Un poème contemporain sur la démence et la maladie d’Alzheimer, explorant la désintégration de l’identité, la perte de mémoire et les éclats de lucidité dans les marges de la conscience.

Cet article fait partie de la série
L’expérience humaine – Une série de poèmes sur la condition humaine
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À travers une écriture fragmentaire et sensorielle, ce poème explore la lente dérive cognitive et émotionnelle liée à la maladie d’Alzheimer. Une immersion poétique dans les territoires incertains de la mémoire, entre perception altérée, disparition de soi et éclats de lucidité.
Ce poème s’inscrit dans une réflexion plus large sur la mémoire, la désintégration de l’identité et la fragilité humaine, au cœur de ma démarche d’art numérique humaniste.
Mémoire, identité et désintégration
Dans ce poème, j’explore la perte progressive de la mémoire et l’effritement de l’identité. Entre fragments, répétitions et perceptions altérées, l’écriture tente de saisir ce qui disparaît.
Poésie sur le thème de la
démence et de la
maladie d’Alzheimer
entre silences et absences _
diagnostic en paroles d’ébène
maladie de l’oubliance
en espace liminal
créer des souvenirs pour les effacer;
Émergence du vide et du silence
en danse elliptique – rupture –
mouvements et balancements
dans les cendres de mémoire
instants éphémères
dissolution progressive
abstraction
l’effondrement …
l’implosion
l’odeur passée de l’humus en forêt
aucun sens ne se souvient
de la peau douce
des mots et des pensées disloqués
dans un cadre de porte
au seuil d’un cadre de porte …
réminiscence de l’oubli
en état suspendu
perception altérée du temps
et des images effacées
tête morcelée en collages cubistes
« vivre avec »
des réalités en fragments d’identités
souvent déconstruites
éclats d’impressions et de sensations
un orignal marche au travers des
arbres sur le mur blanc
de la chambre de l’hôpital –
vagabondage labyrinthique
… errance en territoire mental
on garde les portes barrées
dans l’aile de la démence –
l’inacceptable
sous
contention
dans un lit de camp
une odeur de camphre
traces imprimées
en lignes brisées
temporalité fractale
découpée
le piano du salon des malades
avale mes mains coupées
je joue des arpèges descendants
dans les mécanismes
des horloges déréglées
j’oublie musique
et chants – métronome
de démesure
et de rythme irrégulier
obsession et boucle mentale
sans fin répéter répéter
je dessine au fusain
sur la pénombre
de mon identité fragmentée
j’écris à l’encre noire
sur une feuille
de nuit morcelée
fragmentation de ma dérive
en sculptant dans le marbre
de mes peurs
voyance, prédiction :
l’avenir sera leurre
« orphelinage des souvenirs;
NOUS vous oublierons »
Art numérique humaniste et mémoire fragmentée
Ce poème s’inscrit dans ma démarche en art numérique humaniste, où la mémoire — même altérée ou en voie de disparition — demeure une trace essentielle de l’expérience humaine.
À travers sa diffusion dans le réseau, ce texte devient une présence fragile, une tentative de conserver ce qui s’efface.
🔹 Explorer autour de la mémoire et de l’oubli
→ Le cadre de porte — poème sur la maladie d’Alzheimer
→ Le Maelstrom : l’entre-deux — poème sur la mémoire et la confusion
🔹 Prolonger cette exploration
→ Sculptures Alzheimer — mémoire et fragilité humaine
🔹 Dans le cadre de la série
→ L’expérience humaine — série de poèmes sur la condition humaine
🔹 Démarche artistique
→ Art numérique humaniste — corpus et développements
Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur