Nous marchons, entre poésie et art numérique, sur les traces du mouvement, de l’élan et de la mémoire du geste.

Cet article fait partie de la série
Poésie visuelle & écritures numériques
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Un projet entre poésie, dessin et mouvement
Depuis toujours, la marche est un acte simple et symbolique : mouvement du corps, quête de sens, passage vers un ailleurs. Ce projet est né de cette impulsion — marcher, avancer, poursuivre une ligne invisible, intérieure et incertaine.
À travers un poème central et une série de dessins sur papier transformés en estampes numériques, j’explore différentes facettes de ce mouvement : l’effort, l’élan, l’errance, la chute, le désir, la mémoire.
Le titre, Nous marchons… Vers quoi ? Vers qui ?, évoque cette marche collective ou solitaire que nous empruntons tous — parfois lucides, parfois égarés.
Le projet puise aussi dans l’inspiration de deux œuvres marquantes :
– L’Homme qui marche d’Alberto Giacometti, figure tendue vers l’avant,
– et Walking, film d’animation de Ryan Larkin, célébration sensible du corps en mouvement.
Ce travail est une traversée : une suite de pas entre poésie numérique, arts visuels et mémoire du geste, inscrite dans ma démarche d’art numérique humaniste, où le corps, le mouvement et l’expérience humaine demeurent centraux.
Cet article s’inscrit dans la série Poésie visuelle & écritures numériques, où j’explore la rencontre entre le texte, le dessin et le mouvement dans une approche d’art numérique humaniste.
Aller de l’avant jusqu’à la fin du voyage …
Le poème : Nous marchons
Nous marchons
Nous marchons,
vers quoi ?
vers qui ?
parfois je marche
parfois je cours
parfois je vole …
Je croise
des vies à vendre
des corps à louer
je marche
de bouteilles
en bouteilles
je cours
de corps
en corps
je vole de dérives
en dérives
vers le silence d’après
parfois je danse
je virevolte
de page en page
aller de l’avant
jusqu’à la fin
du voyage …
La marche comme langage
Dans ce projet, la marche devient une forme d’écriture.
Chaque pas, chaque geste, chaque déplacement du corps agit comme un langage sensible, entre mémoire, errance et recherche de sens.
Dessins & Estampes numériques
Les dessins ont été réalisés avec les mediums suivants : crayons, encre, pastel, acrylique et gouache. Chaque œuvre a d’abord pris forme sur papier aquarelle avant de trouver une seconde vie en estampe numérique.
La marche vers le silence
Le dessin sur papier

L’estampe numérique

Je marche et je danse
Le dessin sur papier

L’estampe numérique

Le promeneur surréaliste
Le dessin sur papier

L’estampe numérique

Parfois je marche, parfois je cours
Le dessin sur papier

L’estampe numérique

Aller de l’avant jusqu’à la fin du voyage
Le dessin sur papier

L’estampe numérique

Un clin d’œil à L’Homme qui marche

Giacometti : marcher vers l’inconnu
La sculpture L’Homme qui marche d’Alberto Giacometti est une œuvre emblématique.
Il en existe plusieurs versions — autant de figures humaines tendues vers l’avant, avançant vers on ne sait quoi : vers le futur, vers la suite, vers leur destinée…
Cette œuvre magistrale m’a profondément influencé. Elle a nourri mon désir d’écrire et de créer des images autour de la marche — cette marche intérieure, incertaine, persistante… vers ce que l’on ignore encore.
Un clin d’œil à Walking de Ryan Larkin

Le film d’animation Walking de Ryan Larkin a aussi influencé mon travail. Ce court-métrage saisit avec sensibilité la beauté simple et complexe du corps en mouvement.
J’ai publié sur mon site le poème WALKING | JE MARCHE, qui a été écrit en pensant a ce film et qui trouve toute sa place dans ce projet sur la marche.
Le voici :
WALKING | JE MARCHE
je déambule, je funambule
je marche
monologues de ville en bouche ;
je parle seul dans la grande ville
ermite urbain
croqueur de poésie de ville
je marche
Walking
Ryan Larkin : célébrer le mouvement
Le film Walking a été réalisé par Ryan Larkin et produit par l’Office national du film du Canada (ONF) en 1968. Il a été nominé pour l’Oscar du meilleur court-métrage d’animation lors de la 42e cérémonie des Oscars, en 1969.
📺 Voir Walking sur YouTube (5 min):
Film produit par l’ONF (1968), nominé aux Oscars. Une source d’inspiration pour ce projet.
Un regard plus intime sur Ryan Larkin
Après Walking, un film qui célèbre la beauté du corps en mouvement, une autre œuvre majeure permet d’approfondir la trajectoire de son créateur :
Ryan, court-métrage d’animation documentaire réalisé en 2004 par Chris Landreth, nous entraîne dans les replis d’une vie marquée par le génie, le doute et la chute.
Ce film, primé aux Oscars, donne la parole à Ryan Larkin lui-même — alors marginalisé et en rupture avec son passé artistique. Par un jeu de portraits déconstruits et d’effets visuels déroutants, Ryan explore la fragilité psychique et l’épuisement créatif… tout en rendant un hommage bouleversant à l’artiste derrière Walking.
C’est une œuvre sur l’après, sur les blessures invisibles, sur ce qui reste quand la marche s’essouffle
Voir le film (14 min) :
Variation sur le thème L’Homme qui marche
Un micro poème toujours sur le même thème pour terminer:

J’ai publié sur mon site ce poème-image; une estampe numérique produite à partir d’une de mes sculptures. C’est une variation de thème de l’Homme qui marche,
L’homme qui marche
L’homme qui marche
La douleur du texte
L’image dans le
sens des mots
Art numérique humaniste et mémoire du geste
Cette œuvre s’inscrit dans ma démarche en art numérique humaniste, où le corps, le mouvement et la transformation des images à travers les médiums prolongent l’expérience humaine dans le réseau.
Du dessin à l’estampe numérique, le geste initial se déploie et circule sous différentes formes.
La fabrication des images

Voici une vue partielle de mon atelier au moment de la création de ce projet.
Mots de la fin
Nous marchons.
Toujours.
Par nécessité ou par instinct.
Par espoir, par fatigue, par mémoire.
Ce projet est né de cette marche, réelle ou intérieure —
celle qui nous fait avancer malgré les incertitudes,
celle qui nous relie les uns aux autres,
celle qui nous mène, peut-être,
vers nous-mêmes.
Chaque trait, chaque mot, chaque pas,
porte la trace d’un mouvement plus grand.
Merci d’avoir marché ici, un instant.
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Cette œuvre s’inscrit dans ma démarche d’art numérique humaniste, où les images et les mots deviennent des formes de présence et de mémoire dans l’espace numérique.
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Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur