec l’artiste Stella Pace, alors responsable de l’accompagnement technique des artistes invités. Stella, artiste multidisciplinaire remarquable, m’a non seulement épaulé dans la réalisation, mais elle a aussi profondément marqué mon parcours. Nos longues conversations m’ont permis de dépasser le syndrome de l’imposteur qui me tracassait alors. Parfois, la vie place les bonnes personnes sur notre route, au bon moment.
C’était la troisième fois que j’intervenais au Gesù. J’y avais déjà présenté une exposition solo, Les âmes souffrantes – La maladie mentale, ainsi qu’une sculpture intégrée à la collection permanente : Calvaire et Espérance. Avec De la naissance de la lumière, j’étais une fois de plus habité par le désir de créer dans le respect du lieu, de son histoire et des personnes qui le fréquentent.
Le lieu : le Gesù
Situé au cœur du centre-ville de Montréal, le Gesù est à la fois une église, un lieu de culte actif et un centre de créativité. Anciennement rattaché au Collège Sainte-Marie, premier établissement d’enseignement jésuite à Montréal, il a vu passer plusieurs figures marquantes de la culture québécoise. Le poète Émile Nelligan y a étudié, tout comme l’écrivain Hubert Aquin.
Aujourd’hui, le Gesù continue d’accueillir des expositions, des concerts et des créations artistiques contemporaines, dans un esprit de dialogue entre spiritualité, culture et art. C’est dans ce lieu chargé d’histoire et de sens que l’installation De la naissance de la lumière a été présentée, en dialogue avec l’espace liturgique et la mémoire collective.
Réception – Réactions et controverse
Présentée dans l’église du 2 décembre 2012 au 7 janvier 2013, l’installation a suscité une large gamme de réactions. Plusieurs visiteurs ont salué une approche contemporaine audacieuse. D’autres, au contraire, l’ont rejetée violemment.
Malgré le soin que j’ai pris pour honorer l’esprit du lieu, certaines réactions m’ont surpris par leur intensité. Des discussions avec des Jésuites m’ont aidé à faire face à cette réception contrastée. Sur le web, certains ont accusé l’installation de rendre hommage à Lucifer et aux Illuminati. Deux personnes ont même fait des crises en plein cœur de l’église, persuadées d’y voir le diable… Il a fallu les expulser…
Cette expérience m’a rappelé une vérité essentielle : l’artiste propose, mais chaque spectateur interprète selon son propre vécu, ses croyances, son état intérieur. L’œuvre devient alors un miroir, parfois paisible, parfois dérangeant.
Quelques photos de l’installation
Affiche – installation De la naissance de la lumière – Gesù,
De la naissance de la Lumière – Installation sculpturale – transept nord du Gesu
Vue de l’installation dans le transept nord du Gesu
Des personnages de l’installation De la naissance de la lumière
Quelques images des diaporamas
Graffitis lumineux créés à partir de sources lumineuses dans l’église
Sculpture virtuelle créée avec un logiciel de création en 3D
Graffitis lumineux et sculpture virtuelle
Là où naît la lumière : un reflet devenu vision
Avant de commencer le montage de l’installation dans l’église du Gesù, je m’y suis rendu à plusieurs reprises pour observer l’espace et planifier l’intervention. Lors d’une de ces visites, j’ai pris plusieurs photos du transept nord. L’une d’elles m’a profondément surpris : malgré la faible luminosité ambiante, un reflet lumineux intense est apparu sur l’image.
Ce qui m’a frappé, ce n’est pas seulement cette lumière inattendue dans une atmosphère presque obscure, mais la forme qu’elle semblait dessiner. Dans cette tache lumineuse, un personnage m’est apparu. Était-ce une simple paréidolie — ce phénomène où l’œil humain devine des formes familières dans le flou ou l’abstrait ?
Curieux de valider ma perception, j’ai montré la photo à un ami artiste. Avant même que je ne dise quoi que ce soit, il s’est exclamé : « C’est un spectre ! ». Lui aussi avait perçu une présence humaine, sans que je ne l’influence de quelque manière.
J’ai conservé cette image pendant plus de treize ans. Elle continue de m’intriguer, comme un fragment de mystère suspendu dans le temps. En 2025, j’ai décidé de revenir à cette vision, de l’interpréter à travers une série de dessins et d’estampes numériques. C’est ainsi qu’est né un nouveau corpus intitulé : Là où naît la lumière.
Photos du reflet lumineux
Photo du reflet lumineux au Gesu
Photo du reflet lumineux au Gesu – Agrandissement
Là où naît la lumière; les dessins
Là où naît la lumière – Dessin 1 (dessin sur papier avec fusain, gouache, pastel, encre, acrylique, craie et crayons)
Là où naît la lumière – Dessin 2 (dessin sur papier avec fusain, gouache, pastel, encre, acrylique, craie et crayons)
Là où naît la lumière; les estampes numériques
Là où naît la lumière – Estampe numérique 1
Là où naît la lumière – Estampe numérique 2
Une autre histoire de lumière
En décembre 2012, la journaliste Chantal L’Heureux, du Magazine Radio In Situ, est venue me rencontrer pour réaliser un article sur l’installation De la naissance de la lumière. Afin d’illustrer son reportage, elle m’a photographié devant deux sculptures et un écran qui diffusait un des diaporamas de l’exposition.
Au moment précis où elle a appuyé sur le déclencheur, un employé du Centre de créativité du Gesù a éteint les lumières de l’église — sans le savoir, il venait de transformer cette prise de vue en une image singulière et énigmatique.
C’est lors de la publication de cette photo que la controverse a éclaté. Une personne, sans doute influencée par l’ambiance dramatique de l’image, a commencé à présenter l’installation comme un hommage à Lucifer et aux Illuminati. Ce fut le début d’une série d’interprétations étonnantes — et troublantes — autour de l’œuvre. Voici cette photo:
Gilles Vallée devant l’installation De la naissance de la lumière, Gesù, 2012 – Photo : Chantal L’Heureux
Et si la lumière ne naissait pas là où on l’attend ?
Créer dans un lieu chargé d’histoire, avec ses rituels, ses attentes, ses croyances, m’a confronté à l’essence même de l’acte artistique : proposer une vision, tout en acceptant qu’elle nous échappe dès qu’elle rencontre le regard de l’autre. Treize ans plus tard, De la naissance de la lumière continue d’émettre ses reflets, à travers mes souvenirs, mes dessins, mes estampes numériques et mes poèmes. Elle m’accompagne, comme un éclat ancien dont la source est peut-être plus proche que je ne le croyais : quelque part en moi.
Art numérique humaniste et mémoire de l’œuvre
Cette œuvre peut aujourd’hui être relue à travers ma démarche en art numérique humaniste, où les créations se prolongent dans le temps, se transforment et circulent entre différents médiums.
De l’installation physique à l’image numérique, puis au poème, l’œuvre devient une mémoire vivante.
L’œuvre ne se limite plus à un lieu ni à un moment : elle se prolonge dans le temps, dans la mémoire et dans le réseau.
Explorer différentes dimensions de l’expérience humaine
Je vous invite à découvrir la série Comprendre la culture d’aujourd’hui, une série de micro-essais consacrés à l’expérience humaine, à la culture contemporaine et au monde en réseau.
Découvrez comment l’œuvre Alzheimer se transforme à travers sculpture, art numérique, intelligence artificielle et poésie, explorant la mémoire et la maladie dans une création multidisciplinaire et évolutive.
La sculpture Alzheimer
Cet article fait partie de la série Réflexions sur l’art, la poésie et la culture → Voir la série complète
« La métamorphose d’une œuvre d’art à travers le temps, les médiums et les technologies » est une exploration artistique qui retrace l’évolution d’une création inspirée par la mémoire et la maladie d’Alzheimer. De la sculpture traditionnelle à l’art numérique, en passant par la photographie, la poésie, la vidéo et l’intelligence artificielle, cette œuvre hybride illustre la transformation continue de l’expression artistique à l’ère des technologies émergentes. Cette exploration s’inscrit dans une réflexion plus large sur la transformation des œuvres à l’ère numérique et sur la manière dont les médiums influencent la mémoire et la perception.
De la sculpture à l’intelligence artificielle : évolution d’une œuvre sur la mémoire
Il arrive qu’une œuvre, au lieu de rester figée dans sa forme initiale, prenne un chemin de traverse, se réinvente, migre d’un médium à l’autre, et poursuive sa trajectoire dans des dimensions inattendues. C’est le cas de mon œuvre Alzheimer, née en 2012 comme sculpture physique, et qui n’a cessé depuis de se transformer. Sculpture, photographie, art numérique, vidéo, poésie, puis série d’images générées par l’intelligence artificielle — autant d’étapes d’un processus artistique en mutation constante, à l’image du thème qu’elle aborde : la mémoire, sa fragilité, son effacement progressif.
De la matière à l’évocation : la sculpture (2012)
À l’origine, Alzheimer était une sculpture faite de plâtre, de bois, et d’autres matériaux récupérés. Elle faisait partie d’un corpus plus vaste d’œuvres traitant de la maladie d’Alzheimer, exposé dans différents lieux de diffusion. Le geste sculptural visait à donner forme à l’absence, à la confusion, à l’oubli, à travers des textures brutes, des volumes fragmentés, une certaine tension entre le vide et le plein.Cette œuvre incarnait une tentative de dialogue avec l’invisible, avec ce qui se défait en silence — une forme de mémoire fossilisée dans la matière.
La sculpture originale:
Sculpture Alzheimer produite en 2012
L’image comme trace : la photographie et l’art numérique (2014)
Deux ans plus tard, j’ai capturé l’œuvre sous un nouvel angle : à travers l’objectif de mon appareil photo. Cette photographie n’était pas simplement documentaire. Elle s’inscrivait dans une démarche de recréation visuelle : la lumière, le cadrage, les contrastes ont donné une nouvelle lecture à la sculpture. L’œuvre devenait image — figée, certes, mais plus suggestive, presque théâtrale.
À partir de cette photographie, j’ai entamé un travail de transformation numérique, en utilisant des logiciels graphiques pour altérer, filtrer, manipuler la matière de l’image. La sculpture originale s’est peu à peu effacée sous les couches de traitement visuel, comme si la mémoire elle-même devenait incertaine, volatile, altérée par les pixels.
C’était une manière d’explorer la plasticité de l’image, de réfléchir à ce que l’on conserve — ou non — lorsqu’une œuvre traverse les supports. Ce travail questionnait aussi notre rapport contemporain à la mémoire numérique : plus nous stockons, plus nous oublions.
Cette version « œuvre numérique » a été exposée au Festival d’arts numériques FONLAD ainsi qu’au Web Art Center (WAC) au Portugal, en 2014. Elle marquait déjà une transition vers une approche plus numérique de la mémoire : une trace de la trace.
L’œuvre numérique:
Alzheimer (la version Œuvre numérique produite en 2014
L’intervention de l’intelligence artificielle (2023)
En 2023, j’ai franchi une nouvelle étape : j’ai utilisé l’image numérique de l’œuvre pour alimenter une série générée par l’intelligence artificielle, via l’outil DALL·E. J’ai demandé à l’IA de s’inspirer de la photographie transformée pour créer douze variations, douze fragments visuels issus de la mémoire de la machine, influencée par l’image-source.
Le résultat est fascinant : certaines images conservent des éléments reconnaissables, d’autres s’en éloignent. L’IA agit ici comme une conscience altérée, produisant des versions rêvées, imaginées, parfois même fantomatiques de l’œuvre initiale.
Cette série vient clore — ou prolonger ? — un cycle de transformations où l’œuvre devient processus, déplacement, recomposition permanente.
Les 12 images générées par intelligence artificielle:
Variation #1 — Image générée par l’IA DALL·E
Variation #2 — Image générée par l’IA DALL·E
Variation #3 — Image générée par l’IA DALL·E
Variation #4 — Image générée par l’IA DALL·E
Variation #5 — Image générée par l’IA DALL·E
Variation #6 — Image générée par l’IA DALL·E
Variation #7 — Image générée par l’IA DALL·E
Variation #8 — Image générée par l’IA DALL·E
Variation #9 — Image générée par l’IA DALL·E
Variation #10 — Image générée par l’IA DALL·E
Variation #11 — Image générée par l’IA DALL·E
Variation #12 — Image générée par l’IA DALL·E
Une œuvre, plusieurs vies
En retraçant ce parcours, je ne cherche pas à figer une définition de l’œuvre, mais plutôt à montrer la fécondité du changement, la richesse des métamorphoses. Chaque version n’efface pas la précédente : elle l’amplifie, la prolonge, ou la déconstruit, tout en y ajoutant une nouvelle strate de sens.
Cette approche s’inscrit pleinement dans ma démarche d’art numérique humaniste (ANH), où les technologies — du geste sculptural à l’intelligence artificielle — ne sont jamais des fins en soi, mais des moyens pour interroger la mémoire, la perte et la persistance de l’expérience humaine.
Dans cette perspective, l’œuvre n’est plus un objet figé, mais un processus vivant, en transformation continue, traversant les médiums, les époques et les technologies.
Et peut-être est-ce là le plus grand écho au thème d’Alzheimer : la mémoire comme un palimpseste, où ce qui disparaît laisse malgré tout une empreinte, une trace, une forme transitoire.
Car l’art, comme la mémoire, est toujours en mouvement. L’œuvre devient alors une trajectoire plutôt qu’une forme.
La poésie comme autre voie de la mémoire
Au fil des années, ce thème de la mémoire fragilisée, de l’effacement progressif, s’est aussi frayé un chemin dans mon écriture poétique. La poésie m’a offert un autre espace d’exploration — plus intime, plus suggestif — pour aborder ce même sujet sous un angle différent. Là où la sculpture matérialise l’oubli, et où l’image le transforme, le poème, lui, le murmure. Les mots deviennent alors des éclats de mémoire, des fragments d’humanité résistant à la disparition. Cette incursion poétique ne remplace pas les autres formes, mais les prolonge : elle rappelle que chaque médium porte en lui une façon singulière de dire la perte, et que c’est peut-être dans cette diversité des langages que se loge notre capacité à résister à l’oubli.
Une décennie de création autour de la maladie d’Alzheimer : un parcours artistique en constante expansion
L’œuvre Alzheimer n’a jamais été pensée comme une fin en soi, mais bien comme un point de départ. Cette sculpture, créée en 2012, a amorcé une démarche artistique multidisciplinaire et évolutive pour aborder le thème complexe et bouleversant de la maladie d’Alzheimer.
Elle a donné naissance à un corpus de sculptures exposé en 2012 à l’Hôpital Notre-Dame ainsi qu’au Centre de recherche de l’Institut Douglas, à Montréal. En 2014, cette recherche s’est prolongée dans le champ de l’art numérique, avec une œuvre présentée au Festival FONLAD et au Web Art Center (WAC) au Portugal.
L’année suivante, en 2015, une installation sculpturale permanente a été créée pour le Jardin des sculptures de l’Institut Douglas, ancrant ce projet dans un lieu de mémoire et de soin. Le titre de l’installation: Pour en finir avec l’Alzheimer.
En 2023, douze images générées par intelligence artificielle à partir de la photo de la sculpture originale ont permis d’explorer de nouvelles formes de fragmentation et de réinterprétation visuelle. En 2023 j’ai aussi publié sur ma chaine YouTube la vidéo Alzheimer qui montre des images des sculptures.
Enfin, de 2020 à 2025, cette réflexion s’est aussi déployée dans l’écriture poétique, donnant naissance à une série de poèmes consacrés à la mémoire, à l’effacement et à la persistance de l’humain.
Ce long parcours témoigne d’une volonté de créer un dialogue entre les arts, les technologies et les émotions, pour faire résonner autrement la complexité de cette maladie et les traces qu’elle laisse …
Je vous invite à découvrir la série Comprendre la culture d’aujourd’hui, une série de micro-essais consacrés à l’expérience humaine, à la culture contemporaine et au monde en réseau.
Découvrez comment l’intelligence artificielle imagine l’avenir des arts visuels : tendances, technologies, hybridation des médiums et rôle des artistes dans un monde en mutation.
L’avenir des arts visuels selon l’IA
Cet article fait partie de la série Réflexions sur l’art, la poésie et la culture → Voir la série complète
L’avenir… J’ai demandé à l’intelligence artificielle ChatGPT de partager sa vision de l’avenir des arts visuels. En s’appuyant sur les tendances actuelles et ses vastes bases de données, elle a élaboré une analyse prospective fascinante. Je vous invite à découvrir ses prévisions ci-dessous, que je trouve à la fois pertinentes, inspirantes et réalistes. Cette réflexion s’inscrit dans une exploration plus large des transformations de l’art à l’ère numérique et algorithmique.
L’avenir des arts visuels : entre héritage et renouveau
Une évolution constante portée par le contexte social et technologique
Les arts visuels ont toujours été le reflet de leur époque, incarnant les aspirations, les tensions et les transformations d’une société en constante mutation. Aujourd’hui, alors que le monde fait face à des bouleversements technologiques, écologiques et sociaux, les arts visuels s’adaptent, se réinventent et explorent de nouveaux horizons.
Vers une hybridation des médiums
La frontière entre les disciplines artistiques s’estompe de plus en plus. Peinture, sculpture, photographie, design, vidéo et performance s’entrelacent pour donner naissance à des œuvres hybrides qui interrogent et repoussent les limites de la création.
Cette évolution permet aux artistes de s’exprimer de manière plus libre, en utilisant des outils et des matériaux variés, tout en conservant une dimension humaine et intuitive.
Par exemple, des peintures numériques intégrées dans des installations physiques ou des sculptures interactives utilisant des éléments multimédias deviennent des terrains d’exploration privilégiés. Cette hybridation ouvre également des opportunités pour revisiter des techniques ancestrales à travers un prisme contemporain, reliant tradition et modernité.
Un public plus connecté et participatif
Avec l’essor des plateformes numériques et des réseaux sociaux, le rapport entre les artistes et leur public s’intensifie. L’art devient de plus en plus interactif et participatif. Les spectateurs ne se contentent plus de contempler une œuvre : ils interagissent avec elle, la modifient parfois, et participent à son processus de création ou à sa diffusion.
Les expositions immersives, les projets collaboratifs en ligne ou encore les galeries virtuelles accessibles à tous illustrent cette transformation. Dans l’avenir, les arts visuels continueront à investir ces espaces, tout en s’adaptant aux besoins et aux attentes d’un public global et diversifié.
Les défis de la durabilité et de l’écoresponsabilité
L’urgence écologique influence également les pratiques artistiques. Les artistes sont de plus en plus nombreux à questionner la durabilité des matériaux qu’ils utilisent ou à intégrer des éléments naturels dans leurs œuvres.
De nouvelles formes d’expression émergent, comme l’art éphémère ou les installations conçues pour se transformer ou se dégrader avec le temps, dans une démarche respectueuse de l’environnement. À mesure que les consciences évoluent, les arts visuels joueront un rôle croissant pour sensibiliser le public aux enjeux écologiques et encourager une réflexion collective.
Le rôle de la technologie dans l’expansion des possibilités
Bien que l’intelligence artificielle, la réalité virtuelle et augmentée, ou encore l’impression 3D soient des outils fascinants pour les artistes, ils ne représentent qu’une facette de l’avenir des arts visuels. Ces technologies offrent des possibilités nouvelles : création d’univers immersifs, personnalisation des œuvres, ou encore élargissement des moyens de diffusion.
Toutefois, l’essence de l’art réside toujours dans l’intention et la vision de l’artiste.La technologie ne remplace pas cette dimension humaine ; elle l’amplifie ou la transforme, ouvrant des dialogues inédits entre le créateur, son œuvre et son public.
Cette évolution technologique trouve un écho direct dans ma démarche d’art numérique humaniste (ANH), où les outils numériques et algorithmiques sont envisagés comme des prolongements de la sensibilité humaine, et non comme des substituts.
Dans un monde saturé d’images et d’informations, les arts visuels restent un puissant vecteur de sens. Ils interrogent les normes, célèbrent la diversité et révèlent des perspectives inédites. À l’avenir, les artistes auront un rôle encore plus essentiel pour questionner nos sociétés, documenter leurs mutations et offrir des espaces de réflexion et de beauté.
Que ce soit dans un musée, dans une rue, sur un écran ou à travers un casque de réalité virtuelle, les arts visuels continueront à défier les attentes, à inspirer et à émouvoir, rappelant à chacun ce que signifie être humain dans un monde en constante transformation.
Conclusion
Un avenir en mouvement
L’avenir des arts visuels s’écrit au croisement de l’innovation technologique, de l’engagement écologique et de la quête de sens. À travers cette évolution, les artistes jouent un rôle fondamental : celui de témoins et d’acteurs d’un monde en mutation. En s’ouvrant à de nouvelles perspectives et en réinventant constamment leur pratique, ils continueront à repousser les frontières de la créativité et à rapprocher les individus dans un dialogue universel.
Dans ce contexte, la place de l’humain dans la création devient plus essentielle que jamais.
Et vous, comment imaginez-vous l’avenir des arts visuels ?
Version vidéo
La vidéo « L’avenir des arts visuels » sur ma chaine Youtube
Je vous invite à découvrir la série Comprendre la culture d’aujourd’hui, une série de micro-essais consacrés à l’expérience humaine, à la culture contemporaine et au monde en réseau.
Découvrez l’univers des estampes numériques : art contemporain, diffusion en ligne, collaborations internationales et créations hybrides mêlant imaginaire, poésie et intelligence artificielle.
Le monde des estampes numériques
Cet article fait partie de la série Réflexions sur l’art, la poésie et la culture → Voir la série complète
L’imagerie numérique n’a cessé de se réinventer depuis ses débuts, ouvrant de nouvelles perspectives créatives et artistiques. J’ai commencé à travailler avec des images numériques il y a environ vingt ans, utilisant principalement des cliparts et intervenant sur des photos. Aujourd’hui, les logiciels graphiques offrent des possibilités infinies pour la création et la modification d’images, donnant naissance à un nouveau domaine artistique : l’estampe numérique. Cette réflexion s’inscrit dans une exploration plus large des formes contemporaines de création et de diffusion de l’art à l’ère numérique.
Cette exploration des estampes numériques s’inscrit dans ma démarche d’art numérique humaniste (ANH), où la technologie n’est pas une fin en soi mais un moyen de faire émerger des images qui parlent de mémoire, d’expérience humaine et de sensibilité face aux transformations du monde.
Dans cette perspective, l’estampe numérique devient à la fois une œuvre et un vecteur de circulation, inscrite dans un réseau global de diffusion artistique.
Définition selon Wikipédia
Selon Wikipédia, une estampe numérique est définie comme suit :
« Une estampe numérique est une œuvre dont l’ordinateur est le principal outil de conception pour créer une matrice de données numériques. Une imprimante numérique, le plus souvent à jet d’encre, est ensuite utilisée comme moyen d’impression sur divers supports. »
Définition selon le robot conversationnel ChatGPT
J’ai demandé à ChatGPT le 20 juin 2024 de donner une définition de « Estampe numérique » :
» Une estampe numérique est une œuvre d’art créée à l’aide de techniques numériques. Contrairement aux estampes traditionnelles, qui utilisent des méthodes comme la gravure, la lithographie ou la sérigraphie pour imprimer des images sur du papier ou d’autres supports, les estampes numériques sont produites par des imprimantes à jet d’encre, des traceurs ou d’autres dispositifs de reproduction numériques. »
Un peu d’histoire selon ChatGPT
Les estampes numériques ont commencé à émerger dans les années 1980 avec l’avènement des technologies informatiques et des imprimantes à jet d’encre de haute qualité. Ce nouveau médium a gagné en popularité dans les années 1990 et 2000, alors que les artistes ont exploré les possibilités offertes par les logiciels de graphisme et les imprimantes numériques pour créer des œuvres d’art innovantes et accessibles. Aujourd’hui, l’estampe numérique est reconnue comme une forme d’art à part entière, permettant une grande créativité et une reproduction précise.
L’importance des lieux de diffusion et des galeries en ligne
Pour diffuser l’art contemporain (incluant les estampes numériques) et le rendre accessible à un plus large public, de nouveaux moyens ont été nécessaires. Les centres d’artistes, jouant un rôle clé dans cette démarche, ont intensifié leurs efforts pour promouvoir les œuvres de créateurs du domaine du numérique. Parallèlement, les galeries en ligne ont connu un développement significatif, offrant une vitrine virtuelle pour l’art moderne.
Ces plateformes numériques permettent non seulement une visibilité accrue pour les artistes, mais aussi une accessibilité sans précédent pour les amateurs d’art du monde entier. Les galeries en ligne et les centres d’artistes constituent ainsi des outils essentiels pour la démocratisation de l’art, facilitant les échanges culturels et l’appréciation des œuvres au-delà des frontières géographiques.
Grâce à ces initiatives, l’art trouve de nouvelles voies pour toucher un public diversifié, enrichissant ainsi le paysage culturel global.
LE CENTRE D’ARTISTES VOIX VISUELLE
Voix Visuelle est un bon exemple. A chaque année depuis près de deux décennies, le centre d’artistes Voix Visuelle à Ottawa organise l’Exposition internationale d’estampe numérique miniature. L’exposition a lieu en galerie et en ligne sur des réseaux sociaux.
J’ai participé une dizaine de fois à l’exposition. Je vous propose ci-dessous un exemple :
Estampe numérique: La poésie des métamorphes
Le Festival d’art numérique FONLAD
Le Festival d’art numérique FONLAD est un autre exemple pour la diffusion en ligne et dans des lieux physiques. Le festival FONLAD est un événement dédié aux arts numériques et multimédia. Il se tient annuellement au Portugal, généralement à Coimbra, bien qu’il puisse inclure des événements satellites dans d’autres villes et pays.
J’ai participé en 2014, 2015 et 2016 avec des estampes numériques. Je vous propose ci-dessous un exemple :
Estampe numérique: Divergent thinking
Web Art Center
Le Web Art Center (en collaboration avec FONLAD) a aussi aidé pour la diffusion de l’art numérique. Je vous propose un exemple ci-dessous avec une estampe numérique intitulée « Not Art non-artistic masterpiece for nobody » que j’ai proposée pour l’événement Non biennale en 2014 :
« Not Art non-artistic masterpiece for nobody »
Diversification des moyens de diffusion
En plus des galeries en ligne et des événements de centres d’artistes, les estampes numériques peuvent être diffusées de différentes façons; elles peuvent être imprimées sur divers supports et proposées dans des galeries d’art. Par exemple, j’ai imprimé certaines de mes œuvres sur des plaques d’aluminium et des feuilles d’acrylique pour les exposer et les vendre lors d’expositions.
Aujourd’hui, le réseau lui-même devient un espace d’exposition.
Estampes numériques et art postal
J’ai également exploré le concept de faire voyager des estampes numériques à travers des événements d’art postal, ce qui m’a permis de collaborer avec des artistes de différents pays dans des expositions collectives. Ces projets de Mail Art allient les outils informatiques contemporains et les services traditionnels de la poste. J’ai participé à plusieurs projets d’art postal dont les suivants:
Mail Me Art Two | Red Gate Gallery à Londres
A Book about DeathNew York | SAL Art Gallery
A Book About Death Australia | Tweed River Art Gallery
The Day of The Dead | Queens Museum of Art à New York
Avec de l’imagination …
La production d’estampes numériques offre une grande flexibilité; avec un peu d’imagination, on peut réellement diversifier les moyens de diffusion artistique. Depuis plusieurs années, je propose des images pour des projections lumineuses (mapping) sur une église lors de l’événement annuel Le Showfrette à Beloeil. J’ai également diffusé des œuvres sur des écrans lors d’expositions de sculpture. Sur ma chaîne YouTube (Art Digital Express – YouTube), je publie des vidéos présentant des diaporamas d’estampes numériques et je fusionne l’imagerie numérique et la poésie dans des poèmes-images que je publie sur mon site WordPress ( Poésie & Images – Gilles Vallée Art | Art Digital Express (gillesvalleeart.ca ).
Une galerie d’art dans l’espace
On peut même exposer dans l’espace… En 2016, j’ai fourni deux estampes numériques à la NASA suite à un appel ouvert aux artistes et au grand public pour envoyer des images numériques dans l’espace. Ces œuvres ont été enregistrées sur un disque à bord de la navette spatiale pour la mission Osiris-Rex, dont l’objectif était de prélever des échantillons sur l’astéroïde Bennu. Le disque contenant les images restera en orbite autour de la Terre pendant des millénaires. Une de mes estampes numériques rend hommage à Isaac Newton et Albert Einstein avec leurs signatures; je vous la présente ci-dessous:
Adventure Exploration_In memory of Isaac Newton and Albert Einstein
L’univers de l’IA
L’estampe numérique continue de se réinventer avec l’essor de l’intelligence artificielle. Des générateurs d’images comme DALL-E, Midjourney, Bing Image Creator et META AI produisent des visuels toujours plus complexes et étonnants. J’intègre désormais des créations générées par l’IA dans mes estampes numériques, fusionnant ainsi l’art IA avec le travail humain. Voici un exemple tiré de ma série intitulée Online Creativity :
Online Creativity – Estampe numérique générée par IA
ET L’AVENIR ?
L’imagerie contemporaine continue d’évoluer, et il sera fascinant de suivre les futurs développements dans ce domaine, notamment avec l’intégration croissante de l’intelligence artificielle. L’avenir de l’estampe numérique promet de nouvelles possibilités artistiques et techniques encore inexplorées.
Sculpture virtuelle – Image générée par IA – Bing Image Creator
Je vous invite à découvrir la série Comprendre la culture d’aujourd’hui, une série de micro-essais consacrés à l’expérience humaine, à la culture contemporaine et au monde en réseau.
Quand l’art embrasse la technologie, chaque outil devient une extension de la créativité humaine, et l’intelligence artificielle un partenaire inattendu de l’imaginaire.
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Depuis toujours, l’art évolue avec les technologies. Chaque innovation technique offre aux artistes de nouveaux moyens d’expression, transformant les pratiques et les perceptions. Cette page explore les liens profonds entre l’art et la technologie, mettant en lumière comment les outils numériques, l’intelligence artificielle et les médias interactifs redéfinissent la création artistique contemporaine. Elle s’inscrit également dans une réflexion plus large sur l’évolution des pratiques artistiques à l’ère numérique.
Quand l’art rencontre la technologie : une exploration contemporaine
Depuis toujours, des artistes font évoluer l’art avec l’évolution des technologies. A chaque fois que de nouvelles technologies font leur apparition, il y a des artistes qui se demandent si on peut faire de l’art avec ces nouveautés. Il y a de nombreux exemples ; nous n’avons qu’à penser à l’invention de la photographie, de la vidéo, des logiciels graphiques… et maintenant l’avancée fulgurante de l’intelligence artificielle avec des générateurs d’images, de textes, de musique…
« Art et technique ont toujours été inséparables, les artistes ayant eu systématiquement recours, tout au long des âges, à des instruments et savoir-faire dont la complexité et la nouveauté stimulaient leur imagination. » Florence de Mèredieu – Arts et nouvelles technologies (Éditions Larousse)
Pour le domaine des arts visuels, les générateurs d’images par IA offrent des possibilités très intéressantes. Les générateurs comme DALL-E 3 (de la compagnie OpenAI), Bing Image Creator (de Microsoft) et Midjourney offrent la possibilité de créer des images a partir de textes… un nouveau monde de création vient tout changer. Dans un langage naturel, on peut s’occuper de la conception et déléguer l’exécution à une intelligence artificielle… Nous venons d’assister à la naissance de l’art par IA (Art IA) … le monde des images générées par intelligence artificielle.
Dans mon cas j’ai travaillé pendant des années avec différentes matières dans le domaine de la sculpture et j’ai aussi développé mes compétences en art numérique. Depuis un an j’expérimente la création avec la génération d’images par IA. C’est vraiment un nouveau monde. J’estime qu’un.e artiste doit faire preuve d’ouverture d’esprit lorsqu’il y a des changements technologiques dans notre société et voir comment on peut travailler avec de nouveaux outils de production artistique.
Cette manière d’aborder la technologie s’inscrit dans ma démarche d’art numérique humaniste (ANH), où les outils — numériques ou algorithmiques — demeurent au service de la sensibilité humaine, de l’imaginaire et de l’expérience vécue. → Art numérique humaniste — Corpus théorique et développements
Il n’y a aucun outil qui remplace la créativité humaine… ce sont les artistes qui doivent utiliser les outils (pinceaux, crayons, logiciels ou IA) pour créer… un pinceau ne peut créer une œuvre sans un.e peintre pour le diriger. Une IA ne peut créer une œuvre artistique sans la sensibilité humaine pour la diriger…
Je considère l’IA comme un outil mais aussi comme une co-créatrice car parfois elle me fait des propositions artistiques auxquelles je n’aurais jamais pensé. Le générateur d’images devient un outil contemporain de production artistique et un co-créateur au niveau de la conception.
Bien entendu il faudra encadrer l’IA avec des lois pour le respect des droits d’auteurs et il faut surtout encourager une utilisation éthique et responsable des générateurs d’images.
Je vous invite à découvrir la série Comprendre la culture d’aujourd’hui, une série de micro-essais consacrés à l’expérience humaine, à la culture contemporaine et au monde en réseau.