Poèmes courts sur le deuil et la mort #15 – Le deuil jusque dans les os

Ce poème court évoque un deuil ressenti jusque dans le corps, lorsque la souffrance
semble atteindre les os et nous porter tout entiers.

Le deuil jusque dans les os, poème court sur la souffrance profonde ressentie lors d’un deuil

Cet article fait partie de la série
POÈMES COURTS SUR LE DEUIL ET LA MORT
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Le deuil jusque dans les os

J’avais souffrance dans l’ossuaire
Le deuil me portait

Commentaire / Réflexion

Le deuil peut parfois sembler habiter le corps autant que l’esprit. La souffrance n’est plus seulement une émotion : elle devient une présence profonde, presque enfouie jusque dans les os.

Le dernier vers inverse l’expression habituelle : ce n’est plus la personne qui porte son deuil, mais le deuil qui la porte. Cette inversion évoque le poids de la perte lorsqu’elle semble prendre possession de toute l’existence.

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Cette publication fait partie de la série Poèmes courts sur le deuil et la mort, une collection d’œuvres poétiques et visuelles autour du deuil, de la perte et de la mémoire.

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Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

Poèmes courts sur le deuil et la mort #14 – Fracas de deuil

Ce poème court évoque le choc du deuil, lorsque la perte transforme soudainement les émotions en fracas.

Fracas de deuil, poème court sur le choc émotionnel vécu lors d’un deuil

Cet article fait partie de la série
POÈMES COURTS SUR LE DEUIL ET LA MORT
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Fracas de deuil

C’était un matin de deuil
Mes émotions n’étaient que fracas

Commentaire / Réflexion

Le deuil peut surgir comme un bouleversement intérieur. Ce qui semblait encore familier quelques instants auparavant devient soudainement instable, traversé par des émotions difficiles à contenir.

Dans ce poème, le mot « fracas » exprime ce moment où la perte vient rompre le cours ordinaire de la vie. Un matin comme les autres devient alors un matin de deuil.

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Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

Témoin d’un temps itinérant – Poème sur la condition humaine

Dessin au fusain d’un visage aux yeux clos, évoquant la mémoire, la présence intérieure et l’expérience humaine
Dessin au fusain sur papier, 2020

Trouver sa place

Poème

Témoin d’un temps itinérant

Je témoigne du temps
je témoigne d’un temps
de l’espace à mots
je texte des dires
j’illustre des vues

Les histoires sont souvenirs
j’en ai plein les poches
des grenailles de
mémoire mise à nu

je me suis planté dans
un jardin de sculptures
pour ne plus déambuler
dans la ville
je ne suis plus itinérant(e).
je suis itinérance.

Passer de l’état
à l’essence.

Commentaire

Ce poème, minimaliste, a été écrit en 2020.
Il évoque l’expérimentation dans la vie comme un processus intérieur, fait d’essais, de déplacements et de métamorphoses, qui nous amène peu à peu à trouver notre place.
J’y aborde l’écriture comme une manière d’habiter le monde, de témoigner du temps, et de transformer l’errance en présence.

Ce poème s’inscrit dans une démarche de poésie humaniste québécoise, attentive à la mémoire, à la présence et à l’expérience humaine.

L’art numérique humaniste parle de nous.

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Cette publication fait partie de la série L’expérience humaine – Une série de poèmes sur la condition humaine

Cette série s’inscrit dans ma démarche globale d’art numérique humaniste, explorant la condition humaine à travers la poésie, l’image et le langage numérique.

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Découvrez aussi ma série de poèmes courts sur le deuil et la mort:

👉 POÈMES COURTS SUR LE DEUIL ET LA MORT – Série complète de poésie contemporaine

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Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

The Horizon of Circulation

How Mediators Transform the Journey of Works, Ideas and Knowledge

Perspective spheres illustrating the horizon of circulation of works, ideas and knowledge through the cultural mediators of each era.

Read this article in French:
L’horizon de circulation

This article grew out of my observations of the Web since the mid-1990s. Here is what I have observed. Let us look at it together.

You connect to the Internet. You perform a search. A few seconds later, you discover a text written by someone living on the other side of the world. It is written in a language you do not understand. An artificial intelligence instantly translates it for you. You begin reading immediately.

This experience has become so commonplace that it now seems perfectly natural. Yet only a few decades ago, such an encounter with another culture would have been difficult, if not impossible, for most people.

This raises an obvious question: what made this encounter possible?

The most immediate answer is the Internet, search engines, digital platforms and, more recently, artificial intelligence. These technologies undeniably play an essential role. Every day, they make billions of publications accessible to millions of people around the world.

Yet, when we look more closely at this evolution, another reality emerges.

Search engines, digital platforms and artificial intelligence may simply be the latest representatives of a much older story: the story of mediators.

Throughout history, works, ideas and knowledge have circulated through intermediaries that transmit, preserve, organize and make them accessible. Depending on the period, these mediators have taken many different forms: storytellers, scribes, copyists, printers, booksellers, librarians, teachers, critics, journalists, publishers, search engines, digital platforms and artificial intelligence.

Technologies change. Mediators evolve. Yet the human need remains the same: to transmit works, ideas and knowledge to other people.

This reflection gradually emerged from my observations of the Web since the mid-1990s and from more than twenty years of publishing on the Internet. I have published artworks, texts, poems and essays online throughout that time. Over the years, I have witnessed the emergence of search engines, social media, digital platforms and, more recently, generative artificial intelligence. Each of these transformations has changed the way publications can be discovered and circulate.

Little by little, one question kept returning.

Why do some publications seem capable of travelling across the world while others remain almost invisible, even when they appear equally valuable?

Concepts such as visibility, discoverability, dissemination and transmission help explain part of this reality. More recently, digital marketing has popularized the notion of reach, which measures the number of people a publication can reach within a given context.

These concepts are essential. Yet, through years of observation, I gradually came to feel that they described only part of the phenomenon.

They explain how a publication becomes visible, how it can be found, or how many people it reaches. They account less well, however, for another dimension: the potential journey that a work, an idea or a piece of knowledge can undertake according to the mediators available in a given period. Yet it is precisely this evolution that makes new encounters possible between publications and human beings.

This observation gradually led me to propose another way of looking at the circulation of publications.

I call the horizon of circulation the potential extent of the journey that a work, an idea or a piece of knowledge can undertake, as made possible by the mediators of a given era.

How Mediators Transform the Horizon of Circulation

When we look at the history of cultural transmission from this perspective, a clear pattern gradually emerges.

Every era introduces new mediators that transform the ways works, ideas and knowledge can circulate.

For thousands of years, oral tradition was the primary means of transmission. Stories, songs, knowledge and traditions were passed on through the memory of individuals and communities. The horizon of circulation was therefore relatively limited. A work could survive for generations, but its journey depended entirely on the people who remembered and transmitted it.

The invention of writing profoundly changed this situation. Ideas no longer depended solely on human memory. They could be recorded, preserved and copied. Manuscripts enabled certain works to survive long after their authors had disappeared, even though their circulation remained limited by the slow work of copyists and the small number of available copies.

The printing press marked another major turning point. Producing hundreds, and later thousands, of copies of the same book became possible. Booksellers, publishers and libraries, in turn, expanded the possibilities for circulation. Works could now reach a much wider audience.

Over the following centuries, other mediators appeared: schools, universities, critics, newspapers, radio, television and numerous cultural institutions. Each contributed, in its own way, to the circulation of works, ideas and knowledge.

The arrival of the Web opened a new chapter.

For the first time in history, a single publication could become accessible almost instantly on a global scale. This does not mean that it will be read everywhere. It does, however, radically transform the possibilities of its journey.

Search engines, followed by digital platforms and, more recently, artificial intelligence, have extended this evolution. They create new possibilities for circulation and, in turn, reshape the ways works, ideas and knowledge can be discovered.

Looking back at this succession of transformations, one idea gradually becomes clear.

Each era changes more than the means of transmission. It also transforms the potential extent of the journey that a publication can undertake.

For this reason, I find it useful to speak of a horizon of circulation, rather than simply of dissemination.

The image of a horizon evokes a space of possibilities.

As new mediators emerge, this space expands, changes and is continually reconfigured. New paths become possible, while others gradually lose their importance.

New mediators do not necessarily replace the previous ones. Oral tradition still exists. Printed books continue to circulate. Libraries, teachers and cultural institutions remain essential actors in the transmission of knowledge and culture.

Each era therefore adds new mediators that gradually reshape the possibilities for the circulation of works, ideas and knowledge.

It is this continuous evolution — from the earliest oral traditions to today’s algorithmic mediators — that the concept of the horizon of circulation seeks to make visible.

A Horizon of Circulation Is Not a Guarantee of Dissemination

The concept of the horizon of circulation does not seek to predict the fate of a publication.

It simply describes the possibilities made available by the mediators of a given era.

To better understand this idea, let us consider the example of a poem.

A poem may be recited at a poetry reading before an audience of ten people. It may also be published in a printed collection distributed through a handful of bookstores, reaching a few hundred readers.

The same poem can also be published on the Web. It then becomes potentially accessible to readers all over the world. Search engines can index it. Digital platforms can recommend it. An artificial intelligence can quote it, summarize it or present it to someone who might otherwise never have encountered its author.

Yet the poem itself has not changed.

What has changed is not the work.

What has changed is the range of possible journeys it may take.

That is precisely what I call its horizon of circulation.

This does not mean that the poem will necessarily be read by thousands of people. It may remain almost invisible despite this much broader horizon.

A horizon of circulation does not describe what will actually happen.

It describes what has become possible.

This distinction allows us to differentiate the horizon of circulation, which represents the journey potentially made possible by the mediators of a given era, from effective circulation, that is, the journey a publication actually follows.

The two concepts are complementary. The horizon of circulation describes a space of possibilities, while effective circulation tells the actual story of a work, an idea or a piece of knowledge.

The concept of the horizon of circulation therefore does not replace notions such as visibility, discoverability, dissemination, transmission or reach.

It simply offers another way of observing the phenomenon.

Rather than focusing only on what a publication actually achieves, it invites us to consider the range of journeys that mediators make possible in a given period.

Mediators continue to evolve, and with them, the possibilities for the circulation of works, ideas and knowledge. Understanding this evolution may also help us better understand how global networked culture continues to change.

A broader horizon of circulation does not guarantee the long-term survival of a work, an idea or a piece of knowledge. It can, however, multiply the opportunities for it to be rediscovered, transmitted, translated, archived or brought back into circulation over time. A horizon of circulation does not ensure permanence, but it can help create the conditions that make it possible.

Every publication is a fragment of humanity. A trace entrusted to the mediators of its time and launched toward its own horizon of circulation.

Further Reading

This article is part of a broader reflection on the circulation of works, ideas and knowledge within global networked culture.

🟦 You Publish… But Are You Really Seen?

🟦 How Far Can a Publication Go?

🟦 Global Culture as a Moving Mosaic

🟦 Understanding Today’s Culture

🟦 Why Do Some Human Traces Endure Through Time?


© Gilles Vallée | Humanist Digital Artist, Poet, Sculptor

L’horizon de circulation

Comment les médiateurs transforment le parcours des œuvres, des idées et des connaissances

Sphères en perspective illustrant l'horizon de circulation des œuvres, des idées et des connaissances à travers les médiateurs de chaque époque.

Read this article in English:
The Horizon of Circulation

Cet article est né de mes observations du Web depuis le milieu des années 1990. Voici ce que j’ai observé. Regardons cela ensemble.

Vous vous connectez à Internet. Vous effectuez une recherche. Quelques secondes plus tard, vous découvrez un texte écrit par une personne vivant à l’autre bout du monde. Il est rédigé dans une langue que vous ne comprenez pas. Une intelligence artificielle vous en propose une traduction instantanée. Vous le lisez immédiatement.

Cette scène est devenue si banale qu’elle paraît aujourd’hui naturelle. Pourtant, une telle rencontre avec la culture aurait été difficile, voire impossible, pour la plupart des êtres humains il y a seulement quelques décennies.

Une question s’impose alors : qu’est-ce qui a rendu cette rencontre possible ?

La réponse la plus évidente est Internet, les moteurs de recherche, les plateformes numériques ou, plus récemment, les intelligences artificielles. Ces technologies jouent un rôle essentiel. Chaque jour, elles rendent accessibles des milliards de publications à des millions de personnes partout dans le monde.

Mais, en observant cette évolution plus attentivement, une autre réalité apparaît.

Les moteurs de recherche, les plateformes numériques et les intelligences artificielles ne sont peut-être que les plus récents représentants d’une histoire beaucoup plus ancienne : celle des médiateurs.

Depuis toujours, les œuvres, les idées et les connaissances circulent grâce à des intermédiaires qui les transmettent, les conservent, les organisent ou les rendent accessibles. Selon les époques, ces médiateurs ont pris des formes très diverses : conteurs, scribes, copistes, imprimeurs, libraires, bibliothécaires, enseignants, critiques, journalistes, éditeurs, moteurs de recherche, plateformes numériques ou intelligences artificielles.

Les technologies changent. Les médiateurs évoluent. Pourtant, le besoin humain demeure le même : transmettre des œuvres, des idées et des connaissances à d’autres personnes.

Cette réflexion est née progressivement de mes observations du Web depuis le milieu des années 1990 et de plus de vingt ans de publication sur Internet. J’y publie des œuvres, des textes, des poèmes et des réflexions. Au fil des années, j’ai vu apparaître les moteurs de recherche, les réseaux sociaux, les plateformes numériques, puis les intelligences artificielles génératives. Chacune de ces transformations a modifié la manière dont les publications pouvaient être découvertes et circuler.

Peu à peu, une question s’est imposée.

Pourquoi certaines publications semblent-elles pouvoir parcourir le monde alors que d’autres demeurent presque invisibles, même lorsqu’elles présentent un intérêt comparable ?

Les notions de visibilité, de découvrabilité, de diffusion et de transmission permettent d’éclairer une partie de cette réalité. Plus récemment, le marketing numérique a popularisé la notion de portée (reach), qui mesure le nombre de personnes qu’une publication peut rejoindre dans un contexte donné.

Ces notions sont indispensables. Pourtant, au fil de mes observations, j’avais l’impression qu’elles ne décrivaient qu’une partie du phénomène.

Elles expliquent comment une publication devient visible, peut être trouvée ou peut rejoindre un certain nombre de personnes. En revanche, elles rendent moins bien compte d’une autre dimension : l’évolution du parcours potentiellement offert à une œuvre, à une idée ou à une connaissance selon les médiateurs disponibles à une époque donnée. C’est pourtant cette évolution qui rend possibles de nouvelles rencontres entre les publications et les êtres humains.

C’est cette observation qui m’a progressivement conduit à proposer une autre manière de regarder la circulation des publications.

J’appelle horizon de circulation l’étendue potentielle du parcours d’une œuvre, d’une idée ou d’une connaissance, telle qu’elle est rendue possible par les médiateurs d’une époque.

Les médiateurs transforment l’horizon de circulation

Si l’on regarde l’histoire de la transmission culturelle sous cet angle, une idée apparaît progressivement.

Chaque époque voit apparaître de nouveaux médiateurs qui transforment les possibilités de circulation des œuvres, des idées et des connaissances.

Pendant des millénaires, l’oralité constitue le principal moyen de transmission. Les récits, les chants, les connaissances et les traditions circulent grâce à la mémoire des individus et des communautés. L’horizon de circulation demeure alors relativement limité. Une œuvre peut traverser plusieurs générations, mais son parcours dépend entièrement des personnes qui la mémorisent et la transmettent.

L’apparition de l’écriture transforme profondément cette situation. Les idées ne dépendent plus uniquement de la mémoire humaine. Elles peuvent être inscrites sur un support, conservées et copiées. Les manuscrits permettent alors à certaines œuvres de survivre bien au-delà de leurs auteurs, même si leur diffusion demeure limitée par la lenteur du travail des copistes et par le faible nombre d’exemplaires disponibles.

L’imprimerie marque une nouvelle étape. Produire plusieurs centaines, puis plusieurs milliers d’exemplaires d’un même livre devient possible. Les libraires, les éditeurs et les bibliothèques contribuent à leur tour à élargir les possibilités de circulation. Les œuvres rejoignent désormais un public beaucoup plus vaste.

Au cours des siècles suivants, d’autres médiateurs s’ajoutent : les écoles, les universités, les critiques, les journaux, la radio, la télévision et de nombreuses institutions culturelles. Chacun participe, à sa manière, à la circulation des œuvres, des idées et des connaissances.

L’arrivée du Web ouvre ensuite une nouvelle période.

Pour la première fois dans l’histoire, une même publication peut devenir accessible presque instantanément à l’échelle mondiale. Cela ne signifie évidemment pas qu’elle sera lue partout. En revanche, les possibilités de son parcours changent radicalement.

Les moteurs de recherche, puis les plateformes numériques et, plus récemment, les intelligences artificielles, prolongent cette évolution. Ils ouvrent de nouvelles possibilités de circulation et modifient à leur tour la manière dont les œuvres, les idées et les connaissances peuvent être découvertes.

En observant cette succession de transformations, une idée s’impose peu à peu.

Chaque époque ne modifie pas seulement les moyens de transmettre. Elle transforme aussi l’étendue potentielle du parcours qu’une publication peut accomplir.

C’est pourquoi il me semble utile de parler d’horizon de circulation plutôt que simplement de diffusion.

L’image de l’horizon évoque un espace de possibilités.

À mesure que de nouveaux médiateurs apparaissent, cet espace s’élargit, se transforme et se recompose. De nouvelles voies s’ouvrent tandis que d’autres perdent progressivement de leur importance.

Les nouveaux médiateurs ne remplacent d’ailleurs pas nécessairement les précédents. L’oralité existe toujours. Les livres imprimés continuent de circuler. Les bibliothèques, les enseignants et les institutions culturelles demeurent des acteurs essentiels de la transmission.

Chaque époque ajoute ainsi de nouveaux médiateurs qui recomposent progressivement les possibilités de circulation des œuvres, des idées et des connaissances.

C’est cette évolution continue, des premières traditions orales jusqu’aux médiateurs algorithmiques contemporains, que le concept d’horizon de circulation cherche à rendre visible.

Un horizon de circulation n’est pas une garantie de diffusion

Le concept d’horizon de circulation ne cherche pas à prédire le destin d’une publication.

Il décrit simplement les possibilités qu’offrent les médiateurs d’une époque.

Pour mieux comprendre cette idée, prenons l’exemple d’un poème.

Un poème peut être récité lors d’une soirée de poésie devant une dizaine de personnes. Il peut aussi être publié dans un recueil distribué dans quelques librairies et rejoindre quelques centaines de lecteurs.

Ce même poème peut également être publié sur le Web. Il devient alors potentiellement accessible à des lecteurs situés partout dans le monde. Les moteurs de recherche peuvent l’indexer. Les plateformes peuvent le recommander. Une intelligence artificielle peut le citer, le résumer ou le proposer à un utilisateur qui n’aurait jamais rencontré son auteur autrement.

Le poème est pourtant le même.

Ce qui change, ce n’est pas l’œuvre.

Ce sont les possibilités de son parcours.

C’est précisément ce que j’appelle son horizon de circulation.

Cela ne signifie évidemment pas que le poème sera lu par des milliers de personnes. Il pourra demeurer presque invisible, malgré cet horizon beaucoup plus vaste.

L’horizon de circulation ne décrit donc pas ce qui se produira.

Il décrit ce qui devient possible.

On peut ainsi distinguer l’horizon de circulation, qui représente le parcours potentiellement rendu possible par les médiateurs d’une époque, de la circulation effective, c’est-à-dire le parcours réellement accompli par une publication.

Les deux notions sont complémentaires : l’horizon de circulation décrit un espace de possibilités, tandis que la circulation effective raconte le parcours réellement accompli par une œuvre, une idée ou une connaissance.

L’horizon de circulation ne remplace donc pas les notions de visibilité, de découvrabilité, de diffusion, de transmission ou de portée (reach).

Il propose simplement une autre manière d’observer le phénomène.

Au lieu de s’intéresser uniquement à ce qu’une publication accomplit, il invite à regarder les possibilités de parcours que les médiateurs rendent accessibles à une époque donnée.

Les médiateurs continuent d’évoluer et, avec eux, les possibilités de circulation des œuvres, des idées et des connaissances. Comprendre cette évolution permet peut-être de mieux comprendre la manière dont se transforme la culture mondiale en réseau.

Un horizon de circulation plus vaste ne garantit pas la pérennité d’une œuvre, d’une idée ou d’une connaissance. En revanche, il peut multiplier les occasions d’être retrouvée, transmise, traduite, archivée ou redécouverte au fil du temps. L’horizon de circulation n’assure donc pas la pérennité, mais il peut contribuer à créer les conditions qui la rendent possible.

Chaque publication est un fragment de l’humanité. Une trace confiée aux médiateurs
de son époque et lancée vers son horizon de circulation.


Pour aller plus loin

🟦 Vous publiez… mais êtes-vous vraiment vu ?

🟦 Jusqu’où une publication peut-elle aller ?

🟦 La culture mondiale comme mosaïque mouvante

🟦 Comprendre la culture d’aujourd’hui

🟦 Pourquoi certaines traces humaines traversent-elles le temps ?


© Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

How Far Can a Publication Go?

The Horizon of Circulation in Global Culture

Black-and-white checkered spheres gradually receding into a vast white space, illustrating the horizon of circulation of works, ideas and knowledge through cultural mediators.

Read this article in French:
Jusqu’où une publication peut-elle aller ?

An everyday scene:

You log on.
You search for a topic that interests you.
Within seconds, you find a fascinating article.
You read it.

Then you discover that it was written by someone living on the other side of the world and translated so that you could read it.

You realize that only a few decades ago, you probably would never have had access to that text.

What made this encounter possible?

For centuries, works, ideas and knowledge have circulated through mediators such as storytellers, scribes, booksellers, librarians, teachers and critics. Today, new algorithmic mediators — search engines, digital platforms and artificial intelligence — also play an essential role in their circulation.

In our example, it is precisely these new mediators that made this encounter possible.

Mediators make encounters possible. But their ability to circulate a publication also depends on the way it is published.

Choosing how to publish

Take the example of a poet who wishes to share a poem.

The poet may choose to recite the poem during a poetry reading before an audience of about ten people, without publishing it.

The poet may also decide to publish it in a printed poetry collection distributed through a few bookstores, reaching a few hundred readers.

Or the poet may publish it online, where it can be shared, indexed by search engines, recommended by digital platforms, sometimes cited by artificial intelligence, and discovered by tens of thousands of readers around the world.

The poem is exactly the same.

What changes is the potential extent of its journey.

This is what I call the horizon of circulation.

Several ways of making a text accessible coexist. If we choose to publish it, each publishing method opens a different horizon of circulation. The chosen method of publication therefore influences the potential extent of the circulation of a work, an idea or a piece of knowledge.

I have used the example of a poem, but the same phenomenon applies to every publication: a work of art, an idea, a piece of knowledge or even a simple personal testimony.

Algorithmic mediators now allow certain publications to reach a horizon of circulation on the scale of global culture.

Choosing how to publish also means choosing how far a publication may potentially travel.


📚 View all Micro-Essays

This text is part of the series Understanding Today’s Culture, a chronicle of global networked culture.

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Further Reading

🟦 You Already Use Artificial Intelligence

🟦 You Publish… But Are You Really Seen?

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🟦 AI in Art: Beyond Creation, the Algorithms That Organize Global Culture

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© Gilles Vallée | Humanist Digital Artist, Poet, Sculptor

Jusqu’où une publication peut-elle aller ?

L’horizon de circulation dans la culture mondiale

Sphères en damier noir et blanc diminuant progressivement dans un vaste espace blanc pour illustrer l'horizon de circulation des œuvres, des idées et des connaissances grâce aux médiateurs culturels.

Read this article in English:
How Far Can a Publication Go?

Une scène de la vie quotidienne :

Vous vous connectez.
Vous faites une recherche sur un sujet qui vous intéresse.
En quelques secondes, vous trouvez un texte passionnant.
Vous le lisez.

Puis vous découvrez qu’il a été écrit par une personne vivant à l’autre bout du monde et traduit pour vous permettre de le lire.

Vous réalisez alors qu’il y a seulement quelques décennies, vous n’auriez probablement jamais eu accès à ce texte.

Qu’est-ce qui a rendu cette rencontre possible ?

Pendant des siècles, les œuvres, les idées et les connaissances ont circulé grâce à des médiateurs comme les conteurs, les copistes, les libraires, les bibliothécaires, les enseignants ou les critiques. Aujourd’hui, de nouveaux médiateurs algorithmiques — moteurs de recherche, plateformes numériques et intelligences artificielles — jouent à leur tour un rôle essentiel dans leur circulation.

Dans notre exemple, ce sont précisément ces nouveaux médiateurs qui ont rendu cette rencontre possible.

Les médiateurs rendent les rencontres possibles. Mais leur capacité à faire circuler une publication dépend aussi du mode de publication choisi.

Choisir comment publier

Prenons l’exemple d’un poète ou d’une poétesse qui souhaite diffuser un de ses poèmes.

Cette personne peut choisir de réciter son poème lors d’une soirée de poésie devant une dizaine de personnes, sans le publier.

Elle peut aussi décider de le publier dans un recueil papier distribué dans quelques librairies et rejoindre quelques centaines de lecteurs.

Ou encore, elle peut le publier en version numérique sur le Web, où il pourra être partagé, indexé par les moteurs de recherche, recommandé par des plateformes, parfois cité par des intelligences artificielles et découvert par des dizaines de milliers de lecteurs vivant partout dans le monde.

Le poème est le même.

Ce qui change, c’est l’étendue potentielle de son parcours.

C’est ce que j’appelle l’horizon de circulation.

Plusieurs façons de rendre un texte accessible coexistent. Si l’on choisit de le publier, chaque mode de publication ouvre un horizon de circulation différent. Le choix du mode de publication influence donc l’étendue potentielle de la circulation d’une œuvre, d’une idée ou d’une connaissance.

J’ai pris l’exemple d’un poème, mais le même phénomène s’applique à toute publication : une œuvre, une idée, une connaissance ou un simple témoignage.

Les médiateurs algorithmiques permettent à certaines publications d’atteindre un horizon de circulation à l’échelle de la culture mondiale.

Choisir comment publier, c’est aussi choisir jusqu’où une publication pourra potentiellement aller.


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Ce texte fait partie de la série Comprendre la culture d’aujourd’hui, une chronique de la culture mondiale en réseau.

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Pour aller plus loin

🟦 Vous utilisez déjà l’intelligence artificielle

🟦 Qui fabriquera la reconnaissance culturelle et artistique demain ?

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© Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

You Already Use Artificial Intelligence

The Real Impact of AI on Art and Culture

Black-and-white cube symbolizing the circulation of culture through digital networks, featuring the silhouette of a human observer. Illustration for the micro-essay "You Already Use Artificial Intelligence."

Read this article in French:
Vous utilisez déjà l’intelligence artificielle

An everyday moment:

You log on.

You are looking for something to read. You ask a search engine a question. A streaming platform recommends a film. An artificial intelligence suggests new cultural discoveries.

A few seconds later, it feels as though you have simply found what you were looking for.

Yet something important has just happened…

You have encountered culture in a way that is very different from how your parents or grandparents did.

For centuries, we have discovered culture and knowledge through mediators: a library, a bookseller, a teacher, a critic… or simply a friend.

Like many people of my generation, I spent years discovering culture exclusively through human mediators.

Today, new mediators have joined this long history… and they are no longer human.

Who now guides our cultural discoveries?

Global culture has become a continuous flow in motion.

Works of art, books, films, articles and ideas no longer circulate only through libraries, booksellers, critics and cultural institutions.

They now move through a vast network where search engines, digital platforms and artificial intelligence also help shape their circulation.

In reality, we have already been accompanied for decades by new mediators that quietly organize part of our encounters with culture.

Whether we realize it or not, we already use artificial intelligence when we search the Internet, watch a video on YouTube, receive a recommendation for a film, a song, a book or an article, or simply when social media platforms decide what appears in our news feeds.

The greatest impact of artificial intelligence is not its ability to create images, texts or music. Its greatest impact lies in its role as a mediator, helping shape our cultural discoveries and the circulation of works, ideas and knowledge.

The mediators are changing. Increasingly, they take the form of search engines, digital platforms and artificial intelligence.

Our desire to discover, share and pass on culture, however, remains profoundly human.


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🟦 Everyone Already Uses AI

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© Gilles Vallée | Humanist Digital Artist, Poet, Sculptor

Vous utilisez déjà l’intelligence artificielle

Le vrai impact de l’IA en art et en culture

Cube noir et blanc évoquant la circulation de la culture dans les réseaux numériques, avec la silhouette d'un observateur intégrée à la composition. Illustration du micro-essai « Vous utilisez déjà l'intelligence artificielle ».

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You Already Use Artificial Intelligence

Une scène de la vie quotidienne :

Vous vous connectez.

Vous cherchez quelque chose à lire. Vous posez une question à un moteur de recherche. Une plateforme vous recommande un film. Une intelligence artificielle vous propose de nouvelles découvertes culturelles.

Quelques secondes plus tard, vous avez l’impression d’avoir simplement trouvé ce que vous cherchiez.

Pourtant, il s’est passé quelque chose d’important…

Vous venez de rencontrer la culture d’une manière bien différente de celle de vos parents ou de vos grands-parents.

Depuis toujours, nous découvrons la culture et la connaissance grâce à des médiateurs : une bibliothèque, un libraire, un enseignant, un critique… ou tout simplement un ami.

Comme beaucoup de lecteurs de ma génération, j’ai longtemps découvert la culture uniquement grâce à des médiateurs humains.

Aujourd’hui, de nouveaux médiateurs s’ajoutent à cette longue histoire… et ils ne sont pas humains.

Qui nous guide désormais dans nos découvertes culturelles ?

La culture mondiale est maintenant un flux en circulation permanente.

Les œuvres, les livres, les films, les articles et les idées ne circulent plus seulement grâce aux bibliothèques, aux libraires, aux critiques et aux institutions.

Ils traversent désormais un immense réseau où les moteurs de recherche, les plateformes numériques et les intelligences artificielles participent eux aussi à leur circulation.

En réalité, nous sommes déjà accompagnés par de nouveaux médiateurs qui organisent discrètement une partie de nos rencontres avec la culture depuis maintenant quelques décennies.

Que nous en soyons conscients ou non, nous utilisons déjà l’intelligence artificielle lorsque nous faisons une recherche sur Internet, lorsque nous regardons une vidéo sur YouTube, lorsqu’une plateforme nous recommande un film, une chanson, un livre ou un article, ou encore lorsque les réseaux sociaux organisent ce qui apparaît dans nos fils d’actualité.

Le plus grand impact de l’intelligence artificielle n’est pas de créer des images, des textes ou de la musique. Il réside dans son rôle de médiateur, en participant à nos découvertes culturelles et à la circulation des œuvres, des idées et des connaissances.

Les médiateurs changent. De plus en plus, ils prennent la forme de moteurs de recherche, de plateformes numériques et d’intelligences artificielles.

Notre besoin de découvrir, de partager et de transmettre la culture, lui, demeure humain.


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Ce texte fait partie de la série Comprendre la culture d’aujourd’hui, une chronique de la culture mondiale en réseau.

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© Gilles Vallée | Artiste Numérique Humaniste, Poète, Sculpteur

You Publish… But Are You Really Seen?

A Reflection on Visibility, Discoverability and Human Encounter

Multilingual mosaic of culture and footprints crossing a network of digital content, illustrating the journey from human traces to visibility, discoverability, human encounter and transmission.

Read this article in French:
Vous publiez… mais êtes-vous vraiment vu ?

I publish often… but I don’t always have readers.

For more than twenty years, I have been publishing works, poems, essays, videos and images on the Web. Some of these publications find their readers. Others remain almost invisible. As I tried to understand why some publications are seen while others pass almost unnoticed, I believed I was simply reflecting on how the digital world works. I had no idea that this question would lead me much further.

When a Simple Question Becomes a Reflection

At first, my question was very simple.

Why do some publications seem to circulate naturally while others remain almost invisible despite all the care devoted to creating them?

Like many people who publish online, I first looked for answers in search engines, social media, algorithms and digital platforms. I learned how to improve the indexing of my content, how to work with metadata and how to increase its discoverability. Yet, despite all these efforts, the question continued to trouble me.

Little by little, three words kept returning in my reading and in my observations:

visibility
discoverability
encounter

Visibility allows content to exist in the public space.
Discoverability increases the chances that it can be found.
But one question remained.

What happens next?

What happens when a text, an image, a photograph, a video or an idea finally becomes visible? What happens when it can finally be discovered?

For a long time, I believed these two concepts were enough to explain how content circulates in the digital world. Yet something seemed to be missing. A publication may be visible. It may even be easy to find. That does not necessarily mean it truly reaches someone.

That is when the third word began to take on greater importance.

Encounter.

At first, I simply understood it as the moment when a publication reaches its reader. A fairly natural idea, after all. But the more I observed the paths taken by my own publications, the more this notion grew in significance.

What Drawings in Caves Taught Me

Then, one day, an image came to mind.

I was thinking about prehistoric drawings discovered in caves that had remained inaccessible for centuries, sometimes for millennia.

The drawings had always existed.
The rock walls had preserved their traces.
Yet, during all that time, no one was looking at them anymore.
Then, one day, explorers rediscover these drawings.
Archaeologists study them.
Researchers try to understand their meaning.
Visitors contemplate them with amazement.
Suddenly, these works become part of our shared history once again.

That was the moment something changed in the way I saw things.

I was no longer looking only at the digital world.

I began to wonder whether the three words that kept returning in my reflection might actually describe something far older.

The works left by our ancestors were there.
They had become visible once again.
They had been discovered.
Then they encountered other human beings.
And that encounter allowed them, thousands of years later, to begin transmitting something once again.

For a long time, this remained only an intuition.

A Book Forgotten for More Than Half a Century

Some time later, a personal experience confirmed this intuition.

I bought a second-hand poetry collection that had been published more than half a century earlier.

The copy was signed by the author. Someone had received it when the book was launched in 1965. More than half a century later, it had left its owner’s personal library and found its way onto the shelves of a second-hand bookstore.

When I opened it, I noticed something I had never expected.

The pages were still uncut, just as they had been on the day the book was published. I had to cut open the top of the pages in order to read the text. For more than half a century, this particular copy had remained on the shelves of a private library without anyone ever opening its pages. I was the first person to read it.

I stood there for a moment, looking at the book.

It had travelled through time.
It had changed owners.
It had been carefully preserved.
Yet, throughout all those years, its reading had remained suspended.
Only when someone finally opened its pages did this work begin to live again.

A few weeks later, I published excerpts from this collection on my website so that other readers could discover it. By sharing these texts, I became a transmitter in my turn. A work that had remained silent for more than fifty years could now encounter new readers and continue its transmission.

At that moment, I realized that this story closely resembled the prehistoric cave paintings I had been thinking about.

Transmission does not depend only on the existence of a trace.
It also depends on the possibility that, one day, someone will encounter it.
A work may be preserved for centuries.
A book may remain untouched for more than half a century.
A publication may remain accessible on the Web for years.
But sooner or later, another human being must encounter it.
That encounter is what sets transmission in motion again.

One Story That Crosses Time

I then asked myself a very simple question.
What if this story was not only about cave drawings or a forgotten book?
What if it described something much more universal?

Human beings have always left traces behind.

A handprint on a rock wall.
A petroglyph.
A manuscript.
A letter.
A book.
A photograph.
A work of art.
An archive.
Today, a publication on the Web.

The media change.
Technologies evolve.
But the gesture remains.

We are always trying to pass something on.

An idea.
Knowledge.
An emotion.
An experience.
A value.
A memory.
A part of ourselves.

For a long time, I viewed the digital world as a parallel universe.
Today, I see it instead as the continuation of a much older human story.
Search engines, digital platforms and artificial intelligence do not replace this process of transmission. They become its new mediators.

A Framework for Understanding Human Transmission

For several months now, three words have remained at the heart of my reflection.

Visibility

A trace must first exist in the world.
It must be visible.

Discoverability

It must then be possible to find it.
Sometimes immediately.
Sometimes centuries later.

Human Encounter

Finally comes the moment when that trace reaches another human being.
That is the moment when transmission begins again.
A work, an idea, a piece of knowledge, a value, a memory or a testimony begins to produce meaning once more.

The concepts of visibility and discoverability are now well established in libraries, archives, cultural discoverability and the digital world.

Throughout this reflection, I gradually came to feel that a third moment deserved more attention.

Human encounter.

Not encounter understood as engagement, audience retention or platform performance.
But the encounter between a trace and a human being.

The moment when a work, an idea, knowledge, a value, a memory or a testimony begins to produce meaning once again.

Little by little, one idea imposed itself upon me.

I now have the feeling that this framework offers another way of understanding many forms of human transmission.

Trace → Visibility → Discoverability → Human Encounter → Transmission

Human beings have always left traces behind.
The media change.
Technologies evolve.
The mediators change.
But this journey remains.

Each generation adds new traces to those left by the generations before it.
Today, ours travel through digital networks.
Some will disappear into oblivion.
Others will continue their journey for decades, perhaps much longer.
We never know which ones.

But one thing seems to run through all of human history.

Without human encounter, there are only traces. With it, there is transmission.

Diagram illustrating the path of human transmission: Trace → Visibility → Discoverability → Human Encounter → Transmission.

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© Gilles Vallée | Humanist Digital Artist, Poet, Sculptor